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Full text of "Annales de la Société royale zoologique et malacologique de Belgique"

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SOCIÉTÉ ROYALE 







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BELGIQUE 



T. XXXVIII 



ANNEE 1903 



BRUXELLES 

P. WEISSENBRUCH, IMPRIMEUR DU ROI 

49, RUE DU POINÇON, 49 
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BELGIQUE 



ANNALES 



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SOCIÉTÉ ROYALE 




DE 



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T. XXXYIH 



ANNÉE 1903 



', 



BRUXELLES 

P. WEISSENBRUCH, IMPRIMEUR DU ROI 

49, RUE DU POINÇO'!, 49 



NOTICE BIOGRAPHIQUE 



T. XXXVIII, 1903 



LA VIE ET L'ŒUVRE DE GARL GEGENBAUR 



NOTICE BIOGRAPHIQUE 



Ad. KEMNA 



-x- 



Carl Gegenbaur vient de mourir à Heidelberg, le 14 juin 1903, 
à l'âge de 77 ans; il était né à Wurzbourg le 21 août 1826. 

L'histoire de son enfance, racontée par lui-même dans une autobio- 
graphie en 1901 (sous le titre : Erlebtes und Erstrebtes), nous montre 
une fois de plus l'influence d'une mère intelligente, qui a eu la per- 
spicacité de reconnaître de bonne heure la tendance d'esprit de son 
fils et qui avait elle-même assez de culture scientifique pour diriger 
l'attention de l'enfant vers les choses de la nature.. Elle lui a donné 
les premières leçons de dessin, l'aidait à constituer un herbier et tolé- 
rait dans son ménage bien tenu les dissections de l'anatomiste débu- 
tant. 

Cette influence de la mère a été d'autant plus utile que le père 
nourrissait d'autres projets; il rêvait pour son fils la gloire du fonc- 
tionnaire. Une vie consacrée à la recherche de la vérité, la poursuite 
de la science pure et le professorat, tout cela paraissait au père un 
avenir fort aléatoire et friser quelque peu la bohème artiste. Quand, 
au sortir du gymnase, le jeune homme déclara à l'auteur de ses jours 
qu'à l'université il voulait étudier les sciences naturelles, il eut à 
subir la mauvaise humeur paternelle, « mehrere Tage ernstes Grol- 
lens ». Par mesure transactionnelle, la mère proposa des études de 
médecine; le père avait du respect pour cette profession, la plupart 
des médecins à cette époque en Bavière étant dans des cadres admi- 
nistratifs. 



IV SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Le jeune Gegenbaur travailla avec zèle. Au bout d'un an et demi, 
il put quitter la faculté de philosophie dont la fréquentation préalable 
était obligatoire pour entrer dans la faculté de médecine. Il obtint 
même une place d'interne à l'hôpital pour un engagement de deux 
ans. Il n'y allait pourtant qu'avec un enthousiasme fort relatif, n'étant 
nullement convaincu du caractère scientifique de la médecine d'alors. 
En 4851, aussitôt après avoir passé le dernier examen de doctorat, 
il obtint un congé de quelques semaines pour un voyage d études. A 
Berlin, tout à ses yeux disparaît devant la personnalité de Johannes 
Mûller; il subit comme tout le monde l'ascendant de cet homme de 
génie, un des créateurs de la grandeur scientifique de l'Allemagne. 
A Helgoland, ce sont les splendeurs de la faune marine qui l'attirent 
et le retiennent. Étant données ses tendances d'esprit, on conçoit que ce 
voyage ait eu des effets déplorables comme préparation à la carrière 
médicale. L'interne s'était retardé bien au delà de son congé régle- 
mentaire et se fit précéder auprès de son chef de service par un envoi 
propitiatoire de homards ; ces crustacés étaient alors une rareté dans 
les villes de l'intérieur, à telle enseigne que le cordon bleu du profes- 
seur à Wurzbourg ne sut comment les préparer. Le séjour à l'hôpital 
ne fut que de courte durée; l'engagement d'interne ne fut pas renou- 
velé et Gegenbaur rentra à la maison paternelle. 

11 en sortit bientôt pour un voyage à Messine, auquel le père 
accéda volontiers sur les recommandations de Kœlliker. Celui-ci 
jouissait déjà à Wurzbourg d'une grande considération; le père aura 
été flatté de voir un homme de cette importance venir conférer avec 
lui. Kœlliker fit valoir comme argument qu'un tel voyage poserait le 
jeune homme dans le monde scientifique et lui serait fort utile pour 
se créer une position. Le voyage dura près d'un an. 

Au retour, il fallut bien définitivement choisir une carrière; le père 
s'étant réconcilié avec l'idée du professorat, il s'agissait d'obtenir une 
nomination de « Priva t-Docent » et d'organiser un cours libre, sans trop 
froisser les professeurs titulaires. La chaire de zoologie n'étant pas 
occupée d'une façon fort brillante, Gegenbaur choisit cette branche. 
Dans le second semestre, il y ajouta un cours élémentaire d'anatomie 
et de physiologie pour les juristes, idée excellente, car elle permet 
aux étudiants en droit de sortir quelque peu du transcendant et de 
l'absolu, pour se retremper dans le domaine des faits concrets. 

Vers cette époque, la place de prosecteur de zootomie devint 
vacante par le départ de Leydig. Quoique seul candidat, Gegenbaur 



NOTICE BIOGRAPHIQUE. V 

dut se soumettre à un examen, « je ne sais plus le combientième 
devant Kœlliker», dit-il. Il reçut comme épreuve pratique à faire une 
préparation des organes électriques de la torpille; c'est la pièce qui 
a été dessinée plus tard dans son Traité d'anatomie comparée. La 
préparation traîna un temps considérable, parce que une autre per- 
spective s'était ouverte : une place de professeur extraordinaire à 
Iéna. Quand la nomination fut certaine, Kœlliker reçut à son grand 
étonnement, au lieu de la préparation imposée, la démission du 
prosecteur. 

Gegenbaur succédait (1856) à Oscar Schmidt comme professeur de 
zoologie. Peu de temps après son arrivée, Huschke mourut, laissant 
vacantes les chaires d'anatomie et de physiologie. La Faculté offrit la 
succession à Gegenbaur. Celui-ci tenait beaucoup à la chaire d'ana- 
tomie, mais il refusa de se charger également de la physiologie, au 
risque de voir le tout lui échapper. Les choses finirent par s'arranger 
à son gré par la nomination de von Bezold pour un cours distinct de 
physiologie. C'est donc à Iena que fut donné l'exemple de la séparation 
des deux branches, fait auquel Gegenbaur attache beaucoup d'im- 
portance. 

Gegenbaur se maria à Iena. « Comme je n'étais plus très jeune, 
dit-il, ce ne fut pas une résolution facile à prendre, de façon que je 
puis m'appliquer les vers du poète »... et il cite le commencement de 
Y Enfer du Dante : Nel mezzo del cammin del nostra vita, la forêt 
obscure, etc. La citation paraît singulièrement choisie, mais tout 
réside dans la bonne intention. Ce qui suit est d'une émotion réelle 
dans sa simplicité d'expression : « Mon bonheur ne devait pas être de 
longue durée; l'été suivant, après la naissance d'une fille, ma femme 
mourut. Elle est enterrée à Iena, où sa fille avec mon gendre, un 
officier, a visité la tombe. Un voyage en Hollande et en Belgique 
m'apporta quelque diversion, mais il fallut de longues années avant 
que l'idée d'un nouveau lien pût s'offrir à mon esprit. » 

En 1873, il quitta Iena pour Heidelberg, où il succédait à son 
beau-père, le professeur d'anatomie Fr. Arnold. Il y resta trente ans, 
déclinant des propositions pour des postes en Hollande et à Strasbourg. 

Dans son autobiographie, l'auteur ne fait pas une profession de 
foi en règle, mais s'exprime à maintes occasions très clairement au 
sujet de ses opinions politiques et philosophiques. Comme toute sa 
génération intellectuelle, il était partisan de l'unité allemande, « si 



VI SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

souvent tentée avec des moyens inadéquats et dont nous sommes 
redevables au grand homme qui repose maintenant dans le Sach- 

senwald ». 

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Catholique de naissance, Gegenbaur a été dans sa jeunesse pra- 
tiquant, mais contraint et forcé. Au gymnase, il y avait messe 
obligatoire tous les jours, vêpres en plus le dimanche. On chômait 
aussi de nombreux saints, entre autres un nouveau promu, Aloïs de 
Gonzague, patron de la jeunesse studieuse ( ! avec un point d'excla- 
mation dans le texte). A cette occasion, une grande procession avait 
été organisée, où Gegenbaur portait le drapeau. Le cours d'histoire 
fut transféré du professeur titulaire de la classe au professeur de 
religion. « Nous savions tous que l'apologie de l'Église romaine était 
le but, et les jésuites, les auteurs de ce changement. Chez tous ceux 
d'entre nous qui n'entrèrent pas dans les ordres, le résultat obtenu 
fut le contraire du but visé. » 

Quoique n'ayant jamais dû doubler une classe, ce n'était pas un 
brillant élève; il se console en remarquant que la plupart des forts 
en thème n'ont guère réussi : la moitié devinrent des curés, dit-il. Ce 
qui est resté de l'enseignement du gymnase, c'est une haute appré- 
ciation de l'éducation littéraire classique. La modernisation des études 
aux dépens du grec et du latin a en lui un adversaire décidé. 

Dans la dernière année, quitter le gymnase, se soustraire à 
l'énervante influence cléricale, était devenu chez l'élève une obsession. 
Mais les cours de philosophie à l'université ne valaient pas beaucoup 
mieux; un professeur qui, paraît-il, exposait ces matières plus 
clairement et attirait les élèves fut purement et simplement révoqué. 
Dans la Faculté de médecine, il se crut enfin définitivement à l'abri ; 
mais peu de temps après sa nomination comme interne, on force tout 
le personnel à aller chaque jour à la messe ; les aumôniers étaient les 
vrais maîtres ; deux jeunes vicaires poussèrent l'arrogance jusqu'à 
exiger que dès leur apparition dans une salle de malades, les internes 
devaient s'en aller. 

Si Gegenbaur a systématiquement décliné toutes les propositions 
de rester en Bavière, s'il a quitté Wurzbourg pour Iena, c'est 
principalement pour se soustraire à de pareils maîtres et respirer 
plus à l'aise. Le milieu plus libéral, l'entente entre les professeurs, 
une liaison d'étroite amitié avec Haeckel, l'absence de contrainte sur 
l'activité intellectuelle furent des avantages d'autant plus appréciés 
que le contraste était plus grand. Dans les dernières années de sa vie, 



NOTICE BIOGRAPHIQUE. VII 

l'influence croissante du parti catholique dans la politique de l'Alle- 
magne, le renouveau du piétisme agressif, des indices de réaction 
dans le haut enseignement lui causaient de sérieuses appréhensions. 

Nous devons aborder maintenant le côté scientifique. Malheureu- 
sement, l'autobiographie est, sous ce rapport, fort sobre de rensei- 
gnements. Comme le disait Bùtschli dans le Zoologisches Centralblatt , 
le côté « Erstrebtes » est traité d'une façon par trop sommaire. 
Franchement, nous pourrions nous passer des grands-parents des 
deux lignes d'ascendance, des oncles et des tantes, de leurs amis et 
connaissances qui nous sont présentés en une série ininterrompue. 
Le voyage en Italie et en Sicile est donné par le menu et a, en cer- 
tains points, les allures d'un Bsedeker. Les excursions annuelles, 
les villégiatures, même les simples promenades, on ne nous fait grâce 
de rien. Nous aspirons après des détails sur la genèse de quelques- 
unes de ces idées qui ont révolutionné l'anatomie comparée et nous 
apprenons que dans telle pension du lac de Constance le gîte est bon 
et la société agréable. 

Il n'y a rien de plus difficile et de plus délicat qu'une autobiogra- 
phie, parler constamment de soi-même : C'est moi qui ai fait ceci, et 
cela, et cela encore. Aussi, une autobiographie est-elle rarement 
une œuvre spontanée ; généralement, l'auteur a quelque peu la main 
forcée. Parfois c'est un témoignage de gratitude pour une manifesta- 
tion, une réponse à un livre jubilaire, aux « Festschrifte », à l'occasion 
d'un anniversaire. Par exemple, tel a été le cas pour l'autobio- 
graphie de Kœlliker. 

Précisément celle-ci a peut-être eu une certaine influence. Bùtschli, 
que nous avons déjà cité, fait observer à propos de ces « Souvenirs » 
de Kœlliker, leur caractère personnel très marqué. Gegenbaur aura 
voulu éviter de trop se mettre en évidence, mais il a exagéré en 
sens inverse et préparé une déception au lecteur. 

Les naturalistes dont la [carrière scientifique a commencé avant 
1860 ont été témoins du plus complet et du plus rapide bouleverse- 
ment qu'offre l'histoire intellectuelle de l'humanité : l'introduction 
en zoologie de la notion d'évolution par Darwin. Un point toujours 
important de leur biographie est donc leur attitude à l'égard des 
théories nouvelles. Gegenbaur l'a immédiatement acceptée, mais, 
déclare- t-il, sans enthousiasme débordant, comme une chose allant 



VIII SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

de soi, à laquelle on aurait pu être préparé par les publications 
antérieures du naturaliste anglais et qui, en tout cas, pour lui, 
Gegenbaur, n'était pas complètement une nouveauté. Et il rappelle 
à ce propos le fait curieux que sa thèse de doctorat en avril 1851 
portait précisément sur la question de la variabilité et de la non- 
fixité des espèces, démontrée par plusieurs familles de plantes, 
notamment les Hiéracinées. Il eût été intéressant d'avoir le texte 
même; mais la thèse ne semble pas avoir été écrite. Gegenbaur 
donne, de mémoire, un résumé fort succinct. « Pour beaucoup de 
plantes, l'espèce n'est pas déterminable avec certitude. L'inconstance 
(Unbestàndigkeit) de l'espèce permet de conclure qu'elle représente 
un état plus ancien de la plante, d'où s'est formé l'état ultérieur. La 
représentation du développement nous montre la voie suivant 
laquelle apparaissent (entstehen) non seulement les plantes, mais 
aussi les animaux. Bref, tout ce qui vit a ses commencements d'où 
il se développe (sich hervorbildet) et l'histoire du développement 
laisse reconnaître et comprendre, avec les commencements, aussi la 
liaison [Zusammenhang) de l'ensemble. » Ce n'est pas très clair. Si 
je comprends bien, il s'agirait de la formation de variétés se fixant 
graduellement en espèces nettement distinctes les unes des autres, 
leur origine commune aux dépens d'une seule espèce primitive étant 
le lien d'ensemble. 

Le principal titre de gloire de Gegenbaur est d'avoir refondu 
l'anatomie comparée d'après le principe de l'évolution. La théorie 
de Darwin a eu le mérite incontestable de donner le branle à une 
activité littéraire sans exemple. Un des premiers travaux et des plus 
importants a été le livre de Fritz Mûller, Fur Darwin; une seule 
classe est étudiée, celle des Crustacés ; mais c'est un modèle pratique 
de ce que sera désormais l'embryologie. L'œuvre de Haeckel a un 
tout autre caractère ; elle est plutôt d'un naturaliste vulgarisateur, 
missionnaire convaincu de la foi nouvelle, polémiste passionné. Il a 
immédiatement appliqué l'idée d'évolution à l'ensemble du monde 
vivant, remanié les classifications, créé la phylogénie, le mot et la 
chose. Son ardeur n'a pas connu d'obstacles, sa conviction ignore les 
hésitations. L'étendue de cette entreprise devait en faire plutôt une 
œuvre spéculative, parfois étrange, souvent géniale, intéressante 
toujours. Gegenbaur participe des deux. Son travail de recherches 
personnelles est aussi concret, aussi fouillé que les notes de Fritz 



NOTICE RÏOGRAPHIQUE. IX 

Mûller; il s'est attaqué au groupe le plus important et le pius 
difficile, le vaste embranchement des Vertébrés. Par ses ouvrages 
didactiques — traité général d'anatomie comparée, le résumé plus 
concis, les deux volumes récents sur l'anatomie comparée des 
Vertébrés et surtout le traité d'anatomie humaine — qui ont été 
entre les mains de plusieurs générations d'étudiants, il a puissam- 
ment contribué à répandre les idées modernes dans le monde univer- 
sitaire. 

La théorie qui régnait sans conteste avant 1859, celle de la spé- 
cificité des formes animales, n'était en bonne logique que la vieille 
notion des créations indépendantes. Les diverses définitions de 
l'espèce sont toutes plus ou moins confuses et embrouillées; une seule 
est claire et nette, celle de Linné : l'espèce est ce qui a été créé. Mais 
la clarté n'est obtenue qu'en faisant sortir la question du domaine 
scientifique. Entre ces produits isolés d'actes créateurs distincts, quoi 
de plus naturel que des différences. C'était à déterminer et à bien 
faire ressortir ces différences que s'attachaient les naturalistes classi- 
fîcateurs, ceux qui s'étaient chargés de dresser le catalogue des êtres. 
Mais l'anatomie comparée faisait tout juste le contraire ; sa mission a 
toujours été comprise comme consistant essentiellement à rechercher 
les ressemblances, les identités profondes cachées sous les variations 
superficielles d'aspect. La grandeur des résultats se démontre par 
leur seule énumération. Un nombre fort restreint de plans de struc- 
ture régit le monde organique tout entier. Dans un même groupe 
animal, les organes sont au fond identiques; leurs différences ne sont 
que des modalités d'existence, des variations sur un thème commun. 
Bien avant Darwin, dans chaque livre d'anatomie comparative, à 
chaque page, il est question de changements gradués, de séries 
naturelles, de formes de passage. 

Si on avait poussé les savants d'alors dans leurs derniers retranche- 
ments, si on les avait acculés à l'inconséquence de ces notions incom- 
patibles de changements graduels et de créations isolées, ils auraient 
probablement répondu que c'était une affaire de mots, une façon de 
parler, des figures de rhétorique en somme, ne correspondant pas à 
la réalité des choses et qu'il ne fallait pas prendre au pied de la 
lettre. Mais une pareille indépendance du langage n'est pas bien 
admissible. Au sujet de la nomenclature chimique, Lavoisier, appli- 
quant les idées de Condillac, fait ressortir que les faits, les idées et 
les mots sont choses connexes, trois empreintes d'un même cachet, 



X SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

dit-il. Si donc le langage de l'anatomie comparée était tout imprégné 
de la notion de transformation, c'est que les faits avaient imposé 
cette notion au langage, à l'insu même de ceux qui l'employaient et 
qui se trouvaient avoir fait de la phylogénie sans le savoir. Pour se 
mettre au diapason des idées nouvelles, il leur suffisait de devenir 
conscients. Aussi, dès le premier choc, l'anatomie comparée a-t-elle 
passé avec armes et bagages dans le camp transformiste. 

Le seul mérite d'opérer une rénovation si longuement préparée et 
si facile eût été mince. Mais le principe général de l'évolution une 
fois proclamé, il s'agit de l'appliquer à tous les cas particuliers. Le 
principe en lui-même est peu de chose ; il ne vaut que par sa fécon- 
dité pratique; grâce à lui, on doit pouvoir résoudre des problèmes 
insolubles jusque-là, ordonner le chaos des faits isolés ou discordants. 
Dans cet emploi de tous les jours peuvent se produire des erreurs. 
Les questions peuvent être mal entamées; beaucoup le sont certaine- 
ment; par exemple, quand deux naturalistes admettent la même série 
phylogénique, mais que l'un la prend au rebours de l'autre (je citerai 
la discussion récente sur la position des Cténophores), il y en a 
au moins un qui certainement se trompe. On peut aussi pécher par 
omission, passer à côté d'une découverte, ne pas voir des rapports 
qui paraissent évidents aussitôt que d'autres les signalent. Du moment 
qu'il y a possibilité d'erreur, il y a matière à tact, à utilisation d'in- 
telligence, de perspicacité, et il y a mérite pour ceux qui, doués de 
ces dons de l'esprit, savent les employer utilement et avec succès. 

Sous ce rapport, le dernier ouvrage de Gegenbaur, YAnatomie 
comparée des Vertébrés, en deux volumes, est un ouvrage remar- 
quable. En tout premier lieu, par la connaissance étendue des faits : 
l'auteur a naturellement puisé ses renseignements dans ce qui était 
connu, le bien commun accumulé par ceux qui l'ont précédé dans la 
carrière scientifique ; mais il a considérablement enrichi ce fonds par 
des recherches personnelles, ses travaux propres ou ceux de ses 
élèves. Pour les publier, il a créé une revue spéciale, le Morpholo- 
gisches Jahrbuch, qui en est à son trente et unième volume. Ce 
travail de zootomie n'est qu'un travail préalable de constatation ; le 
caractère scientifique ou plutôt philosophique, dans la bonne accep- 
tion du mot, résulte du rapprochement des faits isolés, de leur 
groupement en séries évolutives. C'est ce qu'a entrepris le traité 
d'Anatomie comparée avec un esprit critique, une profondeur, une 
ingéniosité qu'on ne se lasse pas d'admirer. 



NOTICE BIOGRAPHIQUE. XI 

On peut en donner un exemple frappant. Une des objections prin- 
cipales contre la théorie de l'évolution, c'est la difficulté de concevoir 
l'origine des organes très compliqués. L'œil est un instrument optique 
pas aussi parfait qu'on le dit souvent ; il a ses imperfections et ses 
défauts, ce qui est fort heureux pour les marchands de lunettes; mais 
il n'en reste pas moins un organe merveilleux, surtout par l'inter- 
vention de plusieurs tissus de nature et d'origine fort différentes, qui 
doivent subir des modifications spéciales pour pouvoir concourir à 
un même but. Nous pouvons plus ou moins comprendre ou plutôt 
admettre ces complications, à cause de l'importance acquise par la 
fonction visuelle chez les Vertébrés connus. Mais si nous nous repor- 
tons à l'origine, si nous nous figurons un animal où la fonction 
visuelle se bornait à distinguer vaguement la lumière de l'obscurité, 
nous ne trouvons plus de raison, de cause efficace d'utilité suffisante, 
à ces petites modifications qui doivent avoir graduellement amené 
la complication actuelle de l'organe. C'est une objection qui s'est 
présentée comme d'elle-même aux adversaires de l'évolution, dont 
Darwin n'a pas méconnu l'importance et qui est la seule parfois citée 
aujourd'hui. Dans maints endroits, Gegenbaur insiste sur le point 
que rarement il est nécessaire de recourir à la formation spontanée, 
réellement et tout à fait nouvelle d'organes, mais qu'il faut admettre 
la modification d'organes préexistants. Les êtres vivants changent 
d'habitat et de genre de vie, en vertu de la tendance de chaque 
espèce d'envahir tous les milieux. Ces changements d'habitat sont 
fort graduels, et les organes qui ont une certaine plasticité dans leur 
fonctionnement peuvent s'adapter à ces changements, en se modi- 
fiant physiologiquement et anatomiquement. Surtout, certains organes 
ou certaines parties d'organes sont pour ainsi dire mis à la retraite, 
mais rarement disparaissent, le plus souvent sont utilisés pour 
d'autres fonctions. Chez les Vertébrés à respiration aquatique, les 
arcs branchiaux ont pour fonctions de porter les organes de l'héma- 
tose ou respiration et probablement aussi de contribuer aux mouve- 
ments produisant les courants d'eau. Naturellement, la respiration 
aérienne met tout cela au rancart. Mais les arcs ne disparaissent pas; 
leurs débris entrent au service d'autres fonctions ; ils deviennent des 
osselets de l'oreille et les cartilages des voies respiratoires. Ce qui 
détermine ces nouvelles fonctions, c'est tout simplement le voisinage 
des autres organes. Les voies respiratoires s'emparent des arcs bran- 
chiaux postérieurs qui sont à leur portée. L'otocyste utilise la fente 



XII SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

branchiale mandibulo-hyoïdienne avec les pièces avoisinantes des 
arcs antérieurs, même chez les Mammifères, l'articulation mandi- 
bulaire ancienne remplacée par une articulation nouvelle plus en 
avant. 

Dans l'exemple cité, il y a des choses connues depuis longtemps : 
la vraie nature morphologique des osselets de l'ouïe, restes d'arcs 
branchiaux. En somme, l'interprétation des cartilages laryngés et 
bronchiaux est exactement la même chose. Mais ce qui fait l'inter- 
prétation de Gegenbaur si belle, c'est que précisément c'est la même 
chose. Je me rappelle le sentiment d'admiration ressenti au cours 
d'anatomie comparée quand un professeur de talent expliquait 
l'oreille moyenne; mais y avait-il dans la science beaucoup de cas 
aussi complets, satisfaisant aussi pleinement l'esprit? Le cas était 
isolé. Mais Gegenbaur en apporte un nouvel exemple. Dès lors, il 
n'y a plus là un hasard fortuit, mais un principe plus général. Son 
mérite est de l'avoir vu, de l'avoir nettement formulé, de l'avoir 
complété par la notion de voisinage des organes accapareurs, et de 
l'avoir appliqué à beaucoup d'autres faits. Les citer tous serait trans- 
crire son livre presque en entier; l'idée imprègne tout son travail et 
est fréquemment énoncée. C'est même un reproche qu'on pourrait 
faire, que ces mentions occasionnelles éparpillées. Un principe aussi 
important eut mérité d'être mis en évidence, soit dans l'Introduction, 
soit par un chapitre spécial dans la partie générale. Le principe est 
fécond et capable de donner plus encore qu'on n'en a tiré. 

L'anatomie comparée est, somme toute, de la phylogénie ; l'inter- 
vention de l'embryologie et de la paléontologie est donc inévitable. 
Le rôle fonctionnel, l'importance pratique des trois éléments d'infor- 
mation varie d'une question à l'autre ; il y a une tendance très géné- 
rale à accorder la prééminence à l'embryologie. Il va sans dire que 
Gegenbaur tient compte des renseignements fournis par les sciences 
sœurs, mais sans leur permettre de noyer l'anatomie comparée pure ; 
il se limite à l'indispensable. Cette réserve est parfois sensible. 

Un moment important, un point critique de l'évolution des Ver- 
tébrés est le passage de l'état agnathe à l'état gnathostome. Le 
groupe primitif des Agnathes est trop faiblement représenté dans la 
forme actuelle par les Cyclostomes pour que l'anatomie comparée ait 
un matériel suffisant ; les rares formes conservées ont en outre subi 
des modifications trop profondes pour que des conclusions nettes 
puissent être prises. L'embryologie non plus ne donne pas grand'- 



NOTICE BIOGRAPHIQUE. XIII 

chose, sauf l'indication générale très importante que les affinités des 
premiers Vertébrés plus ou moins aériens semblent dirigées plutôt 
vers les Agnathes que vers les Poissons normaux. Or, précisément 
pour ce groupe, la paléontologie des quinze dernières années a fourni 
des renseignements intéressants, qui ont profondément modifié la 
classification. Pour des raisons tout au moins acceptables, les 
Ostracodermes ont été distraits des Ganoïdes et considérés comme 
Agnathes; de même, les singuliers Arthrodiriens, de par leur struc- 
ture et leur âge, pourraient ne pas être bien éloignés de la souche 
des Gnathostomes. 11 est vrai que tout cela est encore assez vague et 
embrouillé et qu'une coordination préalable est nécessaire avant de 
pouvoir utiliser ces données ; mais c'est précisément un penseur comme 
Gegenbaur qui pouvait entreprendre cette tâche et y trouver ample 
matière à d'ingénieux rapprochements. Au contraire, tous ces faits sont 
à peine mentionnés. L'appendice latéral de Pterichthys reste un 
membre ordinaire, sans plus; la théorie qui en fait une formation 
morphologique toute particulière (homologue non aux membres pairs 
mais aux angles latéraux du bouclier céphalique de Cephalaspis) 
méritait pourtant l'honneur de quelques mots, ne fût-ce que de 
réfutation. 

Un des beaux chapitres du livre est celui sur l'histologie du 
système squelettique ; la structure si particulière des Hétérostracés, 
avec leur squelette dermique anhiste, y avait sa place pour ainsi dire 
marquée, mais il n'en est pas fait mention. Pratiquement, les 
Sélaciens restent le point de départ. On peut comprendre la tendresse 
un peu exclusive de Gegenbaur pour ce groupe qu'il a si bien étudié 
et qui lui a valu ses plus brillants succès. Il reconnaît pourtant que 
ce n'est pas un bon point de départ, car, dit-il, un organe comme 
l'écaillé placoïde, où interviennent trois tissus différents est déjà 
lui-même le résultat d'une longue évolution. Cette première évolution 
eût été intéressante à retracer et la paléontologie pouvait fournir des 
matériaux. 

Pour l'embryologie, Gegenbaur est d'une prudence extrême, on 
pourrait même dire d'une réserve méfiante. En général, comme valeur 
démonstrative, il la subordonne à la comparaison morphologique. 
Souvent il n'a pas tort, car il est de fait que fréquemment on est allé 
un peu vite en besogne et qu'il y a eu des exagérations. L'altération 
toujours possible du document phylogénique par la cénogenèse jette 
un doute sur ce qui paraît le mieux établi. C'est ainsi que Gegenbaur 



XIV SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

se demande si la corde est bien phylogéniquement d'origine endoder- 
mique. Si un pareil doute était admis, ce serait la modification 
cénogénique la plus formidable de toute l'embryologie ; beaucoup de 
naturalistes hésiteront devant une pareille conséquence, Ce que 
Gegenbaur demande surtout à l'embryologie, c'est moins la solution 
d'une question, que la confirmation de la solution donnée par 
l'anatomie comparée. 

Ces deux critiques, pour autant que critique il y a, se réduisent 
au fond à constater que Gegenbaur aurait pu faire plus de paléonto- 
logie et plus d'embryologie. A cela on pourrait répondre que ce 
n'était pas là son but, qu'il voulait. faire, autant que possible, unique- 
ment de l'anatomie comparée. Comme il est matériellement impos- 
sible de tout faire, il y a toujours moyen de reprocher à quelqu'un de 
n'avoir pas fait quelque chose. Gegenbaur a résolu bien des pro- 
blèmes et peu de savants pourraient produire de pareils états de ser- 
vice ; est-il raisonnable de citer à titre de grief certains problèmes 
non résolus? Je reconnais que ce n'est pas raisonnable, mais je plaide 
comme circonstance atténuante que c'est naturel et que la faute en 
est à Gegenbaur lui-même. Pour chaque problème, devant chaque 
énigme, on se demande ce qu'il en aurait pensé, comment il aurait 
surmonté ou tourné la difficulté ; on est persuadé qu'il aurait émis 
des vues du plus haut intérêt et on est déçu de ce qu'il ne Tait pas fait. 
Nos prétentions exagérées sont en réalité un hommage ; ayant tant 
obtenu, il est humain de vouloir plus encore et c'est aux riches seuls 
qu'on est en droit de beaucoup demander. 

C'est avec l'atténuation de ces considérations que je me permettrai 
une autre observation. Son livre n'est pas le traité qu'il fallait; un 
pareil traité reste encore à écrire. Je rêve un livre qui me donnerait 
la marche historique de la science, ses tâtonnements, ses erreurs 
passées, cette gestation lente et difficile qui fait une grande partie de 
la valeur des résultats acquis; le côté historique n'entrait pas dans le 
cadre du traité de Gegenbaur; rarement il y a quelques lignes, 
comme pour les théories successives du crâne. L'état actuel de la 
science me serait présenté avec ses doutes, ses contradictions, ses 
conflits, ses théories rivales ; pour chaque solution proposée, on me 
fournirait les arguments pour ou contre, pour me permettre déjuger 
par moi-même. J'admets à la rigueur que l'auteur donne également 
son opinion, mais je ne veux pas qu'il se substitue à moi pour juger 
en dernier ressort. On a prétendu que le tube digestif des Vertébrés 



NOTICE BIOGRAPHIQUE. XV 

passait à travers le cerveau pour s'ouvrir au sommet du crâne; Dohrn 
fait provenir la bouche de la confluence des deux fentes branchiales 
d'une même paire ; Gaskell et Patten voient la solution des problèmes 
fondamentaux de la morphologie dans les affinités avec certains 
Arthropodes : ces vues sont curieuses et je désire les connaître. Ces 
vues sont non fondées, inexactes, absurdes : je me charge de con- 
fondre les coupables. D'autres théories sont seules acceptables : je les 
aurai bien vite reconnues. Mais on ne doit pas, sous prétexte de me 
faciliter la tâche, faire un triage préalable et ne pas me donner 
toutes les théories; douterait-on par hasard de ma perspicacité? Le 
lecteur est peu reconnaissant de la peine qu'on prend à lui enlever la 
jouissance intellectuelle de discerner l'erreur de la vérité. 

Pour réaliser ce programme, il faudrait, comme première garantie 
d'impartialité et d'indépendance, un savant qui n'eut point été mêlé 
aux débats, qui ne fut pas engagé par des publications antérieures; 
un homme profondément au courant, mais n'ayant rien fait par lui- 
même, n'ayant pas d'idées personnelles. Évidemment, c'est ce qu'il 
est impossible de demander au réformateur de l'anatomie comparée. 
Il s'est donné tout entier dans son livre, et nous avons l'anatomie 
comparée, telle que la conçoit Gegenbaur. 

Il est impossible de détailler par le menu les idées particulières de 
l'auteur sur la morphologie des Vertébrés; on aurait plus court de 
signaler ceux des départements où il n'est pas intervenu. On peut 
toutefois remarquer qu'il n'a pas abordé la question des origines loin- 
taines des Vertébrés et qu'il montre la plus grande réserve pour les 
théories auxquelles cette question a donné lieu. Si l'Amphioxus est un 
Vertébré, les Tuniciers sont toujours mentionnés parmi les Inver- 
tébrés. 

Parmi les idées les plus marquantes de Gegenbaur figure en pre- 
mière ligne sa théorie du crâne. Pour cette partie la plus importante 
du squelette, la première notion vraiment morphologique remonte à 
Gœthe : la célèbre théorie vertébrale. Pendant un demi-siècle, les 
anatomistes se sont évertués à déterminer le nombre exact de ver- 
tèbres entrant dans le complexe crânien et à quelles parties de la 
vertèbre archétype correspondaient les divers os individuellement. 
Prise dans son ensemble, cette littérature est un exemple de confusion 
et de discordances. Généralement, on partait de la vertèbre, mais 
souvent aussi la vertèbre idéale ou archétype était triturée et rema- 
niée pour les besoins de la cause. Certains phylogénistes modernes 



XVI SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

ont été taxés de traiter les organismes un peu selon leur fantaisie, 
éliminant les organes gênants, faisant apparaître au moment voulu 
et au bon endroit les organes nécessaires. Ces jongleries égalent 
peut-être, mais ne dépassent pas ce qui a été fait avant 1860 avec 
les vertèbres crâniennes. Quant aux discordances, on peut en juger 
par le fait que les vertèbres composantes variaient, selon les auteurs, 
de 3 à 5. Ils n'étaient d accord que sur un seul point : c'est que 
le nombre de ces vertèbres était fort restreint. Dans ces conditions, 
on pourrait trouver déplacé de considérer cette théorie comme la pre- 
mière notion vraiment morphologique. Mais l'idée principale, la 
nature vertébrale du crâne, était une idée philosophique et, de plus, 
une idée juste; c'est l'explication qui a été erronée et vicieuse. 

En effet, la théorie s'occupait surtout des Vertébrés supérieurs et 
du crâne osseux. Tous les systèmes concrets en lesquels elle s'énon- 
çait se sont effondrés, quand Huxley eut signalé l'importance du 
crâne cartilagineux, son antériorité dans la série zoologique, sa con- 
tinuité. L'illustre naturaliste anglais a eu soin de distinguer entre 
l'idée fondamentale et ses applications; nul mieux que lui n'a 
démontré l'inexactitude de ces applications ; mais il a retenu l'idée de 
parties métamériques dans cette région du corps, la métamérie se 
manifestant davantage dans les organes autres que le crâne lui- 
même. 

C'est le sujet que Gegenbaur a fouillé et qu'il a fait sien, par une 
série de travaux classiques. Les arcs branchiaux et les nerfs crâniens 
ont maintenu leur indépendance anatomique et indiquent par con- 
séquent le nombre minimum des métamères en concrescence dans le 
crâne. Toutefois, cette indication n'est que sommaire; le cas de l'Am- 
phioxus avec sa région branchiale composée d'un nombre très consi- 
dérable de métamères, montre que la modification céphalogène a 
affecté une grande région et qu'un nombre précis de métamères est 
indéterminable. La concrescence en un chondrocrâne continu n'est 
donc pas un état primitif. Dans les divers groupes de Vertébrés, le 
crâne n'est pas une structure absolument homologue et il y a même 
des différences très importantes entre deux groupes aussi voisins que 
les Requins et les Raies. Chez ces dernières, le crâne se termine der- 
rière le nerf vague, innervant les branchies; chez les Requins, il s'est 
ajouté au crâne toute une région de vertèbres supplémentaires der- 
rière le nerf vague. 

La conception généralement admise aujourd'hui en morphologie 



NOTICE BIOGRAPHIQUE. XVII 

pour le crâne des Vertébrés est, dans ses grandes lignes, cette 
conception de Gegenbaur. En stricte justice, il faudrait citer d'autres 
noms encore et des plus marquants ; mais, en réalité, il y a eu plutôt 
collaboration de la part des autres savants au développement de la 
théorie et application à des cas particuliers. Quant à des théories 
rivales, qui n'ont pas manqué, sans vouloir entrer dans la discussion, 
il est de fait qu'aucune n'a pu réunir beaucoup d'adhérents. 

Il n'en est pas de même pour la théorie des membres pairs. Ici, 
Gegenbaur n'a pas eu de précurseur et la première interprétation 
explicative de ces structures si caractéristiques est de lui : les mem- 
bres sont des branchies plumeuses transformées. Mais la théorie de 
Thacher, Balfour, etc. (condensations dans un repli latéral primitive- 
ment continu), a eu un succès rapide et compte aujourd'hui incontes- 
tablement de loin le plus grand nombre d'adhérents. Elle puise ses 
arguments non seulement dans l'anatomie comparée, mais aussi, on 
pourrait même dire surtout, dans l'embryologie. Des découvertes 
paléontologiques (par exemple Cladodus) paraissent bien s'accorder 
avec elles. Et puis, il faut bien le dire, le mode de raisonner de 
Gegenbaur prête quelque peu le flanc à des objections. Quand il trouve 
une structure simple, il la prend comme point de départ, sans trop 
se préoccuper de la situation zoologique bien précise des diverses 
formes les unes par rapport aux autres, ni surtout de leur succession 
géologique. Je ne suis guère partisan d'accorder à la succession 
géologique une importance prépondérante. Quand je vois un savant 
rejeter une filiation parce que le progéniteur ne se rencontre que 
dans le Devonien supérieur, tandis que ses descendants se trouvent 
déjà dans le Devonien inférieur, je songe malgré moi à l'imperfection 
des documents géologiques, aux bouleversements qu'une trouvaille 
heureuse peut opérer. Quand une série phylogénique concorde avec 
la succession géologique, tant mieux. La succession géologique est 
alors un supplément de preuve et réciproquement, son accord avec 
la phylogénie nous permet de croire que nous avons la série suffi- 
samment bien jalonnée. Quand au contraire il y a discordance, il est 
bien difficile de dire ce qu'il faut faire, surtout il est impossible de 
poser une règle absolue. Si le phylogéniste ne doit pas immédiate- 
ment baisser pavillon, tout au moins la géologie doit lui inspirer de 
la prudence et lui suggérer la possibilité de faire erreur en prenant 
une évolution à rebours. Ainsi pour la structure archiptérygiale des 
membres de Ceratodus, point de départ pour Gegenbaur, Dollo a 

t. xxxvin, 1903 2 



XVIII SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

prétendu que c'était la fin d'une longue évolution et une adap- 
tation au milieu spécial, interprétation qui a été acceptée par Tra- 
quair. 

La théorie archiptérygiale est-elle complètement erronée? Pour 
mon compte, je ne le crois pas; elle contient plus de vérité qu'on ne 
veut lui en reconnaître aujourd'hui. Dans les deux camps, on a été 
exclusif, alors qu'une combinaison des deux théories n'est nullement 
une impossibilité. Ce n'est pas ici le lieu de développer ce compromis. 

Il faut rattacher à la notion de l'archipterygium une idée erronée 
soutenue quelque temps par Gegenbaur : les Enaliosauriens, Ichthyo- 
saure et Plésiosaure, auraient divergé de la souche des Vertébrés, 
encore avant les Amphibies (Grundriss, p. 409) ; dans le chapitre sur 
le squelette des membres, ils sont mentionnés immédiatement après 
les Poissons ; leurs nageoires sont plus près de l'archipterygium que 
les membres de tous les autres Vertébrés pentadactyles ; la distance 
phylogénique entre les deux est telle que pour les détails, les homo- 
logies ne sont pas applicables; par exemple, l'indication chez les Ena- 
liosaures de régions semblables à l'avant -bras, au carpe, etc., sont des 
analogies purement superficielles (p. 496). Il est inutile d'insister; 
l'auteur est complètement dévoyé. Mais c'est un exemple bon à méditer 
de ce que peut l'obsession d'une idée; même sur une intelligence d'élite, 
servie par une connaissance étendue des faits. 

Le crâne avec tous les autres organes constituant la tête, est la 
région la plus importante du corps et, depuis un siècle, un objet de 
prédilection pour les spéculations morphologiques. Les membres 
pairs des Vertébrés sont sans équivalent dans la série zoologique et 
les idées de Gegenbaur ont donné lieu à des controverses qui sont loin 
d'être épuisées. Toutes ces circonstances ont contribué à donner à ces 
deux théories une grande notoriété. Pour beaucoup d'autres organes, 
ses vues nouvelles, quoique non moins intéressantes et ingénieuses, et 
généralement acceptées dans la science, n'ont pas eu l'avantage de 
polémiques qui assurent la popularité. Nous devons nous borner à en 
mentionner quelques-unes, sans distinguer sévèrement entre ses 
travaux personnels et ceux de ses élèves : les cartilages respiratoires 
et l'épiglotte (dont nous avons parlé ci-dessus); — la phylogénie des 
organes mammaires; — toute une série de travaux sur la morpho- 
logie de la colonne vertébrale; — la langue; — les ongles; — la 
morphologie de la musculature (Fûrbringer) ; — l'épiderme est ses 
dérivés, les poils sont des organes sensoriels de Batraciens et n'ont rien 



NOTICE BIOGRAPHIQUE. XIX 

à faire avec les écailles et les plumes (Maurer) ; — la corde dorsale 
(Klaatsch), etc. 

Avant de se spécialiser dans la morphologie des Vertébrés, Gegen- 
baur s'était fait un nom très honorable dans la zoologie des Inverté- 
brés. Un de ses premiers travaux (1851) était une étude sur le sujet si 
difficile du développement des Gastropodes terrestres ; le résultat le 
plus important est la détermination d'un organe larvaire transitoire, 
le « ruban latéral » de Van Beneden et Windischmann, comme un 
rein primitif. Il est toujours curieux de retrouver incidemment les 
idées courantes à cette époque déjà reculée, sur quelques-unes des 
grandes questions. Gegenbaur constate non sans étonnement que les 
globules de segmentation (cellules embryonnaires) sont dépourvus de 
membrane; il leur dénierait la qualité de cellule, si la suite du 
développement ne montrait pas que les cellules véritables (avec 
membrane) des stades ultérieurs ne peuvent être que ces globes nus 
transformés [Zeitschrift fur wiss. Zoologie, 1851, III, p. 374). Dans 
ce même travail, il déclare ne pouvoir admettre la contractilité 
(mouvements amœboïdes) de la substance fondamentale de l'œuf 
(Grundsubstanz des Dotters) affirmée par Dujardin et sa théorie du 
sarcode, édifiée sur ce fait. Gegenbaur rejetant la motion du sar- 
code, cela semble une chose incrovable. Rien ne montre mieux la 

» il 

distinction importante pour l'histoire de la science, entre la procla- 
mation d'une idée et son assimilation définitive dans la science. Pour 
la notion du sarcode, il a fallu le travail de Max Schultze en 1860 
sur l'organisme des Polythalamies (Foraminifères), vingt ans après 
Dujardin. 

Les organes segmentaires des Annélides étaient connus depuis 
longtemps et Leydig venait d'en donner une description minutieuse 
et fort exacte; mais leur fonction était énigmatique ; chez le Lombric, 
par exemple, on les considérait comme des organes respiratoires. 
C'est à Gegenbaur qu'on doit l'interprétation de ces organes comme 
excrétoires (« Ueber die sogenannten Respirationsorgane des Regen- 
wurms », Zeitschr. f. wiss. Zool., 1853, vol. 4). La figure qu'il donne 
est celle reproduite depuis dans tous les traités de zoologie. 

Le long séjour à Messine a été productif de beaucoup de travaux, 
parmi lesquels il y en a eu d'importants. Les lettres du petit groupe de 
naturalistes allemands à Kœlliker étaient un succès pour les livrai- 
sons de la Zeitschrift fur wissenschaftliche Zoologie. Ces lettres 



XX SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

annonçaient sommairement les découvertes, qui étaient ensuite l'objet 
de communications plus détaillées. Gegenbaur s'occupait des Cœlen- 
térés, des Ptéropodes et des Hétéropodes, et des Tuniciers. Beau- 
coup de formes nouvelles sont ici décrites pour la première fois, 
mais l'attention se porte principalement sur l'anatomie. En outre, la 
constatation des faits n'est généralement que le travail préliminaire 
à des considérations d'un ordre intellectuel plus relevé. Pour les 
Siphonophores, par exemple, il y a une discussion sur la valeur 
morphologique des divers éléments qui constituent la colonie. Pour 
les Méduses, une nouvelle classification est proposée : la division en 
Acraspèdes et Craspédotes, encore en vigueur aujourd'hui. Le curieux 
mollusque pisciforme Phyllirhoe n'est pas un Hétéropode, mais un 
Nudibranche (la méduse parasite Mnestra n'est pas reconnue comme 
telle, mais considérée comme une partie de l'animal, à fonction indé- 
terminée). Diverses formes larvaires, alors dans toute leur vogue, 
quelques-unes fort rares, sont retrouvées, décrites plus exactement et 
mieux interprétées : larves de Mûller et de Kœlliker des Echino- 
dermes, Pilidium gyrans où il signale un bourgeonnement à l'inté- 
rieur, Phyllosoma attribuée à cause de l'appareil circulatoire aux 
Décapodes, alors qu'on la considérait comme Stomatopode. 

Les résultats ont été surtout importants pour les Tuniciers. Il y 
avait encore doute sur la véritable nature des Appendiculaires, que 
Johann Mûller, en 1846, regardait comme des larves d'Ascidies. La 
présence de produits sexuels mûrs, déjà signalée par divers auteurs, 
est reconnue un fait constant, de même que la présence d'un 
otocyste. Les Appendiculaires sont donc des êtres autonomes, les plus 
simples des Tuniciers comme le veut Huxley. Plus tard, dans les 
suggestifs sommaires de classification du Grundriss d'anatomie com- 
parée (1874), pour la première fois il en fera un groupe séparé, de 
valeur égale à tout le reste des Tuniciers, sous le nom de « Cope- 
lata » emprunté à Haeckel. Cette classification est restée. Un pro- 
grès marquant a été la découverte des ouvertures respiratoires bran- 
chiales ou spiraculaires, qui avaient échappé à tous les auteurs, 
même en dernier lieu à Huxley (1851), à Leuckart et à Yogt (1854). 
Gegenbaur voit les orifices internes et les interprète exactement ; 
mais il ne parvient pas à discerner les orifices externes, qu'il suppose 
ou fermés par une membrane à travers laquelle il n'y aurait que des 
échanges osmotiques, ou communiquant par un canal avec la cavité 
du corps. Les rapports du cœlome (comme on le nommera plus tard) 



NOTICE BIOGRAPHIQUE. XXI 

avec le dehors et l'introduction directe d'eau étaient des questions qui 
préoccupaient à cette époque les esprits ; une telle introduction d'eau 
dans le sang était généralement admise pour les Mollusques. Gegen- 
baur lui-même avait décrit chez les larves d'Echinodermes,un organe 
comme « rein » à cause des concrétions qu'il contenait, mais qui 
servait aussi à l'entrée de l'eau. 

Une autre question du jour à cette époque, était la génération 
alternante. L'ouvrage capital de Steenstrup (1842) datait d'un peu 
plus de dix ans. Les Tuniciers sont spécialement intéressants à ce 
point de vue, et c'est même chez les Salpes que les phénomènes d'al- 
ternance ont été découverts par Chamisso. Un nouvel exemple venait 
d'être donné par Krohn (1852) chez Doliolium où, tout à fait comme 
chez les Salpes, deux générations alterneraient. En réalité, les choses 
ne se passent pas aussi simplement, et Doliolium est le cas le plus 
compliqué de tous les Tuniciers. Or, c'est Gegenbaur (1854) qui a 
fait voir cette complication et l'a en très grande partie débrouillée. 

Il nous reste encore à mentionner une tentative d'explication de 
l'un des points les plus difficiles de toute la zoologie : l'origine des 
ailes des insectes. Dans la deuxième édition de son Traité général 
danatomie comparée (Grundzùge, 1870), Gegenbaur émet l'hypothèse 
que les ailes proviennent des branchies trachéales, comme les pré- 
sentent les larves aquatiques d'Ephémères, duplicatures cutanées de 
de grande surface et douées de mobilité. Un argument essentiel à ses 
yeux est l'impossibilité de concevoir l'origine des ailes, comme organes 
de locomotion aérienne, dès le début, à cause de l'insuffisance fonc- 
tionnelle des premiers rudiments ; il faut que l'organe ait préexisté 
avec des dimensions déjà considérables pour pouvoir être utilisé ulté- 
rieurement pour le vol. Il doit avoir préexisté, mais au service d'une 
autre fonction. Les branchies trachéennes remplissent parfaitement 
ce programme. Nous reconnaissons l'idée directrice de la plupart des 
spéculations sur l'origine des organes, que nous avons suffisamment 
fait ressortir à propos du Traité danatomie comparée des Vertébrés. 
La théorie est renouvelée de Oken ; mais les philosophes de la Nature, 
au commencement du siècle passé en Allemagne, étaient un peu 
comme les philosophes de l'antiquité; doués d'une vive imagination, 
il leur passait beaucoup d'idées par la tête, et dans le nombre, le seul 
calcul des probabilités démontre qu'il devait y en avoir quelques- 
unes de raisonnables ; sur quelques points par hasard, ils ont deviné 
juste. Dans une histoire détaillée de la science, cette concordance for- 



XXII SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

tuite est à signaler comme une curiosité ; mais elle n'a aucune portée 
pratique. Les théories modernes ne doivent rien à ces précurseurs 
inconscients; elles se seraient produites, et en fait se sont produites 
sans eux ; elles sont le résultat d'un processus intellectuel tout autre ; 
elles procèdent de l'induction partant des faits concrets, au lieu que 
les anciens et les philosophes déduisent leurs théories particulières 
d'idées générales préconçues et souvent au petit bonheur pour la con- 
cordance avec les faits. 

L'entomologie est un département très spécial de la zoologie ; 
le nombre considérable des formes absorbe, pour les descriptions et la 
distinction des espèces, toute la force vive de ses adeptes, et les idées 
générales sont quelque peu négligées. Je hasarde ce jugement, parce 
que le fait est de notoriété publique et que je puis me retrancher 
derrière l'autorité de notre collègue M. Lameere ( l ). Pour les collec- 
tionneurs, une sous-variété locale d'une sous-espèce est infiniment plus 
intéressante que la plus géniale des théories ; le désir d'une explica- 
tion des faits ne semble jamais se manifester, et l'on trouve des 
ouvrages généraux où aucun des grands problèmes n'est même men- 
tionné ( 2 ). Dans ce milieu spécial, la théorie de Gegenbaur n'a pas 
été plus favorisée que toutes les autres; on ne peut pas dire qu'elle 
ait été repoussée, elle a tout simplement passé inaperçue. Parmi les 
entomologistes qui pensent, elle a été acceptée par Lubbock. Elle a 
été sérieusement discutée par Lameere ( 3 ), qui ne peut s'y rallier ; 
Balfour ( 4 ) fait également ses réserves; Haeckel ( 5 ) insiste sur la diffi- 
culté du problème et dit que, des trois théories qu'il mentionne, c'est 
encore celle qui lui paraît la plus plausible. 

Il est à peine besoin de dire que la^présente biographie n'a pas la* 
prétention d'être complète. Une étude exhaustive remplirait un 
volume. Les seuls travaux mentionnés sont ceux qui indiquent le sens 



( j ) Aug. Lameere, Notes pour la classification des Coléoptères (Annales Soc. 
entom. de Belgique, 1900, t. XLIV, p. 355). 

( 2 ) Par exemple les deux volumes sur les Insectes dans la Cambridge Natural 
History ; le contraste est frappant avec les autres volumes de cette belle collec- 
tion. 

( 3 ) Aug. Lameere, (Annales Soc. entom. de Belgique, 1899, t. XLIII, p. 625.) 
(*) Balfour (Compar. Embryology , 1880, 1, p. 339.) 

( 5 ) ILeckel (System. Phylogenie, 1896, II, p. 688). 



NOTICE BIOGRAPHIQUE. XXIII 

de l'activité du travailleur et d'où se dégage aisément la tendance de 
son esprit. Mais ces notes écourtées suffisent, nous l'espérons, pour 
faire connaître l'homme dans ses grandes lignes et son rôle dans le 
mouvement scientifique. C'est une grande époque que cette deuxième 
moitié du xix e siècle. Les sciences naturelles ont constitué leurs 
théories : l'unité des forces et l'ondulation en physique, la théorie 
atomique en chimie, la notion d'évolution dans toutes les sciences 
biologiques ; seule l'astronomie était arrivée plus tôt à ce degré de 
développement, par la théorie cosmique de Kant et Laplace, et son 
corollaire, les causes lentes en çéoloçie. Il faut insister sur le carac- 
tère inductif de ces théories, sur la circonstance qu'elles ont été 
élaborées à la suite d'une connaissance objective plus complète, plus 
détaillée et par suite de la nécessité inéluctable de réunir par un lien 
logique les faits isolés. Cette base objective de l'induction est ce qui 
distingue les modernes des anciens, les idées de la science du 
verbiage de la philosophie. Mais la science, une fois en possession 
d'une théorie, en tire un nouveau profit comme instrument de 
recherche en l'appliquant à des cas particuliers pour ordonner le 
chaos, débrouiller la confusion, éclaircir les points douteux. En zoo- 
logie, depuis quarante ans, on ne fait plus que cela, et c'était fatal. 
C'est un courant intellectuel résultant de la force même des choses, 
de l'accumulation des connaissances; les individualités les plus puis- 
santes, celles qui semblent créer ces courants, en réalité le suivent. 
Ce qui le démontre, c'est que les mêmes idées générales nouvelles 
surgissent à la même époque dans des cerveaux différents ; si Darwin 
était mort à bord du Beagle, nous aurions eu quand même la théorie 
de l'évolution et la sélection naturelle par Wallace ; à défaut de Gegen- 
baur, quelqu'un d'autre aurait remanié l'anatomie comparée, ce que, 
du reste, il n'a pas été seul à faire. Pour des esprits transcendants, 
planant dans des sphères éthérées, les individualités de notre évolu- 
tion intellectuelle disparaîtraient. Mais pour nous autres, hommes, 
qui vivons prosaïquement sur terre, soumis aux lois de la pesanteur, 
en contact avec l'immensité des nullités, la supériorité de l'intelli- 
gence garde tout son ascendant. Les hommes qui sont l'organe d'idées 
nouvelles, en lesquels se condense et cristallise sous une forme tan- 
gible ce qui flottait dans la nébulosité vague de l'inconscient, nous 
les nommons grands et nous leur vouons un sentiment fait d'admira- 
tion et de reconnaissance. Après Darwin, il devait nécessairement se 
produire une nouvelle orientation de la biologie; nul n'a plus vite et 



XXIV SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

plus profondément compris cette vérité que Gegenbaur ; nul ne l'a 
mieux appliquée et dans un domaine plus vaste, par la patience d'un 
labeur constant et l'originalité des conceptions. Voilà' pourquoi son 
nom restera comme celui d'un grand zoologiste. 



MEMOIRES 



RÉCOLTE MALACOLOGIQUE DE M. WEYERS 

DANS LE SULTANAT DE SAMBAS (BORNÉO) 



Ph. DAUTZENBERG 

o-c£0£cx> 

M. Weyers ayant été chargé, en qualité d'ingénieur, d'une mission 
à Bornéo, dans le sultanat de Sambas, a mis à profit les rares 
moments de loisir que lui laissaient ses occupations, pour se livrer 
à la recherche des mollusques, et il a bien voulu me confier l'étude 
de ses récoltes. Avant de parler des espèces que j'ai examinées, je 
crois utile de transcrire ici les renseignements qui m'ont été fournis 
par notre savant collègue sur la région qu'il a explorée depuis le com- 
mencement de novembre 1899 jusqu'au milieu de juillet 1900 : 

« Le sultanat de Sambas est situé au nord-ouest de Bornéo et 
forme la pointe la plus septentrionale des possessions néerlandaises 
dans cette direction, entre le 1 er et 2 e degré de latitude au nord de 
l'Equateur. Cette contrée, dans le voisinage de la côte, est plate, 
marécageuse et couverte d'épaisses forêts. Tout le long de la côte 
règne, sur une largeur moyenne de 4 à 5 kilomètres, la forêt de 
cocotiers qui donne à Bornéo un aspect bien caractéristique. Les 
forêts marécageuses s'étendent ensuite vers l'intérieur sur une largeur 
moyenne de 100 kilomètres avec, çà et là, quelques îlots de roches 
quartzeuses émergeant de cette immense plaine ; puis commencent à 
se dessiner des ondulations de terrains plus élevés qui s'accentuent de 
plus en plus jusqu'à ce qu'on atteigne le massif montagneux de l'inté- 
rieur, ainsi que j'ai pu m'en convaincre en remontant en canot la 
rivière Bantanan jusqu'à la frontière, de la possession anglaise de 
Serawak, qui est limitée par une chaîne de montagnes assez élevées 
et souvent abruptes. Dans la zone des forêts marécageuses, le climat 
est chaud, humide et malsain. 

« Tous les mollusques recueillis proviennent du village malais de 



4 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Sebilitah et de ses environs immédiats, notamment des bords de la 
rivière Sambas que les indigènes appellent : Sambas besar (grand 
Sambas) pour la distinguer d'un de ses affluents : Sambas ketjil (petit 
Sambas), sur lequel est située la ville de Sambas, capitale du sultanat. 
Le grand Sambas mérite bien son nom : à son embouchure, il a une 
largeur de 2 kilomètres et à Sebilitah il mesure encore 1,500 mètres, 
avec une profondeur de 20 à 25 mètres. Il est naturellement soumis 
aux fluctuations des marées qui se font sentir même assez loin sur la 
rivière de Bantanan, son affluent le plus important. » 



ENUMERATION DES ESPÈCES. 



1. Nanina (Macrochlamys) hyalina, von Martens. 

1864. Nanina hyalina von Martens, MonatsberichtederBerl. 

Akad., p. 266. 

1867. — — ...... von Martens, Die Preussische Expé- 

dition nach Ostasien, p. 24, pi. 12, 
lig. 5. 

Habitat : Forêts marécageuses des bords de la rivière de Sambas, 
sous les bois pourris et les débris de végétaux ; assez abondant. 

2. Sitala angulata, Issel. 

1874. Trochomorpha? angulata . . . Issel, Molluschi borneensi, p. 42, 

pi. V, fig. 5, 6, 7, 8. 

Habitat : Forêt marécageuse près du village de Sebilitah, sous les 
bois pourris et les débris végétaux; rare. 

Cette espèce, qui avait été placée avec doute par M. Issel dans le 
genre Trochomorpha, appartient incontestablement au genre Sitala. 
Elle avait déjà été signalée du territoire de Serawak. 

3. Amphidromus Weyersi Dautzenberg. 

Testa sinistrorsa, tenuicula, y arum elata, angustissime rimata. 
Anfr. G 1 \ 2 convexiusculi, sat nitentes, oblique striati suturaque 
impressa juncti. Anfr. ultimus tumidus, ad peripheriam subangu- 



MÉMOIRES. 



latus et versus aperturam paululum descendens. Apertura truncato- 
ovalis. Columella recta, mbtorta; labrum arcuatum breviterque 
expansum. 

Anfr. primi 3 concolores, fulvi; sequentes virescentes, zona 
subsuturali albido-grisea ac flammulis longitudinalibus luteis plus 
minusve regularibus, ad peripheriam interruptis, ornati. Zona 
rosea, luteo extus limbata umbilicum circumdat. Peristoma roseo- 
tinctum. Apertura intus castanea flammulis zonisque albidis notata. 

Altit. 28 millim., diam. 17 millim.; apertura 12 millim. alta ; 
10 millim. lata. 

Coquille sénestre, assez mince, peu allongée, pourvue d'une fente 
ombilicale très étroite. 6 1 / 2 tours de spire assez con- 
vexes, médiocrement luisants, pourvus de stries obliques 
fines et irrégulières. Suture bien marquée et très fine- 
ment crénelée. Dernier tour renflé, subanguleux à la 
périphérie et descendant légèrement à son extrémité. 
Ouverture ovale tronquée du côté columellaire. Colu- 
melle droite, faiblement tordue; labre bien arrondi, un 
peu dilaté et très étroitement réfléchi. 

Coloration des trois premiers tours d'un fauve corné 
uniforme; les suivants passent graduellement de cette teinte à un beau 
vert olivâtre et présentent une large bande subsuturale grise; ils sont, 
en outre, ornés de flammules longitudinales jaune citron, largement 
espacées. Sur le dernier tour, ces flammules s'arrêtent d'habitude 
brusquement à la périphérie. La région ombilicale est teintée de 
rose violacé et est entourée d'une bordure jaune. Péristome d'un 
beau rose violacé ; labre bordé de rose et de jaune du côté externe. 
Intérieur de l'ouverture brun marron sur lequel la zone subsuturale 
et les flammules se détachent en blanc. Une zone basale rose corres- 
pond à celle de même nuance qui occupe la région ombilicale- 
if abitat : M. Weyers, à qui nous sommes heureux de pouvoir 
dédier cette belle espèce, nous dit qu'on ne la rencontre que pendant 
les très courts crépuscules du soir et du matin, sur les larges feuilles 
d'une espèce de bananier cultivé. On n'en voit pas de trace pendant 
le jour. 

Cette forme appartient au même groupe que les Amphidromus 
Adamsi, Reeve, et pictus, Fulton, qui sont tous deux représentés dans 




6 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

le Nord et l'Est de Bornéo par de nombreuses variétés de coloration ; 
mais elle ne nous semble pouvoir être confondue avec aucune d'elles. 
Son péristome rose, sa région ombilicale teintée de même nuance, 
ainsi que le bord externe du labre, sa bande subsuturale grise lui 
donnent, en effet, un aspect très particulier et qui paraît constant, 
car les cinq exemplaires rapportés par M. Weyers ne diffèrent entre 
eux que par les flammules jaunes qui s'arrêtent brusquement à la 
périphérie du dernier tour chez quelques-uns, tandis que chez 
d'autres certaines de ces flammules se prolongent jusque vers la base 
de la coquille. 

Nous dirons toutefois que VA. Weyersi se rapproche le plus de la 
variété de YAdamsi représentée par M. von Martens : Preussische 
Exped. nach Os iasien, planche 21, figure 5 b ; mais sa forme est moins 
allongée, ses flammules jaunes sont plus nettes et plus espacées, 
enfin son labre est rose au lieu de blanc. 

4. Opeas achatinacea, Pfeiffer. 

1841. Bulimus achatinaceus .... Pfeiffer, Symbolse ad Hist. Heliceo- 

rum III, p. 82. 
1867. Stenogyra achatinacea .... von Martens, Preussische Exp., p. 375, 

pi. 22, fig. 9. 

Habitat : Dans la forêt marécageuse, aux environs de Sebilitah, 
sous les bois pourris. 

5. Gerithidea obtusa, Lamarck. 

1822. Cerithium obtusum ..... Lamarck, Animaux sans vert., t. VII, 

p. 71. 
1866. Cerithidea obtusa, Lam. . . . Reeve, Conchologia Iconica, pi. I; 

fig. 4 a , 4 b . 
1897. Potamides obtusus, Lam. ... von Martens, Siiss- und Brackwasser- 

Mollusken des Indischen Archipels, 

p. 186, pi. IX, fig. 22, 22&. 

Habitat : Dans la rivière de Sambas. Commun. Espèce largement 
répandue en Extrême-Orient. 

6. Omphalotropis carinata, Lea. 

1856. Assiminea carinata . . . . . Lea, Proc. Acad. Philad., t. VIII, 

p. 114. 
1874. Omphalotropis carinata, Lea . . Issel, Molluschi borneensi, p. 84. 



MÉMOIRES. 7 

Habitat : Dans les forêts marécageuses avoisinant le village de 
Sebilitah, sur Fécorce des arbres et des arbustes. Ce mollusque, actif 
lorsque le temps est humide et pluvieux, reste immobile dès que le 
temps devient sec : il sécrète alors une mucosité qui s'agglutine à 
Fécorce et le fixe solidement (Weyers). 

Cette espèce a été distribuée par Mousson, sous le nom manuscrit 
de 0. bankaensis. 

7. Neritina piperina, Chemnitz. 

1795. Nerita piperina Chemnitz, Conch. Cab., XI, p. 173, 

pi. 197, fig. 1905, 1906. 

Habitat : Assez abondant dans la rivière de Sambas et dans les 
rigoles de la forêt marécageuse (Weyers). Recluz a assimilé cette 
espèce au N. pennata, Born; mais nos exemplaires de Bornéo con- 
cordent bien mieux avec la figuration de Chemnitz qu'avec celle de 
Born. Les taches noires de la surface disparaissent souvent tout à fait. 

8. Neritina (Dostia) crepidularia, Lamarck. 

1822. Neritina crepidularia .... Lamarck, Anim. sans vert., t. VI, 

2 e partie, p. 186. 

Habitat : Rivière de Sambas, avec l'espèce précédente ; mais beau- 
coup plus rare. 

9. Modiola subsulcata, Dunker. 

1856. Volsella subsulcata Dunker, Proceedings Zool. Soc. of 

London, p. 364. 

1889. Modiola' — Dunker . \. Clessin, Monogr. in Syst. Conch. Cab., 

2 e édition, p. 113, pi. 28, fig. 7, 8. 

Habitat : Rivière de Sambas; assez commun. 

10. Modiola sambasensis, Dautzenberg. 

Testa tennis, epidermide nitido obducta } antice contracta et 
tumida , postice dilatata ac compressa, carinam obtusam ab umbo- 
nibus decurrentem prœbet. Umbones approximatif ad extremitatem 
testœ siti. Sculptura prceter incrementi plicas nulla. Valvarum 
pagina interna iridescens, marginibus integris. Car do edentulus. 
Ligamentum lineare,immersum. lmpressiones musculares conspicuœ. 




8 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Color regionis venir alis flavidus, dor salis vero fusco virescens; 
valvarum pagina interna antice albida, poslice saturate violacea. 
Diam. max. 17 millim., min. 10 millim., crass t . 6% millim. 

Coquille mince, recouverte d'un épiderme luisant, comme vernissé. 

Région antérieure ré- 
trécie et renflée; région 
postérieure largement 
dilatée et comprimée. 
Un angle obtus part du 
Fig 2 sommet et aboutit à 

x 2 l'extrémité postérieure 

du bord ventral, qui est plus ou moins sinueux au milieu. Sommets 
contigus, peu saillants, situés à l'extrémité de la coquille. Surface ne 
présentant d'autre trace de sculpture que des plis d'accroissement 
irréguliers. Intérieur des valves lisse, iridescent. Charnière dépourvue 
de dents; ligament extrêmement faible, étroit, immergé. Bords des 
valves simple, sans traces de crénelures. Impressions musculaires 
bien visibles. 

Habitat : Cette espèce vit dans l'eau saumâtre de l'estuaire de la 
rivière de Sambas, en compagnie du Modiola subsulcata, Dunker, 
avec lequel on pourrait aisément la confondre au premier abord ; 
mais un examen moins superficiel fait voir que ces deux espèces, 
malgré leur similitude de taille et de coloration, présentent des carac- 
tères nettement tranchés. La surface du M. sambasensis ne présente, 
en effet, aucune trace de sculpture rayonnante, tandis que le M. sub- 
sulcata est orné sur la région dorsale de cordons rayonnants un peu 
granuleux; les bords internes des valves sont lisses chez le samba- 
sensis, tandis qu'ils sont crénelés chez le subsulcata; enfin, les 
nymphes sur lesquelles s'inserre le ligament sont étroites, allongées 
et à peine visibles chez le sambasensis , alors qu'elles sont sensible- 
ment plus courtes et plus fortes chez le subsulcata. 

A propos du M. subsulcata, Dunker, nous remarquons que la 
figuration donnée par Reeve (Conchologia Iconica, pi. VIII, fig. 47), 
ne correspond guère à la description originale de Dunker. Par 
contre, la figure 78 de la planche 28 du Conchylien Cabinet, bien 
que grossièrement dessinée et coloriée, est plus satisfaisante et c'est 
avec celle-ci que concordent les spécimens rapportés par M.Weyers. 



Bericht 



liber 



Eine Sammlung trockener CMineen-Skelete 

aus deixi B:russele:r Muséum. 



VON 



Emil THUM, Stud. phil. 



$#* 



Die im Folgenden beschriebenen Spongien wurden von dem 
Zoologischen Muséum in Brûssel an das Zoologische Institut der 
K. K. deutschen Karl-Ferdinands-Universitàt in Prag zur Unter- 
suchung und Bestimmung gesandt. Der Vorstand dièses Institutes 
Herr Prof, von Lendenfeld hat die Prùfung dieser Spongien mir 
ûbertragen. Fur die vielen Rathschlâge, welche dieser mein hoch- 
verehrter Lehrer mir bei dieser Arbeit zuteil werden liess, bin ich 
ihm sehr zu Danke verpflichtet. 



Die Sammlung umfasst folgende Arten : 

Chalinopora typica, var. tenuispina, Ldf. 
Cladochalina euplax, Ldf. . . 
Chalinissa elongata tenuispicula, n. v. 
Chalinissa communis tenuis, n. v. 
Ceraochalina nuda, var. occyus, Ldf. . 
Ceraochalina reteplacc tenuis, n. v. 
Phylosiphonia pumila, Ldf. .... 
Spinosella sororia, var. dilatata, Dendy 

— — var. elongata, Dendy . 

Euchalina eocigua, var. arborea, Ldf. . 
t. xxxvni, 1903 



Ex. 



10 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 




Fig. 3 (1 : 100). 



MÉMOIRES. 11 

Chalinopora typica, var. tenuispina, Lendenfeld. 
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jahrb., v. II, p. 756.) 

Dieser Schwamm ist massig-lappig und hat sehr grosse, bis 6 mm 
im Durchmesser haltende Oscula. Dieselben fînden sich haupt- 
sâchlich an der der Anwachsungsstelle gegenûberliegenden Seite. 
An den angeschnittenen Stellen erkennt man schon makroskopisch 
die 700 ^ weiten Maschen des Skeletnetzes (Fig. 1). Die 57 p. 
dicken Hauptfasern desselben sind in ziemlich regelmâssigen 
Abstânden durch dûnnere Verbindungsfasern verbunden. Haupt- 
und Verbindungsfasern sind dicht mit Nadeln erfûllt, die einen wohl- 
ausgebildeten axialen Strang darstellen, so zwar, dass die Horn- 
fasersubstanz nur einen dùnnen Ueberzug ûber die Nadelbûndel 
bildet (Fig. 2). Das Dermalskelet wird von einem Netzwerk stâr- 
kerer Hornfasern gebildet, zwischen denen ein sehr engmaschiges, 
aus feinen Fasern bestehendes Netz ausgespannt ist (Fig. 3). 

Nadeln (Fig. 4) : Amphioxe, 59 p lang, 1 p. dick; meist gerade, 
seltener, hauptsâchlich an den Verbindungsstellen 
der Haupt- und Verbindungsfasern, einfach oder 
S-fôrmig gekrùmmt. 

Dièses Exemplar unterscheidet sich von der in 
der oben citierten Arbeit beschriebenen Chalinopora 
typica, var. tenuispina, Lendenfeld, durch etwas Fi°-. 4 (i : 320). 
kûrzere Nadeln und durch bedeutend dûnnere Haupt- 
und Verbindungsfasern. Dièse erreichen nicht die Hâlfte der Dicke 
jener. 

Cladochalina euplax, Lendenfeld. 
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jahrb., v. II, p. 769, Taf. XXVII, Fig. 26.) 

Das vorliegende Exemplar dièses Schwammes ist massig-lappig 
und flâchenhaft ausgebildet. Die hauptsâchlich auf einer Seite 
angeordneten Oscula sind 2-3 mm weit. Die Hauptfasern sind 
39 p, die Verbindungsfasern 24 p: dick. Die Maschen des Skelet- 
netzes (Fig. 5) sind ziemlich constant 220 ^ breit, aber sehr ver- 
schieden lang (220-790 jx). Die Nadeln bilden in den Hauptfasern 
einen verschieden starken axialen Strang. Einzelne Strecken der 
Hauptfasern sowie viele Teile der Verbindungsfasern sind voll- 
stândig nadelfrei. Manche Verbindungsfaser wird nur durch eine 
einzige Nadel gestûtzt (Fig. 6). 

Nadeln (Fig. 7) : Amphioxe, meist 114 p. lang und 6 p. breit; sehr 




12 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



selten solche von 56 p. Lange und 3 (jl Dicke; Amphitorn (selten), 
von derselben Lange und Dicke wie die grossen Amphioxe ; Verein- 
zelt kommen auch Style vor, dièse sind 96 d lang und 6 p. dick. 




s. 



Fig. 7 (1 : 320). 



MÉMOIRES. 



13 



Ghaiinissa elongata, Lendenfeld. 
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jahrb., v. II, p. 774, Taf. XX, Fig. 34.) 

Chalinissa elongata tenuispicula, nov. var. 

• 

Der Schwamm besteht aus mehreren aufstrebenden Zweigen, die 
von einem gemeinsamen Stamme entspringen. Die Zweige errei- 
chen eine Lange von 20-25 cm und sind 1-2 cm dick. An ihrer 
Oberflâche befinden sich unregelmâssig verlaufende Lângsleisten. 
Die Osculasind kreisrund, 1-2 mm weit. Die inneren Skeletfasern 
sind dunkelbraun, die oberflâchlichen lichtbraun. 

Die Maschen des Skeletnetzes (Fig. 8) sind 250 p. weit und die 
Fasern 75 ^ dick. 




oO 



Fig. 8 (1 : 46). 

Die Nadeln (Fig. 9) liegen axial in den Fasern ; besonders schôn 
ist dieser axiale Strang in den Verbindungsfasern 
ausgebildet. Ausserdem fînden sich hie und da in 
den Hauptfasern auch einzelne longitudinal orien- 
tierte Nadeln. Die Nadeln sind Amphioxe. 

Wâhrend dieser Schwamm im âusseren Habitus 
in der Gestaltung der Skeletfasern und der Mascben- 
weite des Skeletnetzes mit Chalinissa elongata, Ldf. , ùbereinstimmt, 
unterscheiden sich die Nadeln durch ihre geringere Grosse, weshalb 
ich fur diesen Schwamm die neue Varietàt, tenuispicula, aufgestellt 
habe. 



y 



Fig. 9 (1 : 320}. 



14 



SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



Ghalinissa communis, Lendenfeld. 
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jahrb., v. II, p. 772.) 

Chalinissa communis tenuis, nov. var. t 

Von einem gemeinsamen Stiele erheben sich unregelmâssig 
gefurchte, fingerfôrmige oder abgeflachte Zweige. Die Haupt- 
zweige spalten sich in Nebenzweige. Stiel und sâmmtliche Zweige 
sind mit 2 mm weiten Osculis bedeckt. In der Sammlung ist nur 
ein kleines 20 cm hohes und 6 cm breites Exemplar enthalten. 




Fig. 11 (1 : 320). 



Fig. 10 (1 :46). 

Das Skeletneiz (Fig. 10) hat 69 p weite Maschen 
und 23 [a dicke Fasern. 

Nadeln : Amphioxe, 56 jj. lang, 3.6 p. breit 
(Fig. 11). 

Die Nadeln bilden sowohl in den Haupt- als in 
den Verbindimgsfasern axiale Strange. Dieselben 
sind zarter als die der anderen Varietâten von 
Chalinissa communis, Ldf. , weshalb ich fur das 
vorliegende Exemplar die neue Varietât, tennis, 
aufgestellt habe. 



MÉMOIRES. 



15 



Geraochalina nuda, var. oxyus, Lendenfeld. 
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jarhb!, v. II, p. 782.) 

Dièse Form ist in der Sammlung durch ein Exemplar vertreten. 
Dasselbe ist 6 cm hoch und 5 cm breit und besteht aus mehreren 
fingerfôrmigen Zweigen, die an einzelnen Stellen undeutlich ring- 
fôrmig angeschwollen sind. Dieselben sind mit einander verbunden. 
Die 1-2 mm breiten Oscula sind an der Oberflàche des Schwammes 
zerstreut. Die Maschenweite ist sehr variabel (160 jjl-370. p.). 
Faserndicke : 49 f* (Fig. 12). 




Fig. 12(1 :46). 



Fig. 13 (1:320). 



Nadeln (Fig. 13) : Amphioxe, 93 {* lang, 7.9 |x dick; sehr selten 
kommen auch 80 p. lange und 6 (x breite Style vor. 



Geraochalina reteplax, Lendenfeld. 
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jahrb., v. II, p. 785, Taf. XIX, Fig. 17. 



Ceraochalina reteplax tenuis, 



îiov. var 



In der Sammlung ist nur ein kleines Fragment von diesem 
Schwamme enthalten. Dasselbe besteht aus einem stengelartigen 



16 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



•J 




ur 







( 



Fig. 15 (1 : 100). 




Fig. 16 (1 : 100). 



MÉMOIRES. 17 

Gebilde mit flachen, unregelmâssigen Vorwôlbungen. Die Oscula 
liegen durchwegs auf einer Seite. Sie finden sich auf den Gipfeln 
von bis zu 2 mm hohen Papillen und sind 1-2 mm weit. Die Farbe 
des Schwammes ist blond. Sie Iritt an mikroskopischen Prâparaten 
besonders deullich hervor. 

Der Schwamm zeichnet sich durch ein besonders weites Netzwerk 
aus (Fig. 14). Schon mit freiem Auge kann man Haupt- und 
Verbindungsfasern unterscheiden. Die Maschen des Skeletnetzes 
sind durchschnittlich 700 p. weit, die Hauptfasern 100 jj., die Ver- 
bindungsfasern 60 p. dick. Figur 15 zeigt eine innere Skeletfaser mit 
den eingelagerten Nadeln. Das Dermalskelet (Fig. 16) wird bei 
diesem Schwamme durch netzartig mit einander verbundene dickere 
Fasern gebildet, zwischen denen ein Netz feinerer Fasern ausge- 
spannt ist. In jeder einzelnen dieser feineren Fasern liegt eine 
Nadel. 

Die Nadeln (Fig. 17) bilden einen streng 
axialen Strang, der in verschiedener Mâchtigkeit 
ausgebildet ist. 

Nadeln : Amphistrongylen , 57 ^ lang, 1.5 [a 

d ic k* Fig. 17 (1 : 320). 

Bemerkenswert ist es, dass die Nadeln an 
denjenigen Stellen, wo die Fasern in einander ùbergehen, vielfach 
gekrûmmt und gebogen erscheinen. In allen ùbrigen Teilen des 
Skeletes sind sie gerade. 

Anmerkung. — In der Arbeit van Lendenfeld : Die Chalineen 
des austrâlischen Gebietes ist eine Art als Ceraochalina reteplax, 
Ldf., beschrieben. Infolge der hier vollzogenen Abgliederung der 
Varielât tenuis wâre der in der oben erwâhnten Schrift als Cerao- 
chalina reteplax, Ldf. , beschriebene Schwamm als die Varietàt typica 
zu bezeichnen. 

Phylosiphonia pumila, Lendenfeld. 
(Lendenfeld, 1887, in Zool. Jahrb., v. II, p. 799, Taf. XXIII, Fig. 52.) 

Das vorliegende Exemplar ist 50 mm hoch und 60 mm breit. 
Von der Basis erheben sich elf rôhrenfôrmige Gebilde, die mit ein- 
ander zusammenhângen. Die âussere Oberflàche ist glatt. Die 
Oscula sind kreisrund oder ellipsoidisch 6-8 mm weit. 



I 



18 



SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQLE DE BELGIQUE. 



Skeletnetz (Fig. 18) mit hellgelb gefârbten ziemlich constant 
42 p. dicken Hauptfasern und 28 y. dicken Verbindungsfasern. 
Die Maschenweite betrâgt 217 p.. t 




Fig. 18 (1 : 40). 



'9%4t 



Fig. 19 (1 : 320). 



Nadeln (Figur 19) : Amphioxe, leicht gekrûmmt; 51 ^ lang und 
2.5 p. dick. 

Spinosella sororia, var. dilatata, Dendy. 

(Mr. A. Dendy, 1890, Observations on the West Indian Chalinine Sponges, with 
Descriptions ofnew Species, in Trans. Zool. Soc, v. XII, p. 361, Taf. LXIII, 
Fig. 2.) 

Dièse Varietât ist in der Sammlung durch drei Exemplare ver- 
treten. Es sind jedoch dièse drei Exemplare âusserlich verschieden 
ausgebildet. Dieselben bestehen aus Rohren, die sich von einer 
gemeinsamen basalen Masse erheben, von der sie entweder getrennt 
oder miteinander verbunden emporgewachsen sind . 

Bei dem einen, das wohl a m besten erha.lten ist, sind die 
Hôhlungen der Rohren vollstàndig getrennt und umgekehrt kegel- 
fôrmig. 

Bei dem andern sind sie miteinander verbunden. 

Die Rohren des dritten Exemplars erreichen eine betràchliche 
Lange und sind mehr abgeplattet, fùnfmal so breit als dick. 

Die innere Oberflàche der Rohren ist glatt, die aussere trâgt 
zahlreiche spitz zulaufende nach oben gerichtete Fortsàlze. 



MÉMOIRES. 



19 



Sehr charakteristisch fur dièse Gruppe der Chalineen ist das starke 
Hervortreten der Hauptfaserstrànge. Die an der Innenflâehe der 
Rôhren liegenden Ausstrômungsôffnungen sind dementsprechend in 
geraden Lângsreihen angeordnet. Skeletnetz (Fig. 20] mit 210 ja 
Maschenweite und 39^-59 p- dicken Fasern. 




Fig. 22 (1 : 320). 



Fig. 20 (1 : 46). 



Fig. 21 (1:320). 



Figur 21 zeigt eine lângere und kûrzere Verbindungsfaser durch 
je eine Nadel gestûtzt. 

Nadeln (Fig. 22) : Amphioxe, 81 p lang, 3.7 ^ dick. 

Spinosella sororia, var. elongata, Dendy. 

(Mr. A. Dendy, 1890, Observations on the West Indian Chalinine Sponges, with 
Descriptions of new Species, in Trans. Zool. Soc. London, v. XII, p. 362, 
Taf. LXIII, Fig. 1.) 



Dièse Varietât ist in der Sammlung nur durch ein Fragment 
vertreten. Es besteht aus einer Rôhre, an der seitlich noch ein 
Verbindungsteil mit einer anderen Rôhre zu bemerken ist. Dieselbe 
ist etwa 22 cm hoch und 2 cm breit. Die Innenflâehe der Rôhre 
ist glatt und an derselben liegen zahlreiche undeutlich longitudinal 
angeordnete Ausstrômungsôffnungen. Die àussere Oberflàche tràgt 



20 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

zahlreiche nur wenig hervorragende dornartige Fortsâtze, die nach 
aufwârts gerichtet sind. Skeletnetz (Fig. 23) mit 54 p dicken 
Hauptfasern. Maschenweite sehr variabel. , 




ZqVWQp 






/£> 



^ 



Fig. 24 (1 : 320). 




^ 



/ Fig. 23 (1 : 46). 

Nadeln (Fig. 24) : Amphioxe, 65 ^ lang, 2.5 ^ dick. 

Euchalina exigua, var. arborea, Lendenfeld. 
(Lendenfeld, 1887, Zool. Jahrb., v. II, p. 808, Taf. XVIII, Fig. 6.) 




Fig. 25 (1 : 46). 

Von einem schwach ausgebildeten Stiele erheben sich mehrere 



MÉMOIRES. 



21 



sohmale Aeste, die sich ihrerseits wieder in gleich starke Zweige 
spalten. Der Schwamm erreicht eine Hôhe von 20 cm. Die Aeste 
und Zweige sind 4-5 mm breit. Die Oscula sind zahlreich und sehr 
klein. Das Skeletnetz (Fig. 25) hat eine geringe Maschenweite : 
130 p.. Die Dicke der Hauptfasern betrâgt 30 ^, die der Ver- 
bindungsfasern 10 p. f 1 ). 



Fig. 26 (1 : 320). 

Nadeln (Fig. 26) : Amphioxe, 70-90 p lang, 2.6-6 p dick. 



(*) Die Maassangaben sind sâmmtlich als Mittel von etwa 20 Messungen ange- 
geben. 



LITTERATURVERZEICHNIS. 

Dendy, Artur : Observations on the West Indian Chalinine Sponges, with Des- 
criptions ofnew Species, in Trans. Zool. Soc. London, v. XII, 1890. 

v. Lendenfeld : Die Chalineen des australischen Gebietes, in Zool. Jahrb., 
v. II, 1887. 

v. Lendenfeld : Das System der Monactinellidœ, in Zool. Anzeiger, 1884. 

v. Lendenfeld und Schulze : Die Bezeichnung der Spongiennadeln, in Abhand- 

LUNGEN DER KGL. PREUSSISCHEN AKADEMIE DER WlSSENSCHAFTEN ZU BERLIN, 1889. 

Ridley und Artur Dendy : Preliminary report on the Monaxonida collected by 
H. M. S. « Challenger », in Annals and Magazine of Natural History, 
Série 5, v. XX, 1887. 

Stuart O. Ridley : Spongiida, Report on the zoological collections made in the 
Indopacific Océan during the voyage ofH. M. S. « Alert », 1884. 

Ridley, O., und Dendy, A. : Monaxonida, Challenger Reports Zoology, v. XX, 

1887. 



— — ^jvs^ûsSS^^^^— 



LA FAUNE 

DES 



MOLLUSQUES FOSSILES ÏÏÉOGÈNES 

DU PÉRIMÈTRE DU GOLFE DE XAPLES 



PAR 

Le L r Raffaello BELLIffl. 



-0-O>0^00- 



On sait que le périmètre du golfe de Naples est constitué de roches 
volcaniques, distinguées en basaltiques, ou de la contrée vésuvienne, 
et trachytiques, appartenant aux champs Phlégréens, limités par 
le petit fleuve Sebeto. Parmi ces formations, les couches fossilifères 
de l'île d'Ischia, du mont Somma, l'ancien Vésuve, et de la côte de 
Pozzuoli sont très importantes. 

Dans deux de mes publications ( l ) je me suis occupé des Mollusques 
fossiles des deux premières de ces localités. Mais l'étude synthétique 
et totale de cette faune néogénique caractéristique est hautement 
intéressante non seulement sous le rapport paléontologique, mais 
aussi pour la connaissance de la faune malacologique qui vivait dans 
notre golfe aux époques antérieures à la nôtre. 

En conséquence, j'espère que cette communication que j'ai l'hon- 
neur d'envoyer à la Société royale Zoologique et Malacologique de 
Belgique sera accueillie avec quelque intérêt. 

La base de mon étude a été principalement la splendide collection 
des fossiles du mont Somma et des champs Phlégréens, qui fait partie 



( 4 ) R. Bellini, Due nuovl Molluschi fossili delV isola d'Ischia e revisione délie 
specie esistenti nella marna delV isola stessa. (Bollett. Soc. Zool. Ital., 
fasc. III-IV, anno IX. Rome, 1900.) — R. Bellini, Notizie sulle formazioni fossi- 
lifère neogeniche recenti délia regione vidcanica napoletana e Malacofaima del 
Monte Somma. (Boll. Societa di Naturalisti in Napoli, anno XVII. Naples, 1903.) 



MÉMOIRES. 



23 



du Musée géologique royal de Naples; cette collection commencée 
par R.-A. Philippi pendant les premières années du siècle dernier, 
augmentée par A. Scacchi, O.-G. Costa et G. Guiscardi, illustres 
géologues napolitains, a été gracieusement mise à ma disposition par 
le directeur du Musée, M. le professeur Bassani. J'ai aussi consulté 
la petite collection des coquilles du mont Somma, qui existe au Musée 
géologique royal de Turin; enfin, j'ai trouvé d'autres éléments d'étude 
dans la collection, que je possède maintenant, de mon regretté ami 
le baron Gastriota-Scanderbeg, ainsi que dans plusieurs excursions 
faites dans les plus importantes localités fossilifères. 

Tous ces dépôts, contemporains ou postérieurs aux temps de la plus 
grande activité volcanique de la région, sont lithologiquement carac- 
térisés par des tufs, des marnes, des conglomérats et des grès; 
paléontologiquement par des formes appartenant à des espèces actuel- 
lement vivantes dans le golfe. Ces formations sont à rapporter à 
Y Astien, ou Pliocène récent, et au Saharien, ou Quaternaire ancien. 
On peut les appeler dans leur ensemble, suivant Renevier : néogènes 
récentes. 

Aperçu des dépôts fossilifères néogènes de la région volcanique napolitaine. 



LOCALITES. 



CONSTITUTION 
LITHOLOGIQUE 
DES DÉPOTS. 



AUTEURS 

QUI 

LES ONT ÉTUDIÉS. 



OBSERVATIONS. 



AGE 
DE FOR- 
MATION. 



A. — Mont Somma (l'ancien 
Vésuve) ' . 



B. — Côte de Pozzuoli, près 
du Monte Nuovo .... 



C. — Valle di Mezzaria, dans 
l'ile d'Ischia 



D. — Promontoires de S. A les- 
sandro et Castiglione, dans 
l'ile d'Ischia 

E. — Punia dell' Imper atore, 
dans l'ile d'Ischia. . . . 



F. — Collines de Naples 



G. — Mont Epomeo, dans l'ile 
d'Ischia 



Argile, grès. 



Tuf 
saxidinïque. 



Tuf et sable 
en deux 
couches. 

Marne 
avec ponces. 

Brèche 

trachy tique 

avec ciment 

calcaire. 

Tufs jaune 

et gris, 

le premier 

seulement 

fossilifère. 

Marne 

et argile 

marneuse. 



Hamilton, 

Monticelli, Scacchi, 

Guiscardi. 

Philippi, Scacchi, 
Pilia, Lyell, 
De Angelis, 

Guiscardi, Bellini. 

Scacchi, Fonseca, 

Philippi, 

Pilla, Spoda-Lavini, 

Bellini. 

Scacchi, Fonseca, 
Pilla, Bellini. 

Scacchi, Fonseca, 
Bellini. 



Scacchi, Bellini. 



Breislak, Brocchi, 
Scacchi, Pilla, 

Fonseca, Bellini, 

Spoda-Lavini, 

Mercalli. 



Blocs erratiques 
dans les ravins. 



A près de 25 mètres au- 
dessus du niveau de 
la mer. Faune à fa- 
des sablonneux et 
rocheux. 

Espèces de faune litto- 
rale ; à la même hau- 
teur et vis-à-vis du 
précédent. 

Recouvert de laves 
rejetées par le mont 
Rotaro. 

Faune de mer pro- 
fonde et de station 
rocheuse. 



Formation pauvre 
en fossiles. 



A la hauteur d'envi- 
ron 50U mètres au ma- 
ximum. 



Saharien, 



Saharien 



Saharien, 



Saharien, 



Saharien , 



Astien 

et 

en partie 

Saharien. 

Astien. 



24 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Toutes les espèces citées se trouvent au Musée géologique de l'Uni- 
versité de Naples ou dans ma collection. 

Les lettres, mises après les noms des espèces, se rapportent aux 
formations indiquées ci-dessus. 

Pour l'ordre de rémunération, j'ai suivi le Manuel de conchyliologie 
du D r Paul Fischer. 



Pteropoda. 



Cavolinia tridenlata (Forsk.). B, D, E. 

Driacria trispinosa (Les.) === Hyalea depressa (Biv.). A 



Gastropoda. 



A. — Pulmonata. 

Ancylus fluviatilis (Mûller). B. Rare. 

Limnœa ovala (Drap.) = Hélix auricularia (O.-G. Costa pars). A. 

B. — Opisthobranchiata. 

Actœon tornatilis (L.). Type et variété minor. B, D. 

Scaphander lignarius (L.). A. 

Eaminea hydatis (L.) = Bulla pisum (Délie Ghiaje). A, B, D. 

Retusa truncatula (Brug.) — Bulla semisulcata (Phil.); B. cylindrica, 

(Scacchi). A (fide Guiscardi). 
Romnia utriculus (Brocchi). A, D. 

Ringicula auriculata (Mén.) = Oliva oryza (O.-G. Costa). A, B, C. 
— buccinea (Brocchi). G. N'existe plus à l'état vivant. 

C. — Prosobranchiata. 

Conus méditer raneus (Brug.). C, E. Type et variétés pyrula (Brocchi); 
mbmediterraneus (Locard); galloprovincialis (Locard). 



MÉMOIRES. 25 

Hœdropleura septangularis (Montg.). C, D. Type et variété hepta- 

gona (Scacchi). 
Conopleura Maravignœ (Bivona) = Pleurotoma elegans (Scacchi). D. 
Mangilia Bertrandi (Payr.). G, E. Plus renflé que le type. 
Leufroyia Leufroyi (Mich.). C, D. 

— continua (Scacchi). G. 

Philbertia bicolor (Risso) == Pleurotoma variegatum (Phil.). C. 

— La Vice (Phil.). G. 

Villiersiella attenuata (Montg.) = Pleurotoma gracilis (Phil.). C, D. 
Ginnania nana (Scacchi). A, G. 

— brachystoma (Phil.). G. 

Gordieria reticulata (Ren.) — F usas echinatus (Brocchi). G, D,G. 
Bellardiella gracilis (Mtg.) — Murex oblongus (Brocchi). B, C, D. 
Cirillia linearis (Mtg.) === Raphitoma Scacchii (Bellardi, fide Monte- 

rosato in Nomencl., p. 34). D, 
Marginella secalina (Phil.) == Volvaria exilis (O.-G. Gosta non 
Lam.). A, B, D. 

— cyprœola (Brocchi). C, E. 

Gibberula miliaria (L.j. C. Type et variété minor (Monteros.). 
Fuscomitra lutescens (Lam.). B, G, D, E. 

— cornea (Lam.). G, D. 
Turricula ebenus (Lam.). B, G. 

*Var. (3. plicatula (Brocchi). D. Costulée comme le type, 
mais plus allongée. 

— tricolor (Gmel.). G, D. 

— Savignyi (Payr.). G, F. 

Mitrolumna olivoidea (Gantr.) = Mitra columbellaria (Scacchi); Golum- 

bella Graa(Phil.). G. 
Pseudofusus rostratus (Olivi). D, G. 

*Var. (3. carinaia (Monteros.). Avec l'une des côtes transver- 
sales plus développée que les autres. 
Aptyxis syracusanus (L.). p. fasciolarioides (Monterosato). C. 
Fasciolaria tarentina (Lam.). F. (Dans le tuf de Posillipo.) 
Pollia Orbignyi (Payr.). G, D. 
— maculosa (Lam.). G, E. 
Euthria cornea (L.). G, F. 
Nassa mutabilis (L.). A, B, G, G. 

*Var. inflata (Lam.). A dernier tour plus renflé. 
— reticulata (L.). G, D, E. 

T. XXXVIII, 1903. 4 



26 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Nassa limata (Chemn.). C. 

— inerassata (Mûller). B, C, D. 

— prismatica (Brocchi). G. , 

— Lacepedei(P&yr.) = Buccinum asperulum (Brocchi). B, G, D, E. 

— semistriata (Brocchi). A, B, G. Sous ce nom ont été confondues 

plusieurs espèces; la forme du Pliocène se trouve encore 
dans la Méditerranée. 
Golumbella rustica (L.). G, E, F. 

*p. elongata (Phil.), *var, apiculata (Monteros.). Spire 
très aiguë. 

— procera (Locard) = G: rustica, var. acuminata {non 

Req.). G. 
Mitrella scripta(h.). G, D, E. 

— Greci (Phil.). D. 
Atilia minor (Scacchi). G, D, E. 
Pagodula carinata (Bivona) = Murex vaginatus (Brocchi); M. calcar, 

(Scacchi). G. 
Murex brandaris (L.). B, G, D, F. 

— trunculus (L.). B, G, E, F. Le type est rare dans le golfe; la 

forme commune est sans épines, mais tuberculeuse. Les 
fossiles se rapprochent du type. 

Dans l'Astien des collines de Turin cette forme est rem- 
placée par le M. iondarius (Lam.) [= M. brandaris 
(Brocchi), et M. cornutus (Brocchi, non L.)], intermédiaire 
entre les M. brandaris et cornutus ; cette dernière espèce 
vit actuellement au Sénégal. 

*Var. (3. conglobatus (Michelotti) = var. 4 (Philippi). 
Varices mutiques. Rare. 

Muricidea Blainvillei (Payr.) = Murex cristatus (Phil., non Br.). G. 
Var. |3. inermis (Phil.). Plus petite et à tubercules mutiques. 

Ocenebra erinacea (L.) = Murex tarentinus (Lam.). G. Six varices 
par tour, alternativement fortes et faibles, tandis que l'O. 
Hanleyi (Dautz.) [= Murex erinaceus, auct. [non L.)], 
possède cinq varices sur chaque tour. 

Ocinebrina Edwardsi (Payr.). D. 

— corallina (Scacchi) == 0. aciculata (Lam.); Fusus lavatus, 

(Phil., non Bast.). G. 
Dermomurex scalarinus (Bivona) — Murex scalaroides (Blainv.); 
M. distinct us (Jan.); M. leucoderma (Scacchi). G. 



MÉMOIRES. 27 

Simpulum corrugatum (Lam.). C. Dans l'Astien de Turin, cette forme 

est remplacée par le S. affine (Desh.). 
Semicassis undulata (L.). D, G. 

— inarimensis (Bellini). G. J'ai décrit cette nouvelle forme 

de la marne du mont Epomeo dans mon travail : Due 
nuovi Molluschi fossili delV isola dlschia, etc., p. 5. 
Voici la diagnose : 

Testa oblonga; spira prominula, obtusiuseula ; an- 
fractibus 4-5 convexiusculis , superne subplanatis, 
transverse et longitudinaliter sulcato-striatis ; eanali 
breviuseulo; apertura ovali- oblonga; peristomate in- 
crassato, intus dentiplieato . Haut., 16 millimètres; 
larg., 4 millimètres. 

(Collection du Musée Géologique de Naples.) 
Cassidaria tyrrhena (Cheinn.), auot. A. Allié au suivant, mais plus 
grand et à dernier tour plus renflé ; sans tubercules. 

— echinophora (L.). G. 
Ovula carnea (L.). D. 
Cyprœa lurida (L.). G. 

— pijrum (L.). G. 
Trivia europœa (Mtg.). G, D. 

— pulex (Solander). G, D. 

— globulosa (Monterosato) = T. europœa, var. globosa (Wood) 

= T. Mollerati (Loc). G. 
Erato lœvis (Donovan) == Marginella muscaria (O.-G. Costa). D. 
Donovania turritellata (Desh.) == D. minima [non Mtg.). C. 

— mamillata (Kisso). C. 

Chenopus pes-peleeani (L.). A, B, G, D, E, F. 
Tri fo ris perversus (L.). G, D. 
Cerithium vulgatum (Brug.). A, G, D, E, F. 
Var. (3. spinosa (Blainv.). 

— alucastrum (Brocchi), B, G, D, F, G. 

— tortuosum (Monterosato). G. 

protractum (Biv., ms., Arad. et Benoit) = C. vulgatum, 
var. gracilis (Phil.). C. 
Bittium Latreillei (Payr.) = Cerithium lima (Phil., non Brug.), B, 

G, D, G. 
Bittium Jadertinum (Brusina) = Cerithium lima {non Brug.), var. 
minor (Phil.). G, 



28 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Bittium scabrum (Olivi). B, D, G. 

Gerithiopsis tubercularis (Mtg.) = Cerithium pygmœum (Phil). G. 

— minima (Brusina). B. ,' 

Pirenella conica (Blainv.) = Cerithium mamillatum (Phil., non 

Risso). A, G, D. 
Vermetus triqueter (Bivona). D/ 

— gregarius (Monterosato). A, D. 

Bivonia petrœa (Monterosato) ===== Vermetus glomeràtus (Biv.) [non 

Serpula glomerata (L.)]. G. 
Tenagodes obtusus (Schum.) ===== Siliquaria anguina (auct., non L.). 

A, G. 
Turritella terebra (L.). Commun dans tous les dépôts. 

— triplicata (Brocchi) = Turbo vermicularis (Brocchi) ===== Turr. 

mediterranea (Monter.). D, F, G. 
Cœcum trachea (Montagu). B, G. 
Littorina neritoides (L.). B. 

Fossarus ambiguus (h.) = Natica fossor (Adans.). D. 
Phasianum minutum (Mich.). C. 
Solarium fallaciosum (Tiberi). D. 
Skeneia exilissima (Phil.). A (fide Guiscardi). 
Rissoa variabilis (von Mûhlf.). C. 

— ventrieosa (Desmar.). G. D. 

— costata (Adams). B, G, D, E. 
Zippora auriscalpium (L.). D. 
Persephona violacea (Desmoul.). D. 
Apicularia similis (Scacchi). E. 
Schwartzia monodonta (Biv. in Phil.). A, C. 

Aluania scabra (Phil.) = Rissoa miitabilis (Sohwartz). G. 

Rissostomia oblonga (Desmar.). B, D. 

Alvania Montagui (Payr.). G, D, E. 

Acinus cimex (L.). G, D, E == Rissoa granulata (Phil.). 

Var. p. depauperata (Monterosato). Fortement crispée et de 
petite taille. 

— Geryonius (Ghieregh.). C. 

— hispidulus (Monterosato) == Rissoa clathrata et cancellata 

(Phil.) (noms déjà employés dans d'autres sens). G. 

— subcrenulatus (Schwartz) Brusina. G. 

— reticulatus (Mtg.). G. 
Acinopsis cancellata (Da Costa). G, D. 



MÉMOIRES. 29 

Acinopsis hirta (Monterosato). G. 

Rissoina Bruguierei (Payr.). C. 

Bithinia tentaculata (L.). A. 

Capulus hungaricus (L.). D. 

Crepidula unguiformis (La m.). C. 

Calyptrœa sinensis (L.) === C. vuîgaris (Phil.). A, G. 

Natica Dillwyni (Payr.). B, C, D. 

— hebrœa (Martyn). 

— millepunctata (Lam.). B, G, D. 

— acuminata (O.-G. Costa), Bellini. D. J'ai décrit cette espèce 

dans ma note : Bue nuovi molluschi fossili delV Sola 
d'ischia, etc., p. 6, fig. 2. 

— Guillemini (Payr.). D. 
Naticina sordida (Sow.). G. 

— helicina (Brocchi). A, G. 

— macilenta (Payr.). A. 

— Poliana (Délie Chiaje). A. Voisin du précédent, avec lequel 

il a été confondu. 
Reventa Josephinia (Risso). C. 

Payraudeautia intricata (Donovan). A, B, C, D, F, G. 
Scalaria clathrus (L.). A, G. 

— tenuicosta (Michaud) = S. plicata (Scacchi). G. 
Melanella polita (L.). C, D, G. J'adopte le nom générique Melanella, 

plus ancien que Eulima. 

— intermedia (Cantraine) ==- Mélania nitida (Phil . , non Lam .) ; 

Rissoa sinuosa (Scacchi). D. 

— microstoma (Brusina). D. 
Subularia subulata (Don.). D. 

Odontostomia plicata (Mtg.) == Rissoa elongata (Phil.); Eulima buli- 
mus (Scacchi). D. 

■Pyrgulina gracilis (Phil.). D. 

Menestho Uumboldti (Risso) = Tomatella? clathrata (Phil.); Chem- 
nitzia Uumboldti, var. subventricosa (Phil.) (type). G, D. 
Cette espèce se rencontre sous deux aspects ; la forme 
typique serait la variété subventricosa de Philippi, et 
l'autre, plus allongée, avec côtes nombreuses et sutures 
peu profondes, a été nommée Odostomia dissimïlis par 
Tiberi. 

— bulinea (Lowe). D. 



30 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Menestho striata (Broccbi). G. C'est la Tornatella elongata de Philippi. 
Turbonilla lactea (L.) = Turbo elegantissimus (Mont.); Bissoa turri- 

tella (Scacchi). C, D. , 

Var. j3. Campanellœ (Phil.). Côtes plus nombreuses et flexueuses. 
Vitreolina incurva (Ben.) == Meiania distorta (Phil., non Desh.); 

Eulima Philippii (Weink., non Raynev. et Ponzi). G. 
Pyrgostylus striatulus (L.) auct. = Meiania pallida (Phil.). A, G. 
Smaragdia viridis (h.) = Nerita marina (Délie Chiaje). D. 
Tricolia speciosa (von Mûhlf.) = Phasianella Vieuxi (Payr.), auct. 

B, C, D, E. 
Tricoliella inter média (Scacchi). C, D. 
Eudora pullus (L.). D, E. 
Astralium rugosum(L.). B, C, D, E, G. 
Clanculus cruciatus (L.). C. 

— Jussieui (Payr.). G, D. 

— corallinus (Gmel.), auct. C. 
Gibbuîa magus (L.). B, D, G. 

— fanulum (Gmel.). D. 

— varia (L.), auct. B, G, D. 

— leucophœa (Phil.). D. 

— Guttadauri (Phil.). D., 

— Adansoni (Payr.). F. 

— ardens (Von Salis). B, C, D, E. 

— Richard! (Payr.). E. 

— canaliculata (Lam.). C, D. 
Craspedotus limbatus (Phil.). G. 

Circulus striatus (Phil.) = Solarium PMz'ppzï(Cantraine). D. 
Calliostoma zizyphinum (L.) == C. Linnœi (Monterosato). G. 

— conulus (L.l. B, G 

— Laugieri (Payr.). C. 

— exasperatum (Pennant). D. 

— crenulatum (Brocchi) = Jujubinns corallinus (Montero- 

sato, non auct.). D. 

— striatum (L.) — Trochus littoralis (Brus.). B, C, D, E. 

— lœvigatum (Phil.). D. 
Ampullotrochus granulatus (L.). B, G, F. 
Haliotis lamellosa (Lam.). G. 

Fissurella dorsata (Monterosato). D. Sa taille est plus grande que 
celle de la suivante, sa réticulation moins serrée, sa 
forme plus conique. 



MÉMOIRES. 31 

Fissurella grœca (L.), auct. === F. reeurvata et corrugata (O.-G. 
Costa). C, D,'E. 

— gibberula (Lam.) = F. gibba (Phil.). B. 
Emarginula capuliformis (Phil.). D . 

— - papillosa (Risso) === E. adriatica (O.-G. Costa). 

Patella lusitanica (Gmel.). C. 

— cœrulea (h.). C. 

Var. (3. fragilis (Phil,). 

— tarentina (Lam.). C } F. 



Dentalium vulgare (Da Costa) == tarentinum (Lam.) — Zh entalis 
(plur. auct., non L.). B, C. 

— dentalis (L.) Deshayes = D. dentalis (Phil. (excl. var.) 

et O.-G. Costa). A, B, C, D. 

— inœquicostatum (Dautz.) = D. novemcostatum (auct., non 

Lam.). C. 
■ — striatum (Lam.). C. 
Pseudentalis rubescens (Desh.). C. 



Ostrea edulis (L.), auct. A, B, C, D, F. 

— denticulata (Brocchi), F. Dans le tuf de Posillipo. N'existe 

plus vivante dans le golfe. 

— cristata (Born). Poli. A, B, C, D. 

— lamellosa (Brocchi.). C. Suivant Monterosato cette espèce 

serait éteinte; 
Gryphœa cochlear (Poli). C. 
Anomia ephippium (L.), Poli = A. plicata (Brocchi). A, C, D. 

— squamula (L.). C. 
Monta margarttacea (Poli). C. 

Spondylus gœderopus (L.). Poli. B, C, F. La forme fossile, comme 



32 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

celle qu'on trouve vivante dans le golfe, est toujours dépourvue 
d'épines. = Var. inermis (Monteros.). 
Radula lima (L.) = Radula squamosa (Lam.). G. F., 
— vesuviana (Bellini). A. J'ai fait connaître cette forme nouvelle 
dans mon travail : Notizie sulle formazioni fossilifère 
neogeniche recenti, etc. , p. 15 ; elle est voisine du R. subau- 
riculata (Mtg.), mais plus grande, à côtes plus nombreuses. 
Pecten jacobœus (L.). A, B, G, D. 
Chlamys varia (L.). A, B, G, D. 

— p es- f élis (L.). G. 

— multistriata (Poli). C. 

Mquipecten opercularis (L.) = Ostrea sanguinea (Poli). A, B, D, E. 

— Audouini (Payr.). D, E. Forme bien méditerranéenne; 

un intermédiaire se trouve dans les collines de Turin 
et est distingué par Sacco sous ce nom. 

— flexuosus (Poli) ■■= Pecten polymorphus (Brown), Phil. 

C, D. 

— adspersus (Lam.). A. 

— glaber (L.). B. C. 

Lissopecten hyalinus (Poli). A, G, D, G. Forme très variable; le 

type est lisse. 
Palliolum similis (Laskey) = Pecten pygmœus (von Mûnst.), Scacchi 

et Phil. A. 
Pinna nobilis (L.). B, C. 

Mytilus galloprovincialis (Lam.) == M. edulis (auct. y non L.). A. 
Mytilaster minimus (Poli). A. 

Modiola modiolus (L.). = ? Modiolaria grandis (Ph'û.)(fide Guiscardi). 
A, C. 

— barbata (L.). D, E. 

Lithodomus lithophagus (L.) = L. dactylus (Cuvier). C. 
Modiolaria subpicta (Gantraine) == Mytilus discors (Poli, non L.); 

Modiola discrepans (Lam., non Mtg.); M. Poliana (Philippi) ; 

Modiolaria marmorata (Forbes). B, D. 
Arca Noe(h.). B, G, D, F. 

— tetragona (Poli^. C. 

— scabra (Poli). C. 

Rarbatia barbata (L.). B, G, D, F. 

Fossularca lactea (L.) = Arca modiolus (Olivi). G, D, F. 

Pectunculus pilosus (L.), auct. Dans tous les dépôts. 



MÉMOIRES. 33 

Pectunculus bimacuJatus (Poli). C. 

— violacescens (Lam.i. (3. minor = Arca nummaria (tu), 

Brocchi. G, F. 

— insubricus (Brocchi). C. 

Nucula nucleus (L.) == N. argentea (Poli); N. margaritaeea (Lam). 
A, B, G, D, G. 

— sulcata (Bronn) = N. Po/w (PhiL). A, G. 
Leda pella (L.) = Arca interrupta (Poli). A, B, G, D 
Venericardia antiquata (L.). C. 

— aculeata (Poli). D. 

— corbis (PhiL). C. 
Cardita calyculata (L.). G, E. 

— trapezia (L.). G. 

Astarte fusca (Poli) === Venus incrassata (Brocchi) ; var. Petagnœ 

(O.-G. Costa). A, C. 
Scacchia elliptica,(Sca.cch\) y Philippi = Lucina oblonga (PhiL). B, G. 

— rotundata (O.-G. Costa). C. 
Cardium aculeatum (L.). A. 

— Deshayesi (Payr.). A. 

— echinatum (L.). A, B, C. 

Var. (3. mucronatum (Poli). 

— tuberculatum (L.). A, B, G, D. 

— papillosum (Poli) == C. punctatum (Brocchi) ; C. Polii (Payr.) . 

B, C, D, E. 

— exiguum (Gmel.). C. 
— -■ ciliare (L.). A, B, C. 

— rusticum (Ghemn.). A, B. 

— edule (L.). A, C. 

Var. (3. Lamarcki (Beeve). 
Lœvicardium oblongum (Cliemn.) = Cardium florum (Poli, non L.). 

A, B, D. 
Chama gryphoides (L.). B, C, E, F. 
Isocardia cor (L.). A. 
Meretrix chione (L.). A, B, C, D. . 

— rudis (Poli) = Cytherea veneiiana (PhiL). A, B, C. 
Gouldia minima (Monlg.) = Cytherea mutata et Ct/n7/r(Scacchi) ; 

C. apicalis (PhiL). A, B, G, D. 
Dosinia lupinus (L.). A, B, C. 

— exoleta (L.j. A, B, C. 



34 SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Venus gallina (L.). A, B, G, D. 

— ovata (Pennant) = V. radiata (Brocchi). A, B, G, D, E. 

— fasciata (Da Costa) == V. dysera (Brocchi), E. G, 
Tapes decussatus (L.). B, F. 

— Icelus (Poli). B, G. 
Venerupis irus (L.). G. 

Diplodonta rotundata (Mont.) — Venus lupinus (Brocchi) ; Dipl. dila- 

tata (Phil.). A. 
Donax trunculus (L.). A, B, G. 

— semistriatus (Poli). A. 

— venustus (Poli). B. 

— poliius (Poli). B. 

Psammobia vespertina (Chemn.) — Tellina gari(Po\\, non h.). A, B, G. 

— fàrôensis (Ghemn.). D. 

— murieata (Ben.), Brocchi. B, D. 
Solenocurtus strigillatus (L.). A, B, G. 

— antiquatus (Pulteney) =- Solen coarctatus (Phil.). A, B, 

D, G. 
Pharus legumen (L.). A. 
Ensis ensis (L.). A. 

— siliqua (L.). A, B, G. 
Donacilla cornea (Poli) = D. Lamarckii( Phil.). A. 
Mactra corallina (L.) = M. stultorum {auct.). A, G. 

— triangula (Ben.) = M. lactea (Poli, non Ghemn.). A, B. 
Lutraria lutraria (L.) = L. ellipliea (Lam.). A, C. 

Corbula gibba (Olivi) == C. nucleus (Phil.); Tellina olympica (O.-G. 

Costa). A, B, C, D. 
Saxieava arctica (L.). A. 

— rugosa (L.), Pennant. A, C, D. 
Pholas Edivardsi(Payi\). G. 
Lucina radula (Lam.) = Venus circinnata (Brocchi). B. 

— undata (Penn.) = Venus incompta (Phil.); Lucina caduca, 

(Scacchi). A. 

— borealis (L.). B. 

Loripes fragilis (Phil.) = Tellina gibbosa (O.-G. Costa) ; Venus eden- 
tula (Brocchi, non L.).A,B,C,D,G. Cette espèce est plus 
abondante à l'état fossile et atteint une grandeur triple. 
leucoma (Turton) = Tellina lactea (Poli et auct. , non L.). 
A, B, C. 



MÉMOIRES. 35 

Lucinella commutata (Phil.) = Lucina divarîcata (aucL, non L.). 

A, G, D. 
Jagonia pecten (Phil., non Lan).). B, G. 

— reticulata (Poli). B, G, D. 

Dentilucina spinifera (Mont,). B, G, D. Forme plus grande. 
Tellina palchella (Lam.) = Tellina rostrata (Poli, non L.). A. 

— distorta (Poli), A, B, G, D. 

— serrata (Ren.), Brocchi. A, B. 

— donacina (L.) = 7 '. variegata (Poli) ; T. subcarinata (Brocchi). 

A, B, G, D. 

— nitida (Poli). A, B, G. 

— planata (L.) •== T. lœvigata (Olivi). A, B, G. 

— fabuloides (Monterosato) = Tellina fabula [auct., non Gro- 

novius). A. 

— incarnata (L.), Poli. B, G. 

— compressa (Brocchi). G, E. 
balaustina (L.). G. 

— tennis (Da Costa). A. 
Gastrana fragilis (L.). G. 

Syndesmia Renieri (Brown), Philippi = Tellina apelina (Renier); 

Erycina similis (Phil.). A, G, D, G. 
Erycina stricta (Ren.). A. 
Thracia corbuloides (Desh.). B, G. 

— papyracea (Poli) == T. phaseolina (Phil.). A, C. 



Species delendse. 

Dentalium strangulatum et 

— coarctatum cités par Scacchi et Guiscardi, sont des 

Annélides très communs dans le golfe (Ditrupa comea, 

Lam.). 

Pecten médius est cité par Philippi et Scacchi, du dépôt de la Valle 

di Mezzaria; mais je ne l'ai vu ni dans la collection du Musée 

Géologique de Naples, ni dans les autres. C'est une forme 

exotique. 

En résumé, cette faune néogénique présente, dans son ensemble, 
Yhabitus littoral a faciès sablonneux. Nous remarquons qu'un grand 






36 



SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



nombre d'individus ont une taille plus grande que ceux des mêmes 
espèces vivant actuellement dans le golfe et nous sommes frappés de 
leur abondance dans quelques localités seulement, car le volcanisme 
ne permettait la vie organique que sur certains points. 

Des 306 espèces notées, quatre sont éteintes ( l ) et deux sont com- 
munes à tous les dépôts ( 2 ). 

La richesse paléontologique des dépôts se comporte ainsi : 

E. Punta dell' Impera- 
tore 35 espèces 

F. Collines de Naples . 25 — 

G. Mont Epomeo . . 31 — 

Enfin l'abondance en espèces et en individus augmente en allant 
du dépôt de la marne du mont Epomeo (le plus ancien) aux formations 
plus récentes, et l'origine pliocénique des mollusques qui vivent 
aujourd'hui dans le golfe de Naples se trouve ainsi démontrée. 



A. 


Mont Somma . 


98 espèces. 


B. 


Pozzuoli .... 


92 — 


C. 


Valle di Mezzaria . 


197 — 


D. 


S. AlessandroetCas- 






tiglione. 


126 — 



( d ) Ringicula buccinea (Brocchi) ; Semicassis inarimensis (Bellini); Ostrea lamel- 
losa (Brocchi) ; Radula vesuviana (Bellini). 

( 2 ) Turritella terebra (L.); Pectunculus pilosus (L.), auct. 



MÉMOIRES, 3/' 

BIBLIOGRAPHIE. 



Bellini (R.). — Due nuovi molluschi fossili dell' isola d'Ischia e revisione délie specie 
esistenti nella marna dell' isola stessa. (Boll. Soc. Zool. Ital., série II, 
tomes III et IV. Rome, 1890.) 

— Notizie sulle formazioni fossilifère neogeniche recenti délia regione vulcanica 

napoletana e malacofauna del monte Somma. (Boll. Soc. Nalur. di Napoli, 
] anno XVII, 1903.) 

Breislak (S.). — Topografia fisica délie Campania. 
Brocchi (G. B.). — Conchiologia fossile subappennina. Milan, 1814. 
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Natur., série IV, vol. VII. Catane, 1882.) 
Fonseca (F.). — Descrizione e carte geologica dell' isola d'Ischia. (Annali Accad. 

Aspiranti Naturalisa, 2 e série, vol. I. Naples, 1847.) 

— Geologia dell' isola d'Ischia. Florence, 1870. 

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vol. XXII. Vienne, 1872.) 

— Monografia geologica dell' isola d'Ischia. (Memorie R. Garnit-. Geol. d'Italia, 

vol. II, fasc. I. Florence, 1873.] 
Guiscardi (G.). — Contribuzione alla geologia dei Campi Flegrei. (Atti R. Accad. 
Se. Fis. eMat. di Napoli, 1862.) 

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Pilla (L.). — Trattato di Geologica, 1847-51. 

Scacchi (A.). — Memorie mineralogiche e geologiche sulla Campania. Naples, 1849. 

— Notizie geologiche sulle conchylie che si trovan fossili nell' isola d'Ischia e 

longo la Spezzia tra Pozzuoli e Monte Nuovo. (Antol. di Scienze Natur ali, 
vol. I. Naples, 1841.) 

— Campi ed Isole Flegree in Napoli e lughi celebri délie sue vicinanze. Vol. IL 

Naples, 1845. 
Spada-Lavini (A.). — Sur l'âge des tufs de l'île d'Ischia. (Bull. Soc. Géol. de 

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Von Buch (L.). — Ischia. (Neue Jahrb. der B erg- und Huttenkunde; vol. I. 

Ntirnberg, 1809.) 
Von Orlich (L.). — Die Insel Ischia. (Zeitschr. fur allgm. Erdk., vol. II, p. 385-416, 

Berlin, 1854.) 



l' 



BULLETINS DES SÉANCES 



T. xxxviii, 1903 



1 
Mars 1903. 



BULLETINS DES SÉANCES 



DE LA 



SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQTJE 



DE 



BELGIQUE 



Séance du 3 janvier 1903. 

Présidence de M. Lameere. 

La séance est ouverte à 4 l j 2 heures. 

M. de Gort se fait l'interprète de la Société en adressant des féli- 
citations à M. le Professeur Lameere auquel l'Académie royale des 
Sciences de Belgique vient de décerner le titre de correspondant. 

Bibliothèque. 

Dons de l'auteur, M. Maurice Leriche, à Lille : 

Notice sur les fossiles sparnaciens de la Belgique et en particulier 
sur ceux rencontrés dans un récent forage à Ostende. — Note sur le 
Crocodilcs depressiformis trouvé à Urcel (Aisne). — Sur la présence 
de Sonneratia perampla dans la meule. — Géologie de la forêt de 
Saint-Gobain. — Description de la faune d'eau douce sparnacienne de 
Cuvilly (Oise). — Compte rendu de V excursion géologique dans la 
forêt de Saint-Gobain. — Sur la faune de la tourbe de Wissant (Ex : 
Ann. Soc. Géol. du Nord, t. XXVIII; Lille, 1898-99). — Faune 
ichthyologique des sables à Unios et Terédines des environs oVEpernay 
(Marne) (Ex : Id., t. XXIX, 1900). — Sur quelques éléments 
nouveaux pour la faune ichthyologique du Montien inférieur du bassin 



IV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

de Paris. — Le Lutétien supérieur aux environs de Parguan (Aisne). 
— Description de deux Unios nouveaux de ÏÉocène inférieur du Nord 
delà France et de la Belgique (Ex : Id., t. XXX, 1901). — Revision 
de la faune ichthyologique des terrains crétacés du Nord de la France 
(Ex : Id. , t. XXXt, \ 902). — Ueber einige Excursionen des VIII. inter- 
nationalen Geologen-Gongr esses (Ex : Zeitschrift fur praktische 
Géologie, 1899). — Excursionen in das Loire Kohlenbecken unter 
Fùhrung des Eerm Grand-Eury (Ex : Id., 1900). 

Des remerciements sont votés au donateur. 
Communication. 

LE SYSTÈME ÉOCÈNE. 

UÉTAGE SPARNACIEN ET SA FAUNE EN BELGIQUE, 

Par le baron VAN ERTBORN. 

Eu 1901, la Société belge de Géologie a fait une excursion sur le 
territoire français, le long de la frontière franco-belge; elle en a fait 
une seconde en 1902, parallèle à la première, sur le territoire belge 
pour y poursuivre les comparaisons nécessaires à une entente sur le 
parallélisme des deux séries géologiques occupant cette région. 

M. G. Dollfus, qui a pris part aux deux excursions, les résume 
dans une notice des plus intéressantes publiée dans la Feuille des 
Jeunes Naturalistes ( l ) sous le titre de Classification des couches 
crétacées, tertiaires et quaternaires du Eainaut belge. 

Cette note présentant le^ plus grand intérêt pour la géologie de la 
Belgique, nous croyons utile d'appeler sur elle l'attention des 
membres de la Société royale Malacologique, tout spécialement en ce 
qui concerne la série tertiaire-éocène. 

Nous rappellerons seulement au sujet du Grétacique que l'auteur 
signale, aux environs de Tournai, la marne turonnienne verdâlre à 
petits galets de phtanite noir à la base, qui fut observée lors de 
l'excursion. C'est cette même marne avec galets à la base, qui est si 
bien représentée aux deux grands sondages d'Alost (Ancienne filature 
Vander Smissen et Teinturerie de MM. Moens frères). Ce fait est 
encore un exemple de la persistance que présentent les couches à 



(*) I e ' décembre 1902, IV e série, 33 e année, n° 386. 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. V 

éléments grossiers et graveleux, si nombreuses aussi dans le Tertiaire. 

Nous ne citerons le Montien que pour mémoire. Nous nous atta- 
cherons surtout à préciser les points qui dans l'Éocène n'ont pas été 
complètement élucidés; nous avons réuni les faits disséminés dans un 
grand nombre de publications, tout particulièrement ceux relatifs au 
niveau caillouteux des silex verdis, à la base à gros éléments et à la 
faune du Landenien supérieur; à la base caillouteuse de l'Ypresien 
inférieur et à l'allure du Paniselien en profondeur. 

Beaucoup de ces faits ayant été constatés à l'occasion de nos son- 
dages, il nous revient une petite part dans les progrès de la science 
géologique en Belgique. On ne saurait exprimer assez vivement les 
regrets que fait naître la vue de tant de sondages, dont les résultats 
furent absolument ou presque nuls au point de vue scientifique et 
qui auraient pu jeter encore plus de lumière sur un grand nombre de 
faits intéressants. 

Il est certain que M. G. Dollfus, géologue et paléontologiste 
d'expérience, a jugé avec beaucoup de clairvoyance les questions en 
litige et que beaucoup de faits, que nous aurons à citer, appuyent 
singulièrement sa manière de voir. 

La Feuille des Jeunes Naturalistes étant peu répandue parmi 
nous, nous prenons la liberté de reproduire textuellement la note de 
M. G. Dollfus en ce qui concerne l'Éocène inférieur à partir du Heer- 
sien. Nous ajouterons ensuite la partie de l'échelle stratigraphique du 
levé de la Carte géologique au 40,000 e , relative à l'Éocène, afin que 
le lecteur ait sous les yeux les principaux éléments de la question 
sans l'obliger à trop de recherches. 

Texte de M. G. Dollfus. 

Eeersien. — Je ne dirai rien de nouveau sur cet étage; il n'est 
pas connu dans le Hainaut, mais seulement dans la Hesbaye. Dumont 
le considérait comme crétacé, mais sa faune et sa flore sont 
tertiaires; il n'est pas possible dy voir autre chose qu'une dépen- 
dance du Landenien inférieur. 

Landenien. — J'arrive aux dépôts qui ont été plus particulière- 
ment l'objet de mes études. Nous avons vu, tant à Jeumont, sur le 
territoire français, qu'à Grand-Beng, sur le territoire belge, de vastes 
sablières, qui présentent des coupes tout à fait analogues à celles des 



VI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

environs de Reims. On peut en résumer la stratigraphie comme suit 
en partant du sommet : 

Coupes à la frontière franco-belge. 

6. Marne grise avec lits de Marne blanche à végétaux, 

écailles de Lepidotus. 
5. Marnes avec lignites alternant avec des sables 
Landenien supérieur J grossiers. 

(Sparnacien). \ 4. Sables grossiers, dits d'Erquelines, avec ossements 

disséminés (Pachynolophus Maldani), Crocodiles, 
Trionyx (Faune de Cernay lès-Reims). 
3. Gros gravier, poudingue, ravinement. 

!2. Sables glauconifères, parfois tuffeau, à Ostrea bello- 
vacencis. 
1. Poudingue glauconifère, cailloux roulés verdis, fos- 
siles thanétiens bien développés (gare de Levai). 
Craie blanche profondément ravinée. 

Dans cette coupe, la classification adoptée par le Service de la Carte 
géologique de Belgique considère comme, Landenien inférieur, les 
assises d et 2 et comme Landenien supérieur les couches 3 à 6. Sans 
rechercher si cette interprétation est celle de Dumont, j'observe qu'il 
y a une très grande différence entre ces deux Landeniens : celui de la 
base est franchement marin, c'est notre Thanétien, celui du sommet, 
qui est fluviatile ou continental, est notre Sparnacien. Dans la région 
de Mons, à la colline de l'Eribus, à Saint- Symphorien, nous avons vu 
des sables très glauconifères, argileux et graveleux à la base, deve- 
nant fins et grisâtres au sommet et recouverts par l'argile ypresienne; 
ils appartiennent tous au Landenien inférieur. Du côté de Tournai, 
Blaton, Grandglise, Courtes-Bruyères, il y a des sables puissants, 
fort étendus, plus ou moins glauconifères, passant à des grès souvent 
très durs avec tubulures d'Annélides, fossiles marins assez rares, 
gyrogonites, qui appartiennent bien tous au Landenien inférieur; ils 
ne représentent pas les Lignites du Soissonnais, comme nous l'avions 
cru autrefois avant de prendre connaissance des lieux, mais ce sont 
bien les sables de Châlon-sur-Vesles, Jonchery, etc.; dans le bois de 
Stambruges, l'argile brune à Septaria de l'Ypresien inférieur repose 
directement sur les sables du Landenien inférieur et, comme à Mons, 
le Landenien supérieur manque dans la région. Ce Landenien supé- 
rieur nous apparaît ainsi comme très peu étendu, très morcelé, hors 
de la région d'Erquelines; on ne le connaît ailleurs en Belgique que 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. VII 

par les fossiles rencontrés dans les sondages profonds de Gand, 
d'Ostende. Il y a en réalité entre ces deux Landeniens une différence 
considérable, et le Landenien supérieur par sa faune se relie nette- 
ment à l'Ypresien sans pouvoir en aucune manière être classé dans le 
Thanétien. Il existe dans la Hesbaye, le Hainaut, le Cambrésis, etc., 
des sables blanchâtres épars sur la craie qui sont difficiles à classer; 
le Service de la Carte géologique de France les a considérés autre- 
fois tous comme Sparnaciens (elV), mais M. Gosselet les a redescendus 
dans le Thanétien (e V) comme prolongement des sables de Bracheux ; 
nous pensons que les deux formations coexistent comme à Erquelines, 
à Vertain, etc., et qu'il y a lieu d'examiner chaque cas en particulier. 

Ypresien. — Dumont a divisé l'Ypresien en deux assises diffé- 
rentes au point de vue minéralogique ; elles ont été réunies par le 
Service de la Carte géologique. L'inférieur est l'argile compacte, 
puissante d'Ypres, des Flandres, etc., qui est le prolongement strati- 
graphique du London Clay. L'Ypresien supérieur ou sables à Nummu- 
lites planulala est le prolongement des sables de Mons-en-Pévèle, des 
géologues du Nord ; ce sont les sables de Cuise supérieurs du bassin 
de Paris. La classification de ces terrains a occupé depuis cinquante 
ans et plus tous les géologues du Nord, qui se demandaient comment 
placer le London Glay dans la série parisienne. Plusieurs hypothèses 
ont été proposées; nous allons les examiner rapidement. Hébert a 
admis une double lacune, les sables de Guise comme manquant en 
Angleterre et le London Glay avec l'argile d'Ypres comme manquant 
dans le bassin de Paris. Mais depuis lors on a reconnu si souvent que 
le même étage pouvait se présenter sous des faciès très différents, 
que la critique des doubles lacunes a été facile et que cette manière 
de voir a été abandonnée. Prestwich qui a pesé les arguments divers 
pendant tant d'années est arrivé à la conclusion d'une seule lacune, 
l'absence du London Glay dans le bassin de Paris ; il a assimilé les 
sables de Bagshot à ceux de Mons-en-Pévèle, à l'Ypresien supérieur, 
aux sables de Guise, en un vaste horizon homogène culminant. Meugy 
et quelques autres ont pensé que l'argile des Flandres représentait 
les Lignites du Soissonnais, s'appuyant sur les fossiles fournis par les 
sondages d'Ostende et de Gand, mais cette opinion est nettement 
contredite par la stratigraphie anglaise et l'examen réel des coupes 
des forages; la faune des Lignites. est nettement au-dessous de la 
masse argileuse d'Ypres. Finalement M. Gosselet est disposé à diviser 



VIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

l'argile des Flandres en deux parties, Tune, à la base, correspondrait 
aux Lignites du Soissonnais, tandis que l'autre, au sommet, passerait 
au niveau des sables de Guise ; mais cette opinion n'est pas défen- 
dable à nos yeux, l'argile ypresienne se présente avec une unité 
qu'on ne pent méconnaître, de plus, elle repose en Angleterre sur les 
lits graveleux d'Oldhaven, qui sont situés sur le prolongement de nos 
sables de Sinceny, c'est-à-dire au sommet des Lignites du Soisson- 
nais; Prestwich, dans ses derniers travaux (4888), a reconnu 
comme évident l'assimilation de son « Basement bed » du London 
Clay avec la série d'Oldhaven de M. Whitaker, et rien ne permet 
d'attribuer au Sparnacien quelque partie que ce soit de l'argile ypre- 
sienne, qui est en entier, stratigraphiquement, au-dessus. 

Nous sommes conduits finalement après ces éliminations succes- 
sives à considérer le London Clay comme correspondant aux sables 
propres de Guise et cette manière de voir s'appuye sur des observa- 
tions fort sérieuses, déjà anciennes; j'ai montré que l'argile des 
Flandres dans certains points, et notamment à Roubaix, passait à des 
lits sableux et se chargeait de Nummulites planulata. Nous avons vu 
à Mons l'argile ypresienne coupée d'une multitude de lits de sable 
fin; vers Morlanwelz et Levai nous l'avons vu passer à un tuffeau à 
Leda Cometi et Nucula Briarti; d'autre part dans le bassin de Paris, 
M. Munier-Chalmas a découvert à Mont-Saint-Martin des couches 
argileuses à la base des sables de Guise renfermant une faune de 
Crustacés et de Mollusques identiques à celle de l'argile des 
Flandres. Nous pensons donc qu'il est possible d'établir correctement 
aujourd'hui le parallélisme des sables de Guise inférieurs et moyens 
et du London Glay, en acceptant pour les sables supérieurs de Guise, 
dits sables de Visigneux (Watelet) à Turritella Solanderi (ancienne 
Turritella édita), à Nummulites planulata , etc., l'attribution d'Ypre- 
sien supérieur, et celle des sables de Bagshot comme l'a proposé 
Prestwich. 

La base graveleuse d'Oldhaven- Sinceny forme à la base un repère 
inférieur aussi solide que l'horizon à Turritelles forme une couver- 
ture évidente à la partie supérieure. Il n'y a d'ailleurs aucun incon- 
vénient à considérer l'Ypresien comme une seule masse, ainsi que l'a 
admis le Service belge. 

Paniselien. — Nous avons vu rapidement le Paniseiien au Mont- 
Panisel, près Mons; ce sont des sables glauconifères passant à des 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. IX 

grès verdâtres parfois argileux. La Carte belge a subdivisé cet étage 
en deux assises; le Paniselien inférieur, développé à Mons, renferme 
une faune qui est celle de PYpresien supérieur à peine modifiée avec 
Nummulites planulata et Turritella Solanderi; le Paniselien supé- 
rieur est développé à Aeltre près Gand ; il était classé dans le Bruxel- 
lien par Dumont ; c'est une assise bien fossilifère dont la faune offre 
un remarquable passage entre les sables de Guise et le Calcaire gros- 
sier. Le Nummulites planulata a disparu, N. lœvigata n'apparaît pas 
encore, c'est quelque chose comme le sable d'Hérouval des environs 
de Paris. M. Gosselet y rapporte une argile verdâtre dans la région 
de Laon qui règne au sommet des sables de Cuise et que nous avons eu 
l'occasion de discuter dans l'excursion de l'an dernier. Cet ensemble 
de couches dites paniseliennes mérite- t-il le nom d'étage? N'est-ce 
point encore une dépendance de l'Ypresien? Un véritable Ypresien 
supérieur celui-là? Il y a bien des années que nous en avons la con- 
viction et nous appelons l'attention de nos collègues de Belgique sur 
l'opportunité de cette réforme. 

M. G. Dollfus décrit ensuite en quelques lignes les étages de 
l'Éocène moyen et supérieur : le Bruxellien et le Laekenien, le 
Ledien. Il se demande, vu l'analogie frappante que présentent ces 
dépôts, s'il n'y aurait pas lieu d'en proposer la réunion ; les lits gra- 
veleux séparatifs, accompagnés de ravinements, qui ne présentent 
aucune modification faunique importante ont-ils une valeur suffisante 
pour nécessiter la fondation d'autant d'étages? 

Le Wemmelien lui paraît représenter les sables moyens du bassin 
de Paris et l'argile de Barton, en Angleterre, et l'Asschien, le cal- 
caire de Ludes et les sables de Marines dans le bassin de Paris et les 
dépôts d'Osborne, dans l'île de Wight. 

L'auteur termine la partie de sa notice consacrée à l'Éocène par le 
tableau suivant : 

Concordance nouvelle des assises de VÉocène belge avec celles du bassin de Paris. 

Ludien | Asschien? | Sables de Marines. 

Bartonien | Wemmeljen | Sables de Beauchamps. 

| Lutécien supérieur . | manque | Calcaire grossier supérieur. 

J ( Ledien » 

I T . ) T [ Calcaire grossier moyen. 

f Lutécien inférieur. . ( Laekenien ) J 

( Bruxellien | Calcaire grossier inférieur. 



: SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

ÎPaniselien ( Argile de Laon-Hérouval. 
Ypresien supérieur . . | Sables de Visigneux. 
^ , i Sables d'Aizy-Mercin. 

Ypresien inférieur . , { . ., ,„, 
( Argile de Mont-Samt-Martm. 

Sparnacien | Landenien supérieur . | Lignites du Soissonnais. 

( Landenien inférieur. . ) 

Thanétien î Heersien i Sables de Bracheux ' 

Montien | Montien | Calcaire pisolithique. 

Il n'y a pas lieu d'insister, nous semble-t-il, sur l'importance de 
la notice de M. G. Dollfus au point de vue de l'Êocène inférieur 
belge. 

Pour mieux juger des opinions qu'il émet à son sujet, nous repro- 
duisons ci-après la partie de la légende de la Carte géologique 
comprenant les étages Heersien, Landenien, Ypresien et Panise- 
lien. 

Nous examinerons ensuite les idées émises par M. G. Dollfus 
et nous résumerons les faits qui pourraient les confirmer ou les 
infirmer. 

Les subdivisions en étages sont basées sur : 

1° La faune et la flore; 

2° Sur les niveaux à gros éléments, graviers ou cailloux, formant 
une limite stratigraphique ; les assises, sur les mêmes faits, mais 
fortement atténués, ne formant plus que des lignes de démarcation 
secondaires. 

ÉTAGE PANISELIEN (P). 

Assise supérieure (P2). 

P2 Sable à Turritelles. 

Sable argileux de Gand et d'Aeltre à Cardita planicosta. 
Sable glauconif ère avec traces de gravier à la base. 

Assise inférieure (PI). 

Pin Argile grise plastique, sans glaucome, lagunaire ou polderienne. 

Pld Sable avec plaquettes de grès lustré et grès divers, fossilifères vers le bas. 

Pic Argiles ou argilites sableuses, glauconif ères, avec grès argileux fossilifères. 

Vïb Sable glauconifère avec linéoles d'argile; parfois très fossilifère, avec grès 
irréguliers et caverneux très rares. 

Pla Gravier de base localisé. Marne blanche à Turritelles. 

Plm Argile schistoïde, plastique, grise, très rarement glauconifère ou polde- 
rienne. 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XI 

ÉTAGE YPRESIEN (Y). 

Yd Sables à Nummulites planulaia avec grès, lentilles d'argile gris verdâtre 

ou avec bancs d'argilite (Morlanwelz) et sables fins. 
Yc Argile plastique ou sableuse et argilite (Morlanwelz). 

Yb Sables graveleux, moyens, fins, argileux en montant. 

Ya Lit de cailloux de silex roulés, noirs et plats. 

ÉTAGE LANDEN1EN (L). 

Assise supérieure (L2). 

L2 Argile simple ou ligniteuse. Sables blancs avec lignites, bois silicifiés et 
grès mamelonnés. Marne blanche. 

Assise inférieure (Ll). 

\jid Sable vert, fin, glauconifère. 

Lie Grès argileux parfois très fossilifère. (Tufeau de Lincent et d'Angres). 

Llô Sable grossier, noir, glauconifère, parfois argileux. 

Lia Lit de silex corrodés et verdis. 

ÉTAGE HEERSIEN (Hs). 

Hsa* Sable fin, gris, glauconifère. 

Hsc Marne blanche de Gelinden, à flore terrestre et à faune marine. 

Hs£ Sable gris, glauconifère, marneux vers le haut, à Cyprina Morrisi. 

Usa Gravier. 



Chapitre I. — Étage heersien. 

M. G. Dollfus est d'avis qu'il n'est pas possible d'y voir autre chose 
qu'une dépendance du Landenien inférieur. 

Le Heersien occupe une zone restreinte dans la partie orientale 
du pays ; il ne paraît pas dépasser de beaucoup le méridien de Lou- 
vain vers l'ouest. Jamais, jusqu'à présent, on n'a trouvé le moindre 
vestige du Heersien dans la partie occidentale du pays où le Lande- 
nien inférieur s'étend sur une surface très considérable. En effet, 
on le retrouve presque partout dans le sous-sol de la moyenne et de 
lf basse Belgique. 

La faune du Heersien est marine, sa flore est terrestre, comme celle 
du Rupelien inférieur (*). Nous avons constaté, en effet, qu'à Heyst- 



(*) Société belge de Géologie et d'Hydrologie, t. XV. Procès-verbaux, p. 267 



XII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

op-den-Berg les sables de cette assise, avec fossiles marins, conte- 
naient de nombreux débris de végétaux, probablement flottés. Il 
nous semble donc que la présence de ces débris végétaux n'est 
d'aucune importance et peut se produire à tous les niveaux. On 
en trouve également, mais plus rarement, dans le Bruxellien, le 
Bolderien, etc. 

Il nous paraît probable que la ligne de démarcation entre les 
deux Étages est basée sur le niveau à gros éléments, celui des cail- 
loux de silex verdis, indiqué dans la légende (Lia) comme base 
de l'étage landenien. Or, nous sommes absolument convaincu que 
les cailloux verdis ne forment pas la base de l'étage landenien, 
mais les débris de la craie, partiellement ou totalement dénudée. Ce 
ne sont pas proprement des cailloux de transport; la plupart d'entre 
eux n'ont probablement fait qu'un voyage vertical, comme les gros 
blocs de grès du Limbourg. Nous les considérons comme des cail- 
loux de dénudation. Ils se trouvent à la base du Landenien lorsque 
celui-ci repose sur la craie ou sur le Primaire, à la base du Heersien 
dans les mêmes conditions. lisse trouveraient à la base du Pliocène, 
si celui-ci reposait sur le Grétacique, comme en Angleterre. 

Nous avons signalé le fait à la séance de la Société belge de Géo- 
logie et d'Hydrologie du 16 avril 1901 ( l ). Nous disions à ce sujet : 
« Les silex verdis, que l'on trouve généralement à la base du Lande- 
nien inférieur, lorsque celui-ci repose directement sur la craie ou sur 
le Primaire, se trouvent à Wamont à la base du Heersien; il en es 
de même à Louvain ( 2 ) et à Gingelom. S'il est démontré que dans ce 
cas, il n'y en a pas à la base du Landenien ( 3 ), il y aurait lieu de déter- 
miner ce niveau caillouteux comme Prétertiaire, comme nous l'avons 
fait déjà en 1894 (Séance du 3 février 1894, Société royale Malaco- 
logique de Belgique, t. XXIX). En effet, il serait indépendant de 



fi) T. XV, p. 191. Mémoires. 

( 2 ) 0. van Ertborn, '• Note sur trois forages à Louvain et à Hougaerde » (Société 
royale Malacologique de Belgique, t. XXIX, 1894. Mémoires). — Le fait avait déjà 
été constaté auparavant. — Voir 0. Bihet, Note sur le puits artésien creusé aux 
ateliers du Grand-Central belge à Louvain, dont la coupe fut dressée par M. Malaise. 
— A Louvain, la marne lieersienne se trouve entre les cailloux verdis et l'argile 
à psammites du Landenien. — La marne heersienne est fréquemment blanche, 
parfois grise, parfois presque noire. 

( 3 ) Nous n'avons jamais trouvé de cailloux à la base du Landenien, lorsque celui-ci 
repose sur le Heersien. 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XIII 

l'étage tertiaire auquel il ne sert de base que lorsque celui-ci repose 
sur la craie ou sur le Primaire. » 

A cette même séance nous l'avons désigné comme Prétertiaire, dans 
les coupes des sondages suivants : 

1° Brasserie Van den Ileuvel, chaussée de Ninove (Molenbeek- 
Hruxelles) ; 

2° Usine Peeters, rue de la Petite-Ile (Cureghem-Bruxelles); 
3° Fonderie Martin, rue Ulens (Molenbeek-Bruxelles). 

En ce dernier point la couche de cailloux verdis a présenté une 
récurrence, comme nous en avions déjà constaté une à la base du 
Rupelien inférieur sur le territoire de la planchette de Lubbeek ( ! ). 

Le Heersien et le Landenien n'auraient donc pas de base stratigra- 
phique qui leur serait propre, sauf peut-être le Heersien; malheu- 
reusement il n'y a qu'un seul point connu, c'est Gors-op-Leeuw. 
(Limbourg) où notre sondage a percé : 

Marne blanche ' . 25 m 50 

Heersien . . . . \ Sable argileux, glauconifère, noirâtre . . . . . l m 00 

Cailloux roulés (*) m 50 

Marne blanche avec couches de calcaire friable (trois 
Infrà- heersien ? { bancs de 42, 30 et 35 centimètres). 

Sable blanc grossier. 18 m 50 

Calcaire jaunâtre grossier fossilifère avec silex (non 



Maestrichtien. 

( perce) 15 m 00 

Cette formation énigmatique, dont les affleurements sont inconnus, 
n'a plus été rencontrée depuis ; nous l'avions désigné sous le nom 
d'Infra-Heersien ! Serait-ce l'équivalent du Montien? Rien ne le 
prouve. 

Comme conclusion de cet article, il nous semble que, pour la nou- 
velle édition de la Carte géologique, il y aura lieu d'examiner si, aux 
points de vue paléontologique et stratigraphique, il faut maintenir le 
Heersien comme étage indépendant ou bien le ranger à la partie infé- 
rieure du Landenien, comme le pense M. G. Dollfus et comme l'avait 
déjà dit M. Gosselet, il y a longtemps, si notre mémoire est fidèle. 

Dans l'état actuel de nos connaissances, il paraîtrait que la der- 



(*) P. Cogels et 0. van Ertborn, Texte explicatif du levé géologique de la 
planchette de Lubbeek, 1881, p. 27. 

( 2 ) Atteints et retirés en notre présence. 



XIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

nière opinion doive prévaloir. Pour le moment au moins le Heersien, 
comme étage, se trouve en assez fâcheuse posture. 

Chapitre II. — Étage landenien. 

La question des silex verdis ayant été traitée dans l'article précé- 
dent, il ne nous reste rien à dire de l'assise inférieure de l'étage 
landenien. 

En traitant de l'assise supérieure la première question qu'on doit 
se poser est celle de l'identité des deux formations rapportées à cette 
assise. 

Dans la partie occidentale du pays, nous avons des couches avec 
cailloux à la base, nettement séparées de l'assise inférieure et présen- 
tant une faune sparnacienne des mieux caractérisées et qui s'enrichit 
tous les jours, tandis que dans la région orientale, on ne trouve 
aucune trace de fossiles. La transition de Tune à l'autre se fait d'une 
manière insensible. Nous lisons, en effet, dans une communication 
de M. Rutot intitulée : Sur l'échelle stratigraphique du Lande- 
nien ( x ) : « Entre Orp-le-Grand et Marilles, il existe en ce moment 
« d'admirables coupes dues à 1 élargissement des routes et qui 
« montrent le passage insensible et direct des psammites Lie 
« marins au faciès lagunaire du Landenien supérieur et l'absence 
«du sable d'émersion L\d » 

La légende de la Carte géologique est donc exacte pour la partie 
orientale du pays ; mais on a fait erreur, et ici elle n'est pas en 
cause, en assimilant les couches sparnaciennes de la Flandre et du 
Hainaut à l'assise supérieure de l'étage landenien. Il est évident 
que dans cette région ce pseudo-landenien comme assise ne tient pas 
debout. Il est séparé du Landenien inférieur d'une manière radicale, 
tant au point de vue stratigraphique que paléontologique. 

Tout le monde a pu voir les cailloux de base lors de l'excursion 
dans le voisinage d'Erquelines. Nous les avions déjà rencontrés, il 
y a longtemps, au sondage de Menin et aux trois sondages de Cour- 
trai, à la base des sables à Cyrena cuneiformis. Le fait est donc 
dûment établi. 

Passons à présent à la faune de ces couches, rangées à tort dans 
l'étage landenien. 



(') Société belge de Géologie et iï Hydrologie, t. VIII, 1894. Procès- verbaux, p. 54. 



BULLETINS DES SÉANCES. 



ANNÉE 1903. 



XV 



Comme, nous l'avons dit précédemment, jamais aucun fossile ne 
fut trouvé jusqu'à ce jour dans les couches rapportées au Landenien 
supérieur dans la partie orientale du pays. Dans la région occiden- 
tale, les premiers furent découverts lors du forage du puits artésien 
de la ville d'Ostende, en 4858 (*). 

Nyst en donna la liste; celle-ci fut complétée par MM. Dollfus, 
Rutot et Vincent. Dans sa Géologie de la Belgique, tome II, 
page 151, M. Mourlon, reproduisant la liste de MM. Rutot et 
Vincent, indique aussi quelques fossiles du même niveau découverts 
lors de notre sondage à l'usine Lousbergs, à Gand ( 2 ). 

M. Leriche a, d'après les listes signalées plus haut, dressé la liste 
suivante : 



Crustacé. 




PÉLÉCYPODES. 




Cytheridea. 




Cyrena cuneiformis , Fer. 


ce 


Gastropodes. 




— antiqua, Fer. 


r. 


Potamides funatus, Mant. 
Melanopsis buccinoidea, Fer. 
Melania inquinata, Defr. 
Stenothyra miliola, Mellev. 


r. 
rr. 
rr. 
rr. 


Mytïlus sp. 

Ostrea sparnacensis , Defr. 
— bellovacina, Lamk. 

Spongiaire. 


rr 
ce 

r. 






Clionia erodens, Dollf. 


ce 



Au sondage de la ville de Gand ( 3 ), dont la coupe a été dressée par 
MM. Renard et É. Vincent, on a recueilli au même niveau géolo- 
gique : 



Melania inquinata ; 
Cyrena cuneiformis ; 
Melania sodalis ; 



Ostrea submissa ; 
Unio gandavensis. 



Cette dernière espèce, nouvelle pour la science, fut décrite par 
M. Leriche ( 4 ). 



(A) Nous empruntons les détails suivants à la note de M. Leriche, « Notice sur 
les fossiles sparnaciens de la Belgique » (Annales de la Société Géologique du Nord, 
t. XXV1H, p. 208). 

( 2 ) Ne pas confondre avec le second puits Lousbergs, dont il sera question plus 
loin. 

( 3 ) Annales de V Association des Ingénieurs sortis de V École de Gand, t. XX, 
p. 70, 1896-97. 

(*) Annales de la Société Géologique du Nord, t. XXX, p. 2. 



"'. 



XVI 



SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



Au sondage du Royal Palace Hôtel, à Ostende, nous avons recueilli 
un certain nombre de fossiles que M, Leriche a bien voulu déter- 
miner et dont il a dressé la liste suivante : 



GASTROPOPES. 

Tritonidea lata, Sow. r. 

Potamides funatus, Mant. c. 

Melanopsis buccinoidea, Fer. c. 

Faunus curvicostatus, Desh. c. 

Melania inquinata, Defr. ar. 



Stenothyra miliola, Mellev. 

Pélécypodes. 

Cyrena cuneiformis, Fer. 

— sp. 

Ostrea spamacensis, Defr. 

— bellovacina, Lamk. 



ce. 



Les débris d'Huîtres sont très nombreux, mais la plupart indéter- 
minables. 

Spongiaire. 
Clionia erodens, Dollf. c. 

Tritonidea lata et Faunus curvicostatus sont des espèces nouvelles 
pour la Belgique. 

Au nouveau sondage de l'usine Lousbergs, à Gand, M. Van Hove 
signale ( l ) : 



Potamides funatus, Mant. 
Turritella sp. 

Melanopsis buccinoidea, Fer. 
Cyrena cuneiformis, Fer. 

— cordioides, Desh. 

— sp. 

Ostrea suessonensis , Defr. 

et au sondage de Beernem ( 2 ) 

Lamna macrota, Agass., sp. 
Potamides funatus, Mant. 



Ostrea suessonensis (var.), Desh. 

— spamacensis, Desh. 

— bellovacina, Lamk. 

— sp. 

JJnio aff. Wateleti, Desh. 
— gandavensis, Leriche. 
Corbula Arnouldi, Nyst. 



Cyrena cuneiformis, Fer. 
Ostrea spamacensis, Defr. 



Enfin, au sondage de la brasserie Lannoy, à Menin, et aux sondages 
Benoît, Tack et Descamps-Verschueren, à Courtrai, nous avons 
trouvé au même niveau la Cyrena cuneiformis, fort commune 
d'ailleurs dans ces couches. 

En examinant de près la coupe du puits artésien de la ville 



(*) Bulletin de la Société belge de Géologie et d'Hydrologie, t. XV, 1901. 
( 2 ) D. Van Hove, Note sur le nouveau puits artésien de V usine Lousbergs à Gand 
et celui de Beernem, près Bruges, t. XV, 1901 . 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XVII 

d'Ostende, telle qu'elle a été publiée par M. A. Rutot { l ), on peut se 
demander si le Landenien inférieur existe en ce point. En effet, toutes 
les couches décrites de la base de l'Ypresien jusqu'à la craie n'ont 
aucun rapport avec celles du Landenien inférieur et rappellent celles 
du Sparnacien, jusqu'au grès blanc qui repose sur la craie et qui, au 
point de vue minéralogique, est assez caractéristique ( 2 ). 

La même réflexion doit se faire en étudiant la coupe du nouveau 
puits de l'usine Lousbergs, à Gand, publiée par M. le D r Van 
Hove ( 3 ). En effet, ce géologe nous renseigne : 

TJnio gandavensis, Leriche. Ostrea spamacensis, Defr. 

à 178 mètres de profondeur et la craie blanche à 187 mètres, recou- 
verte par le même sable argileux compact, qui, à quelques mètres 
plus haut, contient les deux fossiles sparnaciens. 

Nous en arrivons donc à dire comme conclusion de cet article, que 
M. G. Dollfus a absolument raison pour la partie occidentale du pays 
et que la Légende de la Carte géologique a raison de son côté pour 
l'autre partie. On a assimilé des couches absolument dissemblables, 
disparates, trompé par les apparences lagunaires. 

Il va de soit que si les couches marines de la région orientale 
passent par transition insensible aux couches lagunaires, elle ne font 
qu'une seule masse d'âge landenien donc thanétien. Ce dernier étant 
plus ancien que le Sparnacien, il s'ensuit que dans l'échelle strati- 
graphique les couches à Cyrena cuneiformis doivent être placées 
au-dessus du Landenien supérieur, quoiqu'en fait il ne soit pas impos- 
sible qu'elles soient contemporaines. 

Ajoutons encore que les couches à Cyrènes se trouvent sous la base 
caillouteuse de l'Ypresien. 

Le point le plus oriental où les couches sparnaciennes furent signa- 
lées est Wetteren ( 4 ), localité située à 15 kilomètres à l'est de Gand. A 
Alost, elles font défaut ; mais les eaux brunes rencontrées en dessous 
de l'Ypresien à Denderleeuw ( 5 ), à Liedekerke et à Ninove ( 6 ), localités 



( d ) Société belge de Géologie et a" Hydrologie, t. I, p. 3. Mémoires. 

( 2 ) Royal Palace Hôtel, Ostende, et Wetteren. 

( 3 ) Société belge de Géologie et d'Hydrologie, t. V, p. 63. Procès-verbaux. 

( 4 ) Société belge de Géologie et iï Hydrologie, t. XV, p. 73. Note. 

( 3 ) Annales de la Société Géologique de Belgique, t. XIII, p. 298. Mémoires. 

(°j A. Rutot, « Les eaux brunes dans les puits artésiens de Ninove » {Société 

belge de Géologie et d'Hydrologie, t. IV, 1890, p. 237. Mémoires). 

t. xxxvnr, 1003 2 

Murs 19J3. 



XVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

situées également sur la Dendre, mais en amont d'Alost, font présu- 
mer que cette coloration est due aux lignites sparnaciens et que par 
là-même leur gisement n'est pas bien éloigné. Ainsi s'explique facile- 
ment l'origine végétale de la matière colorante. 

On peut se demander pour quels motifs on a assimilé les couches à 
Cyrena cuneiformis au Landenien supérieur de la partie orientale du 
pays — toutes preuves stratigraphiques et paléontologiques faisant 
complètement défaut. Entre les deux assises paniseliennes, il y a au 
moins les vestiges d'un gravier et c'est bien peu de chose. 

Ce parallélisme fut admis depuis quarante ans par nous tous 
comme article de foi et, pour ne parler que de nous-même, ce n'est 
que fort timidement que, dans la coupe du forage du Royal Palace 
Hôtel (■], Ostende, nous avons inscrit le mot de (Sparnacien) sous 
celui de Landenien supérieur, comme le fait M. G. Dollfus, page 5 
de sa notice. M. Gosselet en savait davantage, lorsque, au mois d'août 
dernier, dans la grande sablière de Jeumont, il nous dit qu'il n'y 
avait pas de Landenien supérieur en ce point ( 2 ). 

En jetant les yeux sur la coupe du nouveau puits artésien de l'usine 
Lousbergs, à Gand ( 3 ), et en repérant les niveaux fossilifères dans la 
coupe on constate qu'il n'y a pas de traces de Landenien en ce point; 
la Paléontologie le prouve à l'évidence. 

On peut se demander même si on a été bien logique et si on l'est 
encore en maintenant les dépôts lagunaires landeniens dans une 
assise séparée, alors que les dépôts lagunaires diestiens sont main- 
tenus/sans distinction, dans l'étage marin, ne faisant qu'une seule 
masse, sans subdivision aucune dans la Légende de la Carte géolo- 
gique ( 4 ). 



(') Société belge de Géologie, t. XV, 1901. Procès- verbaux de la séance du 
19 mars 1901. 

( 2 ) Tous ceux qui furent présents se rappelleront de l'incident qui ne permit pas 
de donner suite aux explications. 

( 3 ) D. Van Hove, « Note sur le nouveau puits, etc. » [Bulletin de la Société belge 
de Géologie, t. XV, 1901. Procès-verbaux, p. 63). 

( 4 ) Voir 0. van Ertborn, " Contribution à l'Etude des Etages rupelien, bol- 
derien, diestien et poederlien » [Société belge de Géologie, t. XVI, 1902, pp. 39 
e. suiv.). — Les dépôts lagunaires diestiens, souvent dénudés, auraient laissé des 
vestiges bien plus importants que ceux d'Heyst-op-den-Berg (voir G. Velge, » De 
l'identité des sables anversiens, etc. » [Annales de la Société Géologique de Belgique, 
t. XXVI, p. 35). 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XIX 

Chapitre III. — Étage ypresien. 

Ayant eu l'occasion de percer quatre-vingt et une fois l'argile 
ypresienne de Louvain à Ostende et de Menin à Gand, soit à peu 
près dans toute sa zone d'extension et, comme c'est en forgeant qu'on 
devient forgeron, nous finirons par pouvoir en parler avec connais- 
sance de cause. 

Nous commencerons par sa base, formée de cailloux de silex, de 
quartzite, de quartz, de schiste, les premiers seuls étant parfaitement 
roulés, les autres l'étant un peu moins. 

Leur position indique nettement que ces éléments furent trans- 
portés; ayant fait un voyage horizontal ils sont, à ce point de vue, 
fort différents des silex verdis. Nous dirons d'abord quelques mots au 
sujet de leur zone d'extension et nous résumerons ensuite l'histoire 
de leur découverte. 

La couche de cailloux, base de l'Ypresien, a été rencontrée par un 
certain nombre de sondages dans les Flandres ; jusqu'à présent on n'a 
jamais constaté sa présence à l'est du méridien qui suit approximati- 
vement la vallée de la Dendre, quoique dans cette région de nom- 
breux sondages aient atteint la base de cet étage tertiaire. 

Cette couche à gros éléments fut rencontrée pour la première fois 
au forage du puits artésien de la ville d'Ostende en 1859. La coupe 
de ce puits publiée par M. A. Rutot ( l ) ne laisse pas le moindre doute 
à ce sujet. Nous lisons en effet sous le n° 22 : « Sable gris assez fin, 
avec silex roulés aplatis, blanchis extérieurement et uu fragment de 
grès lustré. » Ce sable renferme encore des fragments de Cyrena 
cuneiformis, le dernier tour d'un Gastropode lisse et des débris 
d'Ostrea. A la page suivante l'auteur entre dans quelques considéra- 
tions au sujet du niveau exact de la base de FYpresien, parce que le 
n° 23 présentait à peu près les mêmes éléments que le n° 22. 

C'est absolument ce que nous avons constaté au sondage du Royal 
Palace Hôtel, à Ostende, en 1900. Toutefois, le niveau caillouteux 
se trouvait localisé entre 175 m 60 et 175 m 80, mêlé à quelques fossiles 
de la couche sous-jacente. Au sondage du puits de la ville d'Ostende, 
il y aura eu coulage des gros éléments le long de la sonde; il n'est 
pas impossible non plus que l'arrivée de ces cailloux, révélant des 



(') Bulletin de la Société belge de Géologie et d' Hydrologie, 1. 1, 1887. Mémoires, 
pp. 4 à 7. 



XX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

courants assez rapides, ait remanié en certains points les éléments 
sableux sous-jacents sur 2 ou 3 mètres de hauteur et même plus. 

Quoique cette découverte fût la première dans l'ordre des dates, il 
n'en est pas de même pour les publications; la coupe d'Ostende ne fut 
publiée qu'en 1887. Déjà en 1882, le capitaine Delvaux avait publié 
dans les Annales de la Société Géologique de Belgique ( l ) la coupe 
d'un puits artésien foré chez MM. Dupont frères à Renaix ( 2 ). Nous 
lisons dans cette coupe sous le n° 32, à Ja base de l'argile ypresienne : 
« Gravier comprenant de rares grains pisaires de quartz translucide 
et des cailloux de silex noir, parfois brun, plats atteignant à peine le 
volume d'une noix. » Le texte explicatif, qui accompagne cette 
coupe, fixe nettement le niveau géologique de cette couche à gros 
éléments. 

L'année suivante, le même géologue publia les coupes d'un certain 
nombre de sondages exécutés en Flandre, mais dont la plupart 
n'avaient pas fourni de séries d'échantillons. 

Toutefois, dans la récapitulation de ces données, nous lisons ( 3 ) : 
« Terrains tertiaires. — Cailloux base du système ypresien ». 

A Renaix : puits Dupont et puits Rosier Allard (un caillou). 

A Amougies : puits Sturbaut. 

Toutefois, il semble que les idées du capitaine Delvaux ne furent 
définitivement fixées au sujet de cette couche, qu'à la suite de notre 
sondage exécuté également chez MM. Dupont frères à Renaix en 
18.85. Cette coupe fut publiée l'année suivante ( 4 ). 11 nous dit en 
effet : « La base de l'étage ypresien est nettement séparée du sommet 
de l'étage landenien par ces énigmatiques cailloux roulés, plats et 
noirs, qui n'ont pas été sans nous causer quelque inquiétude dans le 
principe, cailloux, que avons un instant considérés comme acciden- 
tels, mais que leur persistance dans tous les puits de la région et leur 
développement bien constaté ailleurs en affleurement, nous a obligé 
à accepter d'une manière définitive. » 



(') T. X, pp. 1 et suiv. Mémoires. 

f 2 ) Ne pas confondre avec notre forage qui fut exécuté dans la même propriété 
en 1885. • 

[*i E. Delvaux, « Les puits artésiens de la Flandre » [Annales de la Société 
Géologique de Belgique, t. XL Mémoires, p. 39;. 

l i ) E. Delvaux, « Les puits artésiens de la Flandre » (Ibid,, t. XIII, 1886. 
Mémoires). 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XXI 

Dans la même ville de Renaix nous avons constaté la présence des 
cailloux à la base de l'Ypresien aux sondages suivants : 

4888. Dopchie Denonne. 

1891. Verlinden frères (second puits). 

1892. Station. 

Ils ont fait défaut aux sondages : 

a) Verlinden frères (premier puits) ( x ) ; 

b) Bataille et Dessel. 

Remarquons à ce sujet que des dépôts de l'espèce peuvent, quoique 
continus, présenter des vides suffisants pour permettre le passage 
d'un outil de sondage. 

Ë. Del vaux indique encore le niveau caillouteux de la base de 
l'Ypresien en plusieurs autres points, soient : 

1° A Biest et à Malhaise ( 2 ); 

2° A la brasserie Van Langenhove à Flobecq f) ; en ce point il n'y 
avait qu'un caillou de silex mêlé à du sable glauconifère à gros 
grains de quartz; 

3° A Beaureux, hameau d'Arc- Anières ( 4 ) au sondage de la bras- 
serie Boucart. 

Enfin, M. A. Rutot signale de nombreux cailloux de silex noir à 
la base de l'Ypresien au sondage de la brasserie Degand à Dottignies- 
Saint- Léger ( 5 ). 

Au sondage du Royal Palace Hôtel, à Ostende ( 6 ), nous avons 
recueilli à la base de l'Ypresien une quarantaine de cailloux, du poids 



(*j É, Delvaux, •♦ Les puits artésiens de la Flandre » [Annales de la Société 
Géologique de Belgique, t. XV, 1888. Mémoires). 

( 2 ) Hameaux dépendants de Renaix. — E. Delvaux, » Les puits artésiens de la 
Flandre », add. [Annales de la Société Géologique de Belgique, t. XI, 1884. 
Mémoires;. 

( 3 ) E. Delvaux, « Documents, etc. » (Annales de la Société Géologique de 
Belgique, t. XII, 1885. Mémoires). 

(f) E. Delvaux, « Les puits artésiens du Hainaut occidental » [Annales de la 
Société Géologique de Belgique, t. XVIII, 1891. Mémoires). 

( î; ) Société belge de Géologie et d' Hydrologie de Belgique, t. III, 1889. Mémoires, 
pp. 73 à 81. 

( Société belge de Géologie et d'Hydrologie, t. XV. 



/ 



XXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

de 1 à 18 grammes. La plupart d'entre eux portent des taches blan- 
châtres d'altération. Ils se trouvaient, comme nous l'avons déjà dit, 
sur 20 centimètres de hauteur mêlés à du sable grisâtre remanié de 
la couche sous-jacente. 

Enfin, au sondage ( l ) de MM. Moens frères, à Alost, nous en 
avons trouvé plus de cent, dont quelques-uns de silex du poids de 
3 à 40 grammes, la majeure partie de quartzite du poids moyen 
de 3 grammes, enfin quelques-uns de quartz, tous moins roulés que 
les silex et probablement d'origine peu éloignée. 

La couche à gros éléments, base de FYpresien, a donc été reconnue 
aux endroits suivants : 

Ostende 2 fois 

Renaix et hameaux . . . ... 7 — 

Amougies 1 — 

Flobecq . 1 — 

Beaureux Arc-Asnières 1 — 

Dottignies-Saint-Léger 1 — 

Alost ..... 1 — 

44 fois 

On peut considérer comme certain que les cailloux, base de 
l'étage ypresien, furent rencontrés bien plus souvent, mais personne 
n'ignore que beaucoup de sondages ne sont pas suivis scientifique- 
ment; que souvent les échantillons ne sont pas conservés ou se 
perdent. Il est aussi des forages, exécutés sur des diamètres très 
réduits et l'outil foreur peut passer entre les cailloux, tout en les écar- 
tant. Il ne serait pas difficile de dresser une longue liste de sondages 
dont les résultats furent nuls ou presque nuls pour la science. 

Le grand banc d'argile ypresienne repose généralement directe- 
ment sur le sable L\d ou sur la base à gros éléments. Il est remar- 
quable par son homogénéité ; il est fort rare d'y trouver des couches 
sableuses intercalées, La plus remarquable est celle qui se trouve à 
Alost entre les cotes —27.3 et — 28.3. Il avait déjà été signalé 
par notre confrère et ami le D r Raeymaekers ( 2 ), mais comme il n'y 
avait pas observation directe, on pouvait en douter. 



(*) Non encore publié. 

( 2 ) Annales de la Société Géologique de Belgique, t. XXV bis , p. 62. 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. XXIII 

Nous l'avons retrouvé au sondage de MM. Moens frères, à Alost, 
en 1902; son existence est donc bien établie. Le fait est d'autant 
plus remarquable qu'il renferme une faible source jaillissante, ce qui 
implique, vu l'inclinaison bien connue des couches, un affleurement 
à plusieurs kilomètres au sud d'Alost. Le dépôt sableux n'est donc 
pas local, formant lentille, mais continu, sur une étendue relative- 
ment considérable. 

Le Service de la Carte géologique a réuni en une seule masse tout 
l'étage ypresien; en cela il a eu parfaitement raison, il n'y a aucune 
ligne de démarcation entre les deux assises admises jadis, mais on 
peut se demander, pour quel motif il a rangé le sable à Nummulites 
planulata au sommet de l'étage, alors que peu plus haut dans la 
série éocène, un autre sable, également pétri de Nummulites, figure 
comme base de l'étage asschien. Il y a là, nous semble-t-il, contra- 
diction flagrante et, pour être conséquent, il aurait fallu ranger le 
sable à Nummulites planulata à la base de l'étage paniselien. 

Chapitre IV. — Étage paniselien. 

M. G. Dollfus pose au sujet de cet étage plusieurs questions ; après 
avoir fait remarquer que le Paniselien inférieur développé à Mons ren- 
ferme une faune qui est celle de l 'Ypresien supérieur à peine modi- 
fiée avec Nummulites planulata et Turritella Solanderi, il demande 
si l'ensemble des couches dites paniseliennes mérite le nom d'étage. 
N'est-ce point encore une dépendance de l'Ypresien? Un véritable 
Ypresien supérieur ? Il y a bien des années, ajoute notre savant 
confrère, que nous en avons la conviction. 

Nous avons demandé à la fin de l'article consacré à l'Ypresien pour 
quels motifs on avait rangé à la partie supérieure de l'étage ypresien 
le sable à Nummulites planulata, alors que ce Foraminifère si carac- 
téristique se retrouve plus haut dans les couches paniseliennes — 
on aurait eu au moins une limite paléontologiquebienreconnaissable, 
tandis que le gravier de base localisé, dans les environs de Renaix, 
fait défaut presque partout. Il s'ensuit que lorsque celui-ci manque 
le Paniselien et l'Ypresien constituent une seule masse où toute limite 
stratigraphique fait défaut. Le sable à Nummulites, de même que la 
bande noire, base de F Asschien , est discontinu; le sable parfois aussi 
n'est pas fossilifère; il règne alors une incertitude absolue, sur la 
limite des deux étages. 



XXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

M. G. Dollfus nous dit que les différences fauniques ne justifient 
pas la création d'un nouvel étage ; il nous semble que le gravier 
de base localisé n'est pas plus probant au point de vue stratigra- 
phique. 

Enfin la Légende indique comme niveau séparatif des deux assises 
paniseliennes un sable glauconifère avec traces de gravier à la base. 
S'il fallait tenir compte de tous les graviers locaux, on pourrait 
multiplier les étages et les assises à l'infini. 

A Anvers, les sables bolderiens à Panopées et à Pétoncles sont 
séparés par un sable glauconifère souvent criblé, non pas de gravier, 
mais de petits cailloux et personne n'a jamais songé à leur assigner 
une importance stratigraphique quelconque. Ces traces de gravier se 
réduisent donc à quelques grains de quartz plus gros et l'on peut se 
demander s'ils ont une valeur stratigraphique, même pour limiter 
une assise. 

A Malines, au sondage de la Brasserie de la Dyle ( l ) en 1878, 
nous avons percé le sable à Nummulites planulata. En ce point, il 
se trouve entre les cotes — 80 et — 84 et à l'Arsenal du chemin de 
fer à la cote — 85 ( 2 ). A la Brasserie de la Dyle, dont la coupe est 
digne de toute confiance, le Paniselien est représenté par : 

Argile grise. ...... 5 mètres 

Sable argileux ...... 3 — 

Sable ......... 1 — 

Argile grise. ...... 20 — 

29 mètres 

Son identité est établie par la base du Laekenien à IV. lœvigata 
roulées qui le recouvre et par le sable à IV. planulata sur lequel il 
repose. 

Son toit se trouve à la cote — 51 et sa base à la cote — 80. 

A Aertselaer, la base du Laekenien se trouve à la cote — 1 12 et à 
Anvers-Arsenal à — 200, niveau dont il résulte une pente kilométrique 
moyenne vers le nord de 6 kilomètres. En admettant que le Panise- 
lien s'épaississe vers le nord et que le sable à IV. planulata s'infléchisse 
de 7 m 50 par kilomètre, on aurait dû le trouver à Aertselaer entre 



f 1 ) Annales de- la Société Géologique de Belgique, t. VI, p. 
(2) Ibid., t. XXVIIT, p. 166. Mémoires. 



BULLETINS DES SÉANCES. < — ANNÉE 1903. XXV 

les cotes — 175 et — 180; or, le sondage a atteint la cote — 233 
après avoir traversé dans sa partie inférieure, 121 mètres d'alter- 
nances variables d'argile. Pas de traces de fossiles. Une seule masse 
formée par le Paniselien et VYpresien. 

A Termonde, en 1890, nous avons foré un puits dans la Caserne 
n° 3. Ce sondage a atteint à 51 mètres, une couche sableuse de 
50 centimètres et percé ensuite une trentaine de mètres d'argiles 
diverses. En 1898, un forage exécuté au Dépôt militaire, rue de 
Malines, dans la même ville, a atteint la même couche de sable, 
épaisse de 75 centimètres, à 47 m 50 de profondeur, reposant sur les 
mêmes argiles. Quoique ayant surveillé les travaux avec le plus 
grand soin, nous ne pûmes trouver de fossiles à ce niveau. Feu Del- 
vaux plaçait ce sablé^au sommet de l'Ypresien et les 18 mètres de 
sable et d'argiles diverses, qui le sépare de la base du Laekenien, 
dans le Paniselien. Ce sable serait donc le sable à N. planulata. Mais 
rien ne le prouve. Il règne donc une grande incertitude sur l'âge des 
couches argileuses atteintes à Termonde, à Hamme, à Breendonck, 
à Hoboken, à Aertselaer et à Anvers en dessous de la base du Lae- 
kenien. 

Cette difficulté ne règne pas seulement dans les grandes profon- 
deurs. M. Rutot Ç) nous dit, en effet, qu' « aux environs de Pitthem, 
par exemple, il a pu, par sondages, observer des contacts directs de 
l'argile base du Paniselien sur l'argile ypresienne Yc. 

« Au premier abord, l'observation était assez déroutante, mais 
au bout de quelques sondages on pouvait préciser le contact 
des deux argiles; l'argile paniselienne est grise assez pâle, très 
plastique, grasse; l'argile ypresienne est gris foncé, finement 
sableuse. » 

Une limite d'étages basée sur des données aussi vagues, aussi peu 
probantes, nous paraît bien problématique, d'autant plus que les 
sondages profonds ont révélé de nombreuses alternances d'argiles 
diverses; rien ne prouve donc qu'on a toujours à faire au même 
niveau. 

Nous en arrivons donc forcément comme conclusion à dire que le 
Paniselien, tant au point de vue paléontologique qu'au point de vue 
stratigraphique, n'est pas assez distinct de l'Ypresien pour en faire un 



( 1 ) A. Rutot, « Constitution de l'Étage paniselien dans la Flandre occidentale » 
(Société belge de Géologie et oV Hydrologie, t. IV, 1890). 



XXYI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

étage et que l'opinion de M. G. Dollfus est basée sur de sérieux 
arguments. 

Comme conclusion générale de cette notice, nous avons l'honneur 
de soumettre aux géologues le projet suivant d'échelle stratigraphique 
de l'Éocène inférieur en Belgique. Nous sommes sur la plupart des 
points en parfaite conformité d'idées avec M. G. Dollfus. 

Remarquons que, comme nous l'avons fait dans la coupe du puits 
artésien du Royal Palace Hôtel d'Ostende, M. G. Dollfus a, dans la 
coupe de la page 5 de sa notice, déterminé les couches à faune 
sparnacienne : 

Landenien supérieur (Sparnacien). 

Nous proposons de supprimer pour ces couches la déterminât^ n 
de Landenien supérieur; de laisser les dépôts lagunaires de la région 
orientale dans le Landenien inférieur, jusqu'à preuves paléonto lo- 
giques et stratigraphiques péremptoires. On sera ainsi conséquent 
avec la partie supérieure de la Légende tertiaire, qui n'a même 
établi aucune distinction entre les dépôts lagunaires diestiens et les 
couches marines de cet étaffe. 

o 

Projet d'échelle stratigraphique de l'Éocène inférieur en Belgique. 

Assise paniselienne. 
Étage ypresien . { Assise ypresienne. 

Cailloux (de transport). 

Sables et argiles divers avec lignites et grès, fossiles sparna- 

ciens. 

(région occidentale. / ~, .,, ,-, \ 

v \ Cailloux (de transport). 

! Assise lagunaire (région orientale), passage insensible à : 
Assise marine. 
Assise neersienne. 
Cailloux, silex verdis (de dénudation). 

Etage montien . . . | 

Chapitre V. — Éocène moyen et Éocène supérieur. 

Nous ne dirons que quelques mots de l'Éocène moyen et de l'Éocène 
supérieur. 

La fin de la sédimentation paniselo-ypresienne est caractérisée par 
le retrait de la mer, qui n'occupe plus que la partie orientale du 
pays pendant le dépôt des sables bruxelliens. 



Etage sparnacien 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. XXVII 

La zone d'extension de l'étage bruxellien est limitée du côté de 
l'ouest par la vallée de la Senne et dans la direction du nord, par 
une ligne dirigée du sud-ouest au nord-est, passant entre Vilvorde 
et Malines (*). Partout au nord- ouest de cette ligne, le Laekenien 
repose sur l'Éocène inférieur, représenté par le paniselo-ypresien. 
A Westerloo, situé à l'est de cette ligne, l'étage bruxellien a été 
retrouvé en grande profondeur ( 2 ). Du côté de la vallée de la Senne, 
l'étage bruxellien présente une particularité remarquable. L'assise 
paniselienne couronne les hauteurs de la rive gauche de la vallée 
de la Senne; sur la rive droite, elle a complètement disparu et le 
Bruxellien repose directement sur l'assise ypresienne et ne dépasse 
pas la vallée vers l'ouest ( 3 ). Il en résulte une juxtaposition appa- 
rente des deux formations et, quoique d'âge différent, l'une paraît 
être le prolongement de l'autre. Cette particularité a fait croire à 
une faille, suivant la vallée de la Senne et ayant occasionné le sou- 
lèvement de toute la région occidentale lors du retrait de la mer vers 
l'est. 

Aucun fait ne vient à l'appui de cette hypothèse que nous avons 
combattu il y a longtemps ( 4 ). Tous les forages que nous avons eu 
l'occasion d'exécuter depuis n'ont fait que confirmer notre manière de 
voir à ce sujet. 

La base de l'Ypresien et les terrains sous-jacents ne révèlent 
aucune dénivellation; il y a bien entre Forest et la gare du Nord à 
Bruxelles, un petit anticlinal, bien minuscule, qui déjà dans la 
partie nord de la ville n'a plus laissé de traces. Nier d'une manière 
absolue l'existence de la faille serait chose téméraire; celle-ci à la 
rigueur pourrait exister, mais dans des conditions* si peu sensibles 
qu'elle n'affecterait en rien l'allure générale des couches qui dans le 
sous-sol de l'agglomération bruxelloise reposent sur le Cambrien. 
Nous avons déjà signalé d'autres juxtapositions de l'espèce ( 5 ); ce qui 



( 1 ) Bulletin de la Société belge de Géologie, t. XV, p. 257. Mémoires. 
( 2 j G. Velge et 0. van Ertborn, « Le puits artésien de Westerloo » [Annales 
de la Société Géologique de Belgique, t. XXVI Mémoires). 

( 3 ) La Carte géologique au 40,000 e indique un petit lambeau de Bruxellien, sur 
la rive gauche, à la hauteur de la station de Haeren. Feuille de Bruxelles-Saventhem. 

( 4 ) P. Cogels et O. van Ertborn, « Sur la Constitution géologique de la vallée 
de la Senne » [Annales de la Société Géologique de Belgique, 1882, t. IX. Mémoires, 
p. 69.) 

( s ) Bulletin de la Société belge de Géologie, t. XV, p. 256. Mémoires. 



XXVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

est remarquable pour celle du Paniselien et du Bruxellien, c'est 
qu'elle coïncide avec la vallée de la Senne. 

Nous croyons avoir trouvé l'explication de ces singuliers phéno- 
mènes : pour ce qui concerne le Paniselien sur la rive droite de la 
Senne, il y a lieu de croire qu'il a été dénudé par la mer bruxel- 
lienne, absolument comme le fut plus tard la partie supérieure du 
Bruxellien avec Nummulites lœvigaia in situ, niveau qui jusqu'à ce 
jour n'a été retrouvé nulle part. L'Ypresien lui-même fut entamé par 
les érosions bruxelliennes, comme le prouvent les Crabes fossiles de 
Galevoet, que nous avons trouvés in situ au sondage d'Uccle, dans 
l'Ypresien. Les sédiments bruxelliens auraient donc remplacé com- 
plètement ceux d'âge paniselien disparus. 

Comme puissance, le Bruxellien paraît être de deuxième ordre, 
car son épaisseur ne paraît pas dépasser 50 mètres, tandis que celle 
de l'Ypresien atteint plus de 100 mètres et celle, constatée de 
l'Asschien, 63 mètres. Il ne serait pas étonnant que la puissance de 
celui-ci au nord d'Anvers n'atteigne celle de l'Ypresien. 

Le Laekenien et son fidèle compagnon le Ledien paraissent ne pas 
avoir plus de 25 mètres chacun. Leur zone d'extension est fort diffé- 
rente de celle du Bruxellien et la mer paraît avoir repris possession 
de son ancien domaine dans la région occidentale. du pays, pendant 
la sédimentation des étages laekenien et ledien. 

La base du premier, à Nummulites lœvigata roulées, est l'une des 
plus persistantes que nous connaissions ; nous l'avons rencontrée à 
Westerloo à 472 mètres de profondeur et en beaucoup d'autres 
points dans les mêmes conditions. Évidemment, les couches n'occu- 
paient pas leurs niveaux actuels; l'action dénudatrice s'est donc 
produite sur une surface considérable avec une régularité des plus 
étonnantes. 

L'étage wemmelien est le moins important de tous; sa puissance 
n'est que de quelques mètres. Sa base était bien reconnaissabie à 
Westerloo à 4 42 mètres de profondeur. Entre Boitsfort-Trois-Til- 
leuls et la région située plus au nord, l'étage présente quelques 
obscurités, qui demandent à être éclaircies. 

L' échelle stratigraphique fait de la bande noire f 1 ) la base de l'étage 
asschien. Nous avons eu l'occasion d'en parler précédemment au sujet 
du sable à Nummulites planulata. Nous n'y reviendrons plus. 



[*) Sable très glauconifère à Nummulites (Operculina) Orbignyi. 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XXIX 

M. G. Dollfus se demande s'il y avait lieu de créer tant d'étages 
et si ces nombreux niveaux graveleux (*),. accompagnés de ravine- 
ments, justifient des divisions aussi accentuées, alors que les diffé- 
rences fauniques sont aussi peu sensibles. Notre confrère et ami, 
M. G. Velge, qui depuis tant d'années étudie les couches d'âge 
éocène et qui est l'unique auteur de la coupe si minutieusement 
étudiée et décrite du sondage de Westerloo, n'a maintenu dans cette 
coupe que trois étages : le Wemmelien, le Laekenien et le Bruxellien; 
les dépôts asschiens taisant partie du Wemmelien et les couches 
lediennes du Laekenien. 

Quant à nous, nous ne sommes pas compétent pour trancher la 
question. Jusqu'à ce jour, nous n'avons jamais trouvé de fossiles dans 
l'argile grise asschienne ; en grandes profondeurs, elle est plus dure, 
plus tenace, plus plastique que l'argile rupelienne et beaucoup plus 
que l'argile ypresienne. 

Les fossiles sont rares, même très rares dans cette dernière, 
moins dans l'argile rupelienne. Nous avons percé vingt-trois fois 
L'argile asschienne et toutes nos recherches sont restées stériles. 
Il ne faut cependant pas désespérer; on se rappellera le temps qu'il 
fallut avant de trouver le Pecten stettinensis ', qui fixa définitive- 
ment dans la province d'Anvers l'âge du sable sous-jacent à l'argile 
rupelienne. Cette découverte tardive de fossiles fut suivie de près 
par beaucoup d'autres, en différents points, dans cette même couche 
sableuse. 

La séance est levée à G heures. 



Assemblée générale du 8 février. 

Présidence de M. Lameere. 

La séance est ouverte à 3 heures. 

Le procès-verbal de l'assemblée générale du 9 février 1902 est 
adopté sans observations. 



') Que l'on ne perde pas de vue que ces niveaux graveleux sont fort persistants. 



XXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Discours du Président 

SUR L'ÉVOLUTION DES MOLLUSQUES. 

Messieurs, 

Arrivés au terme de la quarantième année d'existence de notre 
Société, qu'il nous soit permis de jeter un regard en arrière : lais- 
sons s'effacer les incidents éphémères de la route accomplie pour 
envisager de haut les progrès faits dans le domaine de la science des 
Mollusques. 

Il n'y a peut-être pas de groupe du règne animal, on a exprimé 
cette opinion à diverses reprises, pour lequel l'avancement des con- 
naissances ait été aussi grand et aussi fécond ; nous sommes d'autant 
plus en droit de nous en réjouir que c'est l'un des nôtres, notre 
collègue Paul Pelseneer, qui a, pour une grande part, contribué à 
cet essor, qui a été le pionnier de bien des découvertes, qui est notre 
guide le plus sûr. 

En 1863, lorsque Colbeau fonda la Société Malacologique de 
Belgique, l'acquit de la science était synthétisé par la classification de 
Henri Milne-Edwards. 

L'embranchement des Mollusques comprenait deux sous-embran- 
chements : les Mollusques proprement dits et les Moiiuscoïdes. 

Ce groupe des Moiiuscoïdes était une création du savant français 
qui l'avait constitué des Tuniciers et des Bryozoaires. 

Les Tuniciers avaient été considérés par Cuvier comme faisant 
partie des Acéphales; en les séparant radicalement de ces derniers, 
Milne-Edwards se montra bon prophète, puisque l'embryologie devait 
démontrer plus tard avec Kowalewsky que ces animaux sont absolu- 
ment sans aucun rapport avec les Mollusques et qu'ils doivent faire 
partie, comme les Vertébrés et l'Amphioxus, de l'embranchement des 
Chordozoaires. 

Quant aux Bryozoaires, il y avait lieu en effet de les détacher des 
Polypes avec lesquels Cuvier les avait confondus, mais les rapprocher 
des Tuniciers et surtout les incorporer aux Mollusques était une idée 
malheureuse. 

Abstraction faite des Moiiuscoïdes, les Mollusques, tels que les 
concevait Milne-Edwards, ne constituaient cependant pas encore une 
unité systématique pure : ils ne comprenaient plus, il est vrai, les 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XXXI 

Cirrhopodes de Guvier que l'embryologie avait prouvé être des 
Crustacés, mais dans leurs rangs faisaient encore tache les Brachio- 
podes. Ceux-ci, qu'une ressemblance toute superficielle tendait à 
réunir aux Lamellibranches, ne furent distraits de l'embranchement 
des Mollusques, toujours grâce à l'embryologie, qu'assez tard. Claus 
les rapprocha avec raison des Bryozoaires, et depuis lors ils ont figuré 
avec ceux-ci dans les classifications, tantôt parmi les Vers, tantôt 
comme formant un embranchement pour lequel on a conservé le nom 
de Molluscoïdes. Mais le dernier mot est loin d'être dit sur la signi- 
fication de ces remarquables organismes; depuis plusieurs années 
j'enseigne que les Chétognathes, les Brachiopodes, les Bryozoaires, 
les Phoronidiens, les Ptérobranches et les Entéropneustes forment 
une gradation descendante se rattachant aux Échinodermes : je 
compte le démontrer ultérieurement. 

Avec Claus, nous voyons donc pour la première fois, sans compro- 
mission aucune, figurer dans une classification générale du règne 
animal l'unité désormais indissoluble des Mollusques. C'est là un 
premier progrès essentiel. 

Les organismes que nous considérons aujourd'hui comme étant des 
Mollusques véritables, Milne-Edwards, avec Cuvier, les groupait en 
quatre classes, celles des Céphalopodes, des Ptéropodes, des Gasté- 
ropodes et des Acéphales. 

Deux classes ont été ajoutées depuis à ce système, mais par contre 
la classe des Ptéropodes a été supprimée. 

On doit à Bronn d'avoir constitué une classe spéciale, celle des 
Scaphopodes, avec le genre Dentalium que Cuvier avait laissé près 
des Serpules et que de Blainville avait réuni aux Gastéropodes. Le 
travail célèbre de Lacaze-Duthiers sur l'anatomie du Dentale vint 
consacrer définitivement la légitimité de l'importance accordée à cet 
animal. 

von Ihering a opéré la réunion des Oscabrions avec les genres 
Chœtoderma et Neomenia en une classe des Amphineures, universelle- 
ment adoptée. 

Les Oscabrions, formant le genre Chiton de Linné, avaient éié 
confondus avec les Gastéropodes; seul de Blainville les en avait 
retirés pour en faire un groupe des Polyplacophores qu'il avait réuni 
aux Cirripèdes comme transition entre les Mollusques et les Articulés. 
Personne ne l'avait suivi dans cette voie, et les Oscabrions avaient 
continué à figurer à côté des Patelles dans l'ordre des Cyclobranches. 






XXXII SOCIÉTÉ ROYALE MALAC0L0G1QUE DE BELGIQUE. 

Quant aux genres Chœtoderma et Neomenia y dont von Ihering 
constituait l'ordre des Aplacophores, ils avaient été considérés comme 
des Vers du groupe des Géphyriens par Tullberg. et Lovén qui les 
avaient découverts. 

La suppression de la classe des Ptéropodes est due à Pelseneer qui 
a montré, sans qu'un seul fait ait pu être opposé à son argumenta- 
tion, que les Ptéropodes ne sont que des Opisthobranches pélagiques, 
le groupe devant même être cassé, les Thécosomes étant des Bul- 
léens, tandis que les Gymnosomes se rattachent aux Aplysiens. 

La classification générale actuelle, telle qu'elle est exposée par 
Pelseneer dans cette précieuse Introduction à l'étude des Mollusques 
publiée par notre Société, comporte donc cinq classes, les Amphi- 
neures, les Gastropodes, les Scaphopodes, les Lamellibranches et les 
Céphalopodes. Ce sont là cinq groupements admirablement circon- 
scrits et que nous pouvons considérer comme définitifs. Notons ce 
deuxième progrès essentiel dans la Malacologie. 

Que de changements aussi, que de perfectionnements dans la clas- 
sification particulière des classes, et principalement de celles des 
Gastropodes et des Lamellibranches! 

Les Gastropodes furent longtemps répartis en quatre ordres : 
J° les Prosobranches qui réunissaient les anciens ordres des Pectini- 
branches, des Tubulibranches, des Scutibranches et des Cyclo- 
branches; 2° les Hétéropodes; 3° les Opislhobranches, comprenant 
les Inférobranches, les Tectibranches et les Nudibranches de Cuvier; 
4° les Pulmonés. 

Les Hétéropodes ont été supprimés en tant qu'ordre distinct des 
Prosobranches, et ils sont allés rejoindre dans la classification les 
Tœnioglosses dont ils sont les formes pélagiques, comme les Ptéro- 
podes ne sont que les formes pélagiques des Opisthobranches. 

La répartition des Prosobranches en groupes naturels a été long- 
temps hésitante : les divers auteurs avaient eu le plus souvent le 
tort de baser leur classification sur une seule particularité de l'orga- 
nisme, ce qui amenait des groupements hétérogènes; Cuvier et 
Milne-Edwards mettaient au premier rang la constitution de la 
branchie, Troschel et Lovén la structure de la radula, von Ihering 
la disposition du système nerveux, Môrch, Perrier et Bouvier les 
caractères offerts par le cœur et par les reins. En confrontant 
l'ensemble de l'organisation de ces Mollusques, Pelseneer est arrivé 
à en donner une classification très heureuse, divisant la sous-classe 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. XXXIII 

des Prosobranches en l'ordre des Aspidobranches avec deux sous- 
ordres, les Docoglosses et, les Rhipidoglosses, et l'ordre des Gténo- 
branches avec deux sous- ordres également, les Tsenioglosses et les 
Sténoglosses. 

Les Opisthobranches ont été réunis aux Pulrnonés par Spengel sous 
la dénomination d'Euthyneures que l'on a opposée à celle de Strepto- 
neures donnée aux Prosobranches par Ray Lankester. 

La sous-classe des Euthyneures comprend donc deux ordres, celui 
des Opisthobranches avec deux sous-ordres, les Tectibranches (aux- 
quels ont été réunis les Inférobranches) et les Nudibranches, et 
l'ordre des Pulrnonés, également avec deux sous-ordres, les Basom- 
matophores et les Stylommatophores. 

Il y a une dizaine d'années, le gâchis était encore plus grand dans 
la classe des Lamellibranches qu'il ne l'avait jamais été parmi les 
Gastropodes. Des essais de tout genre avaient été tentés pour répartir 
les Acéphales, d'après les caractères les plus divers, par les natura- 
listes les plus compétents, mais rien de satisfaisant n'avait été obtenu. 
C'est Ray Lankester qui eut le premier l'intuition quelle « Leit- 
motiv » de la classification des Pélécypodes se trouvait dans la 
structure des branchies. 

Pelseneer marcha dans cette voie et le système des Lamellibranches 
sortit enfin du chaos : notre savant collègue répartit ces Mollusques 
en cinq ordres, les Protobranchiés, les Filibranchiés, les Pseudo- 
lamellibranchiés, les Eulamellibranchiés et les Septibranchiés. J'ai 
réuni, dans mon Manuel de la Faune de Belgique, les ordres des 
Filibranchiés et des Pseudolamellibranchiés, sous la dénomination de 
Mésobranchiés, parce que, de l'aveu de Pelseneer lui-même, il y a 
parmi les Pseudolamellibranchiés des formes, les Pectinidse, qui se 
rattachent aux Filibranchiés du groupe des Arcacés, tandis que 
les Aviculidse et les Ostreidae proviennent d'autres Filibranchiés, des 
Mytilacés ; les Pseudolamellibranchiés ne constituent pas un groupe 
monophylétique et dès lors ce groupe ne peut subsister dans la clas- 
sification. Je suis aussi d'avis qu'il y a lieu de réunir les Septibran- 
chiés aux Eulamellibranchiés sous le nom de Métabranchiés, car en 
séparant les Lamellibranches sans branchies de leurs ancêtres, les 
Eulamellibranchiés, on perd la notion de leur parenté, et la classifi- 
cation doit, non plus comme jadis répartir les organismes commodé- 
ment, pour nous en faciliter l'étude, mais nous représenter leur 
généalogie. 

t. xxxviii, 1903 3 

Mars 1903. 



XXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

La classe des Lamellibranches comprend donc trois ordres, les 
Protobranchiés, les Mésobranchiés et les Métabranchiés, ceux-ci avec 
deux sous-ordres, les Eulamellibranchiés et les Septibranchiés. 

Ainsi, à côté de la délimitation stricte de l'embranchement, à côté 
de sa répartition définitive en cinq classes, une classification natu- 
relle des classes en ordres et en sous-ordres remplaçant les anciens 
errements, est venue constituer un troisième progrès cardinal dans la 
science des Mollusques. 

Un pareil bouleversement, des transformations aussi essentielles 
de nos vues sur les points les plus importants, ne se sont pas pro- 
duits évidemment sans une accumulation extraordinaire de données 
relatives aux détails des familles, des genres et des espèces; prodi- 
gieuse est en réalité la somme des faits nouveaux que de nombreux 
savants ont découverts, discutés, controuvés ou définitivement con- 
firmés; ces progrès énormes, cet enthousiasme pour l'étude des 
Poulpes, des Escargots et des Moules sont dus à des causes diverses. 

D'abord les naturalistes, marchant sur les traces de P. J. Van 
Beneden, ont fini par s'apercevoir que les beaux coquillages si variés 
de forme, de teinte et d'éclat, mais au fond presque toujours les 
mêmes dans leurs caractères essentiels, renferment des animaux 
extrêmement polymorphes et infiniment instables dans leur anatomie. 
Le Mollusque offre un violent contraste sous ce rapport avec l'Arthro- 
pode : ce dernier ne sort pas de la boîte qui lui sert de squelette, et 
les influences qui lui viennent du monde extérieur s'arrêtent, en 
général, à sa carapace qui en reçoit l'empreinte et se^modèle de 
mille manières; son anatomie interne est, au contraire, relativement 
1res peu variée : l'Arthropode est très en dehors, s'il m'est permis de 
m'exprimer ainsi, tandis que le Mollusque est très en dedans. Le 
xMollusque sort de sa maison de pierre et l'extrême malléabilité de 
son corps permet la répercussion des variations du milieu ambiant 
jusqu'aux organes profonds. Son anatomie est pétrie par les circon- 
stances et elle se modifie sans cesse avec une souplesse étonnante. 

Un vaste champ d'études était ouvert aux chercheurs; ils l'exploi- 
tèrent avec d'autant plus de succès que la méthode des coupes, venant 
contrôler les dissections délicates, souvent pénibles et aléatoires, se 
trouva merveilleusement adaptée à ce genre d'investigations. 

Mais il fallait, dans le dédale des faits découverts, une discipline 
qui permît de les apprécier à leur juste valeur et de les utiliser pour 
une synthèse appuyée sur des bases scientifiques : c'est la théorie de 



Il 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. XXXV 

l'évolution qui fut ce fil conducteur des naturalistes, et c'est elle qui 
a été la cause essentielle des incomparables progrès de la Malacologie. 

Dans aucun autre groupe d'organismes, la théorie de l'évolution n'a 
opéré autant de miracles que pour la classification des Mollusques. 

D'inextricables difficultés se présentaient au début : on ne pouvait 
compter sur les fossiles, car les innombrables coquilles cataloguées 
par les paléontologues sont muettes sur la structure anatomique de 
l'animal et sont inutilisables; on ignorait l'origine du groupe et 
l'on hésitait sur la question de savoir si tel ou tel caractère dénotait 
de l'infériorité ou de la supériorité. De plus, ceux qui n'ont pas 
étudié ces animaux, se figureraient difficilement l'extrême chevauche- 
ment de caractères qu'ils ne présentent que trop souvent : des formes 
qui offrent une somme respectable d'organes à physionomie archaïque 
montrent en revanche des particularités qui détonent dans l'ensemble 
par leur indiscutable spécialisation. Les convergences de caractères 
sont des plus fréquentes, ce qui amène à grouper des types n'ayant 
aucun rapport de parenté directe. 

Il y eut bien des tâtonnements, bien des méprises, bien des revers, 
mais la théorie de l'évolution triompha : maniée par ceux qui, comme 
Pelseneer, ont le sens profond du transformisme, elle nous a conduit 
à des résultats positifs et inattaquables. 

Si les progrès dans la connaissance des Mollusques s'étaient bornés 
à limiter exactement l'embranchement, les classes, les ordres et les 
sous-ordres, s'ils se résumaient simplement en la nomenclature sèche 
et aride des groupes que je vous énumérais tout à l'heure, ils ne 
présenteraient, au point de vue général de nos connaissances, qu'un 
intérêt assez relatif, mais sous le symbole un peu froid du système se 
cache la notion féconde des rapports généalogiques : c'est une classifi- 
cation palpitante de vie que nous possédons actuellement. Sa connais- 
sance nous est précieuse, non seulement parce qu'elle projette une 
poésie singulière sur des animaux dont la vue nous réjouit et dans 
lesquels nous pouvons lire tout un passé accidenté, mais encore 
parce qu'elle constitue une excellente école pour la phylogénie. 

L'étude d'une évolution comme celle des Mollusques, dans laquelle 
se présentent toutes les complications possibles et dont la découverte 
a comporté la résolution de difficultés majeures est un exemple 
topique pour mettre sur la voie dans les recherches de la généalogie 
des groupes dont la classification n'a pas encore été éclairée par le 
transformisme et qui ne comportent pas de fossiles. 



XXXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Disons enfin, qu'arriver à construire l'arbre généalogique d'une 
catégorie d'organismes qui se présentent dans les conditions difficiles 
offertes par les Mollusques, c'est fournir une preuve de la valeur de 
la méthode employée, c'est démontrer indirectement que la théorie 
de l'évolution est l'expression de la vérité. 

Au triple point de vue de la Malacologie, de la phylogénie, du 
transformisme, je vais donc chercher à retracer l'évolution des Mol- 
lusques à grands traits : je considère celle-ci comme établie d'une 
manière assez positive pour me permettre de l'exposer dogmatique- 
ment; il n'y a guère d'inconvénients d'ailleurs à user d'un langage 
subjectif devant des hommes de science qui pourront faire bonne 
justice des écarts où m'entraînerait mon imagination. 

Sans nous préoccuper pour le moment de rechercher l'origine du 
type, que nous devons considérer comme monophylétique, réunissons 
tous les caractères les plus archaïques que nous offrent les formes 
actuelles afin de nous figurer comment a dû être le premier Mol- 
lusque ; l'anatomie comparée permettait à Cuvier, par la corrélation 
des caractères et le balancement des organes, de reconstituer des 
fossiles, la théorie de l'évolution nous permet de reconstituer des 
ancêtres et de décrire des animaux que nous ne verrons jamais. 

L'ancêtre de tous les Mollusques était un animal rampant sur la 
face ventrale épaissie en pied ; il avait la bouche en avant et un anus 
à l'extrémité postérieure du corps; une expansion du tégument dor- 
sal constituait un manteau qui débordait l'animal de toutes parts ; sur 
le dos se voyait une série de plaques calcaires disposées métaméri- 
quement. Anatomiquement, l'organisme pouvait se partager en deux 
régions, une région antérieure hépatique, une région postérieure 
néphridienne. Dans la région antérieure, pas de cœlome, pas de 
gonocytes, pas de néphridies, pas de dilatations cardiaques, pas de 
branchies, mais un certain nombre de diverticules hépatiques disposés 
par paires sur le tube digestif; dans la région postérieure, un cœlome 
réduit, point de diverticules hépatiques, mais d'autres organes : dans 
une première zone, génitale, la paroi du cœlome constituait un épi- 
thélium germinatif, et les œufs ou les spermatozoïdes, car l'animal 
était sexué, étaient évacués par une paire de néphridies; dans une 
seconde zone, cardiaque, le cœlome formait un péricarde communi- 
quant avec le dehors par deux paires de néphridies et logeant un 
cœur dorsal auquel aboutissaient deux paires d'oreillettes amenant 
le sang de deux paires de branchies logées sous le rebord du manteau 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XXXVII 

et que leur aspect a fait nommer cténidies. Le système nerveux com- 
prenait deux ganglions supraœsophagiens cérébroïdes d'où partaient 
en avant une paire de troncs labiaux passant sous l'œsophage, et deux 
paires de troncs postérieurs, les troncs palléaux, externes et innervant 
le manteau, les troncs pédieux en rapport avec le pied, de nom- 
breuses commissures réunissant ces troncs transversalement. 

Ce type a donné naissance à deux descendants. 

Ii y a d'abord l'Àmphineure qui a conservé le système nerveux 
primitif et l'anus à l'extrémité du corps. 

Sous forme de Polyplacophores, il possède encore huit plaques 
dorsales, une céphalique, six transversales et une pygidiale; mais de 
même que tous les organismes archaïques qui sont arrivés jusqu'à nous, 
comme le Péripate, comme l'Amphioxus, comme l'Autruche, comme 
les Monotrèmes, les Oscabrions offrent un nombre respectable de 
caractères de spécialisation : c'est la réduction des caecums hépatiques 
à une paire, c'est la séparation du sac génital d'avec la péricarde, 
c'est la perte de la paire postérieure de branchies, de néphridies et 
d'oreillettes amenée peut-être par l'habitude qu'a l'animal de se rouler 
en boule. Phénomène curieux, en avant et en arrière de l'unique 
paire de cténidies subsistante, s'est développée toute une série de 
branchies accessoires secondaires. 

Sous forme d'Aplacophores, l'Amphineure se présente comme 
ayant perdu les plaques dorsales : déjà à ce degré si inférieur de 
l'histoire des Mollusques, nous constatons ce renoncement à la coquille 
qui se rencontrera bien des fois dans l'évolution. Le pied et le man- 
teau sont réduits ou nuls : l'organisme a pris l'aspect d'un ver. On 
dirait, s'il est possible de s'exprimer de cette manière, que ces ani- 
maux, comparables en cela aux Tardigrades, aux Girripèdes, aux 
Tuniciers, ont été saisis du vertige de leur élévation récente et se 
sont empressés de retomber dans le commun. Ils offrent cependant 
une originalité très grande, leur organisation témoignant d'un 
mélange bizarre de caractères de spécialisation prononcée et de par- 
ticularités plus archaïques parfois que celles des Ghitons. 

Aux Amphineures nous pouvons opposer l'ensemble de tous les 
autres Mollusques, groupement auquel Hatschek a donné le nom de 
Conchifères. 

Le second descendant du Mollusque primordial diffère de l'Amphi- 
neure en ce qu'il n'a plus l'anus à l'extrémité du corps : l'anus s'est 
rapproché de la bouche, le dos s'étant bombé pour permettre à l'ani- 



XXXVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

mal de se loger dans une coquille qui est d'une seule pièce. Qu'est-ce 
que cette coquille du Conchifère? Est-ce une néo-formation, ou bien 
est-ce, comme le supposait Gray, la plaque pygidiale du Polyplaco- 
phore primitif qui aurait subsisté seule? Nous l'ignorons. 

Le système nerveux s'est perfectionné : sur le trajet des troncs 
palléaux et pédieux les cellules se sont concentrées en ganglions 
pédieux et pleuraux ; les anciennes commissures transversales ont 
disparu, à l'exception d'un petit nombre qui ont pris une grande 
importance : une commissure postérieure réunissant les troncs pal- 
léaux et renflée en ganglions viscéraux, une commissure s'étendant du 
ganglion pleural au ganglion pédieux, enfin une commissure partant 
des troncs labiaux, se dirigeant en arrière en dessous du tube diges- 
tif et constituant la commissure stomato-gastrique. 

A son tour, ce Conchifère primordial a donné deux descendants, 
l'un qui est resté rampant, l'autre qui est devenu pélagique, le 
Céphalopode. 

Nous l'avons, le Céphalopode, dans la nature actuelle, sous une 
forme vraisemblablement peu différente de sa structure première, 
avec ce merveilleux Nautile qui a traversé tous les âges. Il a conservé 
deux paires de cgecums hépatiques, deux paires de branchies, deux 
paires d'oreillettes, deux paires de reins; son péricarde communique 
encore avec la poche génitale, et celle-ci est toujours en relation avec 
le dehors par la paire d'organes segmentaires primitifs. Mais le pied 
ne servant plus à la reptation, a entouré la bouche et s'est découpé en 
une couronne tentaculaire préhensile; la coquille, qui s'est enroulée 
sur le dos, est devenue une nacelle dans laquelle l'animal s'est 
avancé au fur et à mesure de sa croissance de manière à laisser der- 
rière lui des chambres pleines de gaz facilitant la flottaison ; l'accou- 
plement n'étant plus possible qu'à distance, une partie du pied s'est 
modifiée chez le mâle en spadice de manière à pouvoir atteindre 
quand même la femelle. 

C'est avec ces caractères que le Céphalopode a envahi le monde du 
passé, laissant dans tous les terrains des traces de son existence et 
témoignant par les Ammonites d'une splendeur inouïe. Mais les temps 
changent et avec eux les organismes : le Céphalopode à coquille cloi- 
sonnée était une adaptation admirable aux mers tranquilles de l'ère 
primaire et de l'ère secondaire; il est devenu un anachronisme à 
l'époque tertiaire : des animaux plus mobiles, plus actifs, devaient 
l'emporter dans la résistance à la mort sur des êtres passifs, jouets 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XXXIX 

des tempêtes, jetés sur les côtes par le soulèvement des vagues. De 
même que les Ganoïdes cuirassés ont fait place à des Poissons à 
écailles minces, plus adroits, plus agiles, de même les Céphalopodes 
qui ont pu se débarrasser de • leur coquille, ont éliminé leurs 
puissants voisins qui avaient conservé leur barque encombrante et 
somptueuse. 

La coquille a été recouverte par le manteau, ainsi qu'on le voit 
chez Spirula; elle est devenue peu à peu interne et a dégénéré, 
comme chez les Bélemnites, en phragmocône auquel une sécrétion 
du manteau a ajouté en arrière un rostre et en avant une garde; 
l'ensemble est devenu une sorte de squelette intérieur dans lequel la 
garde a pris le dessus, constituant l'os de la Seiche, pour finir par 
disparaître à son tour chez le Poulpe. 

En même temps, le Céphalopode, de Tétrabranche qu'il était, est 
devenu Dibranche, perdant une paire de branchies, une paire d'oreil- 
lettes, une paire de reins. Par compensation, bien des organes se sont 
perfectionnés; les lobes du pied notamment se sont modifiés en bras 
couverls de ventouses, appareils de préhension bien plus puissants; 
ces bras, d'abord au nombre de dix, chez les Décapodes, ont fini par 
ne plus être qu'au nombre de huit, chez les Octopodes, deux d'entre 
eux, rétractiles, les bras tentaculaires, différents des autres et pri- 
mitivement plus développés, ayant subi une atrophie progressive. 
Ajoutons encore que le mode d'accouplement s'est aussi perfec- 
tionné : le spadice du Nautile a fait place à l'hectocotyle, bras 
spécialisé, qui dans les formes supérieures d'Octopodes est devenu 
autotome ; il se détache du mâle et nage seul vers la femelle, empor- 
tant avec lui des spermatophores qui peuvent atteindre un demi- 
mètre de longueur. 

Pievenons-en maintenant à celui des Conchifères qui n'est pas 
devenu pélagique comme le Céphalopode, qui a continué à ramper 
sur sa sole ventrale, celui des Mollusques qui est l'ancêtre commun 
des Lamellibranches, des Scaphopodes et des Gastropodes : Pelse- 
neer lui a donné le nom de Prorhipidoglosse. 

Cet animal a, comme les Céphalopodes Dibranches, comme aussi 
les Amphineures actuels, perdu une paire de cténidies, une paire 
d'oreillettes et une paire de reins. Son sac génital ne communique 
plus avec la péricarde, ses conduits génitaux primitifs ont disparu, 
les œufs ou les spermatozoïdes étant expulsés par la seule paire de 
néphridies qui subsiste; mais, dans la suite de l'évolution, de nou- 



XL SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

veaux conduits vecteurs des produits sexuels se détacheront des reins 
et s'individualiseront. 

Le Prorhipidoglosse a donné naissance d'une part à l'ancêtre 
commun des Scaphopodes et des Gastropodes, lequel est resté mono- 
valve, d'autre part à l'ancêtre des Lamellibranches. 

L'Acéphale est un Mollusque qui s'est mis à labourer le sol pour 
y trouver sa nourriture; il a pu s'adapter à ces mœurs nouvelles et 
se perfectionner en ce sens, son corps s'étant comprimé latéralement, 
le manteau ayant débordé fortement le corps sur les côtés; la 
coquille a continué à couvrir le manteau et elle s'est scindée en deux 
valves qui sont restées réunies par un ligament élastique. Le pied a 
peu à peu perdu sa sole ventrale, il a pris l'aspect d'un soc de char- 
rue ou d'une hache, il a même disparu chez les formes qui se sont 
fixées, ont renoncé au labourage du fond des mers et se contentent de 
filtrer entre leurs valves les eaux riches en matières organiques. Bien 
abritée dans la coquille, l'unique cténidie de chaque côté a subi un 
singulier perfectionnement; elle a encore l'aspect dune branchie 
ordinaire de Mollusque chez les Protobranchiés, mais, chez les 
Mésobranchiés, déjà, les dénis du double peigne qu'elle constitue 
se sont allongées en filaments plies en deux au milieu de leur trajet 
et peu ou point anastomosés. Chez les Métabranchiés, tous les fila- 
ments se sont soudés de part et d'autre en cette double lamelle 
caractéristique des Kulamellibranchiés; déplus, les feuillets internes 
des branchies s'unissent entre eux de manière à diviser la cavité 
palléale en deux chambres, l'eau filtrant à travers la cloison ainsi 
constituée. Chez les Septibranchiés, qui ont été trouvés dans les 
abysses, la cloison devient musculaire, elle est percée de trous mais 
ne fonctionne plus comme branchie; ses contractions font passer dans 
la cavité palléale un puissant courant d'eau d'où l'oxygène est extrait 
par la surface interne du manteau. 

Nous retournerons au Prorhipidoglosse toujours monovalve, tou- 
jours rampant, possédant encore la différenciation antérieure et les 
organes qui se sont perdus chez les Acéphales, et une dernière fois 
nous le voyons évoluer en deux sens différents pour donner d'une 
part le Scaphopode, d'autre part, le Gastropode. 

Le Scaphopode est un Prorhipidoglosse fouisseur : il s'est allongé 
en ver, les bords du manteau sont venus se souder sur la ligne 
médiane en dessous, et la coquille a fait de même, se transformant en 
un tube ouvert aux deux bouts. L'eau entre par la grande extrémité, 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNËE 190.3. XLI 

passe entre le corps et le manteau, et sort par le petit orifice termi- 
nal sans avoir rencontré les cténidies qui ont disparu. Le pied est 
dirigé en avant, il est allongé et constitue un appareil adapté au 
creusement; la tête est devenue assez rudimentaire et la glande géni- 
tale est allée se loger au bout du corps, en arrière de la courbure 
que fait le tube digestif. 

Jusqu'ici tous les Mollusques que nous avons vus évoluer ont 
conservé la symétrie bilatérale primitive du Mollusque primordial, 
mais au moment où le Prorhipidoglosse rampant va passer au type 
Gastropode, un grand bouleversement se produit dans sa structure : 
il va acquérir cette asymétrie caractéristique qui a fait donner à la 
classe des Gastropodes le nom d'Anisopleures par Ray Lankester. 

Déjà le Gonchifère, et par conséquent son descendant direct le 
Prorhipidoglosse, a subi une torsion ventrale qui a rapproché l'anus 
de la bouche, le dos s'étant bombé de manière à donner au tube 
digestif l'aspect d'un U, la coquille ayant pris la forme d'un dé à 
coudre, afin de recevoir l'animal au repos. Mais la coquille, pendant 
la croissance a, par la traction du muscle columellaire, commencé 
à s'enrouler sur le dos comme pour le Nautile. Chez ce dernier, le 
pied s'est avancé vers la bouche pour l'entourer, et aucun obstacle 
n'existe donc pour le rapprochement de l'anus et pour la continuation 
de l'enroulement de la coquille dans le même sens; chez le Gastro- 
pode au contraire, le pied, pour faciliter la reptation, s'allonge 
plutôt en arrière : il en résulte que sa croissance tend à écarter de 
nouveau l'anus de la bouche et par conséquent à venir contrecarrer 
l'évolution première. Celle-ci persiste cependant parcequ'il se produit 
une torsion latérale qui, tout en amenant l'anus en avant, le déplace 
vers la droite, et le sac viscéral, avec la coquille qui le recouvre et 
qui, par contrecoup, suit toutes ses transformations, s'enroule mainte- 
nant dans un sens opposé, c'est-à-dire ventralement ; mais l'enroule- 
ment ne pouvant se maintenir dans un même plan, la spire fait peu à 
peu saillie du côté originairement gauche qui est devenu topographi- 
quement droit. 

Seulement, il n'y a pas que l'anus qui passe ainsi à droite dans les 
formes dites dextres ou à gauche dans les formes dites sénestres ; tous 
les organes, 'cténidies, cœur, reins et ganglions viscéraux qui se 
trouvent dans son voisinage, tout ce que l'on appelle le complexe 
palléal, conservent leurs rapports primitifs et voyagent avec lui; 
il en résulte un Mollusque qui a maintenant le complexe palléal en 



XLII SOCIÉTÉ ROYALE MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

avant du corps, la cténidie, l'oreillette, le rein situés morphologique- 
ment à droite sont devenus topographiquement gauches et vice versa. 
Ce n'est pas tout, car cette révolution a amené forcément une torsion 
de la commissure viscérale qui est restée autour du tube digestif : 
sa moitié droite a passé au-dessus de l'intestin et son ganglion 
est venu se placer à gauche, tandis que sa moitié gauche a passé 
au-dessous du tube digestif et son ganglion est venu se placer à 
droite; c'est cette disposition, amenant un croisement des nerfs 
réunissant les ganglions pleuraux aux ganglions viscéraux, qui a 
reçu le nom de chiastoneurie. 

Cet organisme, si étrangement bâti, a eu, on peut le dire, un 
succès énorme dans la lutte pour la vie, car il a, depuis bien des 
temps, envahi le globe entier, s'étant adapté à tous les genres de vie, 
étant devenu aussi bien pélagique que terrestre. 

Nous le voyons, avec les caractères que nous venons de décrire, 
sous forme d'Aspidobranches, Docoglosses ou Rhipidoglosses, qui 
le plus souvent ont conservé des caractères primitifs, tout en 
étant parfois fortement teintés de cœnogenèse ; mais chez les Pectini- 
branches, une spécialisation prononcée de l'animal s'est produite : 
tous les organes morphologiquement gauches du complexe palléal 
et devenus topographiquement droits ont disparu, cela probablement 
à cause du développement de l'organe génital qui offre un orifice 
propre situé à droite. Le rein unique est donc à gauche, de même 
que l'unique oreillette et l'unique cténidie : celle-ci est placée natu- 
rellement en avant du cœur, mais elle n'est plus libre, elle s'est 
soudée au manteau sur toute sa longueur, et elle n'est plus par con- 
séquent bipectinée. 

Presque tous les Streptoneures sont marins et presque tous aussi 
ont conservé les sexes séparés du Mollusque primordial; il y en a 
cependant quelques-uns qui sont hermaphrodites, et l'on trouve 
même chez certaines espèces normalement des individus hermaphro- 
dites à côté d'individus sexués. L'hermaphodisme existe au contraire 
toujours chez les Euthyneures. 

L'Euthyneureest un Rhipidoglosse hermaphrodite qui a perdu la 
cténidie, l'oreillette et le rein situés à droite, mais sa branchie qui 
est restée bipectinée, est plissée. Tels sont les caractères à'Actœon, 
le plus inférieur des Opisthobranches et en même temps une forme 
de transition vers les Auriculides, type très rapproché de la souche 
des Pulmonés. Aclœon, comme Chilina parmi les Pulmonés, a con- 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 190 3. XLIII 

serve la chiastoneurie ; chez les autres Euthyneures ce caractère s'est 
perdu, une détorsion s'étant produite en même temps qu'un élargis- 
sement de la cavité palléale qui a ramené l'anus et les organes qui 
l'avoisinent un peu en arrière; c'est à Bouvier et à Pelseneer que 
l'on doit d'avoir démontré que les Euthyneures descendent des Strep- 
toneures et que par conséquent il n'y a pas de Gastropodes ortho- 
neures, comme on se l'imaginait jadis. 

Chez les Opisthobranches, qui tous sont restés marins, la cténidie, 
par suite de la détorsion, est allée se placer en arrière du cœur; 
elle n'existe plus chez les Nudibranches, ces ravissantes limaces 
marines à couleurs chatoyantes dont le manteau et la coquille ont 
disparu, qui ont acquis des branchies nouvelles et qui ont récupéré 
parfois une symétrie bilatérale secondaire apparente. 

Chez les Pulmonés, la cténidie a également disparu et l'organisme 
a le plafond de la cavité palléale transformé en poumon. 11 semble, 
par l'exemple des Sangsues et des Oligochètes, que l'hermaphrodisme 
soit particulièrement favorable à l'habitat terrestre, qui est celui des 
formes primitives des Pulmonés. Beaucoup de ces derniers ont envahi 
les eaux douces et ont parfois acquis, comme les Planorbes et les 
Ancyles, une branchie nouvelle; par un phénomène d'adaptation 
extrêmement remarquable, aussi, il y a des Pulmonés, tant Basom- 
matophores que Stylommatophores qui sont redevenus marins, comme 
les Cétacés sont des Mammifères terrestres retournés à la vie des 
Poissons; par une modification anatomique tout aussi curieuse, il y a 
une Limace terrestre, Janella Schauinslandi , dont la cavité palléale 
émet des diverticules ramifiés qui rappellent jusqu'à un certain point 
les trachées des Insectes. 

Arrivés, avec ce Trachéopulmoné, à celui de tous les Mollusques 
qui est allé le plus loin dans l'évolution morphologique, nous pou- 
vons contempler celle-ci dans son ensemble; nous voyons se dérouler 
sans hiatus la succession harmonieuse des ordres, et nous avons la 
satisfaction de constater que les classes, jadis considérées comme 
isolées, et que d'aucuns avaient même prétendu être sans liens les 
unes avec les autres, sont aujourd'hui parfaitement réunies : l'Amphi- 
neure, le Céphalopode, le Lamellibranche, le Scaphopode et le 
Gastropode ne sont que les physionomies diverses d'un seul et même 
organisme dont nous avons pu suivre les transformations, et dont 
nous allons rechercher maintenant l'origine. 

Il n'est pas nécessaire d'insister davantage sur le fait que cette 



XL1V SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUË DE BELGIQUE. 

origine ne peut être que monophylétique, et par conséquent je ne 
ferai que citer pour mémoire l'opinion de von Ihering qui fait dériver 
les Mollusques, les uns des Turbellariés, les autres des Annélides. Il 
n'y a qu'un seul Mollusque, mais il y a des naturalistes qui le font 
descendre des Turbellariés, c'est l'opinion la plus répandue en Alle- 
magne, tandis qu'en France et en Angleterre on tend plutôt à le 
considérer comme une forme d'Annélide. 

C'est cette dernière opinion qui doit prévaloir : elle a été exposée 
par Pelseneer qui a fourni de tels arguments en sa faveur que je 
m'étonne de voir Hescheler admettre encore la descendance d'avec les 
Plathelminthes. 

Pour moi, il y a une question qui domine tout le débat et qui doit 
entraîner la conviction, c'est celle de l'origine du cœlome. 

On se plaît en général à considérer la cavité secondaire du corps 
comme ayant pris peu à peu naissance chez les animaux bilatéraux, 
les Turbellariés en étant dépourvus et étant par conséquent des formes 
inférieures, les Mollusques ayant un cœlome encore peu développé 
et représenté par la péricarde, les Annélides au contraire ayant un 
cœlome complet. 11 y aurait donc eu gradation ascendante des pre- 
miers aux derniers et par conséquent évolution progressive du 
cœlome. 

Ou bien, comme l'ont supposé les frères Hertwig, il y aurait des 
animaux bilatéraux qui se rattacheraient aux Anthozoaires et qui 
auraient un cœlome produit par entérocœlie, comme les Annélides 
et les Vertébrés, ce sont les Ëntérocœliens, et il y aurait des animaux 
bilatéraux qui se rattacheraient aux Gténophores, qui n'auraient pas 
de cœlome en principe, comme les Turbellariés, et qui auraient pu, 
comme les Mollusques, en acquérir un dans la suite, par creusement 
de leur masse mésodermique, ce sont les Pseudocœliens. 

L'une et l'autre de ces opinions sont également inexactes. 

Edouard Van Beneden a démontré par l'étude des Tuniciers, que 
les Pseudocœliens peuvent dériver des Ëntérocœliens; il a également 
donné une base positive, par les admirables recherches qu'il a faites 
sur les Gérianthides, à l'hypothès3 de Sedgwick, dont on peut trouver 
des traces dans Balfour et même dans Leuckart, que les animaux 
cœlomates descendent d'Anthozoaires chez lesquels les loges mésen- 
tériques se sont séparées de la cavité digestive pour constituer le 
cœlome. Le cœlome, formé d'abord de loges diposées par paires, a 
fini par ne plus constituer, par fusionnement, qu'une seule cavité; 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XLV 

celle-ci a pu être réduite dans la suite et même disparaître; les 
animaux qui, comme les Turbellariés, ne montrent pas de cœlome, 
sont des formes supérieures qui ont perdu le cœlome, et non des 
formes inférieures qui n'en ont jamais eu. ïl y a eu évolution régres- 
sive du cœlome et, par conséquent, comme les Mollusques en pos- 
sèdent un, quoique réduit, ils ne peuvent descendre que de formes 
chez lesquelles le cœlome était complet. 

Les Annélides se présentent dans ces conditions et seules elles 
peuvent avoir donné naissance au type Mollusque : Pelseneer a même 
pu démontrer que la forme d'Annélides la plus rapprochée des 
Mollusques se trouve chez les Eunice, qui seules d'entre toutes les 
Annélides, seules de tous les animaux, offrent les homologues des 
troncs labiaux des Mollusques. 

Le Mollusque primordial, dont j'esquissais la structure tout à 
l'heure, qu'est-ce, sinon une Annélide chez laquelle se sont déve-. 
loppés le pied, le manteau et les plaques coquillères dorsales, chez 
laquelle les troncs nerveux ventraux se sont partagés longitudinale- 
ment en troncs pédieux et en troncs palléaux, chez laquelle il y a 
eu, comme pour le Péripafe et pour les Arthropodes, réduction du 
cœlome, celui-ci ayant même disparu dans toute la région antérieure 
avec les néphridies, les oreillettes et les branchies, par suite d'un 
développement prépondérantdes pairesde caecums hépatiques; dans la 
région postérieure, au contraire, la segmentation n'est plus indiquée 
par les csecums hépatiques qui ont laissé la place au cœlome réduit 
au sac génital et au péricarde, mais bien par les néphridies, par les 
oreillettes, par les branchies, le segment génital n'ayant même con- 
servé que la paire de néphridies qui sert de conduits vecteurs aux 
produits sexuels et ayant perdu les oreillettes et les cténidies con- 
servées dans les segments cardiaques suivants. 

Les Mollusques sont donc une forme spécialisée d'Annélides dont 
ils possèdent même la larve trochosphère caractéristique : il en résulte 
qu'ils ne constituent plus un embranchement primaire du règne ani- 
mal, mais bien, comme l'a proposé avec infiniment de raison Giard, 
une division de l'ensemble constitué par les Annélides, les Rotifères 
et quelques autres Vers, ensemble qui peut porter le nom de Tro- 
chophores, par opposition aux Plathelminthes et aux Arthropodes 
dans l'embranchement des animaux articulés ou Helminthozoaires. 

Ainsi, nous avons vu la science trouver les relations entre les 
ordres, établir les rapports entre les classes, finalement rattacher 



XLY1 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

les Mollusques à une catégorie supérieure du système : notre hori- 
zon s'est élargi. 

Lors de la création de la Société Malacologique de Belgique, les 
fondateurs ont eu la sagesse d'entendre la Malacologie dans une 
acception très large, embrassant tous les animaux inférieurs; ils ne 
pouvaient prévoir que les Mollusques seraient un jour considérés 
comme se rattachant directement à ces animaux inférieurs à titre de 
rameau particulièrement florissant, mais ils ne prévoyaient pas non 
plus que des animaux, comme les Tuniciers, qu'ils considéraient 
comme des Mollusques, étaient destinés à aller rejoindre un jour 
dans la classification les Vertébrés. 

Je suis persuadé qu'aujourd'hui nos membres fondateurs n'hésite- 
raient pas à mettre le cadre des études de la Société en rapport avec 
les progrès de la science, et ils seraient certainement avec nous pour 
vous proposer d'ajouter le terme de Zoologique au titre de la Société 
Royale Malacologique de Belgique. (Applaudissements .) 

Messieurs, 

Conformément à l'article 10 des Statuts, j'ai à vous entretenir de la 
situation actuelle de la Société. 

Le nombre de nos membres est resté stationnaire depuis l'année 
dernière; il est de 98 et se décompose comme suit : 

10 membres honoraires; 

3 — protecteurs; 
63 — effectifs; 

3 — — à vie; 

19 — correspondants. 

Nous avons perdu un collègue éminent en la personne du général 
Hennequin. D'autre part, un conchyliologiste, M. Geret, s'est associé 
à nos travaux. 

Cette absence de progression a décidé le Conseil à se rallier à une 
proposition introduite à diverses reprises déjà par un certain nombre 
de nos collègues et à chercher à donner une vitalité nouvelle à notre 
association en élargissant le cadre que nos Statuts assignent à ses 
travaux. 

Cette modification aux Statuts sera discutée tantôt. 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. XLVII 

Nos publications ont suivi leur cours : ont paru les Mémoires du 
tome XXXVI (1901), feuilles 1 à 8, accompagnés de sept planches, 
ainsi que les feuilles 3 à 8 des Bulletins des séances, complétant le 
tome XXXVI des Annales. Ont également été distribuées les feuilles 1 
à 3 des Bulletins des séances de 1902. 

Notre bibliothèque, mise en ordre par M. de Gort, s'accroît sans 
cesse. Plusieurs donateurs y ont contribué et de nouveaux échanges 
de publications ont été consentis. 

Le Département de l'Intérieur et le Gouvernement provincial du 
Brabant ont continué à la Société l'assistance pécuniaire habituelle. 
Nous remercions ici M. le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction 
publique et M. le Gouverneur du Brabant pour les subsides qu'ils 
nous ont accordés. Nous remercions de même le Conseil d'adminis- 
tration de l'Université pour la jouissance de la salle où se trouve 
installée notre bibliothèque et pour celle du local où nous sommes 
autorisés à tenir nos séances. 

Je termine, Messieurs, en remerciant encore en votre nom 
M. H. de Gort et M. Fologne pour le dévouement qu'ils ont témoigné 
à la Société dans l'exercice de leurs fonctions respectives de Secré- 
taire général et de Trésorier. [Applaudissements.) 

Rapport du Trésorier. 

M. Fologne rend compte de la situation financière favorable de la 
Société, puis il soumet à l'Assemblée le projet de budget élaboré 
pour 1903 et que la Commission des comptes et le Conseil ont préa- 
lablement approuvés. L'Assemblée ratifie cette approbation. 

La cotisation annuelle des membres effectifs est maintenue à 
15 francs pour l'année 1903. 

Modifications aux Statuts. 

L'ordre du jour de l'Assemblée porte : 

Proposition de modification de l'article i er et modifications corol^ 
laires éventuelles de l'article 2. 

Fusion des Statuts et des Dispositions adoptées postérieurement, si 
elle est jugée utile. 



XLYIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Et la circulaire explicative envoyée à tous les membres, le 2 février, 
donnait le texte des articles 1 et 2 : 

Article premier. — La Société prend pour titre SOCIÉTÉ MALA- 
COLOGIQUE DE BELGIQUE (par autorisation du Roi, en date du 
28 décembre 1880, ce titre est devenu SOCIÉTÉ ROYALE MALA- 
COLOGIQUE DE BELGIQUE). 

Art. 2. — Le but de la Société est de propager le goût des études 
malacologiques, d'en faire apprécier V utilité et de concourir aux pro- 
grès de la science, en formant des collections et une bibliothèque, en 
publiant des Annales et en prenant telle autre mesure qui peut être 
jugée utile. Elle entend la malacologie dans son acception la plus 
étendue, embrassant tous les animaux inférieurs, Mollusques et Ra- 
diaires, etc., soit vivants, soit fossiles. 

Le Conseil, afin de réserver le titre sous lequel la Société a pros- 
péré depuis quarante ans, proposait de donner à l'article 1 er la rédac- 
tion ci-après : Société royale Malacologique et Zoologique de Bel- 
gique, et de modifier l'article 2 de manière à comprendre dans les 
études de la Société les groupes d'animaux exclus par la rédaction 
primitive. 

Aucune opposition au principe de la modification du titre de la 
Société n'ayant été présentée et les membres fondateurs survivants s'y 
étant ralliés, l'Assemblée discute la rédaction qui lui est soumise et 
après examen des diverses propositions, elle adopte à l'unanimité la 
rédaction suivante : 

SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

sous la réserve de l'autorisation du maintien de l'appellation royale 
qui sera sollicitée. 

L'article 2 est modifié comme suit : 

Son but est de propager le goût des études zoologiques et tout spé- 
cialement des études malacologiques, d'en faire apprécier l'utilité et 
de concourir aux progrès de la science, en formant des collections et 
une bibliothèque, en publiant des Annales et en prenant telle autre 
mesure qui peut être jugée utile. 

Le second alinéa de l'article 2 primitif est supprimé. 



BULLETINS DES SÉANCES.. — ANNÉE 1903. XLIX 

L'article 5 s'opposant par sa rédaction à toute amélioration éven- 
tuelle des quatre premiers articles des Statuts, et les modifications 
qui viennent d'être adoptées l'ayant du reste été contrairement aux 
stipulations dudit article 5, l'Assemblée décide, à l'unanimité, qu'il y 
a lieu de le reviser. 

Rédaction primitive de l'article 5 : 

Aucune modification ne peut être apportée au présent chapitre des 
Statuts. 

Les chapitres suivants peuvent être modifiés par une assemblée 
générale y spécialement convoquée à cet effet par le Conseil, et du con- 
sentement des trois quarts des membres effectifs de la Société. 

Rédaction nouvelle : 

Aucune modification ne peut être apportée aux Statuts, sauf par 
une assemblée générale, spécialement convoquée à cet effet par le 
Conseil, et du consentement des trois quarts des membres effectifs de 
la Société. 

Cette rédaction est adoptée à l'unanimité. 

L'Assemblée décide ensuite de remanier l'ensemble des Statuts 
pour y intercaler les diverses modifications et additions adoptées 
postérieurement au 6 avril 4863. Elle délègue à l'Assemblée men- 
suelle prochaine le soin d'approuver les nouveaux Statuts qui seront 
élaborés conformément à cette décision. 

Il est procédé à la nomination du Président pour les années 
1903-1904. 

Le choix unanime de l'Assemblée se porte sur M. Ph. Dautzenberg. 

Le scrutin pour la désignation de trois membres du Conseil pour 
les années 1903-1904, en remplacement de MM. le baron van Ert- 
born et É. Vincent, sortants, et de feu le général Hennequin, donne 
les résultats suivants : 

MM. Lameere 11 voix. 

Van den Broeck 2 — 

le baron van Ertborn .... 11 — 

Vincent 11 — 

T. XXXVIII, 1903 4 

Mars 1<J03. 



L SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

MM. Lameere, van Ërlborn et Vincent sont donc proclamés mem- 
bres du Conseil pour la période biennale 1903-1904. 

Les mandats des trois membres sortants de la Commission des 
comptes, MM. Carletti, Delheid et Kruseman, sont confirmés pour 
l'année 1903. 

Les séances mensuelles continueront à se tenir le premier samedi 
de chaque mois, sauf en août et septembre, à 4 1 / 2 heures précises de 
relevée. 

L'Assemblée générale annuelle se tiendra en janvier 1904. 

A l'ordre du jour de l'Assemblée figuraient encore les deux objets 
suivants : 

Désignation du lieu et de la date de l'excursion annuelle. Nomi- 
nation de membres honoraires. 

Pour le premier point, M. Van den Broeck annonce que la Société 
belge de Géologie se propose de visiter cette année les gites fossilifères 
de l'île de Wight et il invite la Société à se joindre à cette excursion 
qui ne manquera pas d'offrir de nombreux attraits, tant pour les zoo- 
logistes que pour les géologues. 

L'Assemblée autorise une assemblée mensuelle à venir à décider s'il 
y a lieu d'accepter cette proposition, pour laquelle des remerciements 
sont votés à M. Van den Broeck. 

Dans le cas où cette assemblée mensuelle déciderait de ne pas se 
joindre à l'excursion en Angleterre, elle aurait à désigner un autre 
but d'excursion. 

Pour le second point, le Conseil avait fait choix de plusieurs mala- 
cologues étrangers et proposait de leur décerner le titre de membres 
honoraires ; mais afin de ne pas limiter les membres de cette caté- 
gorie aux conchyliologues seulement, il est décidé de surseoir à ces 
nominations. 

L'ordre du jour de l'Assemblée étant épuisé, M. Dautzenberg re- 
mercie ses collègues qui l'ont appelé à la présidence, puis il exprime à 
M. Lameere les remerciements de la Société pour les services qu'il lui 
a rendus au cours de ces deux dernières années. (Applaudissements .) 

La séance est levée à 5 l l 2 heures. 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. Lî 

Séance du 7 mars. 

Présidence de M. van Ertborn, vice-président. 

La séance est ouverte à 4 l / 2 heures. 

Le Secrétaire général donne lecture des Statuts remaniés selon 
les décisions prises par l'Assemblée générale du 8 février et que 
l'Assemblée mensuelle de ce jour a charge d'approuver, en vertu de 
la délégation que lui a donnée l'Assemblée générale précitée. 

Le texte des statuts de la nouvelle Société ayant été approuvé il 
est décidé que l'impression s'en fera sans retard de façon à en 
permettre la distribution aux membres avant la séance mensuelle 
prochaine. 

Correspondance. 

M. Dautzenberg éprouvé par la perte d'un de ses enfants n'assiste 
pas à la séance. 

M. Carletti annonce le décès de son frère M. Louis Gonstantine 
Garletti. 

La Société prend part aux deuils qui viennent d'affliger son 
Président et M. Carletti. 

M. D. P. Oehlert a fait parvenir à la Société quelques types de 
fiches et le bulletin de souscription à la Palœontologia universalisa 
la publication consacrée à la réédition des types des espèces fossiles, 
adoptée en principe par le Congrès géologique international de Paris 
en 1900 et élaborée selon le programme fixé par la Commission 
internationale et les vœux émis par les diverses associations savantes 
auxquelles la question fut soumise il y a quelques mois. 

Le prix de l'abonnement annuel est de 40 francs. De 150 à 
160 tiches seront fournies chaque année, comportant environ quatre- 
vingts espèces. 

M. Van den Broeck, membre de la Commission internationale, se 
félicite d'avoir fait adopter certaines des améliorations qu'il avait 
préconisées, mais regrette que l'on n'ait pas permis l'abonnement à 
des séries déterminées de fiches, l'obligation de souscrire à la totalité 
de l'ouvrage devant, lui semble-t-il, nuire à l'œuvre elle-même en 



LU SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE* 

empêchant ceux qui s'occupent d'un groupe limité d'animaux de se 
procurer les fiches qui les intéressent à l'exclusion des autres. 

A la suite d'une discussion à laquelle prennent part MM. Kemna, 
Mourlon et Van den Broeck, ce dernier se charge de transmettre à 
M. Oehlert l'observation qui vient d'être présentée, 

Bibliothèque. 

DO.NS DES AUTEURS : 

René d'Andrimont : Notes sur l'hydrologie du littoral belge. — 
Contribution à l'étude de l'hydrologie du littoral belge (Ex : Ann. Soc. 
Géol. de Belg.; Liège, 4903). 

G. F. Doilfus et Ph. Dautzenberg : Conchyliologie du Miocène 
moyen du Bassin de la Loire. l re partie : Description des gisements 
fossilifères, — Pélécypodes, pi. I à V (Ex : Mém. Soc. Géol. de 
France; Paris, 1902, in-4°). 

Ph. Dautzenberg : Révision des Cyprœidés de la Nouvelle-Calé- 
donie (Ex : Journal de Conchyl.; Paris, 1902). — Description de 
Mollusques nouveaux provenant de Vile Obi (Moluques) (Ex : Le 
Naturaliste; Paris, 1902). — Observations sur quelques Mollusques 
rapportés par M. Ch. Alluaud du Sud de Madagascar (Ex : Bull. 
Soc. Zool. de France; Paris, 1902). 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Dépôt : 

Lucina Volderi, Nyst, par É. Vincent, tiré à part des Bulletins 
des séances, 1902. 

Communications du Conseil. 

Composition du bureau pour l'année 1903 : 

MM. Dautzenberg, président; 

le baron van Ertborn, vice-président ; 

FoJogne, trésorier; 

Daimeries, membre; 

Lameere, — 

Vincent, — 

de Gort, secrétaire général. 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LUI 

M. Vincent continuera à remplir les fonctions de conservateur des 
collections, M. de Cort celles de bibliothécaire, et M. Garletti celles 
de bibliothécaire adjoint. 

Réception de membres effectifs : 

Ont été reçus en séance du Conseil de ce jour : 

MM. Desneux, Jules, à Bruxelles ; 
Masay, Fernand, à Glabecq; 
Schouteden, Henri, à Bruxelles; 
Severin, Guillaume, à Bruxelles; 

présentés par MM. Lameere et Rousseau. 

M. le D r Quinet, à Bruxelles; 
présenté par MM. De Pauw et Lameere. 

Communications. 

VESTIGES DE SÉPULTURES FRANQUES? A L'AVENUE DEFRÊ, A UCCLE, 

Par Éd. DELHEID. 

Les sablières exploitées dans la commune d'Uccle-lez-Bruxelles 
deviennent des plus intéressantes par les découvertes successives 
faites, depuis quelques années, dans les divers dépôts géologiques 
mis à jour pour l'extraction des grès et des sables qui les constituent. 
Ces trouvailles furent l'objet de communications à la Société, où elles 
ont reçu un bienveillant accueil. 

Aujourd'hui il s'agit de vestiges d'un cimetière franc. Cette trou- 
vaille, consistant en ossements humains et en débris de Mammifères, 
parfois entaillés, paraît offrir un certain intérêt et il serait regret- 
table de la laisser dans l'oubli. 

Avant d'aborder le sujet, il ne serait pas superflu de rappeler 
brièvement les découvertes antérieures auxquelles il vient d'être fait 
allusion, car leur fréquence est un indice de la richesse du sous-sol 
de cette commune privilégiée en témoins du passé, soit qu'ils reposent 
dans les sables éocènes, soit qu'ils gisent dans nos dépôts quaternaires 
et, conséquemment, engage le chercheur à y porter ses investigations. 

On se souvient encore du beau Squale extrait des sables bruxel- 
liens exploités avenue Brugmann, et dont la découverte a été signalée 



L1V SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

dans la séance du 6 mai 1899. Ce Requin, dont la taille pouvait 
atteindre environ 8 mètres de longueur, a été étudié, depuis lors, par 
le regretté Raymond Storms qui le rapportait à l'espèce décrite par 
de Blainville sous le nom de Carcharodm auriculatus. Toutefois, 
M. le professeur Jaekel de l'Université de Berlin, qui récemment a 
repris cette étude parallèlement à celle des Squales appartenant à 
notre Musée d'Histoire naturelle, n'admet pas cette détermination. 

Ce savant publiera sous peu son travail dans le Bulletin de cet 
établissement scientifique, et nous pourrons alors connaître les 
raisons pour lesquelles réminent professeur de Berlin assimile ce 
Squale au Car char odon megalotis d'Agassiz. 

Les dépôts bruxelliens de la sablière de l'avenue Brugmann ren- 
ferment également de beaux restes de Myliobates et d'assez nom- 
breuses valves à'Ostrea gigantica, si rares ailleurs. (J'en ai recueilli 
depuis quelque temps six valves.) Alors que ces Huîtres sont cepen- 
dant peu abondantes dans le Bruxellien, elles sont excessivement 
communes dans le gravier de base du Laekenien et particulièrement 
à Saint-Gilles où Ton en a rencontré de grandes quantités. 

C'est aussi dans cette même sablière que furent extraits des sables 
bruxelliens les ossements de Marmotte dont il a été fait mention à la 
Société dans la séance du 3 novembre 4900. Ce Rongeur quaternaire 
se trouvait probablement là dans son terrier, car j'ai appris depuis 
que des débris d'autres individus gisaient également au même endroit. 

Plus récemment enfin, dans le flanc d'une colline du hameau du 
Chat, sous-Uccle, des fouilles pratiquées dans des centaines de ter- 
riers de blaireaux et de renards révélaient l'existence d'une station 
préhistorique qui s'était établie sur le plateau de cette colline, vers 
l'âge du Fer. 

Ceci exposé, arrivons à la trouvaille faite il y a quelques mois 
dans une sablière de l'avenue Defré, où, comme il est dit plus haut, 
des vestiges de sépultures franques viennent d'être exhumés. 

Ouverte dans le versant d'une des nombreuses petites collines qui 
accidentent le sol de la commune d'Uccle, cette sablière est limitée 
vers l'ouest par un sentier appelé « Zee Crabbe Weg » (chemin du 
Crabe de mer); ce nom bizarre est aussi celui du château contigu. Elle 
est exploitée par M. H. Van der Eecken qui a bien voulu m'autoriser 
à y effectuer quelques fouilles; malheureusement, l'extraction des 
sables étant terminée de ce côté de la carrière, les recherches se sont 
bornées à la partie de terrain nécessaire à la formation des talus. Cet 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LV 

emplacement établi, voyons tout d'abord quelles sont les circonstances 
dans lesquelles les trouvailles se sont faites et en quoi elles con- 
sistent. 

En octobre dernier, lors d'une visite paléontologique à l'endroit 
susdit, je trouvais au contact des sables bruxelliens un os iliaque 
humain accompagné d'un métacarpien de Chèvre. Le patron de la 
sablière, questionné à ce sujet, me disait qu'à une distance d'une 
vingtaine de mètres il avait rencontré une certaine quantité d'osse- 
ments qu'il s'était empressé d'enfouir et que je reconnus, d'après ses 
indications, comme étant également humains. Ces ossements, ainsi 
que beaucoup d'autres dont il sera donné plus loin rénumération, 
reposaient comme l'os iliaque entre les dépôts bruxelliens à tubula- 
tions d'Annélides et des sables plus ou moins argileux ayant beaucoup 
d'analogie avec l'ergeron. Ils étaient disséminés dans une sorte de 
poche de 5 mètres sur 12 d'étendue et à une profondeur d'environ 
3 mètres (*). 

A première vue, je croyais avoir affaire à des restes de l'âge du 
Renne, la base de l'ergeron étant un niveau anthropologique: il y 
avait lieu de le supposer d'autant plus que quelques grattoirs en silex 
de Spiennes, un fragment de silex d'Obourg et un débris de poterie 
accompagnaient ces ossements humains ; mais il faudra en rabattre de 
leur antiquité, les silex étant néolithiques et le fragment de poterie 
beaucoup plus récent puisqu'il dénote une poterie faite au tour. 

Les ossements en question étaient mêlés à des restes de Mammi- 
fères, parfois brisés ou entaillés intentionnellement; ils apparte- 
naient à plusieurs squelettes d'adultes et d'enfants, mais ces débris 
ne se présentaient jamais alignés ou dans leurs connexions anato- 
miques comme ils devraient se retrouver dans une sépulture. Bien 
au contraire, on les rencontraient souvent brisés, soit au-dessus, 
soit au-dessous de grands grès calcarifères bruxelliens et de cailloux 
roulés; et, quoique les sections des os brisés fussent bien nettes, les 
parties correspondantes manquaient invariablement, ce qui est fort 
étrange et ferait supposer que ces prétendues sépultures auraient été 
violées. 

Le limon sableux, d'une épaisseur d'environ 50 centimètres, sous 
lequel reposaient les ossements, était surmonté d'une argile (terre à 






(') Les ossements ne se rencontraient cependant que sur un espace de 5 mètres de 
côté. 



LVI 



SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



briques) au milieu de laquelle on observait de grandes quantités de 
coquilles de Mollusques terrestres : Hélix pomatia, H. nemoralis, etc., 
dont on verra d'autre part la signification présumée. 

Très intrigué par la découverte de cet ossuaire et ne pouvant me 
rendre un compte exact du mode d'introduction de ces débris à ce 
niveau, je priai notre confrère M. De Pauw, dont l'obligeance égale 
le savoir, de jeter un coup d'œil sur tous ces restes, afin de connaître 
son opinion sur leur origine. Il résulte de cet examen que notre 
confrère, si versé dans les questions relatives à la préhistoire et dont 
la compétence en anthropologie fait également autorité, croit qu'il 
s'agit ici de sépultures franques, bien qu'à la vérité il n'y ait qu'un 
seul ossement (un fémur) qui soit du type rencontré dans ces sépul- 
tures. Cependant, M. De Pauw n'hésite pas à reconnaître que cet 
amas d'ossements pourrait aussi bien provenir de l'âge du Fer, voire 
même de l'âge du Bronze. 

Quoi qu'il en soit, voici quels sont les ossements recueillis jusqu'à 
présent dans la colline de l'avenue Defré : 





Nombreux débris dont 


Fémurs . . . . 


Trois D., sept G. 




trois pariétaux. 


Tibias 


Douze D., huit G. ' 


Maxillaire. . . 


Un inférieur G. 


Péronés . . . . 


Douze diaphyses dont 


Vertèbres . . . 


Un fragment de sa- 




une fracturée et sur 




crum. 




laquelle on remarque 


Os iliaques . . 


Trois D., quatre G. 




le cal osseux ; en 


Clavicules . . . 


Deux G. 




outre, une malléole 




Fragments divers. 




de péroné. 


Humérus . . . 


Sept D., six G. 


Métatarsiens. 


Deux.. 


Radius . . . . 


Un D., quatre G. 


Astragale . . . 


Un D. 


Cubitus . . . . 


Trois D., trois G. 


Scaphoïde . . . 


Un D. 


Métacarpiens . 


Trois. 







OSSEMENTS DE MAMMIFERES RENCONTRES PARMI LES RESTES HUMAINS. 



Bœuf : 



Un radius; 

Un fragment de radius avec entailles 

faites au fer; 
Un fémur ; 



Un fragment d'os iliaque ; 

Deux fragments de métatarsiens dont 

l'un avec entaille ; 
Un calcanéum avec entailles au fer. 



Chèvre 



Un radius (fragment); 
Un métacarpien; 



Un scaphoïde. 



Un métacarpien ; 
Un métatarsien ; 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LVII 

Sanglier : 

Une phalange ; 
Un sésamoïde. 



D'autres ossements, de Chien, de Bœuf, de Chèvre et de Lièvre, 
dont quelques-uns entaillés, ont encore été trouvés dans une couche 
de sable traversant la terre à brique, et M. De Pauw a reconnu 
un fragment de sacrum humain au milieu d'ossements de Bœuf 
recueillis, il y a quelque dix ans, au bas de la colline en question et à 
une centaine de mètres de l'ossuaire. Parmi ces débris, on remar- 
quait un os iliaque montrant une section faite au fer. Je ferai observer 
à ce propos que, quel que soit l'endroit de la colline où l'on a constaté 
la présence d'ossements humains et, quelle que soit l'importance des 
terrains sous lesquels ils reposaient, ils se rencontraient invariable- 
ment au contact des sables bruxelliens, ce qui me paraît singulier s'il 
s'agit réellement de sépultures. 

Un dernier mot encore au sujet des nombreuses Hélices trouvées 
au-dessus des ossements : M. De Pauw voit dans ces Mollusques jetés 
çà et là dans les sépultures une espèce d'emblème religieux se rap- 
portant à la chimérique croyance en la résurrection des morts. On 
sait, en effet, que ces Mollusques, après un engourdissement passager, 
semblent renaître à la vie, ce qui aurait développé chez les Francs 
l'idée d'en parsemer leurs tombes. Il paraît, d'ailleurs, que pendant 
l'exploration d'un cimetière franc à Ciply, près de Mons, on a 
remarqué dans les sépultures de grandes quantités de coquilles de 
ces Mollusques. 

Il est possible que ces coutumes aient eu cours chez les Francs, 
mais il est hors de doute que lors de la découverte d'une station pré- 
historique à Saint-Gilles et, plus tard, lors de celle du hameau du 
Chat, d'innombrables de ces prétendus emblèmes se rencontraient 
dans le limon où ne gisaient, cependant, que de modestes Mammifères 
dont les prétentions à l'immortalité ne devaient guère être excessives. 
Il semble donc que, dans le cas présent, il faudrait plutôt voir dans 
cette accumulation de coquilles des restes de repas, ou, ce qui est plus 
vraisemblable encore, étant donnée la petite taille de certains de ces 
Mollusques, qui n'avaient certes pu servir de nourriture, c'est que leur 
présence dans ces dépôts serait due à une cause toute naturelle. 

Il se pourrait que, grâce aux travaux ultérieurs à effectuer pour 
la continuation des talus de la sablière en question, des documents 



LVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

plus probants soient mis au jour et aideront à déterminer avec plus 
de certitude l'origine des ossements trouvés au « Zee Grabbe weg ». 

LA CLASSIFICATION DES LAMELLIBRANCHES D'APRÈS LES BRANCHIES, 

Par Paul PELSENEER. 

Ce groupe très homogène a été longtemps difficile à subdiviser; 
les divers organes employés comme base de classification n'ont pas 
donné de résultats satisfaisants. 

Ray Lankester ( l ) a le premier suggéré que les branchies pourraient 
fournir, par leur structure, des caractères de classification pratiques, 
et j'ai tenté le premier essai de classification phylogénétique dans ce 
sens ( 2 > 3 ' 4 ). L'emploi de ce caractère, qui permit notamment de 
déterminer les affinités de diverses familles (Trigoniidœ, Anomiidœ, 
Dreissensiidœ), se traduisait par une division en cinq groupes de 
valeur égale. 

Des objections y ont été présentées, par Neumayr ( 5 ), Grobben ( 6 ), 
Rice ( 7 ), Plate ( 8 ), etc., et, assez récemment, par Dali ( 9 ), ce dernier 
auteur se basant sur le fait que les genres Euciroa (Anatinacé) et 
Gallocardia (= Vesicomya [CyprinideJ) auraient des branchies du 



(!) Ray Lankester, « Mollusca » [Encyclopœdia Britannica), ninth édition, 
vol. XVI, 1883, p. 691). 

( 2 ) Pelseneer, Report on the Anatomy of the Deep-Sea Mollusca, Challenger 
Reports, part LXXIV, 1888, p. 34 à 40. 

( 3 ) Pelseneer, « Sur la classification phylogénétique des Pélécypodes » {Bulletin 
scientifique de la France et de la Belgique, vol. XX, 1889, p. 42 à 52). 

( 4 ) Pelseneer, « Contribution à l'étude des Lamellibranches » [ArcJi. de Biol., 
vol. XI, 1891, p. 271. à 279).=-. 

( 5 ) Neumayr, « Beitrage zu einer morphologischen Eintheilung der Bivalven » 
{Benhschr. k. Akad. der Wiss. [Math.-Naturw. KL], Bd. LVIII, 1891, p. 3). 

( G ) Grobben, « Beitrâge zur Kenntniss des Baues von Cuspidaria (Neaera), cuspi- 
data Olivi, nebst Betrachtungen ùber das System der Lamellibranchiaten « (Arb. 
Zool. Inst. Wien, Bd. X, 1892, p. 31). 

( 7 ) Rice, « Die systematische Verwertbarkeit der Kiemen bei den Lamelli- 
branchiaten » (Jen'aische Zeitschr. f. Naturw., Bd. XXXI, 1897, pp. 81, 82). 

( 8 ) Plate, « Giebt es septibranchiate Muscheln? » (Sitzungs-Ber. Gesellsch. 
Naturforsch. Fr. Berlin, 1897, p. 24). 

( 9 ) Dall, « Contributions to the Tertiary Fauna of Florida », part III (A new 
Classification of the Pelecypoda) (Trans, Wagner Free Institute of Science of Phila- 
delphia, vol. III, 1895, pp. 504, 505). 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LIX 

type Protobranche : ce qui montrerait que le système de classification 
d'après les branchies serait sans base solide. 

Mais les nouvelles investigations de Ridewood (entreprises à l'inspi- 
ration de Ray Lankester) ( l ) ont montré que c'étaient les objections 
qui n'étaient pas fondées, Euciroa et Callocardia (= Vesicomya) 
ayant des branchies typiques d'Eulamellibranche. 



Grâce au progrès de nos connaissances, la classification basée sur 
les branchies peut être améliorée par la suppression du groupe Pseu- 
dolamellibranches, dont les deux sous-ordres polyphylétiques, Pecti- 
naeea et Ostreacea, peuvent être versés respectivement dans les 
Filibranches et les Eulameilibranches, ces deux anciennes divisions 
correspondant ainsi à celles que propose Ridewood, sous les noms 
respectifs de Eleutherorhabda et Synaptorhabda. 

D'autre part, la coquille (et surtout la charnière), est demeurée le 
seul autre appareil dont les caractères sont employés dans la classi- 
fication des Lamellibranches, surtout par les paléontologistes : Neu- 
mayr ( 2 ), Dali ( 3 ), Bernard ( 4 ), etc., et les subdivisions le plus com- 
munément usitées, correspondent plus ou moins à celles tirées de la 
structure des organes respiratoires : 

Prionodesmacea = Protobranchia -\- Filibranchia -f- (Najades et 
Ostreacea). 

Teleodesmacea =■ Eulamellibranchia — (Anatinacea et Najades^. 
Anomalodesmacea = Anatinacea -\- Septibranchia. 



Pour ce qui est de la valeur de ce dernier groupe Septibranchia, 
l'organe si caractéristique, dont l'aspect a donné le nom à la classe 
entière (« Lamellibranches »), y est profondément transformé, au 
point d'être beaucoup plus différent de toutes les autres sortes de 
branchies que celles ci ne diffèrent entre elles. Et si le groupe Septi- 



( l / Ridewood, « On the structure of the Gills of the Lamellibranohia » (Phil. 
Tram. Roy. Soc. London, B, vol 195, 1903, pp. 224, 270). 

( 2 ) Neumayr, loc. cit. 

( 5 ) Dall, loc. cit. 

if) Bernard, « Recherches ontogéniques et morphologiques sur la coquille des 
Lamellibranches » (Ann. Sci. nat. [Zool.], sér. 8, t. VIII). 



LX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

branchia n'est pas opposé à tous les autres Lamellibranches, il 
constitue au moins un groupe équivalent aux trois autres subdivisions 
des Lamellibranches : Protobranchia, Filïbranchia et Eulamelli- 
branchia. 

Et quant à la validité même du caractère spécial des Septibranchia, 
la série Lyonsiella (Anatinacé), Poromya, Silenia — Cetoconcha et 
Cuspidaria ( l ) montre un accroissement graduel de fibres musculaires 
dans le bord intérieur des filaments branchiaux ou de leurs équiva- 
lents, de sorte que toute objection relativement à l'origine branchiale 
du septum, à cause de sa nature musculaire, n'est pas fondée ( 2 ). 

Enfin, l'origine de l'extension antérieure et postérieure du septum 
et de ses attaches musculaires, vers les deux extrémités, à la 
coquille, se trouve dans les contractions physiologiques de l'organe, 
ayant pour but d'assurer un courant d'eau sur la surface respiratoire 
de la chambre supra-septale. 

LES DÉPÔTS QUATERNAIRES ET LEURS FAUNES. 

CAUSERIE GÉOLOGICO-PALÉONTOLOGIQUE, 

Par le baron VAN ERTBORN. 

Pendant longtemps, comme on l'a fait remarquer bien souvent, 
l'étude des terrains quaternaires fut complètement négligée. D'Oma- 
lius et Dumont n'en disent que quelques mots et rien n'est plus vague 
que leurs trois termes quaternaires : Silex et cailloux, Limon hes- 
bayen, Sable campinien. 

Lors de la publication du Prodrome d'une description géologique 
de la Belgique, en 1868, M. G. Dewalque résuma avec beaucoup de 
précision l'état des connaissances au sujet de ces dépôts. Il rappelle 
que dès 1833, Schmerling avait fouillé les cavernes de la province 
de Liège et découvert un grand nombre d'espèces d'animaux, dont les 
unes sont éteintes, les autres émigrées et dont quelques-unes habitent 
encore le pays. 

En 1864, lé Gouvernement chargea M. Ed. Dupont de l'explo- 
ration des cavernes de la vallée de la Lesse. L'année suivante, 



(*) Série dont, j'ai établi les affinités en 1888 (loc. cit.). 

( 2 ) Mon interprétation de ce septum a été confirmée par les études de Grobren et 
de Ridewood (Joe. cit.). 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LXJ 

M. Dupont tenta d'établir le parallélisme entre les dépôts des cavernes 
et ceux de lexiérieur. Il divisa les premiers en trois étages : 

Etage supérieur à Cervus tarandus, 

— moyen à Ursus spœlœus, 

— inférieur à Elephas primigenius, 

comme suite de la prédominance de chacune de ces espèces. 



M. Éd. Dupont modifia plus tard cette classification, en fondant 
en un seul les deux étages inférieurs. Ceux-ci sont à l'extérieur les 
équivalents du Gampinien actuel Q2. L'étage à Cervus tarandus ne 
peut être que l'équivalent du Flandrien Q4, toutefois le manque 
absolu de fossiles dans cette dernière assise ne permet pas d'établir un 
parallélisme bien rigoureux. 

L'assise inférieure de l'échelle stratigraphique actuelle, à faune de 
YElephas antiquus, n'est pas représentée dans les cavernes; le peu de 
progrès qu'avait fait le creusement des vallées à cette époque et leur 
peu de profondeur au-dessous des plateaux n'aura guère rendu habi- 
tables les cavernes des hauts niveaux, si déjà il y en avait. 

Dumont divisa donc les dépôls quaternaires de la Belgique en Silex 
et cailloux, Limon hesbayen et Sable campinien. 

S'il est un terme vague, c'est celui de « silex et cailloux », car il 
en est de tous les temps et beaucoup d'entre eux sur les hauts plateaux 
sont d'âge préquaternaire, d'autres ont été remaniés, peut-être plu- 
sieurs fois, derniers vestiges d'étages tertiaires disparus; ils se 
retrouvent sur les plateaux, les terrasses et les flancs des vallées, ou 
se sont accumulés au fond de celles-ci à l'époque de leur creusement 
maximum. 

A ce niveau, leur gisement date de la fin du Quaternaire moyen 
campinien, car c'est dans ce niveau à gros éléments qu'on avait déjà 
trouvé des molaires et des ossements de Mammouth, des dents et des 
ossements de Rhinocéros ( l ). 

Les amas de silex de dénudation paraissent aussi avoir été rangés 
dans le Diluvium, quoique ces amas se soient formés fort paisiblement 
par suite de la dissolution de la craie par les eaux météoriques. Dans 
ce cas, ils sont souvent brisés par suite de leur tassement irrégulier. 
Ayant eu l'occasion de faire des fouilles dans le bois de Ghlin, nous 



v 



(!) G. DewalqUe, Prodrome, p. 239. 



LXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

trouvâmes les silex de Saint-Denis empâtés dans une argile rougeâtre 
de résidu, tout le calcaire ayant été éliminé. Ces gros rognons étaient 
d'une fragilité telle qu'au moindre choc, ils tombaient en débris angu- 
leux. 

Les dépôts diluviens, nous dit encore M. G. Dewalque (*), sont fort 
restreints sur le versant méridional de l'Ardenne; on y a trouvé 
cependant des débris û'Elephas primigenius et de Rhinocéros ticho- 
rinus, etc., dans une assise de cailloux roulés. 

Enfin, comme nous l'avons dit précédemment, tous les sables 
étaient désignés comme Campinien et tous les limons comme 
Hesbayen. Cette classification offrait l'avantage de se faire en un 
tour de main. 

La limite entre ces deux dépôts courait de l'ouest à l'est; de 
Dixmude à Maestricht en passant par Ypres, Courtrai, Audenarde, 
Alost, Malines, Louvain et Hasselt. Cette limite est bien vague, 
et l'on peut s'étonner que, plusieurs années après Schmerling, qui 
avait démontré victorieusement bien auparavant la contempora- 
néité de l'homme et des grands animaux éteints, on ait attaché si 
peu d'importance aux couches contemporaines de nos ancêtres et 
si intimement liées à l'existence des premiers hommes dans nos pro- 
vinces. 

On a longtemps discuté sur l'âge relatif du sable campinien et du 
limon hesbayen. Chaque opinion avait ses partisans et ses adver- 
saires et, comme il arrive toujours, faute de connaissance de cause, 
tout le monde avait tort et raison. A première vue, cela paraît 
paradoxal, mais en réalité c'est vrai : en Campine, il y a deux 
grandes formations sableuses, identifiées à tort. 

En effet, si les partisans du sable campinien junior n'avaient en 
vue que le Flandrien, ils étaient dans le vrai; si, d'autre part, les 
Hesbigneux, partisans du limon junior, le comparaient au sable du 
haut plateau du Limbourg, peut-être même au Diestien blanc ( 2 ), in 
situ bien entendu, ils avaient de leur côté parfaitement raison et 
à fortiori quand ils avaient pour arme offensive un sable d'âge 
tertaire. On tournoyait dans un cercle vicieux; il s'agissait donc 
de s'entendre et ce ne fut pas chose facile. 



( r G. Dewalque, Prodrome, p. 240. 

( â ) Région dunnle des sables à Isocardia cor, le blanc, t le belge, en opposition uvec 
le noir de Diest, le congolais. 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LXI1I 

Quand on manque de lumière chez soi, on fait bien de s'éclairer de 
celle du voisin; l'étage sparnacien vient encore de l'apprendre à nos 
dépens. En Gampine, cette lumière se trouvait dans l'ouvrage mémo- 
rable de Staring, De Bodem van Nederland; sa lecture aurait jeté 
beaucoup de lumière dans le chaos. Malheureusement, il est écrit en 
néerlandais, langue peu familière aux géologues, et sa traduction, vu 
son étendue, aurait été un travail de bénédictin, auquel nous ne 
pouvions songer. 

Après lecture de l'ouvrage de Staring, un géologue en excursion 
en Limbourg constatait sur le plateau, situé au nord du Démer, 
que dans cette région se trouvait l'estuaire de la Meuse à l'aurore 
des temps quaternaires ( 1 ). Il reconnaissait que les cailloux des 
ballastières de Genck et les sables du plateau avaient été amenés 
par la Meuse, les derniers partim remaniés du Pliocène sous- 
jacent et qu'il avait devers lui le Diluvium de la Meuse, de Staring 
(1853). 

Notre géologue, à la suite de sa prospection, en arrivait aux 
conclusions suivantes : 

1° Que dans cette région, les dépôts quaternaires étaient d'origine 
fluviale ; 

2° Que depuis la sédimentation de ces dépôts, le sol s'était relevé 
d'au moins 80 mètres et que le fleuve s'étant déplacé vers l'est, s'était 
creusé depuis lors une profonde vallée. 

Il en arrivait donc infailliblement à la conclusion qu'un temps très 
long s'était écoulé depuis la sédimentation de ces dépôts, datant de 
l'aurore de l'ère quaternaire ( 2 ). 

Notre géologue, à qui la série stratigraphique du Tongrien infé- 
rieur devait être bien connue, faisant ensuite une exploration dans les 
briqueteries des rives de l'Escaut et du Rupel, ouvertes depuis plu- 



(*) Et peut-être, même probablement plus tôt. 

( 2 ) Les sables à Corbula striata, que l'on croyait cantonnés dans la banlieue 
d'Anvers, ont gagné du terrain. Notre ami M. E. Van den Broeck leur avait déjà 
concédé un coin dans l'angle nord-ouest du Limbourg ; depuis lors, ils ont envahi le 
plateau campinois de cette province et selon toutes probabilités, ils se sont étendus 
beaucoup plus loin vers le Sud. L'embouchure de la Meuse tertiaire, au moins 
pendant le Pliocène, devait se trouver encore bien plus loin vers le Sud. 



LXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

sieurs siècles, et aurait observé au-dessus de l'argile rupelienne une 
série de dépôts, absolument semblables à ceux du Tongrien inférieur et 
appelée depuis avec beaucoup de justesse le « cycle sédimentaire » l 1 ). 
Il devait en conclure que puisque le Tongrien inférieur est de forma- 
tion marine, une sédimention absolument semblable devait son 
origine aux mêmes causes et qu'à ce point de vue ces dépôts étaient 
absolument différents de ceux du Limbourg, de formation fluviale. 
Toutefois, la différence d'âge n'était pas établie. 

Les Éléphants apparaissant toujours au bon moment et leurs 
squelettes venant mettre un terme aux discussions humaines, la solu- 
tion complète de la question ne devait pas se faire attendre; en effet, 
le 28 février 1860, au creusement de la dérivation de la Nèthe à 
Lierre, on découvrit le squelette entier de Mammouth, qui figure au 
Musée royal d'histoire -naturelle de Bruxelles. Il aurait été facile de 
constater alors, comme nous l'avons fait plus tard, qu'il gisait à 
l'extrême limite du creusement de la vallée de la Nèthe, en dessous du 
petit cycle sédimentaire flandrien. 

On avait donc d'une part, sur le plateau du Limbourg, des dépôts 
datant du commencement du creusement des vallées et, à Lierre, 
d'autres dépôls datant de leur remplissage et dominés au nord 
par les argiles polderiennes de la Meuse, argiles occupant le 
faîte de partage des deux bassins Escaut-Meuse et donc strati- 
graphiquement plus anciennes que le Flandrien, qui les recouvre 
d'ailleurs. 

Le gisement du squelette d'Elephas primigenius de Lierre est donc 
la clef de voûte des assises quaternaires moyenne et supérieure, 
comme celui de YElephas antiquus du fort d'Hoboken est la clef de 
voûte de l'assise inférieure. 

Décidément la banlieue d'Anvers est une région favorisée au point 
de vue paléontologique ; que de fossiles rupeliens, bolderiens, scaldi- 



(') L'origine marine du Flandrien ne nous avait pas échappé, car en collaboration 
de feu Petit, lieutenant de vaisseau et ingénieur hydrographe de la marine, nous 
avions fait une étude comparative du fond de la mer du Nord et du relief de la 
Campine anversoise et nous avions établi que ce relief est dû à une érosion marine 
{Bulletin de la Société de Géographie d'Anvers^ t. IV, 1879), et P. Cogels et 0. van 
Ertbokn [Texte explicatif du levé géologique de la planchette de Lierre, 1880). Nous 
avons déjà mis en regard d'ailleurs la série de ses sédiments comparée à celle du 
Tongrien inférieur. 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LXV 

siens et poederlieos ne renferme- telle pas, que de débris de Cétacés 
et de Poissons et, pour couronner l'édifice, voici les Éléphants, non 
pas à l'état de débris roulés et épars, mais in situ. Enfin, la houille 
et les eaux sulfureuses en grande profondeur (Santhoven, 18 kilo- 
mètres à l'est d'Anvers). Calmphout-les'-Bains ne sera bientôt plus 
une invraisemblable antinomie! 

Un obstacle singulier s'est opposé, semble-t-il, aux progrès de 
nos connaissances au sujet des terrains quaternaires. Les couches 
tertiaires s'explorent de bas en haut et les couches quater- 
naires s'explorent de haut en bas, toutefois un peu obliquement. 
Le Quaternaire supérieur seul se relève légèrement et peut 
atteindre la cote 40. A Hoboken et à Anvers, le Flandrien recouvre 
le Quaternaire inférieur Ql, à Lierre le gisement du Mam- 
mouth Q2 et dans le nord de la Gampine anversoise les argiles (Ql) 
moséennes. 

Tel était d'une manière générale l'état de nos connaissances au 
sujet des terrains quaternaires en Belgique, lorsqu'à la fin de 
l'année 1878, M. P. Gogels et moi, nous commençâmes le levé 
géologique au 20,000 e des planchettes de Gontich et d'Hoboken l 1 ). 

Les étages tertiaires nous étaient bien connus. Us étaient repré- 
sentés par le Rupelien et l'Anversien ( 2 ). Nous fîmes erreur en dési- 
gnant sous le nom de Wemmelien le sable sous-jacent à l'argile de 
Boom et affleurant en sous-sol sur une étendue restreinte; la vogue 
était à cette époque à l'Èocène supérieur, et toutes preuves paîéonto- 
logiques faisaient complètement défaut. La découverte due à l'un de 
nous du Pecten stettinensis et plus tard d'une faune nombreuse, 
racheta au moins partiellement notre faute. 

L'échelle stratigraphique des couches qualernaires constituait la 
grosse difficulté. 



(*) M. M. Mourlon n'a publiera Géologie delà Belgique qu : en 1880. Le rapport 
de M. de la Vallée-Poussin concluant à l'acceptation de nos travaux est daté du 
30 septembre 1879. Les textes explicatifs des levés des feuilles de Bruxelles et de 
Bilsen sont l'un et l'autre de 1883. 

( 2 ) Désigné à présent sous le nom de Bolderien. On aurait pu conserver le terme 

Anversien comme suit : 

Assise anversienne. 



Etage Bolderien. , 

( — bolderienne. 

Division très rationnelle et qui aurait permis d'éviter le Cap des Tempêtes. 

T. XXXVIII, 1903 5 

Mai 10) 03. 



LXVI 



SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



' 



Nous en arrivâmes à la rédaction suivante : 

Échelle stratigraphique des dépots quaternaires 



Epoque 
quaternaire. 



/ Càmpinien supérieur.' 
Campinien inférieur . 



Quaternaire fluviatile 



Quaternaire inférieur. 



Sables. 

Sables plus ou moins argileux, argiles, 
sables et graviers. 

Argile noire tourbeuse, sables rema- 
niés et transportés, dépôts argilo- 
sableux avec coquilles d'eau douce et 
terrestres, ossements de grands ani- 
maux éteints et fossiles remaniés : 
graviers et cailloux. 

Sable argileux, coquilles marines rema- 
niées, gros éléments roulés, cailloux 
et graviers. 



Cette échelle renferme une défectuosité, facilement explicable. 
Nous avions à faire également la carte du sol. Le Campinien supé- 
rieur désignait les sables peu fertiles; il aurait été inconséquent de 
les assimiler comme sol aux couches argilo-sableuses du Campinien 
inférieur, qui constituent une terre arable de première qualité. 

Le Limon hesbayen n'étant pas représenté sur le territoire de ces 
planchettes, nous n'avions pas à nous en occuper, lorsque par un 
heureux hasard, des sondages exécutés à Menin et à Courtrai, et 
n'ayant aucun rapport avec nos levés géologiques, nous firent décou- 
vrir la superposition du Campinien (Flandrien actuel) sur le Limon 
hesbayen f). Le fait fut parfaitement confirmé depuis. 

Nous pouvions donc intercaler, en 1880, le Hesbayen à son niveau 
découvert par nous, dans notre légende de 1879, pour avoir absolu- 
ment la légende adoptée bien postérieurement pour le levé de la carte 
géologique au 40,000 e ( 3 ). Les voici en regard : 



Légende 




Légende 


de Cogels et van Ertborn (1879). 




de la carte géologique. 


Q4 Campinien. 


Q4 


■ Flandrien. 


Q3 Hesbayen. 


Q3 


Hesbayen. 


Q2 Quaternaire fluviatile. 


Q2 


Campinien. 


QI Quaternaire inférieur. 


Ql 


Moséen. 



( 1 ) Texte explicatif du Levé géologique des planchettes d'Hoboken et de Contich, 
p. 10. 

( 2 ) P. CoGEr.s et O. van Ertborn, Mélanges géologiques, p. 2. Anvers, le 
22 janvier 1880. 

(?) Ce qui fut fait dans le Texte explicatif du Levé géologique de la planchette de 
Lierre, 1880. 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LXVII 

Quoique ne voulant point imiter le hibou de la fable, qui prisait sa 
progéniture au-dessus de toutes autres, nous préférons nos dénomi- 
nations à celles employées par le Service officiel. 

Notre Gampinien Q4 est vraiment campinois, car il s'étend sur la 
plus grande partie de la Gampine, tandis que le Gampinien Q2 y fait 
presque défaut ; on évitait ainsi les justes foudres de notre savant 
confrère, M. G. Dollfus, qui trouve le nom donné à Q2 détestable ( T ). 
Il n'est pas le seul. 

Notre Quaternaire fluviatile comprenait tous les dépôts d'eau douce 
de l'âge du Mammouth. Enfin, dans notre Quaternaire inférieur, 
nous avions eu bien soin de noter les fossiles marins comme remaniés. 
On évitait ainsi le malheureux Moséen marin, qui n'existe pas en 
Belgique, comme nous l'avons démontré ( 2 ). Le Diluvium de la Meuse 
est entièrement d'origine continentale. A Anvers-Stuyvenberg et dans 
la partie basse d'Hoboken, il y a certainement des traces d'action 
marine, mais n'oublions pas qu'à Anvers le niveau du sol n'a guère 
varié, que le cordon littoral ou Étage scaldisien occupe très approxi- 
mativement son niveau de formation. Il se peut donc qu'au moment 
du retrait de la mer vers le nord à l'aurore des temps quaternaires, 
il se soit produit quelque action dénudatrice dans cette région. 

Nous avons souligné le mot remaniés employé par nous pour 
désigner les fossiles trouvés dans le gisement quaternaire ancien 
du fort d'Hoboken. On pouvait nous objecter la pureté de la faune 
découverte en ce point ( 3 ), lorsqu'un éboulement heureux mit à 
jour le restant du squelette iïElephas antiquus, dont une partie 
n'avait pas été recueillie lors de la construction du fort. Mantiquus 
fit donc aussi son apparition au moment opportun; il démontra à 
l'évidence que nous avions bien interprété les dépôts quaternaires 
d'Hoboken. Ces mêmes dépôts sur la rive gauche de l'Escaut (terri- 
toires des planchettes de Saint-Nicolas et de Beveren), que nous 
avions également rangés dans le Quaternaire inférieur ( 4 ), sont figurés 
comme Pôederlien, Pliocène supérieur marin sur la Carte géologique 
au 40,000 e . Du Pliocène marin à Elephas antiquus in situ, cest 



La Feuille des Jeunes naturalistes, n° 386, p. 10. 
Société belge de Géologie et d'Hydrologie, t. XVI, p. 46. Mémoires. 
( 3 ) P. Cogels et O. van Ertborn, Texte explicatif du Levé géologique des 
planchettes d'Hoboken et de Contich, p. 29. 

(*) M. Rutot range également ces dépôts dans le Quaternaire (voir Société belge de 
Géologie, de Paléontologie et d'Hydrologie, t. IX, 1896, pp. 305 et 306), 



(i\ 



LXYIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

quelque chose d'inédit; quelle chance que M. G. Dollfus ne soit pas 
tombé sur cette piste : il aurait frappé d'estoc et de taille sur ce 
singulier Cétacé ! 

Nous ne pouvons faire ici un examen critique complet de la partie 
de la Légende de la Carte géologique relative aux dépôts quater- 
naires. Nous dirons seulement que nous ne pouvons admettre dans le 
Hesbayen le niveau à gros éléments Q3#, cailloux, gravier, sable et 
tourbe du fond des vallées principales (*), placé dans la série quater- 
naire bien au-dessus du limon hesbayen et de l'assise Q2, caractérisée 
par la faune du Mammouth. 

Ce niveau à gros éléments est la base de Q2, car, à Lierre, le 
squelette de Mammouth se trouvait à la cote 0, soit à la limite 
extrême d'érosion de la vallée de la Nèthe qui, si elle n'est pas l'une 
des deux vallées fluviales, est l'une des principales vallées secondaires 
en Belgique. VElephas primigenius se trouvait là in situ, dans son 
gisement type, au niveau donc de la couche à gros éléments, dont 
nous venons de parler. La preuve paléontologique est donc indis- 
cutable. 

Le limon hesbayen est pour nous d'origine fluvio -glaciaire, presque 
lacustre, remanié peut-être en quelques points par l'action éolienne, 
dont nous parlerons plus loin. 

Avant de traiter du mode de sédimentation du limon, nous ferons 
une excursion dans la plaine maritime. Personne n'ignore que le 
cordon dunal de la mer du Nord en Belgique sert de limite à 
une zone polderienne d'environ 15 kilomètres de largeur. On se 
demandera peut-être, non sans étonnement, comment les alluvions de 
l'Escaut ont pu se confondre avec celles de l'Yser et former ainsi une 
large bande en arrière des dunes. Il est évident que, si de nos jours, 
les digues du fleuve étaient supprimées, les eaux ne pourraient à 
chaque marée parcourir des distances aussi grandes et que rapide- 
ment des chenaux profonds se creuseraient dans les parties les plus 
basses. Tel ne paraît pas avoir été le cas. Il semble plus probable 
qu'un ancien bras de l'Escaut, aujourd'hui comblé et dont feu le lieu- 



( d ) Dans l'interprétation des coupes de Menin et de Courtrai (P. Cogels et 0. van 
Erthorn, Mélanges géologiques, p. 5), nous avons mis cette couche à la base du Qua- 
ternaire inférieur. C'est une erreur : elle est à la base du Quaternaire moyen. 

A Courtrai, les érosions n'ont pu atteindre la cote à la fin de la période contem- 
poraine de la faune à VElephas antiquus. 



BULLETINS DES SËANGES. — ANNÉE 1903. LXIX 

tenant- général du génie Wauvermans, ancien président fondateur de 
la Société de géographie d'Anvers, croyait retrouver les traces dans 
certaines dépressions des polders, coulait à quelques kilomètres au 
sud et parallèlement au Hont ou Escaut occidental actuel. Le Zwyn, 
ancien port de Bruges, en aurait été le dernier vestige sur le 
littoral ( ! ); dans les environs d'Anvers, le fleuve se serait bifurqué un 
peu en aval du site occupé par la ville. Le bras méridional aurait 
passé non loin du village de Zwyndrecht, dont le nom flamand est 
identique à celui de Maestricht : le passage du Zwyn et le passage de 
la Meuse (Mosce trajectum). 

Le Hont, d'ailleurs, paraît être fort récent, tout au moins comme 
bras principal du fleuve et naurait été qu'un cours d'eau d'importance 
toute secondaire entre le Zwyn et l'Escaut oriental pendant les pre- 
miers siècles de notre ère. 

Il est donc très possible, même probable, que Fembouchure du 
Zwyn ait été barrée à l'époque de la sédimentation du limon polde- 
rien, comme le fut celle du Rhin, non loin de Leyde, au commence- 
ment du xix e siècle. 

Les eaux limoneuses auraient submergé toute la région, basse en 
arrière des dunes, la transformant en un vaste lac marécageux, où le 
limon polderien se déposa. 

De cette manière, le jeu des marées n'aurait pu se faire sentir, car 
si deux fois par jour, le flot avait dû inonder la plaine, il y aurait 
laissé de nombreuses traces de son passage. 

Aucun argument sérieux ne saurait être opposé à cette hypothèse; 
elle seule peut expliquer l'état des choses dont nous venons de 
parler. 

Ceci exposé, revenons- en au Limon hesbayen, que nous considé- 
rons absolument comme un dépôt fluvio-lacustre s'étant déposé 
identiquement dans les mêmes conditions que le Limon polderien de 
la région polderienne côtière. Le barage n'aurait pas été le sable 



f 1 ) Son tracé n'est pas bien difficile à rétablir : sur une très vieille carte de l'Escaut 
maritime, comprenant les dates d'endiguement des polders, avec leur contenance en 
gemeeten, nous voyons le Zwyn ou Zwin ; au fond de celui-ci, un petit polder de 
300 hectares, le Sophia, endigué en 1807, puis le Nieuioe Passagcn (un nom 
typique) conduisant les eaux dans le Brackman; on suit ensuite les grandes eaux 
intérieures jusqu'au petit Fcrdinandus P., au sud de Hulst. A très petite distance à 
l'ouest, commence le Melkader, dont l'issue est actuellement à Calloo, mais qui, visi- 
blement, a eu un bras venant de Zwyndrecht. 



LXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

dunal, mais le grand glacier du Nord. J. Geikie la dit il y a déjà 
longtemps ( ! ). 

« Le grand glacier, en s'étendant sur la plaine basse de l'Eu- 
« rope centrale, barra tous les fleuves qui avaient leur débouché 
« vers le nord. Il dut alors se former au sud de la banquise une 
« région fluvio-lagunaire sur laquelle les courants, à la suite des 
« embâcles de vallées, s'étalèrent sur d'immenses surfaces et ame- 
« nèrent la sédimentation du limon hesbayen d'origine fïuvio-gla- 
« ciale. » 

Nous pourrions étayer cette opinion par un grand nombre de 
preuves stratigraphiques, ce qui nous ferait sortir du cadre que nous 
impose cette causerie. Passons. Il nous a suffi d'établir la similitude 
qui existe entre le mode de sédimentation de l'argile polderienne de 
la plaine maritime et celui du limon hesbayen. 

La période glaciaire a donné lieu à de longues controverses. On 
a même fait intervenir plusieurs périodes glaciaires. Nous n'en 
admettons qu'une seule, parce qu'elle suffit à expliquer tous les phé- 
nomènes qui se sont produits à cette époque. Une seconde période 
glaciaire serait pour nous absolument inadmissible, de plus matériel- 
lement impossible. En effet, pour que les phénomènes glaciaires 
puissent se produire, il faut a priori un grand massif montagneux. 
Les mers de glace ne peuvent se former qu'à un niveau, celui des 
neiges éternelles. Si l'on pouvait abaisser le niveau des Alpes, les 
glaciers, faute d'alimentation, disparaîtraient rapidement. Ces faits 
sont admis par tout le monde. Il a dû exister dans l'extrême Nord 
un massif montagneux énorme, dont les montagnes aujourd'hui 
rabotées de la presqu'île Scandinave sont les derniers vestiges. 

Le mouvement alternatif d'avancement et de retrait des glaciers, 
qui, de nos jours, ne se produit plus que sur une échelle réduite, 
a dû, à l'époque, quaternaire, avoir des proportions énormes, par 
suite de l'importance du massif montagneux et de sa situation dans 
la partie septentrionale du globe. Il en résulte qu'en apparence, il y 
a eu plusieurs périodes glaciaires. 

En apparence donc, le fait est possible, en réalité il ne l'est pas. 
Le grand glacier du Nord disparut lorsque le massif, où il avait son 



( 1 ) Address lue à la séance de la Société Géologique d'Edimbourg, le 20 no 
vembre 1884. 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LXXÏ 

origine, fut raboté au point que toute alimentation supérieure devint 
impossible. 

Pour qu'une seconde période glaciaire puisse se produire, il fau- 
drait que les montagnes repoussent et reprennent leur ancienne alti- 
tude, ce qui nous semble absolument invraisemblable. 

Les glaciers ont disparu dans les Vosges devenues trop basses; ils 
ont diminué dans les Alpes, dont le relief s'est beaucoup atténué 
depuis les temps quaternaires; plus hautes de 2,000 ou 3,000 mètres, 
les phénomènes glaciaires reprendraient leur ancienne intensité. 
°Le limon hesbayen s'est donc déposé dans le lac fluvio-lagunaire 
formé par le barrage de glace, interceptant l'issue des fleuves vers 
le Nord. 

Les retraits et les avancements de la masse de glace ont amené 
probablement des assèchements, suivis d'inondations nouvelles, dont 
les dépôts successifs ont fait croire à plusieurs limons d'âge différent. 

Pour nous, ils datent tous de la période hesbayenne; ils se sont 
déposés comme un manteau sur les reliefs du sol, peu différents de 
ceux de nos jours. Plus tard, sous l'action des eaux météoriques, une 
grande partie de ces limons fut remaniée et même entraînée par 
les rivières, pour former les régions polderiennes des fleuves. 

A l'assise hesbayenne appartient aussi un dépôt d'origine éolienne, 
désigné sous le nom de Brabantien. Depuis longtemps la question 
des limons éoliens a attiré l'attention des çéolo^ues. Richthofen a 
décrit ceux de la Chine, où ils atteignent une puissance énorme. 

Désireux d'avoir une explication complète de ces phénomènes, feu 
A. Briart et moi nous nous rendîmes à Scheut, pour consulter le 
R. P. De Deken (*) à leur sujet. 

Mon compatriote, car nous sommes nés l'un et l'autre au même 
lieu, nous donna les détails les plus complets, confirmés par ses 
confrères, tous vétérans de l'Asie centrale. 

Il nous dit que de violentes tempêtes du Nord-Ouest amenaient des 
nuées de poussière jaunâtre, impalpable, pénétrant tout, et que la 
quantité était telle qu'après chaque tempête elle formait une couche 



(*) Né à Wilryck, près d'Anvers, il avait séjourné onze ans en Mandchourie avant 
d'entreprendre son grand voyage transcontinental avec le Prince Henri d'Orléans 
et M. Bonvalot. « Sans lui nous ne serions jamais arrivés », nous disait M. Bonvalot. 
Il mourût pendant son second séjour au Congo. Rendons un respectueux hommage 
à cet intrépide explorateur. (O. v. E.). 



LXXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

de 3 à 5 centimètres d'épaisseur. Le point de départ de ces nuages 
poussiéreux devait être très éloigné, car personne ne put éclairer les 
missionnaires à ce sujet. 

Il en résulte qu'en Mandchourie, il y a apport de matériaux venant 
de très loin. Tel est-il le cas en Belgique? Nous ne le croyons pas. 
Les dépôts de l'espèce, si localisés en Belgique, paraissent être plutôt 
le résultat de remaniements sur place par l'action des vents. Il fau- 
drait donc les assimiler, comme mode de formation, aux dunes 
terrestres ou maritimes, et, dans ce cas, il nous est impossible de les 
ranger dans une assise spéciale. Le Brabantien, jusqu'à preuve au 
contraire, doit donc être considéré comme un faciès hesbayen et non 
comme une assise spéciale. Il n'y a pas eu probablement apport de 
matériaux, à peine transport local. 

Les grandes lignes de démarcation des assises quaternaires ne sont 
pas aussi difficiles à établir qu'on pourrait le croire. 

L'extension de la mer pliocène vers le Sud fut considérable, car les 
sables diestiens se retrouvent jusque sur les sommets des collines du 
nord de la France et du sud de l'Angleterre. Un mouvement de bas- 
cule fit plonger une partie de ce fond de mer vers le Nord et releva 
l'autre partie vers le Sud. Le fait est bien connu. 

Il se forma ainsi un grand plan incliné, dont quelques pentes vers 
le Nord et les sommets de quelques collines sont les derniers vestiges. 
Tous les versants inclinés dans d'autres directions sont l'œuvre d'éro- 
sions postérieures. 

C'est sur les lambeaux de la grande pente primitive que se trouvent 
les dépôts du Quaternaire inférieur ou Moséen, à Hoboken avec 
YElephns antiquus in situ, sur le sommet de la colline d'Àdeghem et 
dans les environs de Saint-Nicolas en Flandre, à Anvers-Stuyvenberg, 
à Ânvers-Zurenborg, à Deurne, etc. Enfin, sur le plateau du Lim- 
bourg et sur la crête de partage entre les bassins de la Meuse et de 
l'Escaut, dans la partie septentrionale de la province d'Anvers. 
De Genck jusqu'au nord d'Anvers, on peut suivre le Moséen, repo- 
sant sur l'étage pliocène poederlien, toujours sur le faîte de partage. 

Le caractère stratigraphique fondamental du Quaternaire ancien 
moséen est donc de reposer sur le sommet des couches tertiaires et 
iamais dans leurs érosions. 

Si, dans la Belgique centrale, nous traçons deux lignes méri- 
diennes (planche I) : la première partant du Nord à la cote 0, puis 
tangente au vif fond des vallées dans la direction du Sud, cette ligne 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LXX11I 

sera voisine de l'horizontale, la seconde partant du même point et 
suivant l'ancien plan incliné formé par le fond de la mer pliocène ; 
celle-ci atteindra la frontière française vers la cote +175 mètres 
environ, — tout ce qui se trouvera au-dessus de la seconde ligne 
sera d'âge moséen, et tout ce qui se trouvera compris entre les deux 
lignes sera d'âge campinien ou hesbayen, sauf dans la basse plaine 
et quelques vallées inférieures, où le Flandrien recouvre le Quater- 
naire moyen. 

En effet, c'est pendant l'âge du Mammouth que se firent les grandes 
érosions des couches tertiaires et l'ablation de la plupart d'entre elles 
dans la moyenne et la basse Belgique. 

Notre ligne n° 2 passera donc entre autres à la cote -{-450 mètres 
environ au-dessus de la grande érosion du Hainaut. Il s'ensuit que 
dans cette vaste dépression, il n'y a pas de vrai Moséen et toutes les 
couches qui y sont rapportées le sont par erreur. Elles se trouvent 
non pas seulement de beaucoup au-dessous de la ligne n° 2, mais de 
50 à 400 mètres sous la base du Diestien des collines. 

Il est donc matériellement impossible qu'elles soient d'âge moséen. 

Nous n'avons pas à en fournir la preuve négative au point de vue 
paléontologique; la preuve positive incombe à ceux qui ne partage- 
raient pas notre opinion. Toutefois, nous exigerons une preuve 
paléontologique sérieuse, probante, et nous ne nous contenterons pas 
d'un débris roulé, informe, remanié, un voyageur vertical. Cette 
preuve se fera attendre, nous en avons la conviction. 

Les limites en hauteur et en profondeur sont donc bien nettes pour 
le Moséen et le Campinien. Nous avons sur la pente nord à Hoboken 
YElephas antiquus in situ, et à vif fond de la vallée de la Nèthe, à 
Lierre, YElephas primigenius in situ également. Ces preuves paléon- 
tologiques sont absolument indiscutables. 

Nous avons exposé précédemment le mode de sédimentation du 
limon hesbayen. A cette époque, la faune du Mammouth fut détruite 
ou chassée par le froid et les inondations. 

I 3 lus tard, après le retrait du glacier, la mer envahit la plaine 
basse et les vallées inférieures, la nivela complètement, modela les 
collines de la basse Campine. Ses sédiments, remaniés probablement 
des couches sous jacentes, sont de peu d'épaisseur, toujours, sauf 
vers le littoral, dépourvues de matières organiques ( l ). 



On pourrait croire que le test des coquilles fut détruit par l'action dissolvante 



LXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Le Moséen est donc caractérisé par la faune de YElephas antiquus, 
le Campinien par celle du Mammouth, le Hesbayen par quelques 
espèces de Mollusques d'eau douce et terrestres, le Flandrien, près 
du littoral, par des coquilles marines récentes, dont une espèce 
cependant serait éteinte. 

Telles sont, d'après nous, au point de vue stratigraphique et 
paléontologique, nos assises quaternaires. On aura constaté que nos 
subdivisions furent adoptées pour le levé de la Carte géologique. On 
les démarqua assez maladroitement, nous semble-t-il; notre Campi- 
nien est bien campinois, tandis que celui de la Légende officielle est 
très rare dans cette partie du pays; aussi M. C. Dollfus trouve-t-il 
le nom détestable (*) appliqué aux dépôts de l'âge du Mammouth; 
objet des quolibets des autres, il devrait être remplacé par le mot 
fluviatile. 

Nous avons voulu tirer quelques souvenirs de la poussière des 
bibliothèques; ils sont vieux déjà d'un quart de siècle et peu 
connus. 

Nous avons rangé l'Hesbayen dans notre légende du Levé géolo- 
gique des planchettes d'Hoboken et de Contich, parce qu'ayant 
découvert à Courtrai la superposition du Flandrien et du Hesbayen, 
nous pouvions nous accorder ce droit. 

Ces considérations nous amènent à remplir un devoir : à rendre 
hommage au coup d'œil sûr et perspicace de notre ami et ancien col- 
laborateur P. Cogels, qui fonda cette échelle stratigraphique sur un 
rocher solide; dans la légende du Quaternaire inférieur on lit les mots 
fatidiques : « coquilles marines remaniées ». Ils y brillent comme un 
phare lumineux et n'ont pas empêché le Quaternaire moséen marin 
de naître, de s'y heurter et de sombrer. 

Si nous avons fait erreur en quelques points, nous nous empres- 
serons de le reconnaître; loin de nous le mode de parler dogmati- 
quement, ex cathedra. Jamais nous ne nous entêterons dans l'erreur, 



des eaux d'infiltration, il n'en est rien. Dans la célèbre briqueterie d'Edegiiem, on 
pouvait observer au contact immédiat avec la base de petits cailloux (silex et quartz) 
du Flandrien des milliers de fossiles parmi les plus délicats et les plus fragiles de 
l'étage boldcrien. Dans la Légende de la carte le faciès limoneux du Quaternaire 
supérieur, notre Leem bigarré n'est pas indiqué ; il pourrait être du limon hesbayen 
remanié. 

(*) La Feuille des Jeunes naturalistes, n° 38G, décembre 1892, p. 19, ligne 4. 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LXXY 

nous avons déjà démontré, on le sait, que ce mode d'agir mène 
tout droit du Capitole, non pas à la roche Tarpéienne, mais dans le 
fond d'un puits naturel. 

Au sujet du Quaternaire encore, nous ne pouvons admettre que les 
couches à gros éléments soient le toit des assises et non leur base. 
Il s'ensuivrait que toute la Belgique devrait être couverte à la sur- 
face d'une nappe de cailloux, une vraie plaine de la Grau — horizon 
infini de cailloux et de galets, voisin d'Arles (France). 

Les dépôts d'origine fluviale, occupant le faîte de partage des 
bassins actuels de l'Escaut et de la Meuse, reposent toujours en 
stratification concordante sur le Poederlien. Ils n'ont pu se disposer 
à ce niveau, qu'antérieurement au mouvement de bascule, qui releva 
le sol de la Belgique et produisit l'affaissement de la région néerlan- 
daise. La sédimentation de ces argiles et de ces sables est sans con- 
teste antérieure au creusement des vallées. 

Il s'en suit que ces dépôts pourraient dater de la période pliocène et 
être contemporains des crags anglais plus récents que le Poederlien. 
Nous étudions cette question et nous ne disons ces quelques mots que 
pour prendre date, l'idée étant émise. 

La séance est levée à 6 1 L heures. 



Séance du 4 avril. 

Présidence de M. Dautzenberg. 

La séance est ouverte à 4 l / 2 heures. 

Les procès-verbaux des séances de janvier à mars, compris dans 
les feuilles 1 à 4 des Bulletins de 1903, sont déclarés adoptés. 

Correspondance. 

L'assemblée décide d'échanger les Bulletins de la Société contre les 
publications suivantes : 

1° « Broteria », Revis ta de Sciencias naturaes do Collegio de 
S. Fiel, à Soalheira (Portugal) ; 



LXXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

2° Boletin de la Sociedad Aragonesa de Ciencias naturales, à 
Saragosse (Espagne). 

Bibliothèque. 

Dons : 

J. Gosselet : Les galets glaciaires d'Ëtaples et les dunes de Camiers. 
(Ex : Ann. Soc. géol. du Nord, t. XXXI; Lille, 4902.) 

Esquisse géologique du Nord de la France et des contrées voisines; 
IV Terrains quaternaires. (Ex : Id., t, XXII, 1903.) 

Des remerciements sont votés au donateur. 

Dépôts : 

Bulletins des séances, t. XXXVIII, 1903, feuilles 1 à 4. 

Les Bulletins ayant commencé à paraître sous l'ancien titre de la 
Société continueront de même jusqu'à la fin de l'année courante. Les 
Mémoires porteront la nouvelle dénomination. 

Tirés à part [Bulletins, 1903) : 

Baron yan Ertborn : Le système éocène. L étage sparnacien et sa 
faune en Belgique. — Les dépôts quaternaires de la Belgique et leurs 
faunes. 

A. Lameere : L'évolution des Mollusques. 

Éd. Delheid : Vestiges de sépultures franques (?) à V avenue Defre, 
à Uccle. 

Statuts de la Société royale zoologique et malacologique de Bel- 
gique (mars 1903). 

Communication du Conseil. 

Ont été reçus membres effectifs : 

MM. Arndt, Adolphe, professeur à l'École normale de Bruxelles; 
le baron Raoul de Vrière, à Zedelghem; 
Willem, Victor, chef des travaux zoologiques à l'Univer- 
sité de Gand, 

présentés par MM. Lameere et Rousseau. 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LXXVII 

Communications. 

M. le D r Rousseau propose à la Société de publier dans ses 
Mémoires un travail du D r Lendenfeld, de Prague, sur des Spon- 
giaires appartenant au Musée de Bruxelles. 

M. Rousseau signale quelques captures intéressantes faites récem- 
ment en Belgique et qui augmentent le nombre des espèces de Vers 
signalés dans notre pays : 

Clepsine tessellata, Muller, à Postel; 
Dero obtusa, Udek., à Postel; 
Hydalina scuta, Ehrenb., à Corbeek. 

Gomme espèces nouvelles pour la faune belge, M. Lameere annonce 
la capture d'un Oligochète : 

Hertwigia menkeanus, à Namur 

et d'un Rotifère : 

Pheoryctes volvoricola, à Coxyde. 

M. Dautzenberg vient d'enrichir sa collection spéciale de mons- 
truosités conchyliologiques d'un Buccinum undatum à deux oper- 
cules. 

M. Lameere montre une série de dessins représentant l'Okapi et le 
dieu égyptien Sel h, avec lequel le profil du nouveau Camélopar- 
dalide offre une grande ressemblance. 

La séance est levée à 5 l / 2 heures. 



Séance du 2 mai. 

Présidence de M. le baron van Ertborn, vice-président. 
La séance est ouverte à 4 1 / 2 heures. 

Correspondance. 

M. Dautzenberg fait excuser son absence. 

M. Séverin remercie pour sa nomination de membre effectif. 



LXXVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

La République du Salvador vient de fonder un Musée scientifique, 
agricole et industriel. 

L'assemblée décide d'échanger les Bulletins de la Société contre le 
Bulletin du Corps des Ingénieurs des Mines du Pérou, à Lima, et les 
Annales contre les Bulletins du Musée de Tiflis. • 

La Société belge d'Astronomie ayant pris l'initiative de grouper 
dans un même local les bibliothèques des diverses sociétés savantes 
de Bruxelles adresse à la Société une lettre circulaire accompagnée 
d'un questionnaire sur la situation actuelle des bibliothèques des 
sociétés et des locaux qu'elles occupent. 

Le Secrétaire général est chargé du soin de fournir les renseigne- 
ments demandés. 

Bibliothèque. 

Dons : 
De S. A. S. le Prince de Monaco : 

La quatrième campagne scientifique de la « Princesse Alice II », 
(Ex : Comptes rendus des séances de l'Acad. des Se; Paris, 1903.) 

De M. Gossmann : 

Faune éocénique du Cotentin (Mollusques), par M. Cossmann et 
G. Pissarro, tome I, fasc. 3. (Ex Bull. Soc. géol. de Normandie; 
Le Havre, 1902.) — Note sur ïlnfralias de la Vendée et spéciale- 
ment sur un gisement situé dans la commune de Simon-la- Vineuse 
par G. Chartron (Stratigraphie) et M.. Gossmann (Paléontologie). (Ex : 
Bull. Soc. géol. de France; Paris, 1902.) — Faune pliocénique 
de Karikal (Inde française). (Ex : Journal de Conchyliologie; 
Paris, 1900.) — Observations sur quelques coquilles crétaciques 
recueillies en France (3 e article). (Ex : Comptes rendus de l'Assoc. 
française pour l'Avanc. des Se; Congrès de Bouiogne-sur-Mer, 1899.) 
— Observations sur quelques coquilles crétaciques recueillies en 
France (3 e article) précédé d'une note stratigraphique par M. Pellat. 
(Ex : Comptes rendus de l'Assoc. française pour l'Avanc. des Se; 
Congrès de Paris, 1900.) — Revue critique de Paléozoologie : 
VII, 1903, 1-2; Paris, 1903. 

De M. le Ministre de l'intérieur et de l'instruction publique : 
Carte géologique internationale de l'Europe à l'échelle du 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LXXIX 

1 : 1,500,000, 4 e livraison, feuilles Ci, Gn, Cm, Du, Dm, Em, 
Eiv. (Berlin, 1903, piano.) 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Travaux pour les Mémoires. 

L'assemblée décide l'impression aux Mémoires de 1903, du travail 
fait par M. Thum, à la demande du Professeur Lendenfeld, sur 
quelques Spongiaires du Musée de Bruxelles. Ce travail, rédigé en 
allemand, est intitulé : Bericht tiber eine Sammlung trockener Cha- 
lineen Skelete ans dem Brïcsseler Muséum, et est accompagné de 
figures. 

Aux Mémoires de 1903 paraîtra également un travail de M. Daut- 
zenberg consacré aux Récoltes malacologiques de M. Weyers dans le 
sultanat de Sambas (Bornéo). 

Communications. . 

SUR LES RAPPORTS ENTRE CTÉNAIRES ET POLYCLADES, 

Par Ad. KEMNA. 

1. Diverses théories phylogéniques. — Dans l'intéressant et sug- 
gestif discours par lequel M. Lameere inaugurait ses fonctions prési- 
dentielles pour 1902 (9 février 1902, ce Bulletin, p. vi), il cite les 
Cténophores ou Cténaires comme devant être réunis aux Plathel- 
minthes. Il se rallie à une opinion exprimée en 1897 par Éd. Van 
Beneden (Anthozoaires du Plankton, p. 182), considérant les Cté- 
naires comme des Planaires adaptées à la vie pélagique. Le savant 
professeur de Liège dit enseigner ces vues depuis une dizaine 
d'années, 

Des affinités étroites entre ces deux groupes ont été signalées 
depuis longtemps, surtout par Lang(1881 et 1884), mais les relations 
étaient interprétées en sens inverse : les Polyclades étaient des 
Cténaires rampants. 

A. Willey (Quart. J. Micr. Se., 1897) fait dériver Cténaires et 
Plathelminthes, des formes primitives Cœloplana et Ctenoplana, 
constituées en un groupe des Archiplanoid.es. 

Ilœckel (Sysl. Phylogeiiie, II, 1896) est le seul auteur niant des 



LXXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

rapports de parenté. Les Platodes descendraient directement des 
Gastréades; les ressemblances sont de simples convergences; les 
caractères cténaires de la larve de Mùller des Polyclades sont céno- 
géniques. 

2. Interprétation nouvelle de la larve de Millier. — La larve des 
Polyclades a huit appendices ou bras, soit le même nombre qu'il y a 
de côtes ciliées chez les Cténaires. Sur ces bras, les cils sont implantés 
en rangées transversales et tous les cils d'une même rangée sont 
synchrones dans leurs battements; les cils de la larve sont isolés; les 
cils des Cténaires sont réunis en palettes ; cette différence n'est pas 
suffisamment importante au point de vue morphologique, pour mas- 
quer les affinités. On a donc homologué les appendices de la larve 
de Millier avec les côtes des Cténaires. 

Quand on pousse la comparaison dans le détail, on trouve des 
différences. D'abord, les côtes sont des lignes méridiennes sur le 
corps du Gténaire, tandis que les appendices de la larve de Mùller 
sont péribuccaux, avec les cils formant une ligne continue. 

Les côtes des Cténaires sont en position adradiale. La bouche 
allongée étant considérée Nord-Sud, les côtes sont Nord-Nord-Est, 
Est-Nord-Est, etc. Dans la larve de Mùller, deux appendices sont 
perradiaux, Nord et Sud portant les n cs 4 et 8. Les six autres, 
n os 4 à 7, sont en trois paires latérales, sans qu'il soit possible de 
déterminer nettement des rapports d'axe. Il n'y a donc pas d'homo- 
logie, ni pour l'emplacement général, ni pour la disposition par 
rapport aux axes. 

Toutes les côtes des Cténaires sont homodynames, identiques quant 
à leur position, semblablement développées (les différences sont mani- 
festement des modifications secondaires); elles apparaissent en même 
temps et ont le même sort ultérieur. 

Déjà pour la position, les huit appendices de la larve ne sont pas 
identiques, puisqu'il y en a deux perradiaux et trois paires latérales. 
Les deux appendices perradiaux sont, en outre, distincts par leur 
forme en lame aplatie, tandis que les paires 4 et 5, 6 et 7 sont plus 
cylindriques; mais la première paire 2 et 3 est également plus 
aplatie. 

Gœtte a trouvé une larve plus jeune, avec seulement quatre appen- 
dices : les deux perradiaux et, de chaque côté, un large lobe (comme 
les « oreilles » de Pilidium), que Gœtte considérait comme l'ébauche 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. LXXXI 

commune des trois paires latérales, mais que Lang a démontré cor- 
respondre uniquement à la première paire 2 et 3. Les deux appen- 
dices perradiaux se distinguent par leur position, leur forme et aussi 
par le moment de leur apparition ; ils ne sont donc pas homodynames 
avec les autres. Mais la première paire latérale, déjà différente par la 
forme, des deux autres, l'est aussi par son moment d'apparition; 
elle l'est également par sa position généralement tout près du lobe 
antérieur, avec lequel elle constitue un système buccal. Même les 
trois paires latérales ne sont donc pas homodynames. 

L'aplatissement de la larve cylindrique débute par la formation 
d'une crête latérale. Cette crête passe entre la première paire laté- 
rale 2 et 3 et la deuxième paire latérale 3 et 4. Les appendices 1, 
2 et 3 se trouvent ainsi sur le ventre, les autres sur la face dorsale. 
Si donc on considère i , 2 et 3 comme un complexe unique, provenant 
de la subdivision secondaire d'un lobe médian, il ne reste que six 
appendices : deux perradiaux et quatre latéraux. Il n'y a plus alors 
aucune homologie avec les côtes des Cténaires. 

Mais elle s'établit plus facilement et plus complètement avec 
les organes péri-buccaux des Cténaires lobés : deux lobes perradiaux 
et deux paires d'auricules latérales. Nous expliquons d'un même coup 
la situation, la forme, l'apparition, le sort ultérieur; au lieu d'une 
homologie avec les Cténaires*en général, nous précisons les Cténaires 
lobés. 

3. Conséquences de cette interprétation. — Tout ce qui tend à 
augmenter les relations entre Cténaires et Platodes, va à rencontre 
des vues de Haeckel. Plus les ressemblances deviennent nombreuses 
et détaillées, moins il est possible de les expliquer par le hasard de 
convergences. 

Au contraire, ces homologies plus étroites doivent être le bienvenu 
pour tous ceux qui admettent une parenté entre les deux groupes, soit 
une origine cténophore (Van Beneden), soit une origine polyclade 
(Lang). D'autant plus qu'à première vue cette interprétation nou- 
velle de la larve de Mùller semble indifférente pour les deux 
théories et ne pas permettre de choisir entre elles. 

Haeckel objecte à la théorie de Lang, qu'elle considère comme la 
forme dérivée, les Polyclades, qui ne sont pas les plus inférieurs des 
Platodes. L'argument est valide en principe, mais probablement non 
fondé en fait; car la supériorité des Polyclades est fort contestable 

T. xx t vin, 1903 

Juin 190 J. 



LXXX1I SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

et fort contestée. La simplicité plus grande pour certains organes 
d'autres Platodes peut parfaitement être une régression par parasi- 
tisme. 

Or, les Cténaires lobés sont, sans aucun doute possible, supérieurs 
dans leur groupe. La direction d'évolution Polyclade-Cténaire force 
donc à admettre les Cténaires lobés, supérieurs, comme primitifs ; ce 
qui ne cadre ni avec l'anatomie comparée du groupe, ni avec l'em- 
bryologie si claire des Lobés. 

L'homologation des appendices de la larve de Mûller avec les lobes 
et les auricules des Cténaires lobés est incompatible avec une évolu- 
tion Polyclade-Cténaire. 

4. Descendance des Cténaires de formes larvaires de Polyclades. — 
Dans l'ontogénie du Polyclade, il y a un stade cténaire; dans celle 
du Cténaire, il n'y a rien qui rappelle le Polyclade adulte. Quand 
on accorde aux faits leur signification directe, l'origine cténaire 
paraît hors de conteste. 

Mais on peut concevoir les choses d'une autre façon, et rattacher 
le Cténaire, non au Polyclade adulte, mais à son stade larvaire 
natatoire. Ce qui distingue essentiellement la larve de l'adulte, ce ne 
sont pas les modifications morphologiques quelque étendues qu'elles 
soient, c'est la maturité sexuelle. Or, on connaît des cas où les 
organes génitaux ont acquis leur plein développement avant la méta- 
morphose de la forme larvaire en forme adulte; ou bien la forme 
larvaire se prolonge jusque pendant la période de maturité sexuelle; 
le premier cas est la paedogenèse, le second la néoténie. Dans les 
deux cas, le résultat est le même : un être physiologiquement adulte 
et morphologiquement larvaire. 

Une grande différence entre les deux états, larvaire et adulte, est 
généralement accompagnée d'une grande différence entre l'habitat 
des deux stades. Le cas le plus fréquent chez les animaux marins est 
la faculté locomotrice de la larve chez les animaux fixés ou peu 
mobiles. Or, on a pu expérimentalement résoudre la métamor- 
phose en prolongeant, la station dans le premier milieu. On a voulu 
expliquer par des phénomènes du même genre, l'origine des Appen- 
diculaires parmi les Tuniciers. Et on pourrait très raisonnablement 
considérer les Cténaires comme une larve de Mùtler permanente, 
sexuée, et modifiée ultérieurement par une adaptation de plus en 
plus parfaite à la vie pélagique. 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LXXXIII 

De ce qu'une chose est rationnelle et possible, il ne s'ensuit pas 
qu'elle soit réelle ou même probable. L'origine polyclade larvaire se 
heurte toujours à la supériorité des Lobés. Pour écarter la difficulté, 
il faudrait considérer les Cténaires ordinaires comme des Lobés 
dégénérés. A la rigueur, cela aussi n'est pas impossible; mais alors 
le stade cténaire ordinaire dans l'ontogénie des Lobés devient incom- 
préhensible. 

La larve de Mûller, qui aurait donné naissance aux Cténaires, est 
aussi quelque chose par rapport aux Polyclades. Si elle représente leur 
ancêtre, il devait étrangement ressembler à un Cténaire, tellement, 
qu'on ne voit pas de raison pour ne pas l'inclure dans le même groupe 
zoologique. Cette conclusion inévitable est grosse de conséquences sin- 
gulières. La larve du Mûller serait à la fois le fils des Cténaires, 
mais aussi leur père. Il y a là un imbroglio inextricable de relations 
de parenté, un cercle vicieux parfaitement fermé. Pour en sortir, il 
faut, comme pour l'ontogénie des Lobés, dénier toute signification 
phylogénique à l'ontogénie des Polycades; la larve de Mûller ne 
signifie plus rien. Haackerne recule pas devant cette conséquence; 
tout pour lui est cénogénique. On connaît des stades intercalés secon- 
dairement dans l'ontogénie, par exemple chez les Insectes. Consi- 
dérer toutes les formes larvaires comme nécessairement phylogé- 
niques, était une exagération du début des spéculations phylogé- 
niques; mais c'en est une autre que d'invoquer à la moindre 
difficulté, la cénogenèse ; et je ne puis m'empêcher de craindre qu'il 
n'y ait actuellement une tendance dans ce sens. 

Il y a longtemps que l'ébauche en croix du mésoderme est citée 
comme l'homologie la plus remarquable entre les deux groupes. Une 
pareille disposition se comprend sans plus chez un organisme à symé- 
trie radiaire, d'autant plus que, d'après Hseckel, il y aurait con- 
nexion avec les organes sensoriels. Chez le Polyclade, la symétrie est 
bilatérale, il n'y a plus de relation du mésoderme avec les organes 
des sens; donc, plus rien qui explique l'ébauche en croix. Pour cette 
raison, ou plutôt pour cette absence de raison, Hœckel la déclare 
cénogénique. Ne serait-ce pas, au contraire, le moment d'invoquer 
l'hérédité? Je puis comprendre un caractère, imposé par cénoge- 
nèse, à cause de son utilité; mais se baser sur son inutilité pour 
admettre sa formation spontanée, me paraît un raisonnement peu 
logique. Le mode de formation du mésoderme reste un des plus forts 
arguments pour l'origine cténaire des Polycades. 



LXXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

5. La place des Cténaires. — Ce qui a beaucoup contribué à la 
théorie de l'origine polyclade, c'est la difficulté de rattacher les 
Cténaires à un groupe déterminé des autres Cœlentérés. La question 
a encore été exposée récemment d'une façon sommaire, mais très 
exacte, par Delage et Hérouard (Traité Zool. concrète, 1901). Ils 
concluent que les particularités des Cténaires ne sont pas telles, qu'il 
faille exclure ces animaux du groupes des Cœlentérés. Ce sont des 
Cnidaires aberrants ; mais ils seraient beaucoup plus aberrants encore 
comme Platodes. On ne gagne donc rien à cette théorie, car on rem- 
place simplement une difficulté par une autre, avec cette circonstance 
aggravante que cette première hypothèse entraîne une série d'autres, 
toutes plus improbables les unes que les autres : les Cténaires lobés 
seraient primitifs, leur ontogénie inexplicable, les Cténaires plus 
simples secondaires, l'ontogénie des Polyclades sans signification. 

6. Le complexe céphalique chez les Polyclades. — Dans divers 
groupes animaux, des organes parfois fort différents, sont anato- 
miquement réunis d'une façon très constante. Tels sont, chez les 
Mollusques, la cavité du manteau, les cténidies, les orifices anal, 
rénaux et génitaux : le complexe palléal. 

Chez tous les animaux au-dessus des Cnidaires (sauf les Ëchino- 
dermes) il y a un complexe remarquable par son importance et sa 
constance. A l'extrémité antérieure du corps se trouvent l'orifice 
buccal, le centre cérébral, les organes sensoriels spéciaux; c'est le 
complexe céphalique. Certains de ces organes peuvent disparaître 
par atrophie; par exemple les organes sensoriels chez des formes 
fixées; mais il n'y a aucun exemple où ces organes aient été secon- 
dairement dissociés. Le complexe une fois constitué, est indissoluble; 
il est une des choses les plus constantes du règne animal. 

Il n'existe pas encore chez les Polyclades. Le cerveau occupe tou- 
jours une situation plus ou moins antérieure, avec des yeux et des 
tentacules; il y a donc un complexe cérébro-sensoriel, mais la bouche 
peut occuper toutes les situations sur la ligne médiane, toujours 
accompagnée par les orifices génitaux. 

Les Polyclades sont dans la série animale, les premiers être doués 
de la faculté de locomotion indépendante dans une direction déter- 
minée par la volonté de l'animal. Ils se sont soustraits à l'action 
d'enlraînement des courants, en abandonnant le milieu exclusive- 
ment liquide pour prendre contact avec le sol. Ils sont devenus 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LXXXY 

rampants et toute leur organisation s'est modifiée en adaptation à ce 
nouveau genre de vie. 

La première modification est l'aplatissement, dans le double but 
de donner moins de prise au courant et d'augmenter la surface 
d'adhérence. Pour les mêmes raisons, l'accroissement de taille se fait 
surtout par allongement antéro-postérieur, dans le sens du courant 
auquel l'animal fait face. Tout cela est bien connu et a été discuté 
pour les Mollusques en général par Lang, Simroth et d'autres, pour 
les Ghitons par Plate, pour les Nudibranches par Hecht. 

Ce qui a moins attiré l'attention, c'est l'importance prépondérante 
de la partie antérieure, tant pour la locomotion que pour l'adhérence. 

Pour la locomotion, c'est surtout la partie antérieure qui se fixe 
après extension et tire ensuite le reste du corps à la remorque; si la 
zone motrice était postérieure, le corps au lieu d'être remorqué, 
serait poussé, condition des plus défavorables avec un organisme 
mou. Hecht a démontré, par un raisonnement de mécanique mathé- 
mathique, que l'accumulation d'organes pondéreux à la partie anté- 
rieure facilite beaucoup la reptation et l'observation des mœurs des 
divers Nudibranches a confirmé ces déductions. 

Pour la question d'adhérence, il est facile de comprendre que 
l'adhérence du bout antérieur suffit pour empêcher l'entraînement, 
tant que l'animal fait face au courant. Même si le reste du corps 
perdait tout contact avec le. sol, la partie postérieure ferait seulement 
des ondulations dans l'eau. Au contraire, si le bout d'amont est moins 
solidement adhérent que le bout d'aval, le courant peut retourner 
l'animal; sa surface ventrale large permet l'impact et il serait 
arraché. 

Ce principe posé, voyons comment on peut l'appliquer aux Poly- 
clades. Les observations de Lang ne peuvent laisser aucun doute 
raisonnable sur la primitivité de la situation centrale de la bouche. 
Planocera sans ventouse est le plus primitif des Acotylés et Anonymus 
avec une ventouse le plus simple des Cotylés. 

Pour que le complexe bucco-génital puisse fonctionner, il faut 
naturellement que les orifices deviennent libres au moins temporai- 
rement. Gomme ils sont sur la face ventrale, il faut que l'animal 
relève une partie de son corps ou tout au moins abandonne son adhé- 
rence. L'inconvénient est minime, tant que la partie antérieure peut 
continuer à adhérer; mais on comprend toutefois qu'il y ait avantage 
à ne devoir soulever que la plus petite partie possible du corps; ce 



LXXXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

qui s'obtient par le déplacement de toutes les ouvertures vers l'arrière. 
C'est ce qui est réalisé graduellement dans le groupe des Acotylés. 
La partie antérieure de la face ventrale reste dépourvue d'orifices et 
ne sert plus qu'à la locomotion et à l'adhérence. Il suffit de considérer 
sa forme, son contour, pour s'assurer qu'il en est ainsi. Aux formes 
elliptiques aux deux bouts également larges, succèdent chez les 
Acotylés des formes ovalaires le gros bout en avant ; le genre Stylo- 
choplana surtout est instructif : la partie antérieure est étalée en 
deux lobes latéraux. Ainsi, le groupe des Acotylés avec l'étrange com- 
plexe bucco-génital, cheminant vers l'extrémité postérieure, avec ses 
diverses formes, se comprend comme une conséquence naturelle des 
nécessités de la vie rampante. 

Les quatre premières planches de l'atlas de Lang sont consacrées 
aux Acotylés. Toutes les figures montrent l'épanouissement de la 
partie antérieure; il y a pourtant quelques exceptions, mais elles sont 
intéressantes, car c'est bien ici le cas de dire que les exceptions con- 
firment la règle. 

La figure 9, planche 2, frappe à première vue comme une excep- 
tion, mais elle représente Aceros, un Gotylé. 

Trigonoporus (fig. 1, pi. 2) est aussi exceptionnel; c'est pourtant 
un Acotylé; mais la figure a été dessinée non d'après un individu 
complet, intact, mais d'après deux morceaux. Ce cas est donc dou- 
teux. 

Les Acotylés Stylochus pilidium (fig. 5, pi. 1) et St. neapolitanus 
(fig. 7, pi. 1), Cryptocelis alba (fig. 6, pi. 3) et Gr. compacta (fig. 4, 
pi. 4) sont tous anormaux pour la forme. Mais ces quatre espèces 
sont spécialement mentionnées dans le chapitre sur les mœurs 
(p. 635) comme lentes et lourdes dans leurs mouvements. En outre, 
Cryptocelis est arénicole et fouisseur. 

Les lobes latéraux de Stylochoplana servent de nageoires et l'animal 
se meut comme un Ptéropode. Nous avons ici le cas intéressant d'un 
dispositif, primitivement utilisé pour l'adhérence, utilisé secondaire- 
ment pour tout autre chose, pour la natation mobile. Ce cas n'est 
pas isolé; quelque paradoxale que puisse paraître l'affirmation, tous 
les caractères spéciaux des Céphalopodes parmi les Mollusques, 
caractères qui semblent tous des adaptations directes de la natation, 
peuvent, au contraire, se concevoir comme des adaptations directes 
à la vie rampante, utilisées secondairement pour la natation. 

Dans le groupe des Cotylés, l'étalement antérieur de Anonymus 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1905. LXXXV1I 

est une anomalie; mais Lang mentionne l'animal comme doué d'une 
reptation très rapide. 

Autant tout cela est simple et logique, d'autant plus anormal doit 
paraître le déplacement en avant qui caractérise le groupe des 
Cotylés. Le relèvement de la partie antérieure pour la défécation a été 
observé. Cette partie portant les orifices du complexe bucco-génital 
ne peut plus s'adapter uniquement à la locomotion. Et les contours 
sont encore une fois en conformité avec cette conclusion ; il n'y a plus 
aucune tendance à l'élargissement, au contraire, plutôt à l'atté- 
nuation. 

Ce qui a permis le déplacement en avant, et par conséquent la for- 
mation du complexe céphalique, c'est la fixation par la ventouse. On 
ne doit pas se figurer cet organe comme s'étant formé chez un Poly- 
clade primitif encore à peu près circulaire, en prévision du déplace- 
ment ultérieur du complexe bucco génital et de l'évolution future du 
groupe des Cotylés ; ce serait de la téléologie et non de la phylogénie 
scientifique. Les ventouses, organes de fixation physiologiquement 
très efficaces, sont pourtant anatomiquement très simples et faciles à 
se former; c'est ce que démontre leur répartition dans plusieurs 
groupes zoologiques et dans des endroits très divers du corps. Comme 
dans plusieurs autres cas> la ventouse des Col y lés servait primitive- 
ment à maintenir les animaux unis pendant la copulation ou pour 
faciliter la ponte; mais elle permettait chez les Polyclades qui en 
étaient munis, le déplacement de la bouche en avant, et le groupe a 
évolué dans ce sens. 

Toutes ces considérations sont purement spéculatives et leur degré 
de certitude est fort aléatoire. Du moment qu'on ne s'illusionne pas 
sur leur caractère d'hypothèse, il n'y a pas grand mal. Et il reste 
toujours le très grand avantage d'établir, même temporairement, un 
lien logique entre des faits sans cela isolés et discordants. 

L'ORIGINE DES CTÉNOPHORES, 
Par Aug. LAMEERE. 

Les Méduses vibrantes du poète Chamisso, appelées Cténophores 
par Eschscholtz,sont considérées universellement comme des animaux 
dépourvus de cœlome à ranger parmi les Cœlentérés. 

Cependant, tous les zoologistes sont d'accord pour reconnaître qu'il 
y a entre les Cténophores d'une part, les Polypes et Méduses d'autre 



LXXXVlIt SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

part, des différences profondes : R. Hertwig a mis en lumière une 
discordance histologique considérable, et A. Agassiz a découvert des 
caractères embryogéniques complètement distincts. 

Seul, Hseckel a soutenu que les Cténophores peuvent être consi- 
dérés comme dérivant directement des Méduses : il voit dans une 
Anthoméduse, Ctenaria ctenophora, le lien entre les deux groupes, 
mais Yves Delage et Hérouard ont fait complètement justice de cette 
opinion très hasardée. 

Les Cténophores sont donc envisagés comme ne se rattachant à 
aucun autre Gœlentéré : ils auraient simplement un ancêtre commun 
avec les Cnidaires et devraient être opposés à ceux-ci dans la classifi- 
cation; personne n'a cherché à expliquer l'origine des différences 
qu'ils présentent d'avec les autres Gnidozoaires. 

D'autre part, sauf encore Hseckel, presque tous les zoologistes sont 
d'accord pour reconnaître entre les Cténophores et les Polyclades des 
liens étroits de parenté, soit qu'avec Lang ils considèrent les Cténo- 
phores comme intermédiaires entre les Cnidaires et les Polyclades, 
soit qu'avec Rorschelt et Heider ils admettent simplement pour les 
Cténophores et pour les Polyclades un ancêtre commun. 

Edouard Van Beneden voit dans les Cténophores des formes péla- 
giques des Polyclades, mais cette conception est en rapport avec une 
manière d'envisager les Turbellariés, absolument opposée à celle de 
tous les autres zoologistes. 

Les Plathelminthes sont considérés sans exception comme étant 
des Vers inférieurs, des formes simples non segmentées; on se plaît 
à y voir un lien entre les Vers supérieurs et les Cœlentérés, sans 
qu'on puisse cependant expliquer leur structure par cette hypothèse. 
Cette assertion est en rapport avec l'opinion que ces animaux sont 
dépourvus de cœlome et n'en ont jamais eu. 

La plupart des zoologistes, en effet, admettent une évolution pro- 
gressive du cœlome : ils supposent que des cavités se sont creusées 
peu à peu dans la masse du mésoderme, et lorsqu'ils voient dans 
l'ontogenèse le cœlome apparaîlre par entérocœtie, ils parlent de 
cœnogenèse, ou bien ils imaginent avec les frères Hertwig deux sortes 
d'animaux bilatéraux : des types issus des Anthozoaires et offrant un 
entérocœle détaché de la cavité digestive, et des types issus des Cténo- 
phores acquérant peu à peu un schizocœle creusé dans le mésoderme. 
Les Plathelminthes seraient des animaux de cette dernière catégorie 
qui n'auraient pas encore de schizocœle. 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. LXXXIX 

Mais il existe' une autre hypothèse relative à la signification du 
cœlome, hypothèse trop peu connue des zoologistes; elle est due à 
A. Sedgwick, et j'y ai été initié par mon maître Edouard Van Bene- 
den, qui a apporté maints arguments en sa faveur, notamment dans 
son travail sur les Anthozoaires de la « Plankton-Exp édition ». 

J'ai fait allusion à cette hypothèse dans mon récent discours sur 
l'évolution des Mollusques, ainsi que dans mes Prolégomènes de Zoo- 
génie [Bulletin scientifique de la France et de la Belgique, XXIII , 
4891, p. 399); elle est la base de la classification zoologique que 
j'ai adoptée dans mes cours et dans mon Manuel de la Faune de Bel- 
gique. Il serait trop long et oiseux de la discuter ici ; je vais me con- 
tenter de l'exposer, afin de pouvoir en tirer les conséquences relatives 
aux Plathelminthes et aux Gténophores. 

Tous les animaux qui ne sont pas des Cœlentérés descendent d'An- 
thozoaires : les loges mésentériques détachées de la cavité digestive 
centrale ont formé par leur ensemble le cœlome, leurs parois con- 
stituent le mésoderme, leur disposition détermine l'antimérie des 
Échinodermes ou la métamérie des autres Métazoaires supérieurs, 
chacun des segments de ces derniers étant formé d'un couple de loges 
se faisant vis-à-vis. 

La segmentation et l'entérocœlie sont donc primitives, et elles 
peuvent disparaître dans l'évolution. Par altération embryonnaire, 
l'entérocœlie dégénère en schizocœlie et le cœlome peut même s'atro- 
phier, en tant que cavité, entièrement; le mésoderme subsiste, mésen- 
chymatisé en tout ou en partie. Les animaux qui ne sont pas des 
Cœlentérés et qui n'ont pas de cœlome ne sont pas acœlomates, mais 
bien apocœlomates : ils ont perdu le cœlome. 

Celte hypothèse explique à la fois l'origine du cœlome, l'origine du 
mésoderme, l'origine de la segmentation; elle jette sur les faits une 
lumière beaucoup plus vive que les autres théories, et elle nous 
permet de concevoir comment se sont constitués les embranchements 
des animaux supérieurs : les Astérozaires (Échinodermes et leurs 
descendants, Entéropneustes, Ptérobranches, Phoronidiens, Bryo- 
zoaires ectoproctes, Brachiopodes et Chétognathes), à mon avis, des- 
cendent d'Anthozoaires fixés, les Helminthozoaires (Onychophores, 
Arthropodes, Vers et Mollusques) d'Anthozoaires rampant sur la 
face buccale, les Chordozoaires d'Anthozoaires pélagiques. 

L'hypothèse de A. Sedgwick nous permet de retourner la grada- 
tion établie par Lang (Arch. de Biologie, II, 1881) des Cténophores 



XG SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

aux Polyclades, de ceux-ci aux Triclades et de ces derniers aux 
Hirudinées, de considérer les Cténophores comme les formes supé- 
rieures de cette série au lieu d'y voir un type primitif dont l'origine 
est inexplicable. 

Des Anthozoaires (et d'après les recherches d'Edouard Van Bene- 
den nous pouvons préciser et dire : des Gérianthides) nous passons 
directement à une forme annélidienne qui aurait conservé des tenta- 
cules comme Peripatus, mais dont la structure générale serait celle 
d'un Polychète. L'organisme offre des « métanéphridies », simple 
perfectionnement des orifices faisant communiquer les loges de l'An- 
thozoaire ancestral avec l'extérieur. Cet Annélide est devenue Hiru- 
dinée hermaphrodite, à cœlome oblitéré et envahi par le mésoderme 
transformé en mésenchyme; les métanéphridies sont modifiées en 
« protonéphridies », leur orifice interne étant bouché par une des 
cellules du mésenchyme spécialisée. 

Gunda segmentata nous montre le passage non pas des Triclades 
aux Hirudinées, comme le suppose Lang, mais, au contraire, la tran- 
sition entre les Hirudinées et les Triclades, et de la même manière 
que Lang admet que les Triclades proviennent des Polyclades, nous 
pouvons admettre aussi l'inverse, c'est-à-dire que les Triclades sont 
les ancêtres des Polyclades. 

L'hypothèse de Lang est hérissée de difficultés majeures; elle 
réclame l'explication d'un perfectionnement progressif singulier, 
explication qu'on ne nous donne pas : multiplication des néphridies, 
apparition de la segmentation et du cœlome, par exemple. Notre 
hypothèse ne se heurte pas à ces obstacles : il est infiniment plus 
naturel de supposer une simplification graduelle de l'organisme allant 
de l'Hirudinée au Polyclade que le phénomène opposé. 

Si nous admettons ces conséquences de la théorie de A. Sedgwick, 
le problème de l'origine des Cténophores nous apparaît aisé à 
résoudre, et la manière même dont il peut être résolu vient con- 
confirmer la vraisemblance de l'idée que nous nous faisons de l'ori- 
gine des Polyclades. 

La supposition que les Cténophores sont les ancêtres des Poly- 
clades se trouve maintenant écartée d'emblée : cette hypothèse aurait 
d'abord cette conséquence de nous acculer à une apparition quasi 
soudaine d'une paire de néphridies et d'organes génitaux compli- 
qués. 

Ou bien les Cténophores sont des Cœlentérés, et ils constituent un 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XCI 

groupe terminus absolument étranger aux Polyclades, ou bien ce sont 
des Polyclades supérieurs pélagiques. 

Dans la première alternative, il faudrait expliquer d'abord pour- 
quoi les Gténophores offrent une anatomie, une histologie et une 
embryologie très différentes de celles des Cnidaires, et ensuite pour- 
quoi cette anatomie, cette histologie et cette embryologie ressemblent 
singulièrement à celles des Polyclades. 

Dans la seconde alternative, il faut et il suffît d'expliquer la dispa- 
rition des conduits génitaux et des organes segmentaires, ainsi que 
la symétrie rayonnée. 

Or, le Gténophore se trouve dans les conditions éthologiques d'une 
Méduse; il n'y a rien d'étonnant à ce que, par convergence, étant 
donnée la structure simplifiée du Polyclade ancestral, il devienne 
physiologiquement et même jusqu'à un certain point morphologique- 
ment une Méduse. 

Une Méduse vit sans organes excréteurs propres et sans conduits 
génitaux particuliers, son système gastrovasculaire remplissant l'office 
des uns et des autres; le Polyclade a un appareil digestif qui offre 
une disposition comparable à celle du système gastrovasculaire des 
Méduses : transporté dans les conditions éthologiques et soumis au 
régime d'une Méduse, le Polyclade, transformé en Cténophore péla- 
gique, peut perdre les organes segmentaires et les conduits génitaux. 

Il est à remarquer d'ailleurs que le système gastrovasculaire des 
Cténophores présente, comme celui des Méduses, des pores excré- 
teurs qui n'existent pas chez les Polyclades, et qui suppléent très pro- 
bablement à la disparition des organes segmentaires devenus inutiles. 

En outre, les produits génitaux sont situés chez 'les Polyclades à 
proximité immédiate des ramifications intestinales : il n'y a rien 
d'extraordinaire à ce que chez les Gténophores ils tombent directe- 
ment dans ces dernières et que leurs conduits vecteurs se soient atro- 
phiés, puisque chez les Méduses, qui se trouvent dans des conditions 
éthologiques identiques, les produits génitaux tombent aussi directe- 
ment dans l'appareil gastrovasculaire. 

Enfin, en ce qui concerne la symétrie rayonnée, notons d'abord 
que tous les auteurs s'accordent à considérer les Cténophores comme 
des Méduses à deux rayons, ce qui, au fond, veut dire que ce sont 
des animaux à symétrie bilatérale. Les cœcums intestinaux et les 
méridiens vibratiles sont disposés radiairement, encore une fois à 
cause de l'identité que présente l'habitat avec celui des Méduses : 



XCII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

chez celles-ci, le système gastrovasculaire est également rayonné, 
et lorsque, comme chez Ctenaria ctenophora, des nématocystes 
s'étendent sur l'ombrelle, ils forment aussi des bandes méridiennes. 

Cœloplana et Ctenoplana ont embarrassé les zoologistes : la signi- 
fication de ces animaux comme formes de transition entre les Poly- 
clades et les Cténophores n'est guère douteuse. 

Codoplana est un Gténophore plat, rampant, entièrement couvert 
de cils vibratiles, à système digestif semblable à celui des Polyclades, 
ou, si l'on veut, c'est un Polyclade à système nerveux central et 
opposé à la bouche, à tentacules développés en longs filaments 
pêcheurs. 

Ctenoplana est un Cténophore plat, rampant, à canaux gastrovas- 
culaires et à méridiens vibratiles disposés radiairement comme chez 
les Cténophores normaux. 

Ctenoplana et aussi Cœloplana, d'après les observations nouvelles 
faites au Japon par Abbott [Annotationes Zoologicœ Japonenses, vol .IV . 
part IV, December 1902), peuvent flotter à la surface de l'eau et s'y 
promener en laissant pendre leurs longs tentacules pêcheurs. 

Voilà comment s'est fait le passage des Polyclades aux Cténo- 
phores ! 

Ce n'est pas la larve de Mùller qui aurait persisté dans son exis- 
tence pélagique, c'est le Polyclade lui-même qui, en venant flotter à 
la surface de l'eau, est devenu le Cténophore. 

La larve de Mùller, adaptation pélagique temporaire du Poly- 
clade servant à la dissémination de l'espèce, ne peut être comparée au 
Cténophore : ses appendices, manifestation de l'augmentation de sur- 
face caractéristique d'un grand nombre d'organismes du plancton, ne 
sauraient être homologués ni aux méridiens vibratiles des Cténo- 
phores primitifs ni aux auricules des Cténophores lobés, qui sont 
certainement des formes supérieures. La larve de Mùller a disparu 
chez le Cténophore, pour l'excellente raison qu'elle faisait double 
emploi comme forme disséminante avec le Cténophore adulte. 

M. Kemna. — Le désaccord entre les idées exposées par 
M. Lameere et par moi, gît dans la conception des formes larvaires. Je 
les considère en général comme normales, à signification phylogé- 
nique, sauf quand il y a-des raisons contraires suffisantes. M. Lameere 
me semble considérer comme règle leur caractère cénogénique ; je 
suppose qu'il admet certaines formes larvaires comme primitives, par 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. XCIII 

exemple le stade Mertensia des Cténaires lobés; mais ce seraient des 
exceptions assez rares. Les ressemblances de beaucoup de ces larves 
entre elles et avec des formes adultes de groupes inférieurs sont pure- 
ment fortuites, et résultent d'adaptations au même genre de vie, le 
planctonique. Les protubérances des larves brachiées n'auraient pas 
plus de signification pour l'anatomie comparée que les piquants des 
Diatomées et des Péridiniens. 

Admettons un moment cette thèse. Un peu partout chez les ani- 
maux marins fixés ou peu mobiles, un stade larvaire a été intercalé 
secondairement dans l'ontogénie. Dans les diverses espèces ou genres, 
ces modifications secondaires se sont produites d'une façon indépen- 
dante, sans connexion entre elles. Nous devons donc nous attendre à 
une grande diversité de types larvaires, répartis sans aucune régula- 
rité chez les divers types zoologiques. Un même groupe d'êtres aura 
des larves fort diverses; un même type larvaire se rencontrera dans 
plusieurs groupes zoologiques. 

Or, cela n'est certainement pas le cas. Malgré l'infinie variété des 
formes extérieures, les types larvaires sont en nombre fort réduit; 
leur répartition est régulière et conforme aux grandes coupes systé- 
matiques (ex. planula des Cœlentérés) ; leurs ressemblances entre elles 
montrent une évolution graduelle conforme à la série zoologique (ex. 
larve de Goette et Pilidium). Tous ces faits, groupés par Balfour 
(Compar. Embr., 1881, t. I, p. 305), l'ont amené à conclure à l'exis- 
tence d'un ancêtre commun pour toutes les formes à larves brachiées 
et cet ancêtre répond parfaitement à un Cténophore. On peut donc 
dire que Balfour et Lang sont arrivés d'une façon indépendante à des 
conclusions identiques. 

M. Lameere nous dit que le Cténaire est bien la modification du 
Polyclade adulte et non de sa larve. Je n'avais considéré cette dernière 
hypothèse que comme pouvant être éventuellement soutenue et parce 
qu'elle me semblait plus logique; par impartialité, je voulais faire la 
part la plus belle possible à l'opinion que je combattais. Donc, la 
larve de Muller n'aurait rien à faire avec le Cténaire; elle aurait 
même été éliminée de son ontogénie comme inutile. Que deviennent 
alors les ressemblances si étroites entre les deux? Le hasard aurait 
produit une forme très caractéristique de larves, simulant une orga- 
nisation cténaire, précisément dans ce petit groupe des Polyclades, 
allié aux Cténaires, et uniquement là. Ces ressemblances sont telle- 
ment étroites qu'elles simulent un des deux groupes de Cténaires, 






XCIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

précisément celui avec lequel une évolution aux dépens du Polyclade 
deviendrait impossible. Tout cela serait l'effet du hasard? Il me 
semble que c'est beaucoup exiger. 

Ces ressemblances sont donc considérées comme superficielles par 
M. Lameere; je me serais fait illusion en les regardant comme des 
homologies véritables et en leur accordant une portée phylogénique. 
Pour d'autres ressemblances, nous sommes d'accord pour les consi- 
dérer comme des homologies. Mais cela ne fait qu'accentuer notre 
désaccord fondamental, car chacun de nous cite ces faits comme 
arguments. Dans ces conditions, il est clair que la discussion ne peut 
aboutir. Je me bornerai donc à quelques remarques. 

La complexité histologique des Gténaires rappelle plutôt le Poly- 
clade que le Gœlentéré. Le fait est exact. Du reste, ce n'est jamais 
sur un fait matériel qu'il peut y avoir désaccord, mais bien sur son 
interprétation. M. Lameere nous dit que cette complexité histolo- 
gique est incompatible avec le type Cœlentéré. Cette conclusion ne me 
semble nullement nécessaire. Les Infusoires unicellulaires présentent 
des spécialisations anatomiques qui semblent étonnantes ; la marge de 
variation histologique est énorme chez les Vertébrés, avec YAm- 
phioxus aux organes épithéliaux et à squelette anhiste sécrété, et ce 
caractère anhiste est normal, n'est pas de la dégénérescence, car il 
caractérise aussi les Hétérostracés fossiles. 

La série de dégénérescence Sangsue-Cténaire est fort bien graduée, 
parce qu'au stade Polyclade, c'est un Acotylé, à bouche posté- 
rieure, qui a été utilisé. C'est la série de Lang, en sens inverse, 
mais celle du travail de 1881. En 1884, Lang a donné une inter- 
prétation assez différente, en considérant comme primitives les formes 
à bouche centrale. La division des Polyclades en deux séries diver- 
gentes se comprend alors admirablement, et j'ai montré que non 
seulement l'organisation interne, mais aussi les détails de la forme 
extérieure, à laquelle Lang n'avait pas songé, rentrent tout naturel- 
lement dans le cadre de l'explication. Avec le sens d'évolution inverse, 
Polyclade-Cténaire,. cela ne va plus. Un chemin tout droit peut se 
parcourir dans un sens ou dans l'autre, et te choix de la direction est 
difficile, car on n'a pas de point de repère; mais les bifurcations ne 
concordent qu'avec une seule direction de marche, et cetle direction 
n'est pas celle indiquée par M. Lameere. 

Je me suis tenu, dans ma note, étroitement à la question des rela- 
tions entre deux groupes, Cténaires et Polyclades, sans me préoc- 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XCV 

cuper des conséquences pour des conceptions plus vastes. Je l'ai fait 
de propos délibéré, d'abord pour limiter le débat, et, ensuite, pour 
une raison de méthode, de logique. Je crois qu'une conception géné- 
rale doit être le résultat de la combinaison de toute une série de 
théories particulières s'appliquant à des groupes plus restreints de 
faits. Une théorie générale doit résulter pour ainsi dire spontanément 
de la concordance de ces théories particulières. Celles-ci peuvent et 
doivent influencer la théorie générale, laquelle, à son tour, peut 
servir à inciter à des recherches, à servir de guide, mais beaucoup 
moins à modifier l'interprétation acquise de faits fort clairs. 

Or, M. Lameere a suivi une méthode inverse de la mienne. Les 
rapports entre Clénaires et Polyclades sont considérés par lui, non en 
eux-mêmes, mais en fonction de leur rôle dans une conception plus 
générale, portant sur un vaste ensemble de formes animales. Son 
interprétation n'est qu'un cas particulier de cette conception générale 
posée comme prémices. Avec le courage d'une logique inflexible, il 
écarte tout ce qui ne rentre pas dans le cadre; mon interprétation de 
la larve de Mûller partage le sort des formes larvaires en général, 
qui sont toutes récusées. C'est une chose grave pour une théorie 
générale que d'aboutir à de pareilles conséquences. 

L'hypothèse de Lang peut à son tour donner lieu à certains déve- 
loppements. Un organisme pélagique s'est transformé en un orga- 
nisme rampant, mais dans l'ontogénie de ce dernier, le stade péla- 
gique est conservé avec toutes sortes de particularités spéciales quant 
à la nature et à la disposition de l'appareil de locomotion, qui ne se 
retrouvent que dans ces deux seuls groupes; les modifications sont 
aisément explicables et en rapport avec le changement de mœurs. 
Voilà donc tout naturellement un stade mobile dans l'ontogénie du 
premier être côtier. 

Dans le cours ultérieur de l'évolution phylogénique, l'adulte change 
mais le stade larvaire subit également des modifications. Ainsi 
s'expliquent à la fois et les ressemblances des larves entre elles et 
leurs différences. Tout cela est la simplicité même et bien en con- 
traste avec la théorie qui fait de chaque forme larvaire une création 
autonome inexpliquée. 

La larve Polyclade est caractérisée par rapport au Cténaire par 
un développement plus précoce et plus marqué de l'appendice ou lobe 
devenu antérieur et qui a donné le complexe supra-buccal. Or, ce 
sont exactement les deux mêmes principes qui permettent de com- 



XCYI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

prendre la larve Pilidium, comme une modification de la larve de 
Mûller, dans la même direction d'évolution. Cette série Gténaire lobé, 
larve de Mûller, larve Pilidium me semble naturelle et devoir être 
regardée, par conséquent, quasi comme un fait, que des considéra- 
tions théoriques ne pourraient modifier, mais avec lequel, au con- 
traire, elles ont à s'arranger. 

Cette série peut-elle se poursuivre plus loin? Des rapprochements 
avec les larves d'Echinodermes ne me semblent pas impossibles. 
Bal four était déjà tenté de les admettre dans une certaine mesure. 
Mais je ne veux pas aborder toutes ces questions, qui finiraient par 
englober la phylogénie du règne animal tout entier. J'y ai été 
quelque peu entraîné, à la suite des intéressantes considérations que 
M. Lameere a fait valoir. 

La séance est levée à 7 heures. 



Séance du 6 juin. 

Présidence de M. le baron van Ertborn, vice-président. 

La séance est ouverte à 4 ] / 2 heures. 

Les procès-verbaux des séances d'avril et de mai compris dans la 
feuille 5 des Bulletins de 1903 sont déclarés adoptés. 

Correspondance. 

M, Dautzenberg fait excuser son absence. 

La Société enregistre le décès de M. Fr. Crépin, directeur hono- 
raire du Jardin botanique de l'État à Bruxelles, membre de l'Académie 
royale de Belgique, etc. 

Le défunt, qui fut notre président en 1888-1890, s'était acquis 
une réputation universelle par ses travaux sur les plantes du genre 
Rosa. Il s'était consacré également à la paléontologie végétale et il 
occupa pendant plusieurs années le poste de conservateur au Musée 
d'Histoire naturelle. 

La Société perd en lui un confrère auquel sa grande bonté, son 
esprit méthodique et réfléchi avaient créé de vives sympathies et 
qu'elle regrettera longtemps. 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. XGVII 

Bibliothèque. 

Dons : 

De M. le Ministre de l'Industrie et du Travail : huit feuilles de la 
Carte géologique de Belgique au 40,000 e (Heers-Looz, Quiévrain- 
Saint-Ghislain, Modave-Clavier, Hamoir-Ferrières, Merbes-le-Châ- 
teau-Thuin, Durbuy-Mormont, Sivry-Rance, Froidchapelle-Senzeille. 

Dépôt : 
Bulletins des séances, t. XXXV11I, feuille 5, parue le 30 mai. 

Communication. 

LES CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES VERTÉBRÉS, 
Par Ad. KEMNA. 

Les caractères distinctifs du plus important des embranchements 
du règne animal sont si bien connus, qu'une communication sur cette 
question semble ne pouvoir consister qu'en des redites. La diagnose 
des Vertébrés est inaltérable; il n'y a rien à y ajouter, rien à en 
retrancher. 

Mais il y a peut-être encore à coordonner. Les diverses particula- 
rités anatomiques qui constituent ces caractères généraux sont d'or- 
dinaire énumérées comme autant de faits distincts et isolés; il est 
pourtant plus que probable qu'il y a entre eux connexité, qu'ils 
forment un groupe rationnel, unis par un lien logique. Il serait inté- 
ressant de rechercher ce lien. 

Comment aborder cette question? Les caractères généraux d'un 
groupe sont évidemment ces dispositions structurales que l'on ren- 
contre d'une façon constante, que présentent tous les représentants 
de ce groupe. Déjà l'ancienne anatomie comparée avait fort claire- 
ment dégagé, de la multiplicité et de la variété des réalisations 
particulières, ce qui est commun à toutes, et l'ensemble de ces res- 
semblances constituait le « type » du groupe, ordre, classe ou 
embranchement. Tant que ce type a été considéré comme une concep- 
tion idéale, comme une abstraction, le rôle de la science ne pouvait 
pas aller plus loin. Mais avec la notion d'évolution et de descendance, 
ce type s'est matérialisé en un ancêtre concret; c'est un progénileur, 

T. X3CXV1II, 1903 7 

Octobre 1903. 



XCVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

un pro-quelque chose, qui a vécu, et d'une certaine façon, dans un 
certain habitat, qui faisait partie d'un ensemble d'animaux constituant 
une faune, au milieu d'un ensemble de plantes constituant une flore. 
Dans ce monde organique, il cherchait sa nourriture; il y rencon- 
trait des concurrents et des ennemis. Est-ce bien une hypothèse, ou 
n'est-ce pas plutôt une certitude, d'affirmer une adaptation de l'orga- 
nisme à ses conditions d'existence? Dès lors, par voie de conséquence, 
les caractères généraux des Vertébrés, caractères généraux du groupe 
parce que possédés par l'ancêtre, par le progéniteur commun, doivent 
avoir été en relation logique avec son mode d'existence, son genre 
de vie. La question se présente donc comme suit : les divers carac- 
tères généraux des Vertébrés peuvent-ils, en tout ou en partie, se 
rattacher comme des adaptations à un genre de vie déterminé? 

La réponse s'obtiendrait d'une façon fort simple, par l'observation 
directe du mode d'existence du Vertébré primitif. Malheureusement 
les Vertébrés ne datent pas d'aujourd'hui ; ils existaient déjà dans le 
Silurien supérieur et même beaucoup plus bas, s'il fallait en croire 
Rohon pour la Russie, Walcott pour l'Amérique. L'observation 
directe des mœurs est évidemment impossible pour les fossiles. 

Mais la géologie est pourtant à même de nous fournir quelques 
renseignements. Elle peut établir, et d'ordinaire avec beaucoup de 
certitude, si une couche est d'origine marine ou a été déposée dans 
l'eau douce, et, dans les couches marines, elle peut souvent nous 
renseigner approximativement sur la profondeur. Pour montrer tout 
le parti qu'un esprit ingénieux peut tirer de ces données, il suffira de 
citer un travail de Max Lohest sur l'habitat côtier et les migrations 
des Poissons dévoniens (Soc. géol. de Belgique, Liège, 1887-88, XV). 

Certains rapprochements paléontologiques sont également fort 
suggestifs. Quelques-uns des Poissons les plus primitifs ont des 
formes étranges : Cephalaspis, Pterichthys. Ils ressemblent aux 
grands Crustacés qui étaient les formes dominantes dans les mêmes 
couches, Trilobites, Euryptérides, Mérostomes; quelques-uns ont 
voulu voir dans ces ressemblances de véritables homologies (Patten, 
Gaskell); mais il est plus raisonnable d'y voir un cas de mimétisme 
(Dean), certainement le premier en date, puisqu'il remonte au Silu- 
rien; quand les Vertébrés se sont adaptés à la région tout à fait 
côtière, ils ont adopté la livrée du groupe qui dominait à cette époque 
dans cette région. 

Somme toute, la géologie ne nous fournit que peu d'indications. 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNEE 1903. XCIX 

Mais ces Vertébrés primitifs ne sont pas tous éteints. L'embranche- 
ment présente une grande marge de variations, des différences consi- 
dérables dans la perfection d'organisation d'une classe à l'autre. Ces 
différences sont beaucoup plus grandes qu'on ne l'avait cru d'abord ; 
les Cyclostomes, primitivement confondus avec les Poissons ordi- 
naires, forment à eux seuls un groupe ayant la valeur d'un sous- 
embranchement, en tout cas plus qu'une classe, en-dessous de tous les 
autres Vertébrés. Et plus bas encore, YAmphioxus montre une telle 
simplification de structure, qu'on a eu beaucoup de peine à la com- 
prendre compatible avec le type vertébré. Interrogeons donc, au 
point de vue des rapports entre les mœurs et la structure, ces repré- 
sentants actuels des Vertébrés primitifs, ces fossiles vivants. 

VAmphioxus est arénicole et fouisseur; les Cyclostomes sont plus 
ou moins parasites. Ce dernier cas est unique dans tout l'embranche- 
ment. L'habitat arénicole et les habitudes fouisseuses ne sont pas si 
exceptionnels, quoique assez rares ; mais aucun Poisson ne les pré- 
sente à un degré aussi marqué que YAmphioxus. Ainsi les deux 
représentants les plus primitifs des Vertébrés dans la faune actuelle 
sont très exceptionnels quant à leur genre de vie. 

Les grands embranchements ne sont pas limités dans un seul et 
même habitat. Sous la pression de la lutte pour l'existence, le type 
envahit les cantonnements les plus variés et se diversifie par adapta- 
tion aux genres de vie les plus différents. Nous trouvons un peu 
partout des arénicoles fouisseurs et des parasites ; mais dans tous les 
cas, nous avons des raisons péremptoires pour considérer ces deux 
genres de vie non comme primitifs, mais comme acquis secondaire- 
ment. En outre, ces deux genres de vie sont connus pour amener 
des modifications régressives dans l'organisme, notamment la dispa- 
rition des organes du mouvement et des organes des sens. Il en 
résulte que nous n'avons pas, dans YAmphioxus et les Cyclostomes, 
des Vertébrés dans leur habitat normal, et même que, au point de 
vue anatomique, tout n'est pas primitif, mais une partie de leur 
simplicité pourrait être secondaire, un résultat de dégénérescence et 
par conséquent sans portée phylogénique. Par exemple, l'absence 
de cerveau chez Y Amphioxus peut difficilement être une structure 
primitive et normale, étant donné qu'il y a un cerveau et des organes 
des sens chez les larves de Tuniciers ; la dénomination d'Acrânien 
rappelle certes un caractère très frappant, mais ce serait un carac- 
tère secondaire. 



C SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Il est très important de déterminer l'étendue des modifications 
régressives. Si, comme le veut Dohrn, nous avons tout simple- 
ment affaire à des Poissons ordinaires modifiés, si l'absence de 
mâchoires et de membres pairs est due à une atrophie secondaire, il 
faudrait douer de ces organes le Vertébré primitif; tandis que si 
nous admettons une dégénérescence plus limitée, cette absence serait 
primitive; les mâchoires et les membres pairs ne pourraient plus 
figurer parmi les caractères généraux des Vertébrés. 

Les progrès récents de la paléontologie portent précisément sur 
cette question, sans que leur signification spéciale ait toujours été 
mise suffisamment en lumière. Depuis longtemps on connaissait, 
dans le Silurien supérieur et dans le Dévonien, des Poissons comme 
Cephalaspis, Pteraspis, que l'on rangeait parmi les Ganoïdes. Chez 
tous les exemplaires, il y a absence constante de mâchoires et de 
membres pairs et pour cette raison, on les" a rapprochés des Cyclo- 
stomes. En 1898, Traquair a décrit plusieurs formes nouvelles du plus 
haut intérêt. On s'est assez peu préoccupé du genre de vie probable, 
de l'habitat de ces fossiles primitifs; mais il ne viendra, je crois, à 
l'esprit de personne, de considérer l'une quelconque d'elles comme 
parasite. A juger d'après le contour et l'aspect général, il j a fort 
nettement deux groupes : les aplatis (Cephalaspis, Theïodus), qui 
auront probablement occupé le fond de la zone côtière, — et ceux à 
profil vertical élevé (P ter aspis, Palœaspis, Birkenia) nageurs en 
pleine eau. Nous connaissons donc des Agnathes à allures et à habitat 
plus normal ; mais tous ont disparu. Dans un groupe qui évolue avec 
rapidité — et tel doit avoir été le cas quand ces Agnathes se sont 
transformés en Gnathostomes et ont acquis des membres pairs —, 
la concurrence est particulièrement intense. Les formes anciennes 
sont refoulées par les formes nouvelles constamment produites ; non 
seulement elles disparaissent de la faune, mais elles sont rares 
comme fossiles, car elles n'ont pas le temps de se répandre ni hori- 
zontalement ni verticalement. C'est ainsi qu'on peut expliquer 
l'absence si frappante de formes de transition et le changement de 
toute une faune. Ne persistent que ces formes qui se sont soustraites 
à la lutte en se retirant dans un habitat très spécial. UAmpluoxus 
nous reste comme un rappel des Vertébrés primitifs, parce qu'il a 
pris l'habitat arénicole, et les Cyclostomes se sont maintenus grâce 
à leur parasitisme. Malgré les modifications subies par l'organisa- 
tion comme des adaptations à ces genres de vie aberrants, ils nous 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CI 

donnent un renseignement des plus précieux, confirmé par la 
paléontologie : les mâchoires et les membres pairs ne font pas 
partie intégrante du type vertébré. 

Un autre fait connu est l'habitat primitif aquatique. Tous les 
groupes inférieurs, confondus sous la dénomination vulgaire de Pois- 
sons, sont aquatiques. Quelle que soit l'interprétation donnée aux 
larves aquatiques des Batraciens, il semble difficile de leur dénier la 
valeur d'un argument dans cette question. Les fentes branchiales 
temporaires dans les embryons des trois classes supérieures prouvent 
que la respiration aérienne est une modification secondaire de la 
respiration aquatique. Il n'y a jamais eu qu'une voix discordante : 
Simroth (Entstehung de?' Landthiere, 1891) considère les Vertébrés 
comme provenant d'Articulés aériens; Pterichthys ferait la transition 
aux Poissons. 

Quand on considère la forme extérieure d'un poisson ordinaire, ce 
qui frappe, c'est l'aplatissement latéral. Le diamètre transversal est 
plus petit que le diamètre vertical; l'animal est élevé dorso-ventrale- 
ment et cette élévation est encore intensifiée par le développement de 
membranes médianes; l'animal paraît en équilibre instable. Willey 
(Amphioxus and the ancestry of the Vertebrates, p. 43) considère 
cette forme comme très importante et n'ayant pas suffisamment attiré 
l'attention. « Cette compression bilatérale du corps primitif du Ver- 
ce tébré n'est pas apparue comme une adaptation spéciale à un mode 
« de vie particulier, mais plutôt en corrélation avec d'autres carac- 
« tères de l'organisation. Le développement du tube médullaire dor- 
« sal et de la notoehorde au-dessus du tube digestif et la concentra- 
« tion des myotomes devaient nécessairement mener à une forme 
« bilatéralement comprimée du corps. » 

Ainsi, la forme élevée résulterait du type de structure même du 
Vertébré, qui accumule dans le plan médian longitudinal, l'un 
au-dessus de l'autre, le tube digestif, la corde, la moelle ; cette forme 
élevée n'a pas apparu, parce qu'elle pourrait être utile plus tard. 
Cela rappellerait la sage et prévoyante Nature de Bernardin de Saint- 
Pierre, avec ses harmonies préétablies. La phylogénie n'a pas de ces 
sollicitudes anticipées. Mais cela n'empêche pas qu'un caractère, une 
fois donné, peut être utilisé et, par suite, anatomiquement intensifié. 
Tel semble bien le cas pour l'élévation du diamètre vertical. Les 
Poissons nagent par des oscillations du corps dans un plan horizontal ; 
l'augmentation du plan vertical médian donne donc une plus grande 



Cil SOCIÉTÉ ROYALE MALAC0L0G1QUE DE BELGIQUE. 

surface d'impact et permet l'insertion de plus nombreuses fibres 
musculaires. Ce dispositif est donc nettement en rapport avec le mode 
de locomotion du Poisson, qui est la natation énergique, la transla- 
tion rapide, — aussi avec son habitat, qui est la pleine eau, la masse 
même du liquide. 

Une telle utilisation doit s'être produite très tôt, puisqu'on la trouve 
chez les Tuniciers, larves d'Ascidies et Appendiculaires; la queue est 
très fortement aplatie latéralement et très élevée. Elle est l'organe 
du mouvement. Chez les Appendiculaires, elle doit jouer un rôle 
important, comme le prouvent deux adaptations très spéciales et tout 
à fait uniques dans le groupe des Chordés : son infléchissement en 
avant, contre le ventre, et sa torsion de 90 degrés vers la gauche 
autour de son axe longitudinal, torsion qui, de verticale, rend la 
queue horizontale. Quelles peuvent être les raisons de ces deux modi- 
fications? On n'a jamais tenté, que je sache, une explication. Quand 
l'animal est dans sa capsule gélatineuse, la queue fonctionne comme 
un énorme flagellum pour produire un courant d'eau ; la présence de 
cette capsule, son mode et son endroit d'attache à l'animal, pourraient 
peut être donner la raison. Nous savons par Lohmann (Plankton 
Exped. de V. Eensen, vol. Ia, p. 139, 4892) que l'animal libre est 
souvent immobile, inerte; alors il coule au fond, la partie posté- 
rieure du corps, alourdie par les organes génitaux, en bas; la queue 
verticale traîne (wird nachgeschleppft). Quand l'animal se remet en 
mouvement, il commence par se relever; « le tronc est porté en 
haut ». La queue agit donc comme releveur. Or, l'horizontalité de la 
queue des Cétacés a aussi été mise en rapport, à tort ou à raison, 
avec la remonte fréquente à la surface pour respirer. 

Les observations de Lohmann ont donné encore un autre détail : 
la vivacité extrême des mouvements, l'énergie extraordinaire des 
contractions. L'auteur insiste tout particulièrement sur ce point. 
Pendant les périodes de mouvement, la queue s'agite violemment pour 
relever l'animal puis pour le propulser en avant; puis survient une 
période de repos, comme d'atonie musculaire. Deux détails de la 
structure histologique peuvent, avec beaucoup de probabilité, être mis 
en rapport avec cette énergie des contractions musculaires : en tout 
premier lieu, la striation de la fibre; en second lieu, le volume con- 
sidérable et la forme dendritique des noyaux, regardé comme signe 
de grande activité fonctionnelle, au moins chez les cellules glandu- 
laires. Le noyau des cellules musculaires dans la queue des Appendi- 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. GUI 

culaires ressemble beaucoup à certains noyaux glandulaires; cela 
pourrait même suggérer une autre explication que l'activité contrac- 
tile : l'activité sécrétoire, également fort considérable, puisque la 
capsule gélatineuse ne persiste que pendant quelques heures, est 
alors abandonnée et formée à nouveau en fort peu de temps ; il n'est 
peut-être pas impossible que plusieurs tissus différents contribuent à 
cette sécrétion. 

Chez les Tuniciers, la queue est un appendice nettement distinct 
du tronc. Nous laissons de côté la question de savoir si cet arrange- 
ment est primitif ou secondaire. Chez tous les Vertébrés, la queue 
fait partie du tronc; c'est comme si l'appendice caudal avait envahi le 
corps lui-même, poussant jusqu'à l'extrémité antérieure sa corde dor- 
sale avec ses masses musculaires. Ceci n'est pas donné comme un 
processus phylogénique, mais simplement comme une comparaison 
pour bien faire ressortir que dans les Vertébrés, l'appareil locomo- 
teur est le tronc lui-même, le corps tout entier. On peut dès lors 
comprendre l'absence d'appareils spéciaux du mouvement, sous forme I 

de membres proéminents. 

La translation rapide dans un milieu aussi dense et aussi résistant 
que l'eau, ne peut se réaliser que moyennant certaines conditions de 
forme et de contour. C'est une partie importante de l'art des con- 
structions navales. Un ingénieur maritime a eu l'idée d'étudier à ce 
point de vue les Poissons, et il a constaté une ressemblance remar- 
quable entre leurs contours et ce qu'on nomme les « lignes » des 
navires. La forme en fuseau donne même au vulgaire, l'impression 
d'un mobile rapide. Les lignes de contour sont des courbes régulières 
et doucement graduées, sans heurt, saillie, ni creux, pour offrir la 
moindre résistance au passage à travers le liquide. 

Ce qui démontre le caractère adaptif, c'est le changement de forme 
qu'amène un changement dans l'habitat. Du moment que le Poisson 
quitte la pleine eau pour vivre en contact avec le fond, il y a apla- 
tissement dorso-ventral, étalement horizontal. Chose curieuse et à 
première vue paradoxale, le séjour habituel dans la vase comporte 
beaucoup moins de modification dans la forme (Anguilles, Dip- 
neustes); c'est que, plongé dans la vase, l'animal est en somme dans 
un milieu unique homogène, tandis que sur le fond il est en contact 
avec deux milieux différents. 

La preuve inverse est fournie par les représentants aquatiques des 
Vertébrés aériens. Les vrais Thalassicoles (Ichthyosaures et Cétacés) 



CIV SOCIÉTÉ ROYALE MALÀCOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

reprennent la forme du Poisson, surtout par la réduction de la région 
cervicale. Les divers Pinnipèdes sont à ce point de vue assez diffé- 
rents, les Phoques étant les plus pisciformes. 

En résumé, la forme élevée des Poissons est en rapport avec leur 
mode de natation rapide; il faut admettre que ce rapport s'est établi 
très tôt, puisque la queue des Tuniciers et le corps de YAmphioxus 
sont fortement aplatis. 

S'il est une structure caractéristique, c'est à coup sûr la corde dor- 
sale. Son origine est inconnue, car on peut douter que le mode de 
formation embryologique reproduise fidèlement le mode de formation 
phylogénique. Des structures qui y ressemblent ont été signalées chez 
plusieurs Invertébrés (Balanoglossus, Cephalodiscus) ; même chez les 
Cœlentérés, la rigidité des tentacules est parfois produite par l'em- 
pilement et la vacuolisation des cellules endodermiques. Nous laissons 
de côté la question de savoir jusqu'à quel point nous avons ici des 
homologies ou de simples analogies. Mais il est certain que entre les 
Tuniciers et les Vertébrés, il y a pour cette structure homologie réelle. 

La corde est une tige à la fois rigide et élastique, occupant l'axe 
longitudinal du corps. L'action des muscles pendant la natation l'in- 
fléchit de côté et d'autre, en une courbe graduée : la corde régula- 
rise l'action des muscles. Déviée, elle est en état de tension et revient 
spontanément à sa position d'équilibre; dans chaque moitié d'une 
oscillation simple, elle sert d'accumulateur de force ; l'énergie accu- 
mulée se dépense pendant la première moitié de l'oscillation simple 
suivante. 11 y a là une adaptation très nette et des plus importantes 
au mode spécial de locomotion des Poissons. 

La musculature des Vertébrés est caractérisée histologiquement 
par la striation de ses fibres et anatomiquement par sa situation en 
deux masses latérales, métamériquement segmentées. 

La striation est, comme nous l'avons vu, en rapport avec l'énergie 
et la rapidité des contractions. 

La segmenlation métamérique, quelle que soit son importance et 
sa signification morphologiques, a permis des adaptations spéciales 
au mouvement de natation. Supposons la fibre musculaire d'une 
seule longueur, de la racine jusqu'au bout de la queue : lors de la 
contraction, la fibre soustendra l'arc formé par la notocorde comme 
une corde géométrique, formant une surface d'impact plane, au lieu 
de concave. En outre, la segmentation permet aux paquets muscu- 
laires d'entrer successivement en action. 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CV 

Les masses musculaires doivent être disposées symétriquement par 
rapport à la corde, parce que, dans les oscillations successives, les 
écarts de l'un côté et de l'autre de la position d'équilibre sont égaux. 
Or, il n'y a que les côtés latéraux, droit et gauche, qui soient homo- 
logues. Une symétrie par rapport au plan horizontal, les organes 
étant ventral et dorsal, ne serait pas parfaite. Il y aurait un autre 
inconvénient. Les organes digestifs et reproducteurs occupent des 
positions dans le plan médian ou tout près, de façon que les flexions 
latérales les affectent au minimum ; avec des flexions dans le sens 
vertical, ils seraient soumis à un massage, à des compressions. Aussi, 
chez les Poissons aplatis dorso ventralement, les mouvements nata- 
toires consistent surtout en ondulations des nageoires latérales et 
généralement la portion caudale n'est pas aplatie. 

L'activité musculaire pour une natation énergique entraîne comme 
corollaire inéluctable une grande activité respiratoire. Les Vertébrés 
présentent deux particularités caractéristiques : le sang renferme des 
globules rouges, les organes respiratoires sont des branchies internes. 

Toutes choses égales d'ailleurs, l'intensité de la respiration sera 
proportionnelle à la quantité d'oxygène que le sang peut dissoudre. 
Pour le sang blanc ordinaire des Invertébrés, la donnée physique de 
la solubilité du gaz entre seule en jeu. Il n'en est plus de même pour 
l'hémoglobine, avec laquelle l'oxygène contracte une union chimique, 
ce qui probablement permet l'absorption d'une quantité d'oxygène 
beaucoup plus considérable que par simple dissolution ; pratique- 
ment, l'intensité de la respiration est limitée, non par la solubilité 
du gaz, mais par celle de l'hémoglobine, les liquides organiques ne 
pouvant pas dépasser une certaine concentration. Mais, dans le sang 
à globules des Vertébrés, l'hémoglobine n'est pas dissoute; elle est 
condensée dans les globules par une action d'adhérence probablement 
analogue à ce qu'en physico-chimie Ostwald a nommé « adsorp- 
tion » ; la quantité d'hémoglobine peut augmenter sans une augmen- 
tation proportionnelle de la concentration. 

L'hémoglobine n'est pas tout à fait spéciale aux Vertébrés. Quel- 
ques Invertébrés ont une solution d'hémoglobine. Elle est absente 
chez les Tuniciers. VAmphioxus aurait quelques rares globules ellip- 
tiques rouges, en nombre insuffisant pour donner une couleur 
(Rohon). Ce fait, assez indifférent au point de vue physiologique, 
aurait une importance plus grande au point de vue morphologique 
(dégénérescence?). À partir des Cyclostomes, le sang rouge globu- 









CVi SOCIÉTÉ ROYALE MALAC0L0G1QLE DE BELGIQUE. 

laire est caractéristique des Vertébrés. Les Tuniciers, du moins les 
Appendiculaires, l' A mphioxus , ne sont pas de vrais nageurs; ils 
peuvent déployer une énergie considérable, mais pendant peu de 
temps seulement ; ils sont de suite hors d'haleine. L'endurance est 
la suite d'une réserve plus considérable d'oxygène. 

Généralement, dans le règne animal, les organes de la respiration 
aquatique, les branchies, sont des appendices extérieurs du corps. Ils 
ont donc l'inconvénient des membres proéminents, de donner facile- 
ment prise à l'ennemi, et, pour des organes nécessairement toujours 
gorgés de sang et d'une telle importance physiologique, cet inconvé- 
nient ne peut pas être compensé par la faculté d'autotomie. La nature 
a recours à d'autres moyens. Le plus radical est la suppression des 
branchies et l'établissement d'une respiration purement cutanée 
(Hétéropodes, Nudibranches) ; mais cela entraîne comme conséquence 
une diminution de taille, une dégradation de l'organisme ; l'évolution 
s'est engagée dans une impasse et ces groupes sont phylogéniquement 
stériles. Le plus généralement, il y a tendance à protéger les bran- 
chies ; anatomiquement externes, elles deviennent topographiquement 
internes (Décapodes et Céphalopodes, les deux classes supérieures 
des Arthropodes et des Mollusques). Chez les Vertébrés, les organes 
respiratoires sont morphologiquement internes, et les Vertébrés sont 
devenus l'embranchement supérieur du règne animal. Leur taille est 
énorme, comparativement à celle des Invertébrés. Les grands Cépha- 
lopodes sont des nains à côté d'une Baleine. Cette grande taille est 
devenue possible à cause de la perfection de l'appareil respiratoire et 
aussi de l'appareil circulatoire. La formation du cœur chez les Pois- 
sons est évidemment en rapport avec les branchies. 

Outre ces considérations physiologiques, il y a des raisons pure- 
ment mécaniques. Des branchies externes, saillantes, flottant dans le 
liquide, sont incompatibles avec une translation rapide ; elles offrent 
trop de résistance au mouvement. 

En résumé, nous trouvons des rapports entre la natation rapide et 
l'habitat de pleine eau qu'elle comporte, avec les caractères suivants : 
la forme élevée du corps, son aplatissement latéral, ses contours, la 
corde dorsale, la striation de la fibre musculaire, la segmentation 
mélamérique des masses musculaires, leur situation latérale, l'hémo- 
globine du sang et sa fixation sur des globules, la situation interne 
des organes respiratoires, la perfection de l'appareil circulatoire, 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CVII 

l'absence primitive de membres pairs. Ce sont à peu près tous les 
caractères distinctifs des Vertébrés. Il en manque un pourtant et des 
plus importants : la situation dorsale du système nerveux, l'inverse 
de la disposition des Invertébrés. Je ne vois pas de rapport logique 
entre lui et les autres caractères. C'est donc encore un problème à 
résoudre. 

La séance est levée à 6 heures. 



Séance du 4 juillet. 

Présidence de M. le baron van Ertborn, vice-président. 
La séance est ouverte à 4 l / 2 heures. 

Correspondance. 

M. Dautzenberg fait excuser son absence. 
M. Kemna annonce le décès de Gegenbaur. 

M. le D r Richard, directeur du Musée de Monaco, appelle l'atten- 
tion de la Société sur l'œuvre de la Délégation pou?' V adoption d'une 
langue internationale, dont le but est la recherche d'une langue 
auxiliaire destinée à servir aux relations écrites et orales entre per- 
sonnes et particulièrement entre savants de langues maternelles diffé- 
rentes. 

Après examen des conditions imposées par la Délégation à la 
langue auxiliaire à l'étude, la Société estime que, contrairement à la 
troisième condition, qui exclut toute langue actuellement parlée, un 
système du genre de celui de Bréal est le plus désirable, c'est-à-dire 
qu'en outre de leur langue nationale, il suffirait aux savants de tous 
les pays d'adopter l'anglais comme seconde langue et de s'en servir 
exclusivement pour la rédaction de leurs travaux. 

La Fédération Archéologique et Historique de Belgique annonce 
qu'elle tiendra sa XVII e session à Dinant, du 9 au 13 août pro- 
chain. 



CVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Bibliothèque. 

Dons des auteurs : 

R. d'Andrimont : Contribution à V étude hydrologique de certains 
dépôts iïalluvion de vallées. Quelques réflexions au sujet des puits 
filtrants (Ex : Ann. [Mém.] Soc. géol. de Belg., t. XXX; Liège, 
1903). — Étude hydrologique du littoral belge envisagée au point 
de vue de V alimentation en eau potable (Ex : Rey. uniy. des Mines, 
Métall., Trav. publ., Sciences et Arts appliq. a l'Industrie; Liège, 
1903). 

Ch. Lejeune de Schiervel et M. De Brouwer : Compte rendu de la 
Session extraordinaire tenue à Paris en août 1900 par la Société 
belge de Géologie, de Paléontologie et d'Hydrologie (Ex : Bull. Soc. 
belge de Géol., t. XIV, 1900; Bruxelles, 1901). 

M. Mourlon : Réflexions au sujet de V appréciation par M. G. Doll- 
fus de l'œuvre d'André Du mont (Ex : Bull. Soc. belge de Géol., 
t. XVII, 1903; Bruxelles, 1903). — Référendum bibliographique 
précédé de C exposé des principaux résultats scientifiques et écono- 
miques du Service géologique de Belgique (Ex : Ann. Soc. Géol. de 
Belg., t. XXX; Liège, 1903). 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Dépôts : 

Bulletins des séances : t. XXXVIII, 1903, feuille 6, parue le 
10 juin. 

Ad. Kemna et Aug. Lameere : Discussion sur la position systé- 
matique des Cténophores (Ex : Bull, des Séances, 1903). 

Communication du Conseil. 

M. le D r Ch. Vande Wiele, à Bruxelles, présenté par MM. Kemna 
et van Ertborn, a été reçu membre effectif. 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CIX 

Communications. 

LES CARACTÈRES STRUCTURAUX DE LA COQUILLE 
DES FORAMINIFÈRES FLOTTANTS, 

Par Ad. KEMNA. 

1 Adaptation des Foraminifères à la vie benlhonique. — Habitat marin et 
habitat d'eau douée; allure des pseudopodes. — Héliozoaires. — Radiolaires. 

— Foraminifères. — Adaptations structurales pélagiques. — Caractères 
structuraux benthoniques. 

2. Foraminifères planktoniques. — Hastigerina. — Épines. — Caractères 
de flottaison. — Nombre minime des formes flottantes. 

3. Répartition zoologique de la faculté de flottaison. — Liste des formes 
flottantes. — Individus planktoniques et individus benthoniques dans une 
même espèce. — Divers genres. — Formes exclues. 

I. Caractères structuraux favorables à la flottaison. — Diminution du poids 
de la coquille. — Amincissement des parois. — Boursouflement des loges. 

— Sphéricité de l'ensemble. — Diamètre des perforations. — Grandeur du 
pylome. — Multiplicité des pylomes. — Ouvertures accessoires et apylomie. 

— Rainures superficielles. — Cavité ombilicale. 

5. Développement de la faculté de flottaison. — Cymbalopora bulloides. 

6. Remarques particulières sur certaines espèces. — Globigerina et Pulvi- 
nulina. — Loges anormales de Pulvinulina — Cymbalopora. 

1. — Adaptation des Foraminifères a la vie renthonique. 

Les Foraminifères comprennent environ deux mille espèces, toutes 
marines, presque toutes benthoniques; il y a une vingtaine d'espèces 
flottantes, dans huit genres. Le groupe est donc très homogène dans 
son habitat, auquel on peut a priori le considérer comme très étroi- 
tement adapté. Une telle adaptation est généralement affirmée, mais 
d'une façon vague et générale; on ne spécifie pas lesquels, parmi les 
divers caractères structuraux, seraient des caractères d'adaptation; 
on n'indique ni leur utilité, ni leur rôle physiologique. Des idées pré- 
cises à ce sujet sont pourtant indispensables quand on veut un peu 
s'élever au-dessus des faits et arriver à une compréhension rationnelle 
de l'organisme; elles peuvent résulter de la comparaison avec des 
organismes similaires, occupant d'autres habitats. 

Les Protozoaires à organes locomoteurs non différenciés en organes 
permanents, fouets ou cils vibratiles, constituent le groupe primitif et 
plus simple des Sarcodiaires. Il comprend, outre les Foraminifères 



CX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

marins bentboniques, les Radiolaires étroitement marins plankto- 
niques et toute une série de formes d'eau douce à pseudopodes en 
gros lobes. Ces trois groupes zoologiquement différents occupent 
donc des habitats différents ; parmi les particularités de structure, il 
y en aura certainement qui seront une conséquence de l'habitat. 11 
s'agit de les trouver et de les mettre en rapport avec l'une ou l'autre 
circonstance du genre de vie. 

Habitat marin et habitat d'eau douce; allure des pseudopodes. — 
La grande majorité des formes d'eau douce a des pseudopodes en gros 
lobes ; les Foraminifères et Radiolaires marins ont au contraire des 
pseudopodes filiformes, énormément allongés et s'anastomosant en 
un réseau. On a expliqué cette différence par la répartition de la 
nourriture. La vase des eaux douces contiendrait plus de débris 
organiques que les dépôts du fond de la mer; une extension de la 
zone d'action par l'allongement des pseudopodes chez les orga- 
nismes marins compenserait cette rareté relative de la nourriture. 
(F. E. Schulze, Arehiv. mïk. Anat., XIII, p. 23, 1877.) 

Héliozoaires. — Ce petit groupe de Sarcodiaires d'eau douce pré- 
sente des caractères particuliers, par son genre de vie plus flottant 
et par diverses structures. La couche externe du protoplasme est 
fortement vacuolisée. Les allures des pseudopodes sont toutes autres; 
ils sont filamenteux, très permanents, fort peu confluents, assez 
rigides et forment dans leur intérieur un filament axial squelettique 
temporaire. Tous ces caractères ne semblent pas bien adaptés à la 
préhension des aliments ; les pseudopodes se bornent à arrêter la 
proie et l'englobement est exécuté par d'autres pseudopodes plus 
courts et plus gros, des pseudopodes « amoeboïdes » (Vogt et Yung, 
Anal, comp., I, p. 69, 1888). Les pseudopodes sont disposés sur 
toute la surface du corps, comme des rayons autour d'un astre; 
l'homaxonie est en rapport avec l'homogénéité du milieu aquatique. 

Radiolaires. — Il y a une enveloppe gélatineuse fortement vacuo- 
lisée. Cette gélatine aurait une densité inférieure à celle de l'eau 
de mer et le liquide des vacuoles contiendrait moins de sel. Une dif- 
férence dans la densité de une ou deux unités à la quatrième déci- 
male suffit pour amener la flottaison (Rrandt). Le squelette, composé 
de matière organique (acanthine) ou de silice, est morphologiquement 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CXI 

constitué par des pièces radiaires allongées, supposées formées dans 
les pseudopodes comme chez les Héliozoaires (Dreyer, Principien der 
Gerùstbildung [Iena. Zeitschrift, 1892]). Ces pièces radiaires peuvent 
se mettre en rapport les unes avec les autres par des excroissances 
tangentielles à la surface du corps et constituent ainsi une coquille à 
très larges mailles. Une capsule membraneuse perforée ou pylomée 
se trouve au milieu du protoplasme et le divise en une partie intra- 
capsulaire et une partie extracapsuiaire. Les allures des pseudopodes 
rappellent les Héliozoaires, par leur allongement filiforme et la 
rareté des anastomoses. 

Foraminifères. — Il n'y a pas d'enveloppe gélatineuse vacuolisée; 
les pseudopodes, étalés sur le sol, ne présentent aucune régularité et 
de fréquentes anastomoses constituent des îlots protoplasmiques. La 
coquille calcaire est une enveloppe continue, tangentielle (morpholo- 
giquement non formée de parties radiaires), pylomée, perforée ou 
imperforée; elle n'est pas homologue à la coquille siliceuse treillissée 
des Radiolaires, mais bien avec leur capsule centrale (Dreyer) ; le 
protoplasme extra-capsulaire est fort réduit. Bon nombre de Forami- 
nifères constituent leur coquille par agglutination de matériaux 
arénacés, ce qui met hors de doule leur habitat exclusivement bentho- 
nique ; or, précisément ces formes arénacées ont été considérées 
comme les plus primitives (Neumayr). 

Adaptations structurales pélagiques. — L'homaxonie primitive 
des Radiolaires est en rapport avec l'homogénéité du milieu liquide. 
Les allures des pseudopodes (leur individualisation, leur rigidité 
relatives) en font des moyens adjuvants de la flottaison. La quantité 
considérable de protoplasme extra-capsulaire est en rapport avec 
l'importance de son rôle pour la sécrétion de l'enveloppe gélatineuse, 
la vacuolisation, la formation du squelette siliceux. 

Caractères structuraux benthoniques . — La forte réticulation des 
pseudopodes se comprend comme une conséquence du contact avec 
le sol. La calcification de la coquille se comprend jusqu'à un certain 
point par l'absence de toutes les autres enveloppes des Radiolaires. 
Les autres caractères distinctifs d'avec les Radiolaires sont plutôt 
négatifs et consistent dans l'absence des caractères déterminant la 
flottaison. 



CXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Le système squelettique des Radiolaires n'est pas de nature à pro- 
téger le corps, car son ensemble constitue un réseau de trabécules 
minces délimitant de larges mailles; sa fonction est plutôt celle de 
support. La coquille des Foraminifères sert au contraire à la protec- 
tion et évolue phylogéniquement dans le sens d'une plus grande 
résistance (Rhumbler, Entwurf naturl. Syst. Thalamophoren [Nachr. 
Goettingen, 1895]). La question de poids du squelette, très impor- 
tante pour un organisme flottant, est sans grande conséquence pour 
un organisme benthonique. 

â. — Foraminifères planktoniques. 

La vacuolisation du protoplasme a été constatée par Murray chez 
un exemplaire de Hastigerina. Des travées gélatineuses dans la masse 
du protoplasme sont probablement un caractère général (Rhumbler, 
1900). 

Hastigerina. — L'exemplaire a été dessiné d'après le vivant 
(Rrady, pi. 83, fig. 1). La zone vacuolisée a au moins trois fois le 
diamètre de la coquille. Il y a trois sortes d'appendices : des piquants 
très longs et rigides, des filaments grêles un peu variqueux et un 
peu confluents, des filaments plus épais, flexueux, localisés dans la 
partie inférieure du corps (d'après le dessin). Les premiers ne peuvent 
pas être uniquement les épines calcaires, beaucoup moins longues et 
terminées abruptement, tandis que le dessin les montre graduelle- 
ment atténuées. Je suppose que ce sont des épines recouvertes de 
protoplasme, lequel se prolonge en pseudopodes servant surtout à la 
sustentation. Ceux des pseudopodes qui n'ont pas le support d'une 
épine restent plus grêles et ont moins de fixité; Murray (cité par 
Rrady, p. 613) dit qu'ils se mouvaient sur la surface vacuolisée 
« librement et rapidement ». Les filaments flexueux seraient des 
filaments pêcheurs pour capturer et maîtriser une proie; ces filaments 
flotteraient comme autant de lignes, ce qui expliquerait leur localisa- 
tion dans la partie inférieure de l'animal. Rhumbler a trouvé que le 
protoplasme des exemplaires pélagiques de Hastigerina, Globigerina 
et Orbulina renferme comme inclusions des fibres musculaires de 
Copépodes. Ces inclusions sont également fréquentes chez les indi- 
vidus tout près de la surface et chez les individus des couches plus 
profondes. Les Crustacés morts, au contraire, doivent être beaucoup 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CXllt 

plus rares dans les couches supérieures. Rhumbler conclut que ces 
Foraminifères peuvent capter des Gopépodes vivants. Un fait ana- 
logue est signalé par Schaudinn, qui a vu sa Myxotheca arenilega 
(benthonique) maîtriser non seulement des larves nauplius, mais des 
adultes. Malgré la fréquence des fibres musculaires, on ne trouve 
jamais de débris de carapace; il y a donc probablement un dépeçage 
de la proie, peut-être hors de la zone des piquants ; ce qui explique- 
rait la longueur et la puissance de ces filaments flexueux. 

Épines. — Elles existent dans une proportion considérable des 
spécimens pélagiques de Globigérines (Brady, p. 591); elles sont 
encore plus fréquentes mais fort variables de taille chez Orbulina ; 
leur présence est donnée comme un caractère constant de Hasligerina. 
Elles ne sont pas mentionnées pour les genres Pullenia, Sphœroidina, 
Candeina, Pulvinulina et Cymbalopora. 

Leur nature morphologique n'a pas fixé l'attention. Chez Hastige- 
rina, il y a un détail de structure qui tendrait à les faire considérer 
non comme de simples protubérances de la coquille, mais plutôt 
comme des formations indépendantes par les pseudopodes, comme les 
éléments squelettiques des Radiolaires. Brady (p. 613) signale que 
« les piquants sont ordinairement renflés à leur union avec la coquille 
et un léger étranglement peut généralement être observé immédiate- 
ment au-dessus de leur base épaissie ». 

Caractères de flottaison. — Ils dépendent donc essentiellement du 
protoplasme, comme chez les Radiolaires. En dehors des épines, la 
coquille ne montre aucun dispositif spécial. 

Nombre minime des formes flottantes. — L'adaptation bien nette 
de l'organisme foraminilère à la vie benthonique fait des flottants 
des cas exceptionnels et semble expliquer leur petit nombre. La 
cause qui a amené ce bouleversement total du genre de vie doit avoir 
été bien puissante : c'est la tendance générale des organismes, sous la 
pression de la lutte pour l'existence, à se disperser, à se répandre 
dans les milieux les plus différents. Les Foraminifères benthoniques, 
limités aux deux dimensions d'un plan, peuvent, grâce à la faculté 
de flottaison, envahir toute la masse de l'eau. 

Cet avantage est suffisamment considérable pour expliquer le 
changement et même pour soulever une autre question. Car ce qui 

t. xxxvni, 1903 S 

October 1903. 



CX1V SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

étonne, ce n'est pas le fait que des organismes benthoniques sont 
devenus planktoniques, mais au contraire le fait que seulement quel- 
ques espèces, 1 ou 2 p. c.., ont profité de cet immense avantage. 
Haeckel (System. Phylogenie, I, p. 179, 1894) attribue ce nombre 
minime de formes flottantes à l'uniformité des conditions de la vie 
planktonique. L'explication peut tout au plus s'appliquer au fait que 
les espèces flottantes ne se sont pas diversifiées, mais nullement à ce 
que seulement vingt espèces sont devenues flottantes. En outre, l'ha- 
bitat planktonique n'a pas empêché les Radiolaires de se diversifier à 
l'infini. Si toutes les espèces ont essayé, pour que si peu aient réussi, 
il faut qu'il y ait dans l'organisme foraminifère généralement, des 
conditions défavorables ; les espèces qui ont réussi doivent au con- 
traire ne pas avoir ces structures défavorables et en avoir d'autres. 

3. — Répartition zoologique de la faculté de flottaison. 

Liste des formes flottantes. — Brady donne la liste suivante des 
espèces qui ont été rencontrées flottantes : Globigerina bulloides, 
dubia, inflata, saceulifera, conglobata, œquilateralis . — Orbulina 
universa. — Hastigerina pelagica. — Pullenia obliquiloculata. — 
Sphœroidina dehiscens. — Candeina nitida. — Pulvinulina Menar- 
di\ tumida, canariensis , crassa, micheliniana , patagonica. — 
Cymbalopora bulloides. — Ghilostomella ovoides. 

Cette dernière espèce n'est mentionnée que pour un unique exem- 
plaire; malgré une attention spéciale, elle n'a plus été retrouvée 
flottante (Rhumbler, 1900); c'est donc probablement un individu 
soulevé accidentellement par une cause quelconque. 

D'un autre côte, il faudrait ajouter Globigerina marginata, quel- 
quefois flottante d'après Brady lui-même (p. 598) et alors munie 
d'épines, et Gl. digitata dont Hensen a recueilli un exemplaire de 
la taille énorme de 5 millimètres sans les piquants (Rhumbler, Nord. 
Plankton, p. 7). 

Les deux seuls genres représentés par plus d'une espèce sont Glo- 
bigerina et Pulvinulina. Ils sont à peu près à égalité; mais comme 
le genre Pulvinulina compte beaucoup plus d'espèces, la proportion 
des flottantes est moindre. Le genre Globigerina compte proportion- 
nellement le plus d'espèces flottantes, dont quelques-unes ont le plus 
grand nombre d'individus et constituent la plus grande partie du 
plankton. 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. GXV 

Individus planktoniques et individus bentlioniques dans une même 
espèce. — A considérer la grande différence des milieux, on pour- 
rait s'attendre à ce que le changement d'habitat s'accompagne de 
modifications importantes de l'organisme. Tel semble être le cas pour 
le protoplasme, les Foraminifères flottants, pour autant qu'ils aient 
été examinés vivants, présentant exactement les particularités des 
Radiolaires. Mais ce qui est tout à fait remarquable, c'est que la 
coquille n'est nullement affectée. Dans une même espèce, il y a des 
individus planktoniques et des benthoniques, qui ne se distingueraient 
même pas par des caractères individuels. Il n'y aurait qu'une seule 
espèce exclusivement pélagique : Rastigerina pelagica. 

Divers genres. — Dans un même genre, seulement quelques 
espèces ont la faculté de flotter, parfois même une seule. Ce fait per- 
met une conclusion importante : la faculté de flottaison ne caracté- 
rise pas un groupe zoologique de formes apparentées, mais a été 
acquise d'une façon indépendante par des organismes sans relation 
génétique entre eux. Toutefois, toutes les espèces flottantes appar- 
tiennent au groupe des Rotalidés. 

Formes exclues. — Il n'y a donc aucun Arénacé, aucun I m perforé, 
aucun monothalame. Il n'y a aucun polythalame à arrangement 
linéaire des loges (Nodosaridés) ou à arrangement distique droit (Tex- 
tilaridés). Il n'y a aucune forme à coquille compliquée par un squelette 
supplémentaire avec système canaliculaire. 

La raison de l'exclusion des Arénacés a déjà été mentionnée inci- 
demment : le sable nécessaire à la construction de leurs coquilles ne 
se trouve qu'au fond. Mais il y a une autre raison plus probante : le 
poids élevé de la coquille. Cette même raison explique l'absence des 
formes à squelette supplémentaire. 

On ne voit pas, au premier abord, pourquoi il n'y a aucun Imper- 
foré, d'autant plus que le caractère perforé ou imperforé est fort 
déprécié actuellement et considéré comme d'importance tout à fait 
secondaire. Au point de vue physiologique, il doit pourtant permettre, 
dans une certaine mesure, des rapports plus faciles entre protoplasme 
intérieur et extérieur. Or, nous avons trouvé chez les Radiolaires 
une masse considérable de protoplasme extra-capsulaire et leur 
coquille, correspondant physiologiquement à celle des Foraminifères, 
est remarquable par les grandes mailles du réseau; nous avons mis 



CXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

ces structures en rapport avec le rôle plus considérable dévolu 
au protoplasme extérieur pour assurer la flottaison. L'absence des 
lin perforés se comprend et constitue une preuve inverse de l'exac- 
titude des interprétations. Le pylome des Imperforés est souvent fort 
étroit et, en outre, obturé par des languettes chez beaucoup de Bilo- 
culines. 

Quoique les monothalames soient absents, la monothalamie en 
elle-même ne peut pas être une cause d'exclusion, car Orbulina est 
pratiquement un monothalame. S'il n'y a pas de Lagena flottants, 
c'est à cause de l'extrême finesse de leurs perforations et de l'étire- 
ment du pylome en un col étroit, circonstances peu favorables aux 
communications protoplasmiques. 

Reste à expliquer l'absence de formes droites. Si la sphère ho- 
maxone est en rapport avec l'homogénéité du milieu liquide, l'arran- 
gement droit des loges est ce qui s'éloigne le plus de la forme sphé- 
rique. Un groupement des loges comme dans Glandulina donne, il est 
vrai, une forme pratiquement sphérique, mais avec beaucoup de 
cloisons intérieures, augmentant le poids et gênant les mouvements 
protoplasmiques. 

4. — Caractères structuraux favorables a la flottaison. 

Des indications sommaires qui précèdent, il résulte que la faculté 
de flottaison doit comporter l'absence de structures défavorables et en 
même temps la présence d'autres caractères favorables, au sujet des- 
quels les Radiolaires peuvent nous donner quelques renseignements. 
Nous pouvons déjà citer comme caractères favorables, la légèreté rela- 
tive de la coquille, puis tous les dispositifs donnant plus d'importance 
au protoplasme extérieur, soit par des communications plus faciles 
de l'intérieur avec l'extérieur, soit par la formation d'une réserve 
externe; dans le premier cas, on peut avoir la grandeur des perfo- 
rations, la grandeur du pylome, la multiplicité des pylomes, les 
ouvertures accessoires; dans le second, des rainures superficielles plus 
ou moins protégées et surtout l'ombilic. 

La question est compliquée par le fait que la répartition de ces 
caractères n'est pas stricte. Chacun des caractères favorables à la 
flottaison peut se trouver chez des formes exclusivement bentho- 
niques, et la plupart des formes flottantes présentent l'un ou l'autre 
caractère défavorable. C'est donc une affaire de degré d'intensité et 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CXVI1 

de compensation. Un seul caractère fortement développé peut com- 
penser plusieurs caractères défavorables d'intensité modérée. 

Diminution du poids de la coquille. — Il est facile de comprendre 
que tout ce qui diminue le poids tend à favoriser la flottaison. La 
protection sera moins efficace, mais justement, elle n'a plus la même 
importance pour un organisme flottant, La suspension dans l'eau 
permet une qualité de construction incompatible avec le contact avec 
le sol, comme, par exemple, de longues épines calcaires. 

La tendance à consolider la coquille pour résister aux causes de 
destruction de la vie benthonique se manifeste de plusieurs manières : 
épaississement des parois, squelette supplémentaire, multiplication 
de cloisons secondaires subdivisant les loges, étalement latéral des 
loges restant nombreuses dans un même tour de spire et avec les 
cloisons rapprochées. Toutes les formes spécialisées dans cette direc- 
tion peuvent être considérées a priori comme peu aptes à flotter et 
sont, en fait, absentes du plankton. 

Le moyen le plus simple pour diminuer le poids est l'amincisse- 
ment des parois. Les exemplaires pJanktoniques et les benthoniques 
(ÏOrbulina diffèrent par ce caractère, Ceux-ci ont une épaisseur de 
paroi de 0.028 à 0.063 millimètres, tandis que chez les planktoniques 
« c'est une membrane calcaire mince (a film) d'une ténuité extrême, 
que je n'ai pas encore été à même de mesurer exactement ». (Brady, 
p. 609.) Globigerina pachyderma, remarquable, comme son nom 
l'indique, par l'épaisseur des parois, est exclusivement benthonique. 

Il y a pourtant des exceptions. Globigerina conglobata et Gl. saecu- 
lifera ont des parois très épaisses. Gomme caractères compensateurs, 
il y a la forme sphérique de la première, avec des orifices supplémen- 
taires, et chez la seconde, les dimensions énormes des pylomes. 

La seule espèce flottante de Sphœroidina, Sph. dehiscens, est beau- 
coup plus épaisse que la benthonique Sph. bulloides, laquelle est 
encore, en outre, plus régulièrement sphérique, Le caractère com- 
pensateur est ici les très profondes rainures aux sutures entre les 
loges. Si Sph. bulloides ne flotte pas, c'est que les échanges proto- 
plasmiques ne sont pas assez faciles à travers un pylome étroit, 
obstrué par une languette; il n'y a pas non plus de réserve externe, 
la surface étant lisse et les sutures à peine marquées. 

La présence de perforations et leur plus grande dimension, 
l'agrandissement des pylomes, la formation d'ouvertures accessoires, 



CXVI11 SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

comportent une diminution de substance squelettique et, par consé- 
quent, de poids v Mais ce n'est probablement que le côté très acces- 
soire; l'utilité consiste essentiellement en des rapports plus faciles du 
protoplasme avec l'extérieur. 

Boursouflement des loges. — La sphère est la figure de moindre 
surface. Rhumbler a déjà insisté sur ce caractère, comme épargnant 
à l'organisme le travail de sécrétion. Il y a aussi un rapport direct 
avec la flottaison, à cause de la réduction du squelette au minimum. 
La tendance à la sphéricité se traduit par le boursoufflement des 
loges, l'approfondissement des sutures; l'aspect général de la coquille 
donne l'impression de quelque chose de composé, une accumulation 
de sphères distinctes, contrastant avec le caractère unitaire des autres 
coquilles. 

Cette tendance au boursoufflement des loges est indiquée chez les 
genres ayant des espèces pouvant flotter; elle est très marquée chez 
ces espèces et encore intensifiée chez les individus flottants de ces 
espèces, comparés aux benthoniques. Une fois que l'attention est 
éveillée, on peut distinguer dans les figures de Brady, généralement 
au premier coup d'œil, les individus planktoniques. 

Le nom générique de Globigerina rappelle la forme globulaire des 
loges; il en est de même de beaucoup de désignations spécifiques, 
telles que bulloides, inflata, sacculifera, tumida. 

Ce boursoufflement affecte surtout les dernières loges, qui devien- 
nent énormes comparativement aux loges du premier tour de spire. 
Ce caractère est très marqué chez les individus planktoniques. 

Il a une conséquence géométrique importante : la réduction du 
nombre de loges dans le dernier tour, simplement par défaut de 
place. Telle est manifestement la variété triloba de Gl. bulloides, et 
l'on peut concevoir Orbulina et Cymbalopora bulloides comme des 
termes extrêmes où il n'y a plus qu'une seule chambre sphérique 
énormément dilatée. Cette réduction du nombre des loges est fort 
nettement un caractère de flottaison, par exemple dans le genre 
Pulvinulina. 

Sphéricité de l'ensemble. — H y a une tendance manifeste vers la 
forme sphérique de l'ensemble, réalisée de plusieurs façons fort dilTi* 
rentes : dilatation énorme de la dernière loge pour Orbulina et Cym- 
balopora; par l'arrangement des loges, la dernière se mettant trans- 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXIX 

versalement sur les autres : Globigerina conglobata, Spliœroidina; 
par augmentation du diamètre transversal : Hastigerina ; par gau- 
chissement des loges : Pullenia obliquiloculata. 

La multiplicité de ces modes de réalisation démontre l'importance 
de cette forme. Nous avons déjà mentionné le rapport théorique entre 
l'homaxonie et l'homogénéité du milieu planktonique, mais ces rai- 
sonnements de « promorphologie », malgré leur apparence logique, 
ne doivent être pris qu'avec précaution. Toutefois, le cas des Fora- 
minifères flottants lui donne quelque apparence de raison. La 
s'pirale rotaloïde se prête mieux que la ligne droite ou que l'arran- 
gement distique aux diverses modifications signalées. Ainsi s'expli- 
querait la répartition des formes flottantes exclusivement dans ce 
groupe. 

Diamètre des perforations. — Nous avons déjà mentionné les très 
fines perforations des Lagénidés comme une cause d'exclusion de 
flottaison. Globigerina pachyderma benthonique a les plus fines per- 
forations de son genre : 2 l / 2 microns. Gl. conglobata, pélagique 
parfois malgré l'épaisseur de sa coquille, les a à 8 l / f microns, et 
Gl. sacculifera, 10 microns. 

Chez Orbulina, il y a deux espèces de perforations, de 5 à 21 mi- 
crons dans un exemplaire, de 6 et 43 dans un autre; quand il n'y 
en a qu'une espèce, la moyenne est 7.7. 

Pullenia obliquiloculata, souvent flottante, a des perforations de 
5 à 6 % microns: P. sphœroides, exclusivement benthonique malgré 
sa forme sphérique, a des perforations très fines de seulement 

1 micron. 

De même dans le genre Sphœroidina, l'espèce à coquille mince et 
sphérique Sph. bulloides est benthonique, mais a des perforations de 

2 l / 2 microns; ils sont de 10 microns chez Sph. dehiscens pélagique, 
laquelle a en outre des rainures superficielles. Cet exemple, joint aux 
deux espèces épaisses de Globigerina, démontre que le poids de la 
coquille peut être compensé par d'autres caractères, parmi lesquels 
la grandeur des perforations. 

Candeina nitida a de très fines perforations de 1 micron; mais il y 
a de nombreux orifices supplémentaires contre les sutures. 

Il eût, été très intéressant de comparer, au point de vue des dimen- 
sions des perforations et de tous les autres orifices, les individus plank- 
toniques et les benthoniques d'une même espèce; mais les rensei- 



CXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

gnements font entièrement défaut. Ce qui prouve une fois de plus que 
pour décrire à fond, l'attention la plus vigilante ne suffit pas; une 
théorie convenable trouve toujours quelque chose à quoi le descrip- 
teur le plus minutieux n'a pas songé. 

Grandeur du pylome. — La sortie rapide et en masse du proto- 
plasme ne peut se faire que par le pylome ; la forme et les dimen- 
sions de cet orifice paraissent des plus importantes pour la faculté de 
flottaison. Nous avons déjà mentionné le col étiré des Lagena comme 
ayant contribué à empêcher la flottaison. 11 n'y a aucune forme 
planktonique à col. Des trois genres fort semblables, Pullenia, 
Pulvinulina et Truncatulina , le dernier seul n'a pas d'espèce flot- 
tante et c'est aussi le seul où le pylome reste petit et est parfois 
étiré en col. 

Il y a un groupe de Globigérines, caractérisé par un pylome 
unique, groupe composé de trois espèces : Globigerina pachyderma, 
la seule où le pylome est une fissure étroite ; GL Dutertrei, presque 
sphérique avec une ouverture semi-circulaire « comparativement, 
petite » et GL inflata où le pylome est énorme ; c'est aussi la seule 
espèce flottante. 

Le pylome est très large chez Hastigerina. . 

Multiplicité des pylomes. — Généralement dans les formes poly- 
thalames, la nouvelle loge recouvre l'ancienne, et son pylome est le 
seul s'ouvrant directement à l'extérieur. Le groupement strictement 
linéaire des Nodosaridés comporte nécessairement cet arrangement. 
Chez les Textilaridés, la nouvelle loge se met de côté, mais recouvre 
cependant le pylome de l'ancienne; l'arrangement peut se comparer 
à un corridor central où débouchent à droite et à gauche des cham- 
bres, et qui communique à un bout avec le dehors. Chez la plupart 
des Globigérines, la nouvelle loge se met à côté de l'ancienne, mais 
ne recouvre pas le pylome de l'ancienne, laquelle continue à s'ouvrir 
directement à l'extérieur; les chambres donnent toutes sur une cour 
commune, laquelle est la cavité conique formée par l'écartement du 
deuxième tour de spire, la cavité ombilicale. 

Les chambres individuelles communiquent aussi directement avec 
la cavité ombilicale dans le genre Cymbalopora. 

Le genre Planorbulina garde ses pylomes libres, mais seulement 
ceux des loges de la rangée extérieure. Ces ouvertures sont donc 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXXI 

marginales et ne donnent pas dans une cavité ombilicale, pratique- 
ment absente par suite de la croissance cyclique. Les loges restent 
petites, fort nombreuses dans un tour. Il n'y a aucune espèce flottante. 
La multiplicité des pylomes est donc'un caractère assez nettement 
limité aux genres pouvant donner des espèces flottantes; mais il 
paraît surtout efficace en combinaison avec une cavité ombilicale. 

Ouvertures accessoires et apylomie. — Candeina nitida, outre 
ses perforations très fines de 1 micron, présente le caractère défavo- 
rable de l'obturation complète du pylome; mais tout le long des 
sutures, il y a une série d'orifices, caractère largement compensa- 
teur. Ce même caractère ne se retrouve plus que dans des Globigé- 
rines, où il s'ajoute à d'autres caractères de flottaison et chez Cymba- 
lopora. La répartition est donc fort instructive. 

Rainures superficielles. — Elles résultent tout naturellement du 
boursouflement des loges, qui approfondit les sutures. Mais un simple 
coup d'œil sur Sphœroidina dehiscens prouve qu'il y a là autre chose 
encore : fort nettement, un creusement plus profond et un élargisse- 
ment des régions suturales, en même temps, formation d'une saillie 
des bords de la rainure pour protéger dans une certaine mesure le 
protoplasme accumulé. 

Cavité ombilicale. — La spirale rotaloïde comporte une cavité 
ombilicale souvent effacée ultérieurement par des modifications de 
croissance. Quand elle est conservée, elle peut entrer au service de la 
reproduction. Dans plusieurs espèces de Discorbina, on trouve assez 
fréquemment des exemplaires doubles, deux individus accolés par les 
bords de façon à former un double cône. Brady les considère comme 
une multiplication par division du protoplasme et formation d'un 
nouvel individu sur le pylome du premier; il compare avec la divi- 
sion d'Euglypha décrite par Gruber. Cette comparaison ne semble 
pas heureuse. Chez Euglypha, la coquille est composée de pièces 
isolées se formant dans le parent et gardées en réserve jusqu'à la 
division, où elles sortent toutes à la fois pour former une nouvelle 
coquille monothalame. Il est fort peu probable que la coquille à 
loges nombreuses d'une Discorbina se forme rapidement pendant la 
durée d'attache à la mère. L'interprétation de Môbius, une conjugai- 
son, est beaucoup plus naturelle. L'accumulation du protoplasme 



CXX1I SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

dans la cavité ombilicale, où se rendrait alors le noyau, faciliterait 
beaucoup les échanges nucléaires. La conjugaison des parents ren- 
drait inutile la conjugaison des zoospores, avec l'avantage d'une fécon- 
dation de toutes les spores formées, tandis qu'autrement, il y en a pro 
bablement un certain nombre qui ne rencontrent pas de partenaire. 

Nous rencontrons pour la cavité ombilicale la même tendance que 
chez les rainures à protéger le protoplasme. Pour les rainures, il 
suffit d'une saillie en crête des rebords ; la cavité ombilicale est plus 
importante comme dimensions et comme structure morphologique, et 
son appareil de protection acquiert également plus d'importance. Tel 
est le cas chez beaucoup de Biscorbina. Il y a une lame avec des 
échancrures qui paraît être le développement de la lèvre bordant le 
pylome chez Pulvinulina et chez plusieurs Globigérines. 

D'après Khumbler, les sphères de Cymbalopora et Orbulina ne 
seraient pas une dernière loge, mais un appareil protecteur de l'om- 
bilic. L'interprétation est admissible pour les deux genres. 

Le rapport de l'ombilic avec la faculté de flottaison consiste dans 
la grande masse de protoplasme en réserve à l'extérieur. 

5. — Développement de la faculté de flottaison. 

Le groupe des Foraminifères est benthonique, adapté à cet habitat. 
Le groupe est très varié, mais les divers caractères doivent a priori 
être considérés comme des adaptations à certaines particularités de 
l'habitat benthonique. Le travail de Rhumbler, de 1895, est intéres- 
sant, parce qu'il établit un rapport de connexité entre un certain 
nombre de particularités de structure et de particularités de cet habi- 
tat benthonique. Il est évident qu'aucun caractère ne s'est développé 
en prévision d'une flottaison future. 

La flottaison se produit par des modifications du protoplasme; la 
coquille, par elle-même, reste toujours trop lourde. Elle n'en inter- 
vient pas moins comme un élément décisif pour empêcher la flottaison 
ou la permettre. Certains caractères rendent cette flottaison possible. 
Ces caractères doivent avoir été primitivement d'adaptation bentho- 
nique, avant d'avoir été utilisés pour la flottaison. Voilà pourquoi 
nous trouvons tous ces caractères de flottaison chez des formes ben- 
thoniques. Le changement de fonction, paradoxal à première vue, est 
le même cas signalé pour les Gténaires (« Stylochoplana », Soc. roy* 
zool. et malac. de Belg. y mai 1903) et pour les Céphalopodes. 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXXIII 

Ce sont des modifications du protoplasme qui déterminent la flot- 
taison. L'une des modifications signalées par Brandt consiste en une 
vacuolisation au moyen d'eau pure, sans sel, d'où la diminution de 
densité de l'organisme. La conséquence inévitable de cette vacuolisa- 
tion est un foisonnement du protoplasme, une augmentation de 
volume. 

Or, une telle augmentation de volume semble se produire périodi- 
quement chez les Foraminifères à chaque formation de loge nouvelle. 
Si l'on considère que la dernière loge formée doit servir pendant un 
certain temps, avec les autres loges, à protéger le protoplasme en 
voie constante d'accroissement, il est logique d'admettre que la loge 
est faite un peu trop grande au début, par foisonnement temporaire 
du protoplasme (Dreyer). Cette période doit être assez courte, la nou- 
velle loge doit être sécrétée rapidement et tout d'une pièce, car on ne 
trouve jamais de coquille avec l'ébauche d'une loge nouvelle; le 
« moment de lorication » est transitoire (Dreyer). Ce foisonnement 
du protoplasme ne s'accompagnerait-il pas d'une diminution de den- 
sité, pouvant amener chez ces formes une flottaison temporaire, à 
laquelle on pourrait trouver l'avantage de soustraire l'animal au 
contact d'avec le sol pendant la période critique de lorication? 

Une autre période dans la vie de l'individu semble marquée par un 
foisonnement très considérable du protoplasme : la préparation à la 
reproduction. Si réellement les sphères de Orbulina et Cymbalopora 
sont, comme le veut Rhumbler, en rapport avec la reproduction, leur 
volume considérable donne la mesure du foisonnement et rend très 
probable une forte tendance à la flottaison. Nous avons plus que des 
suppositions pour appuyer cette manière de voir. 

Cymbalopora bulloides. — On rencontre dans les zones coral- 
liennes des individus benfhoniques et des planktoniques, ceux-ci 
uniquement au-dessus des bas-fonds et tout près des récifs. Dans 
chaque pêche planktonique, il y a toujours deux catégories d'indivi- 
dus, fort distincts par la taille et sans formes intermédiaires : une 
majorité de petits, une minorité de taille à peu près double. Parmi 
les formes du fond, outre les deux espèces benthoniques [Cymbalopora 
Poeyi et.C. tabelliformis) et les individus benthoniques de C. bulloides, 
on trouve des individus qui ne ressemblent à aucune des deux pre- 
mières espèces, parce que l'arrangement de leurs loges est exactement 
celui de C. bulloides, mais qui sont dépourvus de la sphère en ballon ; 



CXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE. 

seulement, quelques individus montrent sur leur bord inférieur 
comme les restes d'une telle sphère. Dans tous les exemplaires flot- 
tants examinés, Murray a trouvé « des petits corps monadiformes ». 

Tous ces faits s'interprètent très rationnellement à peu près comme 
Fa fait Murray. Arrivé à une certaine taille, un individu sporule; à 
cet effet, le protoplasme massé dans la cavité ombilicale foisonne et 
sécrète la sphère en ballon; l'animal flotte : ce sont les petits individus 
du plankton. Après l'émission des spores (par rupture de la sphère?), 
l'animal coule au fond et se remet à croître; après quelque temps, il 
sporule de nouveau, flotte et constitue maintenant les grands indivi- 
dus du plankton. 

La proximité constante du fond et du récif pour les individus 
planktoniques permet de conclure à une durée fort limitée de la 
période de flottaison. 

Il y a un point qui est encore à élucider, La différence de taille 
des individus planktoniques fait penser au dimorphisme. Brady ne 
semble pas y avoir songé et ses dessins ne permettent pas de voir la 
configuration de la loge initiale. 

En résumé, on peut se représenter la faune des Foraminifères 
Hottants comme s'étant constituée de la manière suivante : 

Le groupe est benthonique, mais chez tous les individus il y a une 
diminution temporaire de la densité au moment de la lorication et 
au moment de la préparation à la sporulation. Avec des circonstances 
favorables de structure de la coquille, cela peut aller jusqu'à une 
flottaison, dont la durée dépendra du degré de développement des 
circonstances favorables et peut même aller jusqu'à la permanence. 
Ainsi, une espèce unique aura des représentants dans les deux 
habitats. 

Il reste maintenant à expliquer comment ces deux groupes ne se 
différencient pas assez pour devenir des espèces distinctes. C'est qu'il 
y a constamment entre eux des échanges; pour un certain nombre 
d'individus, la flottaison n'est que temporaire; le groupe flottant 
reçoit constamment de nouvelles recrues du groupe benthonique. 
Même dans le cas d'une tendance à mieux s'adapter à la flottaison, 
par suite de ces échanges continuels, il n'y aura pas spécialisation, 
mais modification identique des deux groupes de façon à les faire 
rester dans les limites d'une même espèce, 

Certains des caractères structuraux de la coquille que nous avons 
considérés comme favorables à la flottaison, à cause de leur réparti- 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXXV 

tion, s'accordent, parfaitement avec la cause déterminant réellement 
la flottaison : le foisonnement du protoplasme au moment de lorica- 
tion. Tel est notamment le cas pour le boursouflement des loges et 
leur forme sphérique avec toutes ses conséquences. Plus ce bour- 
soufflement des dernières loges est marqué, comparativement aux 
loges plus anciennes, plus il y aura eu foisonnement du protoplasme et 
diminution de densité. 

6. — Remarques particulières sur certaines espèces. 

Au lieu de passer en revue toutes les espèces flottantes et de les 
comparer avec les benthoniques de leur genre, nous nous bornerons à 
signaler quelques points plus spécialement intéressants. Pour con- 
firmer toutes les affirmations précédentes, il suffit d'examiner les 
planches du Challenger Report de Brady, où l'auteur a eu soin de 
donner presque toujours des figures des exemplaires benthoniques 
et des planktoniques, ce qui permet les comparaisons. 

Différences entre « Globigerina » et « Pulvinulina ». — Le genre 
Globigerina présente le plus grand nombre de caractères de flot- 
taison et au plus haut degré de développement ; au contraire, le 
genre Pulvinulina ne montre que peu de ces caractères. La diffé- 
rence est surtout marquée pour tout ce qui concerne les communi- 
cations rapides du protoplasme avec l'extérieur ; la cavité ombilicale 
est peu profonde, le pylome est unique, faiblement agrandi, il n'y a 
jamais d'ouvertures accessoires. On pourrait mettre ces différences 
en rapport avec une différence dans la nourriture. Nous avons men- 
tionné, d'après Rhumbler, que le groupe des Globigérines se nourrit 
de Copépodes, probablement capturés vivants; le même auteur ren- 
seigne que Pulvinulina se nourrit d'Algues et de Diatomées, proies 
inertes qu'il ne faut aucun effort pour capturer. 

Chez les Globigérines, il y a plusieurs formes paradoxales en ce 
sens qu'il y a des caractères défavorables, comme l'épaisseur de la 
coquille chez Globigerina digitata; dans cette même espèce, on pour- 
rait citer au même titre l'accroissement des loges en hauteur (dans 
le plan d'enroulement), ce qui donne une forme aplatie. Il y a alors 
d'autres caractères favorables, dont l'énorme développement fait com- 
pensation. De même, chez Gl. œquilateralis et Hastigerina, la spirale 
est plate, nautiloïde, mais les tours de spire sont disjoints et les loges 



CXXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

développées perpendiculairement au plan d'enroulement chez Hasti- 
gerina, de manière à donner un ensemble sphérique. Il y a des cas 
extrêmes comme Orbulina. 

Les Pulvinulines sont plus ordinaires. Parmi les formes flottantes, 
il n'y a pas de caractères anormaux nécessitant une compensation 
par le développement exagéré d'autres caractères favorables. 
Quelques-uns de ces caractères sont assez bien marqués, par 
exemple le renflement des loges chez Pulvinulina crassa et P. mi- 
cheliniana; mais, en général, ils ne sont pas fortement développés. 
Étant modérés, ils sont tous nécessaires. Ce qui semble avoir déter- 
miné la flottaison, c'est pour les espèces, le pylome et l'ombilic, et 
dans chaque espèce, pour les individus, le renflement des dernières 
loges. 

Loges anormales de « Pulvinulina ». — La sphère en ballon de 
Cymbalopora bulloides a des ouvertures spéciales, pas tout à fait de 
la dimension de pylomes (sauf une seule), mais beaucoup plus 
grandes que des perforations ordinaires. Il y a quelque chose 
d'analogue dans Orbulina. Brady a fait remarquer que la même 
chose se retrouve dans plusieurs espèces de Pulvinulina, Chez 
P. oblonga, auricula et Haueri, la dernière loge est manifestement 
hypertrophiée; chez P. lateralis, l'hypertrophie est beaucoup plus 
considérable; d'en haut, la dernière loge paraît normale, mais elle 
occupe plus de la moitié de la face inférieure, ayant recouvert 
plusieurs auires loges et étant en même temps perforée comme une 
Orbuline ou une Gymbalopore ; l'analogie avec la dernière espèce est 
complétée par l'habitat : la zone côtière tout à fait superficielle des 
régions coralliennes. Toutes ces espèces sont benthoniques, mais la 
fréquence de cette modification dans un genre dominant du plankton 
est un fait très caractéristique. 

Il y a une modification analogue chez une Cribrospira fossile 
(von Môller, Spiralgew. Foram. russ, Kohlenkalks, [Mém. Acad. 
Petersb., 1878, pi. IV, fig. 4]). 

Le cas de Pulvinulina semble indiquer que dans ce genre la modi- 
fication porte bien sur la dernière loge et n'est pas une formation 
nouvelle comme chez Cymbalopora et Orbulina. Dans l'une des 
figures de Brady, l'avant-dernière loge est également affectée par les 
perforations, et la dernière ne l'est que sur une moitié de sa surface, 
l'autre moitié restant normale. Il est difficile de décider si c'est une 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXXVII 

simple variation individuelle ou s'il faut attribuer à cette structure 
une portée morphologique. 

Le genre Cymbalopora. — Toutes les espèces présentent des 
caractères de communications protoplasmiques rapides, multiplicité 
des pylomes ou ouvertures accessoires, grande cavité ombilicale, 
dimensions assez considérables des perforations. Or, deux de ces 
espèces sont benthoniques ; il y a donc lieu de rechercher l'utilité de 
ces structures pour la vie benthonique. Ce peut être une question de 
nourriture, comme pour les Globigérines, mais nous n'avons aucun 
renseignement de fait à ce sujet; ou bien une question d'habitat 
particulier. Le genre est localisé dans les régions coralliennes, en 
général assez près de la surface. Or, un récif de corail est une 
prairie animée où beaucoup d'animaux sont carnassiers, vivant aux 
dépens des Polypes. Il y a aussi généralement des adaptations 
spéciales pour résister à l'action d'entraînement des courants. C'est 
même ainsi que l'on peut comprendre la structure d'Orbitolites, le 
genre supérieur des Imperforés qui a le même habitat; son aplatisse- 
ment discoïde par croissance cyclique diminue l'action d'entraîne- 
ment; les nombreux orifices sur tout le pourtour, souvent en 
plusieurs rangées superposées, permettent à l'organisme de s'ancrer 
par une multitude de câbles protoplasmiques ; sa faculté de réparer 
les parties endommagées ou de régénérer les parties perdues est 
également une adaptation (Rhumbler). Chez Cymbalopora, on peut 
considérer la facilité des communications protoplasmiques comme 
une adaptation au même genre de vie, structure utilisée ensuite 
pour la flottaison. 

La séance est levée à 7 heures. 



Séance du 3 octobre. 

Présidence de M. Dautzenberg. 

La séance est ouverte à 4 l j 2 heures. 

Les procès-verbaux des séances (mai et juin), compris dans la 
feuille 6 des Bulletins de 1903, sont déclarés adoptés. 



CXXVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Le Secrétaire général rend compte de l'excursion zoologique faite 
par la Société à Overijssche le 2 août dernier et à laquelle ont pris 
part, sous la direction de M. le professeur Lameere, MM. Arndt, 
Masay, Schouteden, Severin et de Cort. De nombreuses captures 
intéressantes ont été faites, notamment dans l'étang d'Overijssche, où 
il existe de remarquables colonies de Spongiaires. 

Correspondance. 

La Société a reçu, en leur temps, des convocations au VII e Congrès 
flamand des sciences naturelles et médicales, qui s'est tenu à Gand 
les 26 et 27 septembre. 

Bibliothèque. 

Échange nouveau : 
University of Galifornia, à Berkeley, Californie. 

Dons des auteurs : 

J. Mac Leod : Het Nederlandsch en de Wetenschap (Ex : Kon. 
Vlaamsche Akad. voor Taal- en Letterk.; Gand, 1901). — De 
Invloed de? 1 levensvoorwaarden en de sociale verantwoordelijkheid 
(Ex : Handel. van het IV Vlaamsch Natuur- en Geneesk. Congres; 
Bruxelles, 1900). 

G. van Ertborn : A propos de la carte géologique de la province 
d'Anvers et de la partie du Limbonrg située au Nord du Berner. — 
ha distribution d'eau de Vilvorde (Ex : Bull. Soc. relge de Gëol.; 
Bruxelles, 1903). 

É. Delvaux : Le Quaternaire de Rencheux (Vielsalm) (Ex : Ann. 
Soc. géol. de Belg.; Liège, 1903) [don de M. Dewalque]. 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Dépôts : 

Ad. Kemna : Les' caractères généraux des Vertébrés. (Tiré à part 
extrait de la feuille 7 des Bulletins des séances, 1903.) 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXXIX 

Communication du Conseil. 

M. Emile Thum, de l'Institut zoologique de Prague, présenté par 
MM. Rousseau et de Gort, a été reçu membre effectif. 

Communication. 

D r Richard GOLDSCHMIDT (de l'Institut Zoologique de Heidelberg). — « Notiz 
tiber die Entwickelung der Appendicularien. [Biologisches Centralblatt, 15 jan- 
vier 1903, vol XXIII, n° 2.) — Compte rendu bibliographique, par Ad. Kemna. 

Les Appendiculaires comptent parmi ces animaux privilégiés, 
auxquels les naturalistes s'intéressent d'une façon toute particulière. 
Ils ont les allures des larves d'Ascidies, ne se fixent pas, restent 
constamment libres et mobiles et conservent pendant toute leur vie 
leur organe de locomotion, la queue, organe seulement transitoire 
dans les autres groupes de Tuniciers. Rien d'étonnant dans ces con- 
ditions à ce que leur individualité zoologique n'ait pas été immédiate- 
ment et généralement reconnue, et à ce qu'on ait commencé par les 
prendre pour des larves. Encore en 1846, c'était l'opinion d'une 
autorité comme Johannes Mûller. La question a été définitivement 
tranchée en 1854 par Gegenbaur (Zeitschr. wiss. Zool., vol. V) qui a 
trouvé les Appendiculaires, fort nombreux dans le détroit de Mes- 
sine, munis d'organes sexuels à produits mûrs; outre cet argument, 
il invoquait aussi la présence d'un otocyste avec otolithe, organe 
absent chez les Ascidies et, à cette époque, non encore reconnu chez 
leurs larves. Il conclut que les Appendiculaires sont des êtres distincts 
et non des formes larvaires. Quant à leur place dans la classification 
(Z. w. Z., vol. VI, 1855), il se rallie à l'opinion de Huxley pour en 
faire les plus simples des Tuniciers. 

Les progrès de la science n'ont fait qu'augmenter l'importance, on 
pourrait dire philosophique, de ces êtres. Ils sont les plus simples de 
leur groupe et ce groupe des Tuniciers est étroitement apparenté avec 
les ancêtres des Vertébrés. On pourrait s'attendre à ce qu'ils aient été 
l'objet de nombreux travaux, gratifiés d'une bibliographie aussi éten- 
due que celle d'Amphioxus. 11 n'en est rien. Les travaux sont relati- 
vement assez clairsemés et tout spécialement leur embryologie est 
encore une page blanche. 

Seeliger, en 1895 (Bronris Thierreich, Tunicaten), cite en tout 

t. xxxviii, 1903 9 



CXXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

trois noms. En 1867, Kowalewsky dans son célèbre mémoire sur 
Amphioxus écrit : « Une glande semblable à celle de l'extrémité des 
« larves d'Amphioxus a été trouvée aussi chez les embryons des 
« Appendiculaires. J'ai eu l'occasion de suivre le développement 
« d'Appendieularia acrocerca depuis l'œuf. Ce développement cor- 
ce respond à celui des Ascidies simples. » En dehors de la présence 
d'une glande préner vienne, il n'y a aucun détail. C'est donc une 
mention pour ainsi dire accidentelle. 

Cinq ans plus tard, en 1872, les Appendiculaires du détroit de 
Messine sont l'objet d'un grand travail de la part de Herman Fol. 
Très développé au point de vue descriptif et anatomique, le mémoire 
de Fol est pour ainsi dire muet sur le développement. « Le dévelop- 
« peinent, que j'ai pu suivre jusqu'à la formation de la larve ne me 
« parut différer en rien de celui des Ascidies, et comme, d'autre 
« part, la petitesse de ces œufs et la difficulté qu'on a de les 
« obtenir les rendent peu favorables à l'étude, je n'ai pas jugé à 
a propos d'approfondir davantage ce sujet. » Il donne cependant un 
détail d'une certaine importance : les deux ouvertures branchiales 
ou spiraculaires résultent de deux invaginations ectodermiques, qui 
se mettent au contact avec deux évaginations de l'intestin bran- 
chial ( L ). 

En 1884, il y a deux travaux, de Fol et de Bolles Lee, sur l'ori- 
gine des organes sexuels et la formation des produits; mais c'est 
plutôt de la cytologie et non de la vraie embryologie. 

En présence de cette situation, la connaissance du développement 
des Appendiculaires était un desideratum de la science. Mais Seeliger 
a prémuni contre des espérances exagérées (Tunicaten, p. 134) : 
« Quelque désirables en soi que puissent être des renseignements sur 
ce le développement de ce groupe d'animaux, on ne peut à mon avis, 
a espérer qu'ils fourniront des points de vue nouveaux pour l'appré- 
ce ciation de l'organisation et de l'emplacement des Appendiculaires. 
ce Le développement embryonnaire des Ascidies a été convenable- 
ce ment étudié et permet de conclure à ce que sera celui des Appen- 
ce diculaires. L'organisation de ceux-ci est sous beaucoup de rapports 
ce d'une telle simplicité, que le cours du développement ontogénique 



(!) Il y a évidemment une faute d'impression dans le travail de Goldschmidt, 
quand il parle à ce propos de deux « Entodermeinstûlpungen die den Darm errei- 
chen » ; c'est « Ektoderm » qu'il faut lire. 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CX1XI 

« dans ses principaux traits peut être prédit avec assez bien de certi- 
« tude. C'est ainsi que la structure de la queue permet de conclure 
« avec certitude, qu'à aucun stade évolutif il ne peut apparaître ni 
a des plis mésoblastiques ni un cœlome entérocœle. » Seeliger n'en 
a pas moins été le premier à saluer le présent travail « comme parti- 
culièrement agréable, parce que l'auteur a réussi à déterminer le 
cours général de l'évolution, au moins dans ses grandes lignes » 
(Zool. Centralblatt, juillet 1903, p. 502). 

Pendant un séjour à la station zoologique de Rovigno, Goldsehmidt 
a trouvé, dans la seconde quinzaine de mars 1902, de très petites 
larves dans le plankton. Il croit pouvoir, avec beaucoup de certitude, 
les attribuer à Oikopleura dioica. Cette espèce, nombreuse à cette 
époque, était la seule présentant des produits sexuels mûrs. Les 
œufs ont une légère opalescence jaunâtre, qui permet de reconnaître 
les stades ultérieurs du fractionnement. Des essais de fécondation 
artificielle n'ont pas réussi, mais des cultures en goutte suspendue, 
avec ces stades, ont pu être poussées jusqu'à des stades larvaires plus 
avancés, avec queue et corde. 11 a pu constituer ainsi une série 
satisfaisante. 

L'étude des premiers stades est très difficile. Rien que pour se 
procurer le matériel, l'isolement d'avec le reste du plankton, de ces 
œufs de très petite taille, est une besogne qui avait fini par rebuter 
Fol. Les embryons ont un pouvoir spécial de réfraction, qui soustrait 
à la vue tous les détails intérieurs et ne permet de discerner que le 
contour. La pauvreté des noyaux embryonnaires en chromatine rend 
inapplicable la méthode des préparations à coloration totale. C'est 
donc à tous les points de vue, un matériel des plus désagréables. 

Aux stades tout à fait primitifs, à deux ou quatre cellules, les 
forts objectifs montrent les rayons des asters de division, composés de 
travées alvéolaires, C'est donc un nouvel exemple de la structure 
alvéolaire du protoplasme d'après Bùtschli. L'observation de Gold- 
sehmidt a d'autant plus de valeur, qu'elle a été faite sur l'objet vivant, 
sans aucun emploi de réactifs. 

Jusqu'au stade de seize cellules, le fractionnement est exactement 
comme celui de Clavelina. Il marche rapidement. Au bout de deux 
heures, il y a un amas cellulaire sphérique, légèrement aplati, qui 
n'est pas interprété (morula, blastula ou gastrula?). Trois heures 
plus tard, l'embryon s'est un peu allongé et une rainure circulaire 
transversale, peu profonde, le divise en deux parties, une antérieure 



CXXXII 



SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 




Fiff. 1. 




et une postérieure. Dans la moitié postérieure, on distingue une 
ligne axiale de cellules fortement réfringentes, avec de 
gros noyaux vésiculaires; cette moitié postérieure est 
donc la queue. Elle est aussi grosse que le tronc et aussi 
longue; elle est dans l'axe du tronc, ni courbée, ni 
fléchie, ni tordue. C'est la figure 1, vue d'en haut. 

La ligure 2, également vue d'en 
haut, montre un stade ultérieur. L'em- 
bryon s'est allongé et, pour trouver place dans la 
membrane de l'œuf, il a fléchi sa queue latéralement. 
il n'y a toujours que peu de différence dans les 
tailles respectives des deux parties, tronc et queue ; 
il en résulte que l'embryon est massif, qu'il a l'air Flg - 2 * 

plutôt d'un gros ver que d'un embryon de Tunicier. 
Le troisième stade (flg. 3, vue d'en haut) consiste 
en l'extension de la queue, de sa position fléchie 
latérale, de nouveau dans la continuation de l'axe 
du tronc. La membrane de l'œuf ne se déchire pas; 
elle se prête à toutes les modifications de la forme 
du corps et s'applique étroitement sur l'embryon. 
C'est ce qui est déjà réalisé sur le côté convexe du 
corps, le côté droit de la figure 3; sur le côté con- 
vexe, gauche, la membrane est encore distincte. 

La figure 4 (vue d'en haut) est « la jeune larve 
nageant librement ». Le redressement de la queue est 
complet et il y a maintenant une différence assez 
notable dans les dimensions relatives du tronc et de la 
queue. La queue est moins grosse que le tronc, un peu 
plus longue; mais ces différences sont incomparable- 
ment moins grandes que chez les larves libres d'As- 
cidies. En outre, la section transversale de la queue de 
la larve Appendiculaire n'est pas aplatie transversale- 
ment, élevée dorso-ventralement; la section est circu- 
laire et si tant est qu'il y ait un aplatissement, il est 
dorso-ventral, mais toujours très faible. La queue porte 
à son extrémité un long bouquet de soies, une brosse 
(eine Borste), seulement indiquée dans la figure 4, mais 
dessinée en entier dans la figure 6 ; cette brosse serait Fl &- 4 - 
un produit, non de l'embryon lui-même, mais de la membrane de 





BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. 



CXXXIII 



l'œuf. Cette membrane, partout étroitement appliquée contre le 
corps de la larve, se voit encore dans l'angle rentrant formé par le 
tronc et la queue (c'est du moins ainsi que j'interprète une ligne 
allant de l'un à l'autre). 

Déjà, dans les stades antérieurs, il y avait de chaque côté de la 
corde une couche cellulaire. Elles fourniront plus tard les masses 
musculaires latérales de la queue et, dans le stade figure 4, elles 
sont au nombre de dix. La « segmentation » de la queue des Appen- 
diculaires, basée par Langerhans sur la métamérie de certains nerfs 
et sur le fait que les bandes musculaires se fractionnent toujours en 
dix fragments, a été démontrée par Seeliger consister en la formation 
de ces bandes par dix cellules seulement. Goldschmidt estime que 
l'embryologie vient confirmer admirablement (aufs 
schônste) cette interprétation de Seeliger, pour 
autant qu'une confirmation était nécessaire. 

Dans le tronc, s'est formée une grosse vésicule, 
la vésicule cérébrale ; elle occupe une situation plutôt 
dorsale. On voit aussi une autre vésicule plus petite, 
l'otocyste, avec deux otolithes. 

Les mouvements de la larve rappellent beaucoup 
plus ceux des Cercaires, qu'aux stades ultérieurs. 
Souvent les larves collent aux parois des verres de 
montre par la brosse de leur extrémité caudale. 

La figure 5 ci-contre représente un stade plus 
âgé, vu du côté gauche, à l'état de repos. La queue 
est nettement délimitée, la différence des diamètres 
tr;n sverse et vertical pour le tronc et la queue est 
considérable, par suite de l'hypertrophie de la partie 
postéro-dorsale du tronc. Dans la corde, les limites 
cellulaires sont effacées, mais la plupart des noyaux 
sont encore présents ; ils disparaissent ultérieure- 
ment en commençant par l'extrémité distale ou posté- 
rieure. Dans le tronc, les invaginations spiraculaires 
ectodermiques bien marquées sont encore imper- 
forées et non ciliées. L'intestin branchial se présente 
comme une in vaginal ion eclodermique par la bouche 
et ne communiquerait même pas encore avec le reste 
de l'intestin. Comme ce résultat est en désaccord avec ce qui se passe 
chez les Ascidies, où la cavité branchiale est endodermique, l'auteur 




Fig. 5. 



CXXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

a tout naturellement porté son attention sur ce point; il lui paraît 
probable qu'une partie tout au moins de la cavité branchiale, la 
région antérieure eridoslylaire, est bien d'origine ectodermique. Avec 
Seeliger, dans son compte rendu du Zool. Centralbl.,on peut dire que 
ce résultat est étonnant et demande encore à être confirmé. 

En terminant sa notice très sommaire, Goldschmidt rappelle les 
prédictions un peu pessimistes de Seeliger; il ne tire aucune conclu- 
sion de son travail et ne se permet pas la moindre observation d'une 
portée un peu générale sur les faits constatés. On ne peut que louer 
l'auteur de sa modestie, tout en trouvant que peut-être il l'a poussée 
un peu loin. Le travail m'a paru d'autant plus intéressant, que j'avais 
largement usé des Appendiculaires pour quelques considérations 
théoriques sur les caractères généraux des Vertébrés, dans notre 
séance de juin 1903. J'avais incidemment risqué une explication des 
particularités les plus caractéristiques de la queue des Appendicu- 
laires : le déplacement ventral, la flexion en avant et la torsion à 
gauche. J'avais suggéré un rapport possible entre ces modifications 
et la présence d'une enveloppe gélatineuse, ou avec le mode spécial 
de locomotion, qui est plutôt un relèvement de l'animal coulant au 
fond sous l'action de la pesanteur, qu'une propulsion en avant. Or, 
il semblait résulter du travail de Goldschmidt, que chez la larve, il 
n'y a encore aucun de ces déplacements ; la queue est en situation 
normale, en position morphologique. Dès lors, il devenait intéres- 
sant d'avoir des détails plus circonstanciés sur le mode de natation de 
la larve. 

En outre, je n'étais pas sûr d'avoir bien compris. Il n'y avait 
aucune indication sur l'orientation des figures et une expression de 
l'auteur m'a amené à croire possible que la figure 4 donnait une 
vue latérale. Il dit, en effet, que la queue esl déjà typiquement 
appendiculaire. Si on comprend par là qu'au moins la torsion à 
gauche est déjà réalisée, cette figure 4 devait être une vue latérale. 
La situation de l'otocyste sur la ligne médiane du dessin n'était pas 
un empêchement à cette interprétation, car précisément l'otocyste est 
généralement un peu latéralement à gauche chez l'adulte. J'ai donc 
écrit à Goldschmidt, qui a bien voulu répondre et envoyer quelques 
dessins; ce sont ceux marqués 2, 3, 6 et 7. La présente note a donc, 
grâce à l'obligeance de Goldschmidt, la valeur d'un complément au 
travail original. 

Dans tous les stades figurés, la queue est encore en position mor- 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. 



CXXXV 



phologique, la migration ventrale et la torsion à gauche ne sont pas 
encore effectuées. On les trouve terminées chez des larves de l / 2 mil- 
limètre de long, mais la modification n'a pas pu être suivie en 
cours d'exécution. L'expression de queue à structure typiquement 
appendicuîaire ne s'applique donc pas à la situation de l'organe, 
laquelle est au contraire encore typiquement celle d'Une Ascidie, mais 
au nombre et à la disposition des cellules musculaires. Il n'y a pas 
non plus de renseignements sur la première apparition de l'enveloppe 
gélatineuse. 

Il est dit dans la notice que la larve de la figure 4 est assez pares- 
seuse et repose généralement au fond des verres, et 
que les mouvements sont fort semblables à ceux des 
Cercaires. Les mouvements de la queue sont dans le 
plan horizontal à excursion assez limitée; en d'autres 
mots, la queue s'infléchit alternativement à droite et 
à gauche, mais s'écarte peu de sa position médiane, 
comme indiqué en pointillé sur la figure. Cette flexion 
latérale est une incurvation de la queue dans toutes ses 
parties, donnant une courbe régulièrement graduée, 
et non une courbure brusque en un seul point, à la 
base de la queue. Deux particularités structurales 
empêchent la formation d'un pli localisé et imposent 
une flexion en courbe graduée : d'abord, la grande 
surface d'implantation de la queue sur le tronc, la 
queue étant encore fort épaisse, et, en second lieu, 
la pénétration de la corde sur une certaine longueur Fl s- 6 - 
dans le tronc. Quand ces larves meurent, généralement la queue 
s'infléchit un peu de côté, latéralement. 

Chez la larve de la figure 5, la queue est plus isolée; sa surface 
d'implantation sur le tronc est beaucoup réduite et la corde, par son 
extrémité antérieure ou proximale, est presque dégagée du tronc. On 
sait que chez l'adulte, cette extrémité arrondie de la corde jouecomme 
une tête sphérique dans une cupule du tronc ; les deux pièces ne 
tiennent ensemble, outre le nerf, que par l'épiderme. Le mouvement 
consiste en des ondulations qui parcourent la queue d'un bout à 
l'autre et il y a plusieurs de ces ondulations en même temps. Gold- 
schmidt écrit que chez la larve, les mouvements de la queue ne sont 
plus des oscillations, mais plutôt des mouvements de spirale ou d'hé- 
lice, et fort saccadés (eine zitternde). La larve progresse en avant. 



CXXXVI 



SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



A la mort, la queue s'incurve fréquemment un peu en bas, comme 

le montre la figure 7. 

Il résulte de l'ensemble de ces observations, un premier point : 

la queue larvaire est to- 
pographiquement et fonc- 
tionnel lement une queue 
normale d'Ascidie; le dé- 
placement ventral avec la 
flexion antérieure, et la 
torsion à gauche sont des 




modifications secondaires et qui même apparaissent assez 
tard dans le développement. Il est fort regrettable qu'elles 
n'aient pas pu être observées, non pas tant pour la façon 
dont elles se produiront, car il est improbable qu'il puisse 
y avoir là des surprises, mais bien pour leur succession 
d'apparition. La flexion en avant et la torsion à gauche se 
produisent-elles simultanément ou l'une après l'autre, et 
dans ce cas, quelle est la première? Dans quel rapport de 
temps sont-elles avec l'apparition de la première enve- 
loppe gélatineuse et quels changements amènent-elles dans 
le mode de propulsion de l'animal? Il n'est pas sûr qu'avec tous ces 
renseignements, on soit à même de fournir une explication ration- 
nelle de ces anomalies, uniques dans le groupe des Ghordés; mais 
il est certain qu'on n'y parviendra pas sans ces renseignements. 

Goldschmidt insiste à plusieurs reprises sur l'épaisseur de la 
région caudale pendant les premiers stades et signale la différence 
considérable sous ce rapport avec les larves des Ascidies; une consé- 
quence de cette particularité est le mode de mouvement du premier 
stade larvaire mobile par incurvation graduée et faible. En somme, 
la queue n'est pas encore spécialisée et constitue un organe locomo- 
teur assez imparfait, assez primitif. Probablement son efficacité est 
beaucoup augmentée par la brosse de soies qu'elle porte à son extré- 
mité. 

On pourrait peut-être rapprocher de cette brosse terminale l'organe 
énigmatique trouvé par Fol chez Kowalevskia tenuis (Seeliger, Tuni- 
caten, p. 109). Le cas signalé par Goldschmidt ne serait donc pas 
isolé et cet organe pourrait peut-être devenir général chez les Appen- 
diculaires. 11 y a môme quelque chose d'analogue chez Amphwxus : 
« A l'extrémité postérieure, les cellules s'accroissent énormément en 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. GXXXVIL 

« hauteur et commencent la formation d'une nageoire caudale épithé- 
« liale. Cette nageoire caudale primaire, qui n'est qu'une formation 
« provisoire, ne se forme pas comme un pli, mais est une excrois- 
« sance épidermique étirée sous forme de peigne. » (Hatschek, 
Entw. Amph., 1881, p. 77.) 

La persistance de la membrane de l'œuf est une particularité 
curieuse. Le fait est à rapprocher du rôle considérable que jouent les 
enveloppes de l'œuf généralement dans le groupe des Tuniciers et 
qui a fait croire un moment à l'intervention de cellules folliculaires 
dans la formation de l'embryon. La nature de cette membrane 
ne paraît pas nettement déterminée et il n'est pas sûr que ce soit une 
vraie membrane vitelline. La plus grande singularité est sa persis- 
tance jusqu'au stade de larve mobile et la production à ses dépens 
d'un organe fonciionnellement important pour la larve dans son 
genre de vie. 

Un résultat d'une certaine valeur, quoique de caractère négatif, 
me semble être l'absence d'un stade gastrula libre. L'Appendiculaire 
se conforme aussi sur ce point au reste des Tuniciers et confirme par 
conséquent les prévisions de Seeliger. Le fait mérite pourtant une 
mention spéciale, car les prévisions ne pouvaient pas avoir un très 
haut degré de certitude et un stade gastrula cilié et mobile, non 
seulement n'était nullement une impossibilité, mais aurait même été 
plus naturel, plus dans l'ordre des choses, si on prend en considéra- 
tion YAmphioxus. La cause de cette absence est évidemment la per- 
sistance de l'enveloppe de l'œuf; Féclosion est retardée, ou plutôt il 
n'y aurait pas d'éclosion du tout. Goidschmidt m'écrit à propos de la 
figure 4 «la larve fraîchement éclose», mais je crois quil ne faut 
pas prendre cette expression au pied de la lettre, car alors il y aurait, 
me semble-t-il, contradiction flagrante avec le texte suffisamment 
clair de la Notice. 11 serait intéressant d'être fixé sur le sort ultérieur 
de l'enveloppe et de savoir si elle n'intervient pas dans la formation 
du « Haus ». Il y aurait peut-être là une indication sur l'origine 
phylogénique de cette structure; la membrane de l'œuf, même 
quand elle est une production de l'œuf, une vraie membrane vitelline, 
ne fait plus partie de l'embryon. Or, c'est aussi le cas de l'enveloppe 
gélatineuse. La membrane de l'œuf persiste jusque dans la période 
de vie individuelle, active; elle recouvre tout le corps et fournit 
même un organe, la brosse caudale; son utilisation ultérieure 
comme premier «Haus» ne serait pas beaucoup plus extraordinaire. 



CXXXVIII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Ce n'est évidemment pas encore le moment de rationaliser ; il n'y a 
encore qu'un seul fait, ou plus exactement, une interprétation; car 
la formation de la brosse aux dépens de l'enveloppe n'est pas établie 
à suffisance de preuve, et Goldschmidt ne la donne pas comme telle. 
Mais dans la complète obscurité où nous sommes au sujet de la phy- 
logénie de ce dispositif curieux du « Haus », la moindre lueur 
mérite de fixer l'attention, toujours faute de mieux. 

L'otocyste, d'après les figures, occupe une situation exactement 
médiane, tandis que chez l'adulte, il est d'ordinaire un peu à gauche. 
Une particularité serait la présence de deux otolithes, également en 
position médiane, l'un derrière l'autre. On peut se demander si ce 
sont bien deux otolithes ou s'il n'y aurait pas ici une séparation de 
fonctions sensorielles comme chez les Ascidies où le plafond de la vési- 
cule cérébrale donne en avant un otocyste et en arrière un œil ; chez 
l'Appendiculaire adulte, il n'y a qu'une seule inclusion que l'on dit de 
nature calcaire; l'appareil est donc un vrai otocyste et dans l'hypo- 
thèse ci-dessus, la deuxième inclusion, de nature oculaire, aurait dis- 
paru. Chez tous les animaux, les otocystes ou organes de l'équili- 
bration (je considère cette fonction comme primitive et accomplie par 
des otolithes massifs, la fonction auditive comme une modification 
secondaire accomplie par une poussière otolithique) sont des organes 
pairs; il est très remarquable que chez les Tuniciers seuls ils soient 
impairs et de constater que, à ce point de vue aussi, les Appendi- 
culaires ne s'écartent pas des Tuniciers. 

Dans ce qui précède, nous avons d'abord donné les faits, d'après 
Goldschmidt ; puis nous les avons rapprochés d'autres faits. Dans tout 
cela, il n'y a, sauf incidemment à propos de l'enveloppe gélatineuse 
ou « Haus », aucune hypothèse, aucune discussion théorique. 11 y a 
cependant une question qui a été agitée à propos desAppendiculaires : 
c'est leur place dans le groupe des Tuniciers. Tout le monde est 
d'accord sur les affinités étroites entre Appendiculaires et Ascidies, 
mais ici aussi, ces affinités ont été interprétées de deux façons oppo- 
sées. Les uns voient dans les Appendiculaires les premiers et les 
plus simples des Tuniciers; les autres y voient au contraire des 
Ascidies simplifiées par dégénération, avec maintien du caractère 
larvaire pendant toute l'existence, comme adaptation à la vie péla- 
gique. 

Les faits nouveaux signalés par Goldschmidt ne sont pas assez 
nombreux pour pouvoir trancher la question et la plupart peuvent 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXXXIX 

s'interpréter aussi facilement dans l'un sens comme dans l'autre. Il y 
en a un pourtant qui me paraît plutôt favorable à la thèse de la 
primitivité des Appendiculaires : ce sont les particularités de la 
queue pendant les premiers stades larvaires, ses fortes dimensions 
qui lui donnent l'aspect de n'être que la moitié postérieure du corps 
d'un ver. Il y a, à vrai dire, quelque chose d'analogue chez les 
Ascidies (*), quoique moins marqué. Seulement chez les Appendi- 
culaires, cette forme persiste beaucoup plus longtemps, jusqu'au 
stade de larve nageant librement. Dans les figures de van Beneden 
et Julin ( 2 ) pour Clavelina, la partie antérieure est déjà beaucoup plus 
large que la queue, chez les larves où le tube nerveux ne montre 
encore aucune différenciation en vésicule cérébrale et où le neuropore 
est encore une large fente transversale, sans aucune trace d'organes 
sensoriels. On peut constater l'importance des différences avec la 
figure 4 de Goldschmidt. 

Quand on se figure la queue des Tuniciers naissant phylogénique- 
ment comme un appendice spécial très graduellement développé, on 
se heurte à la difficulté de l'inefficacité fonctionnelle des premiers 
stades. On est assez généralement d'accord pour prendre comme point 
de départ un organisme vermiforme, tout d'une venue, chez lequel la 
partie postérieure s'est spécialisée pour la fonction motrice. A ce point 
de vue, une brosse de soies terminale ou une élévation des cellules 
épidermiques peuvent avoir eu une importance fonctionnelle et modi- 
ficatrice incomparablement plus grande que leur valeur anatomique 
ou morphologique. Même la nullité de leur valeur morphologique est 
un avantage, à cause de la facilité à admettre de pareilles modifica- 
tions individuelles. Dans l'hypothèse d'un pareil Ver « Lophocerque 
précordé », l'épaisseur de la queue des Appendiculaires et sa brossé 
terminale seraient des caractères très primitifs qui militeraient en 
faveur de la position assignée généralement aux Appendiculaires, 
tout à fait à la base des Tuniciers. 

Les recherches de Goldschmidt confirment le caractère secondaire 
des déplacements de la queue, caractéristiques des Appendiculaires ; 
ces modifications sont même ontogéniquement fort tardives. Quant 



( d ) La remarque a été faite par M. le professeur Lameere, qui a signalé la res- 
semblance de la figure 1 de Goldschmidt avec les figures classiques de Ed. van 
Beneden et Julin pour des larves d'Ascidies. 

( 2 ) Van Beneden et Julin, Morphologie des Tuniciers (Arch. Biol. 7 vol. 6, 1887; 
ni. VIII, fig. 4 et 5). 



CXL SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

aux causes, on ne peut toujours que les présumer. Goldschmidt veut 
bien m'écrire que ma suggestion d'un rapport avec le « Haus » lui 
est « très sympathique ». A son tour, il invoque comme cause pos- 
sible, l'hypertrophie de la partie postéro-dorsale du tronc. Si je com- 
prends bien sa lettre, cette cause agirait pour ainsi dire mécanique- 
ment, pour refouler ventralement l'attache de la queue; puis se 
produirait la torsion à gauche, comme une conséquence de et une 
adaptation à cette situation ventrale, tout simplement pour permettre 
le fonctionnement de la queue. Il ne développe pas ces considérations 
et se borne à des indications fort sommaires. A la réflexion, on peut 
trouver une raison à cette dernière manière de voir. Dans sa position 
normale, à l'extrémité postérieure et dans le prolongement du corps, 
la queue ne rencontre aucun obstacle à ses mouvements ; mais fléchie 
en avant, ayant en même temps son axe dorso-ventral accru par les 
membranes qui la bordent, elle serait gênée par le tronc, contre 
lequel elle frotterait dans ses excursions latérales ; la torsion à gauche 
écarte, en effet, cet inconvénient. 11 faut pourtant observer que dans 
la figure 5, l'hypertrophie du tronc est déjà fort marquée, sans que 
la queue montre aucune modification de position. Kn général, je crois 
que les causes purement mécaniques sont rarement des explications 
suffisantes en biologie. Je suis plutôt tenté d'admettre comme causes 
du déplacement, une adaptation à des mœurs modifiées, soit par le 
« Haus », soit par la nécessité pour un organisme pélagique de se 
relever de temps en temps, pour contrebalancer l'action de la pesan- 
teur ; l'extrémité postérieure du corps, devenue terminale et libre, a 
alors été utilisée pour un développement énorme des organes sexuels. 
Aux nombreuses questions que nous avons soulevées au sujet de ce 
travail de Goldschmidt, il y a fort peu de réponses précises, parce 
que, comme Ta dit l'auteur lui-même, les renseignements sont en 
somme fort limités. Mais ces questions non résolues ont été suggérées 
par le travail de Goldschmidt et c'est là un très sérieux mérite. Quant 
aux vues un peu théoriques et spéculatives de ce compte rendu, elles 
résultent du désir de comprendre les faits et de la circonstance qu'il 
est difficile de s'abstenir de « phylogéniser » quand il est question 
d'Appendiculaires. 

La séance est levée à 6 1 / 2 heures. 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXLI 

Séance du 7 novembre. 

Présidence de M. le baron van Ertborn, vice-président. 

La séance est ouverte à 4 l / 2 heures. 

Les procès-verbaux des séances (juin à octobre) compris dans les 
feuilles 7 et 8 des Bulletins sont déclarés adoptés. 

Correspondance. 

M. Dautzenberg fait excuser son absence. 

M. Cassino, éditeur à Salem (États-Unis), annonce qu'il se propose 
de publier une nouvelle édition de X International Scientists'' Direetor y . 

La Schlesische Gesellschaft fur vaterlàndische Cultur, à Breslau, 
annonce pour le 17 décembre prochain la célébration du centième 
anniversaire de sa fondation. (Félicitations.) 

Bibliothèque. 

Échange nouveau : 

Boletin del Instituto fisico-geografico de Costa-Rica. 

Le Secrétaire général annonce l'apparition de deux nouveaux 
recueils zoologiques : Arkiv for Zoologi, publié par l'Académie 
royale suédoise des Sciences à Stockholm, et Annales Eistorico-natu- 
rales, publié par le Musée national hongrois à Budapest. 

Dépôts : 

Annales de la Société royale malacolo'gique de Belgique, t. XXXVII, 
1902; Mémoires : feuilles 1-2; Bulletins des séances, feuilles 4 à 9 
terminant le volume XXXVII. 

Annales de la Société royale zoologique et malacologique de Bel- 
gique, t. XXXVIII, 1903; Bulletins des séances, feuilles 7-8 parues 
le 12 octobre. 

Tirés à part : 

Ad. Kemna : Sur le caractère naturel de la division des Foramini- 
fer es en Imperforés et Perforés. — Les caractères structuraux de la 
coquille des Foramini\ères flottants. (Ex. : Bulletins des séances, 
1902 et 1903). 



CXLII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Communications : 

M. Kemna donne lecture de son travail : Vie et œuvre de Cari 
Gegenbaur. Cette communication prendra place, comme notice bio- 
graphique, en tête du volume XXXVIII. 

SUR UNE VARIÉTÉ DE MEMBRANIPORA M EM BRAN ACE A, L. 
ET SUR QUELQUES ANIMAUX MARINS VIVANT DANS L'EAU SAUMATRE, 

Par K. LOPPENS. 

En draguant cet été dans un canal à eau saumâtre, près Nieu- 
port (ancien canal de Furnes), j'ai trouvé une variété de Membrani- 
pora membranacea chez laquelle les deux grandes dents mousses 
situées à l'extrémité supérieure des zoœcies ont complètement dis- 
paru. Même en observant à un fort grossissement, aucune trace n'en 
est plus visible. La plupart des colonies couvrent les tiges de plantes 
submergées (Ruppia spiralis), ainsi que des branches d'arbres et des 
Balanes. 

De grandes colonies tapissaient les parois d'une yolle qui n'était 
que depuis deux mois et demi dans le canal. Elles étaient toutes 
encroûtantes; d'autres le sont sur une certaine surface et, dressées 
par places, forment des feuilles de 5 à 10 millimètres de hauteur. 

Cette variété est très commune dans ce canal; à chaque dragage, 
j'en ai recueilli plusieurs colonies et je ne l'ai pas encore rencontrée 
ailleurs. 

Sur quelques rares colonies j'ai trouvé un certain nombre de 
zoœcies ayant deux petites dents pointues au lieu des grandes dents 
mousses. 

La forme de Membranipora membranacea n'est donc pas très 
régulière, quoique Hincks dise : « distinguished for great regularity 
of growth and constancy of character » (British marine Polyzoa), 
puisqu'il y a les variétés sans dents et celles à petites dents pointues. 

L'eau du canal, qui a environ 2 mètres de profondeur, est beau- 
coup plus salée dans les couches inférieures; aussi lui ai-je trouvé 
une densité de 1.010 de l m 60 à 2 mètres, tandis qu'à 10 centimètres 
de la surface, la densité n'est que 1.002; or, les Membranipora 
vivent à toutes les profondeurs ; ils peuvent donc se propager dans 
une eau dix fois moins salée que l'eau de mer (les couches supé- 
rieures donnent 3.2 grammes de sels par litre, les inférieures 



BULLETINS DES SÉANCES. ANNÉE 1903. CXLIII 

20.8 grammes). Mais dans les années pluvieuses, on ouvre les vannes 
de l'écluse à marée basse, de façon que l'eau des ruisseaux y pas- 
sant, le canal ne contient plus que de l'eau douce pure. Depuis le 
1 er septembre, l'eau ne contient plus de sel, et vers la fin du mois, 
j'ai encore trouvé des colonies bien vivantes : ces Bryozoaires peu- 
vent donc vivre un temps assez long dans l'eau douce. 

Dans le canal précité, parmi quelques espèces propres à l'eau sau- 
mâtre, telles que Carcinus moeuas, Sphœroma serratum, Cordylo- 
phora lacûstris, Pedicelline belgica, Dreissensia polymorpha, j'ai 
trouvé les espèces marines suivantes : Mytilus edulis, surtout des 
petits, mais parfois de grands individus également, de 5 à 6 centi- 
mètres de long. Les valves sont toujours plus minces et plus légères 
que celles des individus marins de même longueur : ils vivent parfois 
longtemps dans l'eau douce ; Mya arenaria, petit individu; Littorina 
rudis, deux exemplaires; Cardium edule, valves vides. 

Obelia dichotoma est fort rare dans le canal ; je n'en ai trouvé que 
quatre colonies toutes bien vivantes. 

Balanus crenatus, vit sur des pierres et sur des tiges de roseaux 
[Phragmites communia) et sur Ruppia spiralis. Celles de ces Balanes 
qui vivent sur les pierres ont une forme normale, la base a 13 milli- 
mètres sur 14, ou 10 sur 12 ; les autres sont aplaties latéralement, 
et la base n'a que la largeur des tiges sur lesquelles elles sont 
fixées : 8 millimètres sur 1, 5 millimètres sur 1, etc. On les trouve 
depuis 60 centimètres de profondeur, et elles supportent l'eau douce 
pendant longtemps. 

La séance est levée à 6 heures. 



Séance du 5 décembre. 

Présidence de M. Lameere, membre du Conseil. 
La séance est ouverte à 4 l / 2 heures. 

Correspondance. 

MM. Dautzenberg et van Ertborn se font excuser de ne pouvoir 
assister à la séance. 



CXLIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

M. le Gouverneur de la province de Brabant vient d'accorder à la 
Société un subside de trois cents francs. (Remerciements.) 

M. le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique annonce 
qu'il allouera à la Société un crédit de cinq cents francs en échange 
des trente-cinq exemplaires du tome XXXYII (1902) des Annales qui 
lui ont été fournis et sous la réserve de la fourniture d'un même 
nombre d'exemplaires du tome XXXVIII (1903). 

En vue de présenter à la prochaine Exposition universelle de Saint- 
Louis (États-Unis d'Amérique) une idée aussi complète que possible 
du mouvement scienlifique en Belgique, M. le Ministre de l'Intérieur 
et de l'Instruction publique fait appel à la Société et lui demande de 
remplir un questionnaire et de lui envoyer un exemplaire du dernier 
volume de ses publications ainsi que du diplôme qui se décerne aux 
membres. Le Secrétaire général se charge du soin de donner satisfac- 
tion à M. le Ministre. 

Bibliothèque. 

Dons : 

D r R. Bellini : Les Ammonites du Calcaire rouge ammonitique 
(Tourcien) de FOmbrie (Ex : Journ. de Conchyl.; Paris, 1900). — 
Due nuovi Molluschi fossili deW isola dLsehia e revisione délie specie 
esistenti nella marna delï isola stessa — / Molluschi extramarini 
deW isola di Capri (Ex : Boll. Soc. Zool. Ital ; Rome, 1900). — 
Alcune osservazioni sulla distribuzione ipsometrica dei Molluschi ter- 
restri neW isola di Capri (Ex : Monitore Zool. Ital. ; Florence, 1901). 
— Contribuzione alla conoscenza délia fauna dei Molluschi marini 
deir isola di Capri (Ex : Boll. Soc. di Naturalisti; Naples, 1901). — 
I Molluschi di alcuni depositi elveziani presso S. Genesio (Tovino) 
(Ex : Boll. del Naturalista; Sienne, 1902). — Alcuni appunti per 
la geologia deW isola di Capri (Ex : Boll. Soc. Geol. Ital.; Rome, 
1902). — / Molluschi del lago Fusaro e del mar Morto nei Campi 
flegrei (Ex : Boll. Soc. di Naturalisti; Naples, 1902). — Notizie 
sulle formazioni fossilifère neogeniche recenti délia regione vulcanica 
napoletana e malaco fauna del Monte Somma — La Mitra zonata, 
Marryatt, nella fauna malacologica marina di Capri (Ex : Boll. Soc. 
di Naturalisti; Naples, 1903). 

Ch. Kerremans : Fam. Buprestidœ (Coleoptera serricornia) II, 111 , 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CXLY 

IV (in Gênera Insectorum, publiés par P. Wytsman) (Bruxelles, 
1903, in-4°). 

Des remerciements sont votés aux donateurs. 

Assemblée générale de 1904. 

Il est décidé que cette réunion clôturant l'exercice 1 903, se tiendra 
le dimanche 10 janvier, à 3 heures de relevée. Elle remplacera 
l'assemblée mensuelle de janvier 1904. 

Communications. 

Après lecture, l'assemblée décide l'insertion aux Mémoires du tra- 
vail du D r R. Bel Uni, intitulé : La faune des Mollusques fossiles néo- 
gènes du périmètre du golfe de Naples. 

UN GITE DE ROSTELLARIA AMPLA, 
Par Éd. DELHEID. 

Visitant récemment la sablière de l'avenue Defré, à Uccle, je 
remarquai que les profondes ornières creusées par les charrettes 
servant au transport des sables avaient été comblées, afin de rendre 
le sentier plus praticable, au moyen d'innombrables Bostellaires. 
En suivant leurs traces, je ne tardai pas à découvrir l'endroit d'où 
elles provenaient et à constater qu'il s'agissait d'un « Cimetière de 
Burtin » des plus intéressants, en ce sens qu'il était presque exclusi- 
vement composé des coquilles de ces Mollusques. 

Une telle accumulation de Rostellaires doit être rare sinon unique, 
car, depuis une trentaine d'années de recherchas dans le Bruxellien, 
il n'a jamais, à ma connaissance, été rencontré un de ces « cime- 
tières » où ce Mollusque fut aussi abondamment répandu, 

La couche qui constituait ce gîte avait environ 50 centimètres 
d'épaisseur et était littéralement pétrie de ces coquilles, dépourvues 
naturellement de leur test, comme c'est toujours le cas dans ces 
« cimetières ». Beaucoup de blocs de grès calcareux s'y trouvaient 
disséminés; mais, de même que dans les sables qui les contenaient, on 
n'observait guère que des vestiges de l'envahisseur qui avait pris pos- 
session de ce point de la mer bruxellienne, où il régnait en maître. 

J'oubliais de dire que ce gîte a été rencontré dans les dépôts supé- 
rieurs du Bruxellien, au-dessus des grands blocs de grès calcarifères. 
Quant aux terrains recouvrant la couche fossilifère, ils étaient com- 

T. XXXVIII, 1903 10 



CXLYI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

posés de limon quaternaire avec cailloux roulés à la base; les dépôts 
bruxelliens préexistants avaient été ravinés lors du creusement des 
vallées. 

Gomme dans presque tous les « cimetières de Burtin » explorés 
jusqu'à présent, nuls restes de Vertébrés n'ont été observés dans celui 
de l'avenue Defré. 

Les dents de Squales elles-mêmes, si communes à tous les niveaux 
et toujours si admirablement conservées, y faisaient complètement 
défaut. 

Une exception à cette absence de Vertébrés dans ces poches doit 
être signalée en faveur des deux gîtes mis au jour, il y a quelques 
années, lors du nivellement du champ de repos d'Ixelles. A cet 
endroit, d'abondants représentants de la faune ichthyologique bruxel- 
lienne ont été recueillis dans les sables qui renfermaient les grès 
coquilliers. Malheureusement, grâce au mauvais vouloir de l'un des 
entrepreneurs de ces terrassements, le plus riche de ces gîtes a été 
perdu pour la science; il contenait, comme je le disais naguère, 
une cinquantaine de mètres cubes de sables pétris d'ossements de 
Poissons, de Reptiles, etc. 

Un mot encore concernant la sablière de l'avenue Defré : 

Lorsque, dans la séance du 7 mars dernier, il a été rendu compte 
de la découverte de prétendues sépultures franques dans cette 
sablière, j'exprimais l'espoir de pouvoir continuer l'exploration de la 
colline d'où tant d'ossements humains avaient été exhumés; j'ai le 
regret de dire que, jusqu'à présent, les travaux n'ont pas repris de ce 
côté et que, conséquemment, les fouilles que je me proposais d'exé- 
cuter n'ont pu être entreprises. Ce contretemps est d'autant plus 
regrettable que de nouvelles recherches, faites cette fois en présence 
d'hommes adonnés aux études archéologiques et préhistoriques, 
auraient probablement modifié la première impression quant à l'ori- 
gine de ces restes humains que, pour ma part, je considère comme 
ayant été enfouis bien antérieurement à l'époque franque. 

LA DISPOSITION DES POILS CHEZ LE PARESSEUX DIDACTYLE, 

Par Ad. KEMNA. 

Il y a une trentaine d'années, en observant des Paresseux didac- 
tyles vivants, au Jardin zoologique d'Anvers, j'ai remarqué une 
singulière disposition des poils. Tous ceux de la face ventrale et des 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CXLVII 

flancs remontent vers le dos. Sur la ligne médiane ventrale, la ligne 
blanche, la peau est à nu, comme si un coiffeur avait tracé une raie 
correcte. Des deux côtés de cette raie sont immédiatement implantés 
les plus longs poils, divergeant à droite et à gauche comme d'énormes 
ce favoris » et recouvrant tous les poils des flancs. Sur la face externe 
des quatre membres, les poils sont aussi fort longs. Sur l'avant- 
bras, ils sont dirigés du poignet vers le coude; sur le bras, ils vont 
de l'épaule vers le coude. Sur le membre postérieur, les poils sont 
tout d'une venue et vont du pied vers la hanche ; sur la jambe et la 
cuisse ils ont la même direction ; entre les deux segments du membre 
postérieur, il n'y a donc pas cette opposition qui caractérise les deux 
segments du membre antérieur. L'animal dans son ensemble, a tout 
à fait l'air d'avoir été brossé à rebrousse-poil. 

Le membre antérieur de l'Orang, du Chimpanzé et du Gorille, a 
la même disposition des poils, convergeant vers le coude. Wallace a 
attiré l'attention sur ce fait et l'a mis en rapport avec une particu- 
larité du genre de vie de TOrang. L'animal se protège contre les 
pluies diluviennes en mettant les bras en l'air pour saisir une branche 
d'arbre ou simplement pour mettre les deux mains sur l'occiput. 
Dans cette attitude, l'avant bras étant fortement fléchi sur le bras, 
tous les poils du membre antérieur sont dirigés vers le bas et 
offrent, par conséquent, un écoulement facile à l'eau. Notre collègue, 
M. Weyers, qui a profité d'un long séjour à Sumatra pour étudier 
avec intelligence les mœurs des animaux, a pu faire des observations 
analogues. Livingstone, cité par Darwin, dit que le Gorille pendant 
une pluie battante, croise ses mains sur sa tête. Or, chez l'homme, 
les poils du membre antérieur convergent également vers le coude ; 
Darwin (La descendance de V homme et la sélection sexuelle) n'a 
naturellement pas manqué de tirer argument de cette ressemblance. 
Il signale également que chez Hylobates agilis, les poils de l'avant- 
bras se dirigent vers le poignet, comme c'est le cas chez la plupart 
des Mammifères ; mais chez H. lar, la direction est presque trans- ' 
versale avec une légère convergence vers le coude; les diverses 
espèces de Gibbons sont donc intéressantes comme constituant une 
série de transition. 

Quand on met le Paresseux en position morphologique, c'est-à- 
dire quand on le considère debout sur ses pattes, le dos en haut, tous 
les poils remontent, sauf ceux du segment supérieur du membre 
antérieur, ceux du bras, qui descendent vers le coude. Mais telle 



CXLVIII 



SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



n'est pas la position que prend l'animal ; il est toujours suspendu à 
une branche par ses grands ongles en crochet, et le dos en bas. Au 
repos, il est assis sur une branche, le point d'appui étant, non la 
région ischiaque ou fessière, mais la région sacrée ou lombaire plus 
haut sur le dos. Il choisit toujours une fourche; il est à moitié cou- 
ché sur la branche inférieure et il s'accroche à la branche supérieure 
de la fourche par tous ses quatre membres relevés. Le membre anté- 
rieur a ses deux segments fortement fléchis l'un sur l'autre; le bras 
est dirigé en bas, Tavant-bras vers le haut, tout comme l'Orang; et 
la disposition des poils est la même que chez l'Orang. Le membre 
postérieur est au contraire toujours en extension, dirigé verticale- 
ment en haut, même un peu obliquement en avant, de façon à ce que 
les crochets postérieurs viennent se mettre tout contre les crochets 
du membre antérieur; ainsi se comprend la direction uniforme 
des poils sur les deux segments de ce membre postérieur, aussi 
leur direction si aberrante du pied vers la hanche, qui est la direc- 
tion de haut en bas quand l'animal est dans cette position ren- 
versée. Le dos est fortement incurvé, formant presque trois quarts 
de cercle; la région fessière est plus haute que la région lombaire; 
la région thoracique du dos se relève verticalement et la tête s'insi- 
nue entre les deux avant-bras. Dans cette attitude, l'animal n'est 
plus qu'une grosse boule hirsute, où tous les poils sont fort exacte- 
ment dirigés de haut en bas. Les longs poils du ventre passent entre 

l'avant-bras et le membre postérieur 
rapprochés, en une touffe épaisse, 
comme pour constituer la gouttière 
d'écoulement de l'eau captée par les 
membres relevés. Les poils embras- 
sent la branche sur laquelle l'animal 
est assis. Le dessin schématique ci- 
contre fait bien comprendre cette 
attitude et la direction des poils, 
indiquée par des flèches. 

Une fois que l'attention a été attirée 
sur ces faits, il est curieux de voir 
dans les ouvrages et dans les musées, 
comment ces animaux ont été arrangés. L'ouvrage classique de 
Flower (Mammals living and extinct, 1891) donne une figure, 
page 180, de Cholœpus Hoffmanni, où il y a à peine une vague 




Fig. 8. 



BULLETINS DES SÉANCES. — ANNÉE 1903. CXLIX 

indication de la convergence des poils vers le coude ; sur tout le 
reste du corps, les poils sont marqués comme ayant la disposition 
ordinaire des Mammifères. N'ayant pas eu l'occasion d'examiner 
cette espèce, je ne puis affirmer l'incorrection du dessin ; mais cette 
incorrection est assez probable. Les figures de Brehm (La vie et les 
mœurs des animaux) et de Vogt (Les Mammifères) sont plus exactes, 
sans que le texte signale ces particularités dans la direction des poils. 
On trouve parfois dans les musées des exemplaires chez lesquels le 
taxidermiste a employé le peigne et la brosse pour faire à sa façon 
la toilette de cette tignasse. Les plus beaux spécimens, tout à fait 
naturels, que j'ai vus, sont ceux du Musée d'Histoire naturelle de 
Londres (Cromwell Road). 

Dans le genre tout voisin Bradypus, Paresseux à trois doigts au 
membre antérieur, les poils sont beaucoup moins longs et non rele- 
vés sur les flancs. L'adaptation spéciale du pelage n'est pas du tout 
aussi marquée ; ce qui concorde avec le caractère plus normal du 
nombre des doigts. Il est assez curieux de constater que tandis que 
Cholœpus est toujours monté dans les musées comme suspendu le dos 
en bas, généralement Bradypus est représenté en position verticale. 

En résumé, le cas des grands Singes et celui des Paresseux se 
prêtent un mutuel appui ; la disposition des poils est une adaptation 
protectrice contre la pluie. 

La séance est levée à 5 1 / 2 heures. 









BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 



A 



LISTE 



DES 



SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES 

AVEC INDICATION DES OUVRAGES REÇUS PENDANT L'ANNÉE 1903 



(Les ouvrages dont le format n'est pas indiqué sont in-8°.) 

(L'absence de date de publication indique que l'ouvrage a paru dans l'année inscrite à la suite 
de la tomaison ou dans le courant de l'année 1903.) 





AFRIQUE. 




Algérie. 




BONE. 


Académie d'Hippone. 




Bulletin. 




Comptes rendus des 


RÉUNIONS 




Colonie du Gap 




CAPE TOWN. 


South African Muséum 




Annals : III, 1-3 (Lon 


dres, 1903). 




Egypte 




LE CAIRE. 


Institut égyptien. 




Bulletin. 





Etat indépendant du Congo 

Musée du Congo. 

Annales : (In-4°). 

Natal 

PIETERMARITZBURG. 

Geological Survey of Natal and Zululand. 

Report : (In-4°). 



CLIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

ASIE. 

Inde anglaise. 

CALCUTTA. 

Asiatic Society of Bengal. 

Journal : II Natural history, etc. : LXXI, 1902, 2-3. 

III Anthropology and cognate subjects : LXXI, 1902, 2. 
Proceedings : 1902, 6-10. 

Geological Survey of India. 

General report on the work carried on. 
Memoirs : XXXIII, 3. 
Pal^eontologia indica : (In-4°). 
Records. 
Indian Muséum. 

MADRAS. 

Madras Government Muséum. 
Bulletin : IV, 3. 

Japon. 

TOKIO. 
Deutsche Gesellschaft fur Natur- und Vôlkerkunde Ost-Asiens. 

MlTTHEILUNGEN : IX, 3. 

Impérial University of Japan. 

The Journal of the Collège of science : XV, 16; XVII, 11; XVIII, 1-3; 
XIX, 1, 5-7. 



AMÉRIQUE. 

Brésil. 

RIO DE JANEIRO. 

Museu nacional do Rio de Janeiro. 

Archivos : (In-4°). 
Revista : (In-4°). 
Observatorio do Rio de Janeiro. 
Annuario : XIX, 1903. 
Boletim mensal : 1902, janv.-mars, oct.-déc. 

SAINT-PAUL. 
Museu Paulista. 

Revista. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLV 

Canada. 

HALIFAX. 

Nova Scotian Institute of Natural sciences. 

Proceedings and Transactions : X (2 e série, III), 1901-1902, 4. 

OTTAWA. 

Commission géologique du Canada. 
Catalogue of Canadian Birds, II (1903). 
Rapport annuel 
Maps. 



SAINT-JOHN. 



Natural history Society of New Brunswick. 
Bulletin. 

TORONTO. 
Canadian Institute. 

Proceedings. 
Transactions. 

Chili. 

SANTIAGO. 

Deutscher wissenschaftlicher Verein zu Santiago. 

Verhandlungen . 
Société scientifique du Chili. 
Actes : XII, 1902, 1-3. 

VALPARAISO. 

Museo de Historia natural de Valparaiso. 

Boletin. 
Revista chilena de Historia natural (Organo del Museo). 

Costa Rica. 

SAN JOSE. 

Instituto Fisico-geografico de Costa Rica. 
Boletin : I, 13-28. 

Cuba. 

HAVANE. 

Academia de Cicncias médicas, fisicas y naturales de La Habana. 

Anales. 

États-Unis. 

AUSTIN, TEX. 
Geological Surveyof Texas. 



CLVI SOCIÉTÉ ROYALE M AL ACO LOGIQUE DE BELGIQUE. 

BALTIMORE, MARYL. 

John's Hopkins University. 

Circulars : (In-4°). 

STUDIES OF THE BIOLOGICAL LaBORATORY. 

BERKELEY, CAL. 

University of California. 

Publications : Zoology : I, pp. 1-104. 

BOSTON, MASS. 

American Academy of Arts and Sciences. 

Memoirs ■. V, 8-9 (1902, in-4 ).. 

Proceedings : XXXVIII, 1902-1903, 5-26; XX^JX, 1903-1904, 1-4. 

Boston Society of Natural history. 

Memoirs : (In-4°). 

Proceedings : XXX, 3-7; XXXI, 1. 

The Nautilus, a monthly devoted to the interest of C(-nchologists : XVI, 
1902-1903,9-12; XVII, 1903-1904, 1-5.7-8. 

BROOKLYN, N. Y. 

Muséum of the Brooklyn Institute of Arts and Sciences 
Cold Spring Harbor Monographs : 1-2. 
Science bulletin. 

BROOKVILLE, IND. 

Indiana Academy of Science. 

Proceedings. 

BUFFALO, N. Y. 

Buffalo Society of Natural sciences. 

Bulletin. 

CAMBRIDGE, MASS. 

Muséum of Comparative Zoology at Harvard Collège. 

Annual report of the Assistant in charge to Président and Fellows. 

Bulletin : XXXVIII, 8; XXXIX, 6-8; XL, 3-7; XLII, 2-3 (Geological 

Séries VI, 4). 

CHAPEL HILL, N.-C. 

Elisha Mitchell scientific Society. 
Journal : XVIII, 2; XIX, 1-2. 

CHICAGO, ILL. 

Chicago Academy of Sciences. 
Annual report. 
Bulletin of the Geological and Natural history Survey. 

CINCINNATI, OHIO. 

Cincinnati Society of Natural history. 
Journal : XX, 3. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES . CLVII 

DAVENPORT, IOWA. 

Davenport Academy of Natural sciences. 
Proceedings. 

DENVER, COL. 

Colorado scientific Society. 

Proceedings : VII, pp. 55-138. 

DETROIT, MICH. 

Geological Survey of Michigan. 

Report : (In -4°,. 

INDIANAPOLIS, IND. v 

Geological Survey of Indiana. 
Indiana Academy of Science. 

Proceedings. 

LAWRENCE, KAN. 
University of Kansas. 

Kansas University Quarterly : X, 4 (III, 6) (1902). 
Science bulletin : I, 5-12. 

MADISON, WISC. 

I 
Wisconsin Academy of Sciences, Arts and Letters. 

Transactions. 

Wisconsin Geological and Natural history Survey 

Bulletin: VIII (1902). 

MERIDEN, CONN. 
Scientific Association. 
Transactions. 

MILWAUKEE, WISC. 

Wisconsin Natural history Society. 

ANNUAL REPORT OF THE BOARD OF TRUSTEES OF THE PUBLIC MUSEUM OF THE 
CITY OF MlLWAUKEE. 

Bulletin. 

Proceedings. 

MINNEAPOLIS, MINN. 

Minnesota Academy of Natural sciences. 

Bulletin. 

occasional papers. 

MISSOULA, MONT. 
University of Montana. . 

Bulletin : X (1902); XIII (1903). 

NEW HAVEN, CONN. 
Connecticut Academy of Arts and Sciences. 
Transactions : XI, 1-2 (1901-1902). 



CL\III SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

NEW YORK, N. Y. 

New York Academy of Sciences (late Lyceum of Natural history). 

Annals. 

Memoirs : (In-4°). 
Transactions. 
American Muséum of Natural history. 

ANNUAL REPORT OF THE PRESIDENT I 1902. 

Bulletin : XVI, 1902. 

List of papers published in the Bulletins and Memoirs : I-XVI, 1881-1902. 

PHILADELPHIE, PA. 

Academy of Natural sciences of Phiiadelphia. 

Proceedings : LIV, 1902, 3; LV, 1903, 1. 
American philosophical Society. 

Proceedings for promoting useful Knowledge : XLI, 1902, n° 171; 
XLII, 1903, n° 172-173. 

Transactions for promoting useful Knowledge : (In-4°). 
University of Pennsylvania. 

Contributions from the zoological Laboratory : 1902 (Boston, 1903). 
Wagner free Institute of Science of Phiiadelphia. 

Transactions. 
The American Naturalist. 

PORTLAND, MAINE. 

Portland Society of Natural history. 

Proceedings. 

ROCHESTER, N. Y. 

Rochester Academy of Science. 
Proceedings : IV, pp. 65-136. 

SAINT-LOUIS, MO. 

Academy of Natural sciences of Saint- Louis. 

Transactions. 

SALEM, MASS. 
Essex Institute. 

Bulletin. 

SAN-DIEGO, CAL. 

West American Scientist (A popular monthly Heview and Record for 

the Pacific coast). 

XIII, 1 (n° 116). 

SAN-FRANCISCO, CAL. 

California Academy of Natural Sciences. 

Memoirs : (In-4°). 
Occasion al papers. 
Proceedings. 
California State Mining Bureau. 
Bulletin. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLIX 

SPRINGFIELD, ILL. 
Geological Survey of Illinois. 

TUFTS COLLEGE, MASS. 

Tufts Collège Studies. 

Scientific séries. 

UNIVERSITY, ALA. 

Geological Survey of Alabama. 

Bulletin : VII (Montgommery, 1903). 

WASHINGTON, D. C. 

Philosophical Society of Washington. 

Bulletin : XIV, pp. 205-232. 
Smithsonian Institution. 

ANNUAL REPORT TO THE BoARD OF REGENTS : 1901. 

Report of the U.S. National Muséum : 1900. 
Smithsonian contributions to Knowledge : (In-4°). 
Smithsonian miscellaneous collections. 

U. S. Department of Agriculture. 

Report of the Secretary of Agriculture. 

Yearbook. 
U. S. Department of the Interior. United States Geological Survey. 

Annual report to the Secretary of the Interior : XXII, 1900-1901, 1-4; 
XXIII, 1901-1902. . 

Bulletin : N os 191, 195-207. 

Minéral ressources of the U. S : 1901 (1902). 

Monographs : XLII; XLIII (in-4°). 

Professional Papers : 1-8 (1902, in-4°). 

Water-supply and Irrigation papers : N os 69-79 (1902-1903). 

Mexique. 

MEXICO. 

Instituto geolôgïco de Mexico. 

Boletin : (in-4°). 

Museo nacional de Mexico. 

Anales : (In-4° ; . 
Secretaria de Fomento, Colonizaciôn é ïndustria de la Kcpûblica 
Mexicana, 

Boletin de Agricultura, Mineria é Industrias. 

Sociedad cientifica « Antonio Alzate ». 

Memoriasy Revista: XIII, 1899, 5-6; XVII, 1902, 4-6; XVIII, 1903, 1-2; 
XIX, 1903, I. 

Sociedad mexicana de Historia natural. 
« La Naturaleza » : (In-4°). 



CLX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Pérou. 

LIMA. . 

Cuerpo de Ingenieros de Minas del Péru. 

Boletin : 1-2 (1902). 

République Argentine. 

BUENOS-AIRES. 

Museo nacional de Buenos-Aires. 

Anales : 3* série, I, 1-2 (1902). 

COMUNICACIONES. 

Sociedad cientîfica Argentina. 

Anales : VII, 1879, 1-4, 6; XIII, 1882, 2; XXVIII, 1SS9, 3-4; XLIII, 1897, 5; 
L, 1900, 2; LV, 1903, 6; LVI, 1903, 1-3. 

CORDOBA. 

Academia nacional de Ciencias en Côrdoba 
Boletin : XVII, 2-3 (Buenos-Aires, 1902). 

LA PL AT A. 



Museo de La Plata. 
Revista. 



San Salvador. 

SAN SALVADOR. 



Museo nacional. 

Anales : I, 1903, 1-5. 

Uruguay. 

MONTEVIDEO. 

Museo nacional de Montevideo. 

Anales : IV, 1 (1902,,in-4°). 



EUROPE. 

Allemagne. 

AUGSBOURG. 
Naturwissenschaftlicher Verein fur Schwaben und Neuburg (a. V.) in 
Augsburg (frûher Naturhistorischer Verein). 
Bericht. 

BERLIN. 

Deutsche geologische Gesellschaft. 

Zeitschrift : LIV, 1902, 3-4 ;LV, 1903, 1-2. 
Gesellschaft fur Erdkunde zu Berlin. 

Zeitschrift : 1903, 1-10. 
Kôniglich-preussische Akademie der Wissenschaftcn zu Berlin. 

SlTZIJNGSBERICHTE : 1903, 1-40. 

Kôniglich-preussische geologische Landesanstalt und Bergakademie zu 
Berlin. 

Jahrbuch. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXÏ 

BONN. 

Naturhistorischer Verein der preussischen Rheinlande, Westfalens 
und des Reg.-Bezirks Osnabruck. 

Verhandlungen : LIX, 1902, 2. 

Sitzungsberichte der Niederrheinischeii Gesellschaft fur Natur- und 
Heilkunde zu Bonn : 1902, 2. 

BREME. 

Naturwissenschaftlicher Verein zu Bremen. 

Abhandlungen : XVII, 2. 

BRESLAU. 

Schlesische Gesellschaft fur vaterlândische Cultur. 
Jahres Bericht : LXXX, 1902. 

LlTTERATUR DER LANDES- UND VoLKSKUNDE DER PROVINZ SCHLESIEN. 

BRUNSWICK. 

Verein fur Naturwissenschaft zu Braunschweig. 

Jahresbericht. 

CARLSRUHE. 

Naturwissenschaftlicher Verein in Karlsruhe. 
Verhandlungen : XVII, 1902-3. 

CASSEL. 

Verein fur Naturkunde zu Kassel. 
Abhandlungen und Bericht. 

CHEMNITZ. 

Naturwissenschaftliche Gesellschaft zu Chemnitz. 
Bericht. 

COLMAR. 

Naturhistorische Gesellschaft in Colmar. 
Mittheilungen. 

DRESDE. 

Naturwissenschaftliche Gesellschaft Isis in Dresden. 

Sitzungsberichte und Abhandlungen : 1902, juill.-déc. 

ELBERFELD. 

Naturwissenschaftlicher Verein in Elberfeld. 
Jahresberichte : X. 

FRANCFORT-SUR-LE-MEIN . 

Deutsche malakozoologischc Gesellschaft. 
Nachrichtshlatt : XXXV, 1903, 1-8. 
t. xxxviii, 1903 11 



CLXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

FRANCFORT-SUR-L'ODER. 
Naturwissenschaftlicher Vcrein des Regierungsbezirks Frankfurt a. 0. 
(Muséums Gesellschaft). 

« Helios " (Abhandlungen und monatliche Mittheilungen aus dem Gesammt- 
gebiete der Naturwissenschaften) : XX (Berlin, 1903). 

« Societatum litter^ » (Verzeichniss der in den Publikationen der Akademien 
und Vereine aller Lânder erscheinenden Einzelarbeiten auf dem Gebiete der Na- 
turwissenschaften) . 

FRIBOURG-EN-BRISGAU. 

Naturforschende Gesellschaft zu Freiburg i. B. 

Berichte : XIII. 

GIESSEN. 

Oberhessische Gesellschaft fur Natur- und Heilkunde. 

Bericht. 

GREIFSWALD. 

Naturwissenschaftlicher Verein fur Neu-Vorpommern und Rûgen. 

Mittheilungen : XXXIV, 1902 (Berlin, 1903). 

GÙSTROW. 

Verein der Freunde der Naturgeschichte in Mecklenburg. 
Archiv : LVI, 1902, 2; LVII, 1903. 

HALLE. 

Kaiserliche Leopoldino-Carolinische deutsche Akademie der Natur- 
forscher. 

« Leopoldina » : (In-4°). 

Nova Acta : (In-4°). 

Verein fur Erdkunde zu Halle a/Saale. 

Mittheilungen (Zugleich Organ des Thuringisch-sachsischen Gesammtve- 

reins fur Erdkunde). 

HAMBOURG. 

Hamburgische wissenschaftliche Anstalten. 

Mittheilungen aus dem Naturhistorischen Muséum in Hamburg : XIX. 
Verein fur Naturwissenschaftliche Unterhaltung zu Hamburg. 

Verhandlungen . 

HANAU. 

Wetterauische Gesellschaft fur die gesammte Naturkundezu Hanau a. M. 
Bericht. 
Katalog der Bibliothek : 1 er supplément (1902). 

heidelberg". 

Naturhistorisch-medizinischer Verein zu Heidelberg. 
Verhandlungen. 

kiel. 

Naturwissenschaftlicher Verein fur Schleswig-Holstein. 
Schriften : XII, 2. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXIII 

KŒNIGSBERG. 

Kônigliche physikalisch okonomische Gesellschaft zu Kônigsbergin Pr. 
Schriften : XLIII, 1902(in-4°). 

LEIPZIG. 

Kôniglich-sâchsische Gesellschaft der Wissenschaften zu Leipzig. 

Berichte uber die Verhandlungen (Mathematisch-physische Classe) : 
LIV, 1902, 6-7; LV, 1903, 1-5 

Naturforschende Gesellschaft zu Leipzig. 

SlTZUNGSBERICHTE . 

Zeitschrift fur Naturwissenschaften, herausgegeben von D r G. Brandes. 
(Organ des naturwissensehaftlichen Vereins fur Sachsen und Thûringen.) 

Zoologischer Anzeiger (Organ der Deutschen zoologischen Gesell- 
schaft). 

XXVI, 1902-1903, n os 685-710 (Bibliographia zoologica VII); XXVII, 
1903-1904, 1. 

Fùrstlicht Jablonowski'sche Gesellschaft. 

Jahresbericht. 

METZ. 

Académie des Lettres, Sciences, Arts et Agriculture de Metz. (Metzer 
Akademie.) 

Mémoires. 

Société d'Histoire Naturelle de Metz. 
Bulletin. 

MUNICH. 

Kôniglich-bayerische Akademie der Wissenschaften zu Mùnchen. 

ABHANDLUNGEN DER MATHEMATISCH-PHYS1KALISOHEN CLASSE : XXI, 3 (LXXIIIj, 

1902 (In-4°). 

Rede : Max von Pettenkofer zum Gedachtniss (von Caii v. Voit) (in-4°). 

SlTZUNGSBERICHTE DER MATHEMATISCH-PHYSIKALISCHEN CLASSE : 1902, 3; 

1903, 1-3. 

MUNSTER. 

Westfàlischer provinzial Verein fur Wissenschaft und Kunst. 
Jahresbericht. 

NUREMBERG. 

Naturhistorische Gesellschaft zuNùrnberg. 
Abhandlungen : XV, 1 (Jahresbericht : 1902). 

OFFENB ACH-SUR-MEIN . 
Offenbacher Verein fur Naturkunde. 

BERICHT tJBER DIE TllATIGKEIT. 



CLX1V SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

RATISBONNE. 

Naturwissenschaftlicher Verein zu Regensburg, frùher Zoologisch- 
mineralogischer Verein. 

Berichte: IX, 1901-1902. 

STUTTGART. 

Verein fur vaterlândische Naturkunde in Wùrttemberg .. 

Jahreshefte : LIX, 1903, et suppl. 

WERNIGERODE. 
Naturwissenschaftlicher Verein des Harzes. 

SCHRIFTEN. 

WIESBADE. 

Nassauischer Verein fur Naturkunde. 

Jahrbucher : LVI, 1903. 

ZWICKAU. 

Verein fur Naturkunde zu Zwickau in Sachsen. 

Jahresbericht. 

Autriche-Hongrie . 

AGRAM. 

Jugoslavenska Akademija Znanosti i Umjetnosti. 

Djela : (In-4°). 

Ljetopis : XVII, 1902 

Rad (Matematicko-prirodoslovni Razred). 
Hrvatsko naravoslovno Drustvo. (Societas historico-naturalis croatica.) 

Glasnik. 

BISTRITZ. 
Gewerbeschule zu Bistritz. 

Jahresbericht. 

BRUNN. 

Naturforschender Verein in Brûnn. 

Bericht der meteorologischen Commission : Ergebnisse der meteorolo- 
gischen Beobachtungen : XX, 1900. 
Verhandlungen : XL, 1901. 

BUDAPEST. 

Kôniglich Ungarische geologische Anstalt. 

Erl'auterungen zur geologischen Specialkarte der Lànder der unga- 
rische Krone. 

Jahresbericht. 

Katalog der Bibliothek und allgemeinen Kartensammlung : 5 e supplé- 
ment; 1897-1901. 

Mittheilungen aus dem Jahrbuche. 

Publicationen. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXV 

BUDAPEST. [Suite.) 

Magyar nemzeti Muzeum. 

Annales : I, 1903, 1. 
Természetrajzi Fuzetek. 

Ungarische Akademie der Wissenschaften (Kir. Magy. Természettudo- 
mânyi Târsulat). 

Mathematische und naturwissenschaftliche Berichte aus Ungarn. 
Ungarische geologische Gesellschaft (A Magyartoni fôldtani Târsulat). 
Foldtani Kôzlôny (Geologische Mittheilungen) : XXXIII, 1903, 1-9. — 
General Register zu den Bânden XIII-XXX. 

GRATZ. 

Naturwissenschaftlicher Verein fur Steiermark. 
Mitteilungen : XXXVIII, 1901; XXXIX, 1902, 

HERMANNSTADT. 

Siebenbùrgischer Verein fur Naturwissenschaften in Hermannstadt. 

Verhandlungen und Mittheilungen. 

IGLÔ. 

Ungarischer Karpathen- Verein (A Magyarorszâgi Kârpâtegyesùlet). 
Jahrbuch : XXX, 1903. 

INNSPRUCK. 

Naturwissenschaftlich-medicini'scher Verein in Innsbrùck. 

Berichte. 

KLAGENFURT. 

Naturhistorisches Landesmuseum von Kârnten. 

Carinthia : XCIII, 1903, 1-3. 

Diagramme der magnetischen und meteorologischen Beobachtungen zu 

Klagenfurt : (In-4°). 

Jahrbuch. 

Jahresbericht. 

KLAUSEMBURG. 

Értcsito. Az Erdélyi Mûzeum-Egylet Orvos lermészcttudomânyi 
Szakosztalyâbôl. (Sitzungsberichte der medicinisch-naturwissenschaftli- 
cher Section des Siebenburgischen Museumvereins.) 

I Orvosi Szak (Àrztliche Abtheilung). 
II Természettudomanyi Szak (Naturwissenschaftliche Abtheilung) : 

27 e année, XXIV, 1902. 

LEMBERG. 

Scvcenko-Gesellschaft der Wissenschaften. 
Chronik: 1902, 11-12. 

Sammelschrift : Mathematisch-naturwissenschaftlich-ârztlicher Section : 
(Mathematisch-naturwissenschaftlicher Theil) . 



CLXVl SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

LINZ. 
Muséum Francisco -Carolinum. 

Jahres-Bericht : LXI, 1902. 
Verein fur Naturkunde in Oesterreich ob der Enns zu Linz. 

Jahresbericht : XXXII. 

Uber das farbige Licht der Doppelsteine. 

PRAGUE. 
Kaiserlich-bôhmische Gesellschaft der Wissenschaften. 

Jahresbericht. 

Sitzungsberichte (mathematisch-naturwissenschaftliche Classe) : 1902. 

REICHENBERG. 
Verein der Naturfreunde in Reichenberg. 
Mittheilungen : XXXIII; XXXIV. 

SERA JE VO. 
Bosnisch-Hercegovinisches Landesmuseum in Sarajevo. 

WlSSENSCHAFTLICHE MITTHEILUNGEN AUS BOSNIEN UND DER HeRCEGOVINA : 

(In-4°). 

TREMCSÉN. 

Naturwissenschaftlicher Verein des Trencséner Comitates. (A Tremcsén 

vârmegyei Természettudomânyi Egylet). 

Jahresheft. 

TRIESTE. 

Museo çivico di Storia Naturale di Tricste. 

Atti : X (nouvelle série, IV) (1902). 

Societâ adriatica di Scienze Naturali in Trieste. 

BOLLETTINO. 

VIENNE. 
Kaiserlich-kônigliche Akademie der Wissenschaften. 

Mittheilungen der Erdbeben-Commission : Nouvelle série 9-13 (1902). 
Sitzungsberichte (Mathematisch-naturwissenschaftliche Classe) : CX, 
1901, 8-10; CXI, 1902, 1-9. 

Kaiserlich-kônigliche geologisohe Reichsanstalt. 

Abhandlungen : VI, 1. Suppl.; XX, 1 (1902, in-4°). 

Jahrbuch : LI, 1901, 3-4; LU, 1902, 2. 

Verhandlungen : 1903, 1-11. 
Kaiserlich-kônigliches naturhistorisches Hofmuseum. 

Annalen : XVI, 1-4; XVII, 1-4 (1901-1902 in-4°). 
Kaiserlich-kônigliche zoologisch-botanische Gesellschaft in Wien. 

Verhandlungen . 
Verein zur Verbreitung Naturwissenschaftlicher Kenntnisse in Wien. 

SCHRIFTEN. 

Wissenschaftlicher Club in W T ien. 
Jahresbericht : XXVII, 1902-1903. 
Monatsblatter : XXIV, 1902-1903, 4-12. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXV1I 

Belgique. 

ARLON. 

Institut archéologique du Luxembourg. 

Annales : 57 e année, XXXVIII. 

BRUXELLES, 

Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique. 
Annuaire : LX1X, 1903. 

Bulletin de la classe des sciences : 1903, 1-10. 
Mémoires : (In-4°). 

Mémoires couronnés et mémoires des savants étrangers : LIX, Sciences, 
4; LXI; LXII, 2-4 (in-4°). 

Mémoires couronnés et autres mémoires : LXII, 4; LX1II, 1-7 (in-8°). 

Le Mouvement géographique, Journal populaire des sciences géographiques. 
Organe des intérêts belges au Congo (in-4°J. 

Musée Royal d'Histoire naturelle de Belgique. 

Annales : I; II (In-4°). 
Bulletin. 
Observatoire royal de Belgique. 
Annuaire astronomique : 1904. 

Bulletin mensuel du Magnétisme terrestre : 1903. 
Service géologique. 

Carte géologique de la Belgique au 40, 000 e : feuilles 69, 82-83, 106, 
128, 136, 141, 144, 145, 150, 155, 156, 158, 161, 163, 169, 171, 180-182, 
203, 219 (piano). 

Société belge de Géologie, de Paléontologie et d'Hydrologie. 

Bulletin : XIII (2 e série, III), 1899, 4; XVI, (VI), 1902, 4-5; XVII, (VII), 
1903, 1-4. 

Nouveaux mémoires : I, 1903 (in-4°). 
Société belge de Microscopie. 

Annales. 

Bulletin. 
Société centrale d'Agriculture de Belgique. 

Journal : L, 1902-1903, 3-12; LI, 1903-1904, 1. 
Société d'Etudes coloniales. 

Bulletin. 
Société entomologique de Belgique. 

Annales : XLVI, 1902, 13; XLVII, 1903, 1-12. 

Mémoires. 
Société Royale belge de Géographie. 

" Bulletin : XXVII, 1903, 1-2, 4-5. 
Société Royale de Botanique de Belgique. 

Bulletin : XL, 1901, 3; XLI, 1902-1903, 2. 



CLXVIH SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

BRUXELLES. {Suite.) 

Société Royale linnéenne de Bruxelles. 

Bulletin : XXVIII, 1902-1903, 3-8; XXIX, 1903-1904, 1. 
Société Royale malacologique de Belgique. 

Annales : XXXVII, 1902; Mém., ff. 1-2; Bull., ff. 4-9; XXXVIII, 1903; 
Bull., ff. 1-9. 

Société Scientifique de Bruxelles. 

Annales : XXVII, 1902-1903, 1-4 (Louvain, 1903). 

CHARLEROI. 
Société paléontologique et archéologique de l'Arrondissement judi- 
ciaire de Gharleroi. 

Documents et rapports : Table des matières des vingt-cinq premiers 

volumes (1902). 

HASSELT. 

Société chorale et littéraire des Mélophiles de Hasselt. 
Bulletin de la Section scientifique et littéraire. 

HUY. 
Cercle des Naturalistes hutois. 

Bulletin : 1902, 3-4; 1903, 1-2. 

LIÈGE. 

Société Géologique de Belgique. 

Annales : XXIX, 4; XXX, 1. 
Société libre d'Émulation de Liège. 

Mémoires. 
Société médico-chirurgicale de Liège. 

Annales : XLII (5 e série), 1903, 1-3, 5-11. 
Société Royale des Sciences de Liège. 

MÉMOIRES. 

MONS. 

Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut. 

Mémoires et publications : LIV (6 e série, IV). 

SAINT-NICOLAS. 

Oudheidskundige Kring van het Land van Waes. 
Annalen : XXI, 2; XXII, 1. 

TONGRES. 

Société scientifique et littéraire du Limbourg. 
Bulletin. ^ 

Danemark. 

COPENHAGUE. 

Naturhistorisk Forening i Kjobenhavn. 

Videnskabelige Meddelelser : 1903. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXIX 

Espagne 

BARCELONE. 
Instituciô Catalana d'Historia natural. 

BUTTLETI. 

MADRID. 
Comisiôn del Mapa geolôgico de Espaiïa. 

Boletin : XXVII (2 e série VII), 1900. 

explicacion del mapa geolô'gico de espana : (in-4°) 

Memorias. 
Real Academia de Ciencias exactas, fisicas y naturales. 

Annuario: 1901, 1903. 

Memorias. 
Sociedad espanola de Historia Natural . 

Actas. 

Anales. 

Boletin : III, 1903, 1-7. 

Memorias : I, 1-4; II, 1-2. 

SARAGOSSE. 
Sociedad Aragonesa de Ciencias naturales. 
Boletin : I, 1902, 1-10; II, 1903, 1-9. 

France. 

ABBEVILLE. 
Société d'Emulation d'Abbeville. 

Bulletin trimestriel : 1899, 3-4; 1900,- 1-4; 1901, 1-4; 1902, 1-4. 
Mémoires : IV (in-4°). 
Mémoires : XX (4 e série, IV) 2. 

AMIENS. 
Société Linnéenne du Nord de la France. 

Mémoires. 

Bulletin mensuel. 

ANGERS. 

Société d'Études scientifiques d'Angers. 

Bulletin : Nouvelle série, XXXI, 1901. 
Société nationale d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers. (Ancienne 
Académie d'Angers.) 

Mémoires : 5 e série, V, 1902. 

ARCACHON. 
Société scientifique et Station zoologique d'Arcachon. 
Travaux des Laboratoires. 

AUTUN. 
Société d'Histoire naturelle d'Autun. 
Bulletin : XI. 



1 



CLXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

AUXERRE. 

Société des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne. 

Bulletin : LVI (4 e série, VI) 1902; LVII (VII), 1903, 1. 

BESANÇON. 

Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Besançon. 

Procès- verbaux et mémoires : 1902. 

BÉZIERS. 

Société d'Étude des Sciences naturelles de Béziers (Hérault). 

Bulletin. 

BORDEAUX. 

Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux. 

Actes : 3 e série, LXIII, 1901. 
Société Linnéenne de Bordeaux. 

Actes : LVII (6 e série, VII), 1902 

Catalogue de la Bibliothèque. 
Société des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux. 

Mémoires : 6 e série, II, 1 . 

Observations pluviométriques et thermométriques faites dans le dépar- 
tement de la Gironde par la Commission météorologique de la Gironde (Appen- 
dices aux Mémoires) : 1901-1902. 

Procès- verbaux des séances. 

BOULOGNE-SUR-MER. 

Société Académique de l'arrondissement de Boulogne-sur-Mer. 
Bulletin. 

Mémoires. 

CAEN. 

Académie nationale des Sciences, Arts et Belles-Lettres. 

Mémoires: 1902. 
Laboratoire de Géologie de la Faculté des Sciences de Caen. 

Bulletin. 
Société Linnéenne de Normandie. 

Bulletin : 5 e série, V, 1901 ; VI, 1902. 

CAMBRAI. 

Société d'Emulation de Cambrai. 

Mémoires : LV. 

CHALONS-SUR-MARNE. 

Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et Arts du département de 
la Marne. 

Mémoires. 

CHALON-SUR-SAONE. 

Société des sciences naturelles de Saône-ct- Loire. 

Bulletin : XXVIII (nouvelle série, VIII), 1902, 11-12; XXIX (IX), 1903, 1-7. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXXI 

CHERBOURG. 

Société nationale des Sciences naturelles et mathématiques de Cher- 
bourg. 

Mémoires : XXXIII (4 e série, III) 1. 

DAX. 
Société de Borda. 

Bulletin : XXVII, 1902, 4; XXVIII, 1903, 1-2. 

DIJON. 

Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon. 

Mémoires : 4 e série, VIII, 1901-1902. 

DRAGUIGNAN. 

Société d'Agriculture, de Commerce et d'Industrie du Var. 

Bulletin. 
Société d'Etudes scientifiques et archéologiques de la vil le de Draguignan. 

Bulletin. 

HAVRE. 

Société géologique de Normandie. 

Bulletin. 
Société havraise d'Études diverses. 

Bibliographie méthodique de l'arrondissement du Havre. 

Recueil des publications. 

LA ROCHELLE. 

Académie des Belles-Lettres, Sciences et Arts de La Rochelle. 

Annales de la Société des Sciences naturelles de la Charente-Infé- 
rieure : Flore de France, VIII. 

LILLE. 
Société géologique du Nord. 
Annales : XXXI, 1902. 
Mémoires : (In-4°). 

Tables générales des volumes XX-XXX, 1893-1901, des Annales et du 
volume IV des Mémoires. 

LYON. 

Société d'Agriculture, Sciences et Industrie de Lyon. 

Annales : 7 e série, IX, 1901 ; X, 1902. 
Société botanique de Lyon. 

Annales. 
Société linnéenne de Lyon. . 

Annales : Nouvelle série, XLIX, 1902. 



CLXXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

MAÇON. 

Académie de Maçon (Société des Arts, Sciences, Belles- Lettres et Agri- 
culture de Saône-et-Loire). 
Annales : 3 e série, VI. 
Société d'Histoire naturelle de Maçon. 

Le Journal des Naturalistes : II, n os 11-12. 

MARSEILLE. 
Musée d'Histoire naturelle de Marseille. 

Annales : Zoologie, Travaux du Laboratoire de zoologie marine. (In-4°). 
Société scientifique et industrielle de Marseille. 
Bulletin : XXX, 1902, 2-4; XXXI, 1903, 1-2. 

MONTPELLIER. 
Société d'Horticulture et d'Histoire naturelle de l'Hérault. 

Annales : XLII (2 e série, XXXIV), 1902, 12; XLIII (XXXV), 1903, 1-3. 

MOULINS. 
Revue scientifique du Bourbonnais et du centre de la France, publiée 
par E. Olivier. 

XVI, 1903, n os 181-192. 

NANCY. 
Académie de Stanislas. 

Mémoires : CLIIP année, 5 e série, XX, 1902-1903. 

NANTES. 
Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la France. 

Bulletin : XII (2 e série, II), 1902, 3-4; XIII (III), 1903, 1-2. 

NÎMES. 
Société d'Étude des Sciences naturelles de Nîmes. 
Bulletin : XXIX, 1901 ; XXX, 1902. 

ORLÉANS. 
Société d Agriculture, Sciences, Belles- Lettres et Arts d'Orléans. 
Mémoires : 3 e série, II, 1902, 2; III, 1903, 1. 

PARIS. 
Académie des Sciences. 

Comptes rendus hebdomadaires des séances : (In- 4°). 
Bulletin scientifique de la France et de la Belgique, publié par A. Giard. 
Journal de Conchyliologie, publié sous la direction de H. Fischer, Dautzen- 
berg et Dollfus. 

LI, 1903, 1-2. 
La Feuille des Jeunes naturalistes. 

XXXIII, 4 e série, 1902-1903, n os 387-396 ; XXXIV, 1903-1904, n<* 397-398. 

Catalogue de la Bibliothèque. 
Le Naturaliste, Bévue illustrée des Sciences naturelles. 

XXV (2 e série), 1903, n°« 356-373, 376, 380-38 1 , 383-403 (in-4°). 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXXI1I 

PARIS. (Suite.) 
Muséum d'Histoire naturelle. 

Bulletin : VIII, 1902, 7-8; IX, 1903, 1-4. 

Revue critique de Paléozoologie, publiée sous la direction de M. Cossmann. 
Services de la Carte géologique de la France et des topographies 
souterraines. 

Bulletin. 
Société géologique de France. 

Bulletin : 4 e série, II, 1902, 4; III, 1903, 1-3. 

Comptes rendus des séances. 
Société zoologique de France. 

Bulletin : XXVII, 1902. 

PERPIGNAN. 

Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales. 
XLIV, 1903. 

RENNES. 

Société scientifique et médicale de l'Ouest. 
Bulletin : XLIV, 1903. 

ROCHECHOUART. 
Société des Amis des Sciences et Arts de Rochechouart. 
Bulletin : XII, 1902, 3-6; XIII, 1903, 1. 

ROUEN. 
Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen. 

Bulletin : 4 e série, XXXVII, 1901, 1-2. 

SAINT-BRIEUC. 
Société d'Émulation des Côtes-du-Nord. 
Bulletins : 1903, 6. 
Bulletins et Mémoires : XL, 1902. 

SEMUR. 
Société des Sciences historiques et naturelles de Semur (Côte-d'Or). 

Bulletin. 

SOISSONS. 

Société archéologique, historique et scientifique de Soissons. 
Bulletin : 3 e série IX, 1899 (1903). 

TOULON. 
Académie du Var. 

Bulletin : LXX, 1902. 

TOULOUSE. 
Université de Toulouse. 

Annuaire de l'Université. 

Bulletin. 

Livret . 

Rapport annuel du Conseil général des facultés. 



(JLXXIV SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUÉ DÉ BELGIQUE. 

TOURS. 

Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres du département 
d'Indre-et-Loire. 

Annales: 141 e année, LXXXII, 11)02, ÎL-IS: 

VALENCIENNES. 

Société d'Agriculture; Sciences et Arts de l'arrondissement de Valen- 
ciennes. 

Revue agricole, industrielle, littéraire et artistique. 

VERDUN. 

Société philomatique de Verdun. 
Mémoires. 

Grande-Bretagne et Irlande. 

BELFAST. 

Natural history and Philosophical Society. 
Report and Proceedings : 1902-1903. 

A OllIDK TO Bki.KAST AND TO THE OOUNTRIES OF DOWN AND AntRIM (1902). 

BIRMINGHAM. 
The Journal of Malacolpjgy, editedby W. E. Collinge. 

BRISTOL» 
Bristol Muséum. 

Report of the muséum oommittee. 

CROYDON. 

Croydon Microscopicàl and Natural history Society. 

Prqoeedings and Transactions : fév. 1002 -janv. 1903, 

DUBLIN. 
Royal Dublin Society. 

ECONOMIO PROCEEDINGS : T, ."> (1002). 
SOIENTIFIC PROCEEDINGS. 

Scientific transactions : 2 e série Vil, 15-16; Vlll, 1 (In-4°). 
Rpyal Irish Academy. 

List OF MEMBERS. 

Proceedings : Biological, geological and chemical Science, XXIV, sec- 
tion B, 3. 
Transactions : XXXII, section 7>\ 2 (in-4°). 

EDIMBOURG. 

Royal physical Society of Edinburgh. 

Proceedings for the promotion qf Zoology and other branohes of 
natural history : 1001-1902. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXXV 

GLASGOW. 

Natural history Society of Glasgow. 

Transactions. 
Royal Philosophical Society of Glasgow. 

Proceedings : XXXIV, 1902-1903. 

LEEDS. 

Conchological Society of Great Britain and Ireland. 

Journal of Conchology : X, 1901-1902, 10-12. 
Yorkshire Naturalisas Union. 
Transactions : XXVIII-XXIX. 

LIVERPOOL. 

Liverpool Geological Society. 

Proceedings : IX, 3 (44 e session, 1902-1903). 

LONDRES. 

Geological Society of London. 

Geological Literature added to the Geological Society's library during the 
year : 1902. 

List of the Fellows : 1903. 

Quarterly Journal : LIX, 1903, 1-4 (n°* 233-236j. 

Linnean Society of London. 

Journal (Zoology) : XXVIII, n os 186: XXIX, n° 187-188. 

List : 1903-1904. 

Proceedings : 115 ,J session, 1902-1903. 

P»oyal Society of London. 

Proceedings : LXXI, n 08 470-476; LXXII, n ùs 477-485. 

Reports to the évolution committee : I. 

Reports to the malaria committee : VIII. 

Reports of the Sleeping Sickness Commission : I-IV. 

Zoological Society of London. 
List of the fellows. 

Proceedings of the général meetings for Scientific business : 1902, II, 2; 
1903, I, 1-2. 

Transactions : XVI, 5, 1902 (in-4°). 

MANCHESTER. 

Manchester Geological and Mining Society. 

Transactions: XXVIII, 1902-1903, 1-9. 
Manchester Muséum. 

Handbooks. 

Notes from tue Muséum : 10-14, 15 (Publications u M 41-45, 47). 

Report for the year 1902-190.'!. 



GLXXVI SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOOIQUE DE BELGIQUE. 

NEWCASTLE-SUR-TYNE. 

Natural history Society of Northumberland, Durham and Newcastle- 

upon-Tyne and the Tyneside Naturalists' field Club. 

Natural history transactions of Northumberland, Durham and New- 
castle-on-Tyne : XIV, .2 

PENZANCE 

Royal Geological Society of Cornwall. 

Transactions : XII, 8. 

Italie. 

BOLOGNE. 
Reale Accademia délie Scienze dell' Istituto di Bologna. 

Memorie : 5 e série VIII (1899-1900, in-4°). 

Rendiconto delle Sessioni : Nouvelle série IV, 1899-1900. 

BRESCIA. 
Ateneo di Brescia. 

COMMENTARI : 1902. 

Il primo secolo dell' Ateneo : 1802-1902 (in-4°j. 

CATANE. 
Accademia Giœnia di Scienze naturali in Catania. 

Atti : 4 e série, XV (LXXIX, 1902) (in-4°). 

Bullettino delle Sedute : Nouvelle série, LXXIV-LXXVIII. 

FLORENCE. 

Società Ëntomologica Italiana. 
Bullettino : XXXIV, 1902, 3-4. 

GÊNES. 
Museo Civico di Storia naturale difGenova. 
Annali. 

Società di Letture e Conversazione scientifiche di Genova. 

Bollettino. 

MILAN. 

Società Italiana di Scienze naturali e Museo civico di Storia naturale 
in Milano. 

Atti : XLI, 1901-1902, 4.; XLII, 1902-1903, 1-3. 
Memorie : (In-4°). 

MODÈNE. 

Società dei Naturalisti e Matematici di Moclena. 

Atti. 

NAPLES. 

Reale Accademia delle Scienze fisiche e matematiche (Sezione délia 

Società reale di Napoli). 

Rendiconto : XLI (3 e série, VIII), 1902, 8-11 ; XLII (IX), 1903, 1-7. 

Società di Naturalisti in Napoli. 

Bollettino : Sériel, XVI, 1902. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXXVII 

PADOUE. 

Società Veneto-Trentina di Scienze naturali résidente in Padova. 

Atti (Organo degli Istituti di Scienze naturali délia R. Università di Padova) : 

BULLETTINO. 

PALERME. 
Reale Accademia di Scienze, Lettere e Belle Arti di Palermo. 

BULLETTINO I (In-4°). 

Atti : 3 e série, VI, 1900-1901 (in- 4°). 

PISE. 
Società Malacologica Italiana. 

BULLETTINO. 

Società toscana di Scienze naturali résidente in Pisa. 
Atti : Memorie, XIX. 
Processi verbali : XIII, 1902, pp. 41-138, 153-173. 

PORT MAURICE. 

Associazione scientifica ligure di Porto Maurizio. 

BULLETTINO. 

ROME. 

Biblioteca nazionale centrale Vittorio Emanuele di Roma. 

Bollettino delle opère moderne straniere acquis'tate dalle Biblioteche 
pubbliche governative del regno d'Italia. 

Pontificia Accademia de' Nuovi Lincei. 
Atti : LVI, 1902-1903, 1-7 (in-4°). 
Memorie : XIX; XX; XXI (in-4°). 

Rassegna delle Scienze geologiche in Italia. 

Reale Accademia dei Lincei. 

Atti : Rendiconti (Clase di Scienze fisiche, matematiche e naturali) : 
CCC, 1903 (5« série, XII), 1 er semestre, 1-12; 2° semestre, 1-11. 
— Rendiconto dell' Adunanza solenne : CCC, 1903 (in-4°). 
Real Comitato Geologico d'Italia. 

Bollettino. 
Società Geologica Italiana. 

Bollettino : XX, Appendice; XXI, 1902, 1-3. 
Società Zoologica italiana. 

Bollettino : XI (2 e série, III) 1902, 4-6. 

SIENNE. 

Bollettino del Naturalista collettore, allevatore, coltivatore, accli- 
matatore. 

XXII, 1902, 8-12; XXIII, 1903, 1-8. 

Revista italiana di Scienze naturali : XXII, 1902, 7-12; XXIII, 1903, 1-8. 
Reale Accademia dei Fisiocritici di Siena. 

Atti : 4 e série, XV, 1903 (année académique CCXÏÏ), 1-0. 

Processi verbali delle Adunanze. 

t. xxxviii, 1903 12 



CLXXVÏII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

TURIN. 

Reale Accademia délie Scienze di Torino. 
Atti : XXXVIII, 1902-1903, 1-15. 
Memorie : 2 e série; LU (in-4°). 

OSSERVAZIONI METEOROLOGICHE FATTI NELl/ANNO ALL'OSSERVATORIO DELLA 

R. Universitâ di Torino : 1902. 

VENISE. 

Reale Istituto veneto di Scienze, Letteri ed Arti. 

Atti. 

Memorie : (in-4°). 

VÉRONE. 

Accademia di Verona. (Agricoltura, Scienze, Lettere e Commercio.) 

Atti e Memorie : LXXVIII (4 e série, III). 
Indice dei volumi I-LXXV (l re 2 e et 3 e séries). 

Luxembourg. 

LUXEMBOURG. 

Institut Grand-Ducal de Luxembourg. 

Publications (Section des Sciences naturelles et mathématiques) . 
Verein luxemburger Naturfreunde « Fauna ». 

Mittheilungen aus den Vereinssitzungen : X, 1900; XII, 1902. 

Monaco 

MONACO. 

Résultats des campagnes scientifiques accomplies sur son yacht, par 
Albert I er , prince souverain de Monaco. 
XXII-XXIV (in-4°j. 
Cartes : (piano). 

Norvège. 

BERGEN. 
Rergen-Museum. 

Aarborg: 1902, 3; 1903, 1-2. 
Aarsberetning : 1902. 

CHRISTIANIA. 

Physiographiske Forening i Christiania. 

Nyt Magazin for Naturvidenskaberne : XLI, 1903, 1-4. 
Videnskab Selskab i Christiania. 

FORHANDLINGER : 1902. 

Skrifter (I Mathematisk-naturvideiiskabelige k lasse). 
— (II Historisk-fîlosofiske klasse). 
Den Norske Nordhavs- Expédition 1870-1878. 

Zoologi : (In-4°). 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXXIX 

DRONTHEIM. 

Kongelig norsk Videnskabs Selskab i Trondhjem. 
Srrifter : 1902. 

STAVANGER. 
Stavanger Muséum. 

Aarsberetning : XIII, 1902. 

TROMSÔ. 
Tromsœ-Museum. 

Aarsberetning. 

Aarshefter : XXI-XXII, 1898-1899, 2 (Drontheim, 1902); XXIV, 1901. 

Pays-Bas. 

AMSTERDAM. 

Koninklijke Akademie van Wetenschappen te Amsterdam. 

Jaarboer : 1901; 1902. 

Verhandelingen (Tweede sectie : Plantkunde, Dierkunde, Aardkunde, 
Delfstofkunde, Ontleedkunde, Physiologie, Gezondheidsleer en Ziektekunde) : 
IX, 4-9. 

Verslagen van de gewone vergaderingen der Wis- en Natuurkundige 
afdeeling : xi. 1-2. 
Koninklijk zoologisch Genootschap « Natura Artis Magistra ». 

BlJDRAGEN TOT DE DIERKUNDE. 

GRONINGUE. 

Centraal bureau voor de kennis van de provincie Groningen en 
omgelegen streken. 

BlJDRAGEN TOT DE KENNIS VAN DE PROVINCIE GRONINGEN EN OMGELEGEN 
STREKEN I II, 2. 

Natuurkundig Genootschap te Groningen. 

Verslag : Cil, 1902. 

HARLEM. 

Hollandsche Maatschappij der Wetenschappen te Haarlem. 

Archives néerlandaises des Sciences exactes et naturelles : 2 e série, VII, 
1902, 4-5; VIII, 1903, 1-5; (La Haye, 1902). 
Herdenking van het Honderdvijftigjarig bestaan 7 JUNI 1902. 
Teyler's Stichting. 

Archives du musée Teyler : 2° série; VIII, 2-4 (in-4°). 

LEIDE. 
Nederlandsche Dierkundige Vereeniging. 

AàNWINSTEN VAN DE BIBLIOTHEEK. 

Tijdschrift : 2 e série, III, 1. 



CLXXX SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

ROTTERDAM. 

Bataafsch Genootschap der proefondervindelijke Wijsbegeerte te Rot- 
terdam. 

Catalogus van de Bibliotheek. 
Nieuwe Verhandelingen : (In-4°). 

Portugal. 

LISBONNE. 
Commissâo dos Trabalhos Geologicos de Portugal. 

COMMUNICAÇÔES. ■ 

PORTO. 
Sociedade Carlos Ribeiro. 

Revista de Sciencias naturaes e sociaes. 

SAN FIEL. 
Collegio de San Fiel. 

« Broteria », Revista de sciencias naturaes : I, 1902; II, 1903, 3-4. 
(Lisbonne, 1902-1903). 

Roumanie. 

BUCHAREST. 
Academia Românâ. 

Analele : 2' série XXII, 1899-1900; XXIII, 1900-1901 (in-4°). 

PUBLICÂTIUNILE FONDULUI VASILIE ADAMACHI. 

Russie 

EKATHÉRINENBOURG. 

Uralskoe Obscestvo Ljubitelej Estestvoznanija. 

Zapiski (Bulletin de la Société ouralienne d'Amateurs des Sciences natu- 
relles) : XII, 2 e supplément; XIII (1902). 
Godovoj Otcet. 

HELSINGFORS. 

Commission géologique de la Finlande. 

Bulletin : XIV. 
Finska Vetenskaps Societeten. 

acta soctetatis scientiarum fennica : (ill-4°). 

Bidrag till Kannedom af Finlands natur och folk. 

Observations publiées par l'Institut météorologique central de la 
Société des Sciences de Finlande : (In-4°). 

Observations faites a Helsingfors : (In-4°). 

OVERSIGT AF FÔRHANDLINGAR. 

Societas pro Fauna et Flora fennica. 

ACTA. 

Meddelanden. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. GlXXXl 

JURJEFF (DORPAT). 
Naturforscher-Gesellschaft bei der Universitât Jurjew. 

Archiv fur die Naturkunde Liv-, Ehst- und Kurlands : 2 e série, Biolo- 
gische Naturkunde : XII, 2 (1902). 

SlTZUNGSBERICHTE I XIII, 1901, 1 (1902). 

Schriften : XI (1902). 

KAZAN. 

Obscestvo Estestvoispytatelej pri Imperatorskom Kazanskom Univer- 
sitet. 

Trudy. 

Protokoly zasèdanij. 

KIEV. 

Kievskoe Obscestvo Estestvoispytatelej. 

Zapisri : XVII, 2 (1902). 

MIT AU. 

Kurlândische Gesellschaft fur Literatur und Kunst. 

SlTZUNGSBERICHTE UND JaHRESBERICHT DER KURLANDISCHEN PROVINZIAL- 

museums : 1902. 

MOSCOU. 

Société Impériale des Naturalistes de Moscou. 
Bulletin : 1901, 3-4; 1902, 3; 1903, 1. 

ODESSA. 

Novorossijskoe Obscestvo Estestvoispytatelej. 
Zapiski : XXIV, 2 (1902). 

RIGA. 
Naturforscher-Verein zu Riga. 

Arbeiten. 

korrespondenzblatt i xlvi, 1903. 

SAINT-PÉTERSBOURG. 
Geologiceskij Komitet. 

Izvèstija (Bulletins du Comité géologique) : XX, 1901 , 7 10; XXI, 1902, 1-10. 
Russkaja Geologicèskaja Biblioteka (Bibliothèque géologique de la Russie). 
Trudy (Mémoires) : XV, 4; XVI, 2; XVII, 1,3; XVIII, 3; XIX; XX, 1-2 
(1902); Nouvelle série 1, 2, 4 (1903) (in-4°). 

Imperatorskoe S. Petersburgskoe Mineralogiceskoe Obscestvo. 

Zapiski (Verhandlungen der Russisch-Kaiserlichen Mineralogisehen Gesell- 
schaft zu St. Petersburg) : 2° série, XL, 1-2 (1902). 

Materiali : (Materialen zur Géologie Russlands) : XXI, 1. 

Imperatorskaja Akademija Nauk. 

Zapiski (Mémoires de l'Académie impériale des Sciences de; Saint-Péters- 
bourg) : X, 3; XI, 1, 6-7, 10-11 ; XII, 4, 6-8, 10; XIII, 3, 5, 7 (1900-1903, in-4"). 

Izvèstija (Bulletin) : XIII, 4-5; XIV, 1-5; XV, 1-3, 5; XVI, 1-5; XVIII, 
1-4(1900-1903). 

Ezegodnik Zooi.ogigeskago Muzeja (Annuaire du Musée zoologiquc) : VII, 
1902,4; VIII, 1903, 1. 



CLXXXII SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

SAINT-PÉTERSBOURG. (Suite.) 

Imperatorskaja Akademija Nauk. 

Berichte der Leiters der von der K. Akad. der Wissensch. zur Ausgra.- 

BUNG EINES MaMMUTHKADAVERS AN DIE KOLYMA-BERESOWRA AUSGESANDTEN 

Expédition (1902). 

TIFLIS. 
Kavkaskoe Muzeja. 

Izvéstija : I, 4 (1901). 

Serbie. 

BELGRADE. 

Spska Kralevska Akademija. 
Glas : LXV. 
Godinstnak : XV, 1901. 
Spomenik : XL. 

Suède. 

GOTHEMBOURG. 

Kongliga Vctenskaps och Vitterhets Samhâlle i Gôteborg. 

Handlingar. 

LUND. 

Lunds Universitets Kongliga Fysiografiska Sâllskapet. 

Handlingar (Acta regise Societatis Physiographicae Lundensis). 

STOCKHOLM, 

Konglig-Svenska Vetenskaps Akademien. 
Archiv for Zoologi : I, 1-2. 
Handlingar : (In-4°). 

Bihang till Handlingar : Afdelning IV : Zoologi, omfattande bâde lefvande 
och fossila former : XXVIII. 
Ofversigt af Forhandlingar. 
Sveriges Offentliga Bibliotek. 
Accessions-Katalog. 

UPSAL. 

Regia Societas scientiarum Upsaliensis. 

Nova Acta : (In-4°). 

Suisse. 

AARAU. 
Argauische naturforschcnde Gesellschaft zu Aarau. 

MlTTEILUNGEN. 

BALE. 

Naturforschende Gesellschaft zu Basel. 
Verhandlungen : XV, 1 ; XVI. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXxXlIl 

BERNE. 

Naturforschende Gesellschaft in Bern. 

Mitteilungen aus dem Jahre : 1902, n os 1519-1550. 

Schweizerische naturforschende Gesellschaft (Société helvétique des 
sciences naturelles). 

Actes : LXXXV, Genève 1902. 

Verhandlungen : LXXXIV, Zofingen, 1901. 

Beitràge zur Géologie der Schweiz, herausgegeben von der geologischen 
Kommission der schweizerischen naturforschenden Gesellschaft auf Kosten 
der Eidgenossenschaft : Nouvelle série XII. Série géotechnique : II (1902, In-4°). 

Cartes géologiques de la Suisse : Cartes techtoniques des environs de 
Moutier, Belkleyn. 

Geologische Karte der Lagernkette (piano). 

Notices explicatives : N° 3, Erlauterungen zur geologische Karte der 
Lagernkette in 1 : 25,000 (1902). 

COIRE. 

Naturforschende Gesellschaft Graubùnden's zu Chur. 

Jahresbericht. 

GENÈVE. 

Institut national genevois, 

Bulletin (Travaux des cinq sections). 
Mémoires : (In-4°). 

Société de Physique et d'Histoire naturelle de Genève. 

Mémoires : XXXIV, 3 (in-4°). 

LAUSANNE. 

Société vaudoise des Sciences uaturelles. 

Bulletin : 4 e série, XXXVIII, 1902, n° 144; XXXIX, 1903, n° 146. 
Observations météorologiques faites au Champ de l'air. 

NEUCHATEL. 

Société neuchâteloise des Sciences naturelles. 
Bulletin. 

Mémoires : (In-4°). 

SAINT-GALL. 

• 

S^Gallische naturwissenschaftliche Gesellschaft. 

Bericht uber die Thatigkeit wahrend des Vereinsjahrs : 1899 1900; 
1900-1901. 

SCHAFFHOUSE. 

Schweizerische entomologische Gesellschaft. 

Mittheilungen. 



CLXXX1V SOCIÉTÉ PxOYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

ZURICH. 

Naturforschende Gesellschaft in Zurich. 

Vierteljahrsschrift : XXYIII, 1902, 3-4; XXIX, 1903, 1-2. 
Bibliothèque de l'École polytechnique fédérale. — Commission géolo- 
gique suisse. {Voir Berne.) 

OCÊANIE. 

Australie du Sud. 

ADELAÏDE. 

Royal Society of South Australia. 

Memoirs:. II, (1902, In-4°). 

Transactions and Proceedings and Report XXVI, 1-2; XXVII, 1. 

Iles Sandwich 

HONOLULU. 

Bernice Pauahi Bishop Muséum of polynesian Ethnology. 
Fauna Hawaiiensis : III, 2-5; (Cambridge, 1903, In-4°). 
Memoirs : I, 5(In-4°). 

OCCASIONAL PAPERS. 

Indes néerlandaises. 

BATAVIA. 
Koninklijke Natuurkundige Vereeniging in Nederlandsch Indië. 

BOEKWERKEN TER TAFEL GEBRACHT IN DE VERGADERING DER DlRECTIE. 

Natuurkundig Tudschrift voor Nederlandsch Indië : LXII (10 e série, VI), 
1902-1903. 

VOORDRACHTEN. 

Mijnwezen in Nederlandsch Oost-Jndië. 

Jaarboer : Register XI-XXVIII, 1882-1899(1901). 

Nouvelle-Galles du Sud. 

SYDNEY 
Austral ian Muséum. 

Catalogues. 
Records : V, 2,. 
Report of the Trustées. 
Department of Mines and Agriculture. 

Annual Mining Report : (In-4°). 

Memoirs of the Geological Survey of N. S. W. 

Records of the Geological Survey of N. S. W. : VII, 3 (1903). 

Geological Survey : Minéral Resources. 



LISTE DES SOCIÉTÉS ET INSTITUTIONS CORRESPONDANTES. CLXXXV 

SYDNEY. (Suite.)- 

Linnean Society of New South Wales. 

Proceedings : XXVII, 1902, 3-4 (n os 107-108); XXVIII, 1903, 1 (n° 109). 
Royal Society of New South Wales. 

Journal and Proceedings : XXXVI, 1902. 

Nouvelle-Zélande 

AUKLAND. 
Aukland Institute. 

WELLINGTON. 

Colonial Muséum and Geological Survey of N. Z. 

Annual Report on the Colonial Muséum and Laboratory. 
New Zealand Institute. 

Transactions and Proceedings. 

Queensland. 

BRISBANE 

Royal Society of Queensland. 

Proceedings : XVII, 2. 



Tasmanie 

HOBART. 



Royal Society of Tasmania. 
Papers and Proceedings. 



Victoria . 

MELBOURNE. 

Public library, Muséums and National gallery of Victoria. 

Report of the Trustées. 
Royal Society of Victoria. 

Proceedings : XV, 2; XVI, 1. 
Transactions : (In-4°). 






LISTE DES MEMBRES 



LISTE GÉNÉRALE DES MEMBRES AU 31 DÉCEMBRE 1903 



Abbréviations 



C • . . . = Correspondants. 

E == Effectifs. 

F = Fondateurs. 



H = Honoraires. 

P . . . . = Protecteurs 

V = A vie. 



E. 1903. Arndt, Joseph, Professeur à l'École normale. — 26, rue Henri Waffe- 
laerts, Bruxelles. 

E. 1880. Bayet, Chevalier Ernest, Secrétaire du cabinet de S. M. le Roi des 
Belges. — 58, rue Joseph II, Bruxelles. 

E. 1886. Bourdot, Jules, Ingénieur civil. — 44, rue de Château-Landon, Paris, X. 

E. 1872. Bricourt, C, Avocat. — 190, avenue Louise. — Bruxelles. 

C. 1867. Brusina, Spiridione, Directeur du Musée national zoologique, Profes- 
seur à l'Université d'Agram. — Zagreb, Croatie (Hongrie). 

H. 1888. Buis, Charles, ancien Bourgmestre de la ville de Bruxelles. — 36, rue 
du Beau-Site, Bruxelles. 

E. 1897. Carletti, J.-T., Traducteur assermenté près le tribunal de l re instance 

de Bruxelles. — 40, rue Tasson-Snel, Bruxelles. 
C. 1868. Chevrand, Antonio, Docteur en- médecine. — Cantagallo (Brésil). 
E. 1870. Cogels, Paul. — Château de Boeckenberg, Deurne, près d'Anvers. 
E. 1887. Cornet, Jules, Professeur de géologie à l'Ecole des mines du Hainaut. 

— 86, boulevard Dolez, Mons. 
V. 1885. Cossmann, Maurice, Ingénieur, Chef des services techniques de la 

Compagnie du chemin de fer du Nord. — 95, rue de Maubeuge, 

Paris, X. 

E. 1884. Daimeries, Anthyme, Ingénieur, Professeur à l'Université libre de 
Bruxelles, Chef des Travaux chimiques. — 4, rue Royale, Bruxelles. 

C. 1864. d'Ancona, Cesare, Docteur en sciences, Aide-Naturaliste au Musée 
d'histoire naturelle. — Florence (Italie). 

V. 1866. Dautzenberg, Philippe, ancien Président de la Société zoologique de 
France. — 213, rue de l'Université, Paris, VII. 



CXC SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

E. 1880. de Gort, Hugo, Membre de la Commission permanente d'études du 
Musée de l'Etat Indépendant du Congo, etc. — 4, rue d'Holbach, Lille 
(France). 

E. 1880. de Dorlodot, le Chanoine Henry, Professeur de Paléontologie strati- 
graphique à l'Université catholique. — 18, rue Léopold, Louvain. 

E, 1874. de Gueroe, Baron Jules, Licencié es sciences, ancien Président de la 
Société zoologique de France, Secrétaire général de la Société natio- 
nale d'Acclimatation de France. — 6, rue de Tournon, Paris, VI. 

E. 1876. Dejaer, Ernest, Directeur général des mines, Président de la Commis- 
sion géologique de Belgique. — 59, rue de la Charité, Bruxelles. 

E. 1887. Delheid, Edouard. — 63, rue Veydt, Bruxelles. 

E. 1880. de Limburg Stirum, Comte Adolphe, Membre de la Chambre des 
représentants. — 23, rue du Commerce, Bruxelles, et Saint-Jean, par 
Manhay. 

H. 1899. S. A. S. le Prince Albert I er de Monaco. — 7, cité du Retira, 

Paris, VIII. 
H. 1888. de Moreau, Chevalier A., ancien Ministre de l'Agriculture, de l'Industrie 

et des Travaux publics. — 186. avenue Louise, Bruxelles. 
E. 1872. Denis, Hector, Avocat, Professeur à l'Université libre de Bruxelles, 

Membre de la Chambre des représentants. — 46, rue de la Croix, 

Bruxelles. 
C. 1895. De Pauw, Louis, Conservateur général des collections de l'Université 

libre de Bruxelles. — 84, chaussée de Saint-Pierre, Bruxelles. 
E. 1897. De Quanter, A., Administrateur-Directeur de la Société « L'Union 

belge ». — 29, place de l'Industrie, Bruxelles. 
E. 1903. Desneux, Jules. — 19, rue du Midi, Bruxelles. 

E. 1903. de Vrière, Baron Raoul. — Château de Zedelghem, près Bruges. 

F. 1863. Dewalque, D r Gustave, Professeur émérite à l'Université de Liège, 

Membre de l'Académie royale des sciences de Belgique. — : 16, rue 
Simonon, Liège. 

E. 1872. Dollfus, Gustave, Collaborateur principal au Service de la carte géolo- 
gique de France, ancien Président de la Société géologique de France. 
— 45, rue de Chabrol, Paris, X. 

E. 1900. Dupuis, Paul, Lieutenant. — 80, rue Wéry, Bruxelles. 

E. 1886. Firket, Adolphe, Ingénieur, Inspecteur général des mines, Chargé de 

cours à l'Université. — 28, rue Dartois, Liège. 

F. 1863. Fologne, Egide. — 72, rue de Hongrie, Bruxelles. 

C. 1878. Foresti, D r Lodovico, Aide-Naturaliste de géologie au Musée de l'Uni- 
versité de Bologne. — Hors la Porta Saragozza, n os 140-141, Bologne 
(Italie). 

E. 1879. Forir, Henri, Ingénieur honoraire des mines, Répétiteur de minéralogie 
et de géologie à l'Ecole des mines, Conservateur des collections de 
minéralogie et de géologie de l'Université. — 25, rue Nysten, Liège. 



LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. CXCI 

E. 1901. Fournie!*, Dom Grégoire, Professeur de géologie à l'Abbaye de 

Maredsous. 
E. 1874. Friren, l'Abbé A c , Chanoine honoraire, Directeur du Petit Séminaire. 

— Montigny-lés-Metz [Lorraine] (Allemagne). 

C. 1868. Gentiluomo, D r Camillo, Conservateur du Musée royal d'histoire 
naturelle. — 23, via S. Franeesco, Pise (Italie). 

E. 1902. Geret, L., Conchyliologiste. — 76, Faubourg Saint- Denis. Paris, X. 

E. 1895. Gilson, Gustave, Professeur à l'Université. — Rue du Canal, Louvain. 

E. 1882. Goffart, J.-L., Lithographe de l'Académie royale de Belgique. — 
208, rue Masui, Bruxelles. 

E. 1896. Goldschmidt, Robert B,, Docteur en sciences chimiques. — 19, rue 
des Deux-Eglises, Bruxelles. 

H. 1874. Gosselet, Jules, Doyen de la Faculté des sciences de l'Université, Cor- 
respondant de l'Institut de France. — 18, rue d'Antin, Lille (France). 

H. 1895. Graux, Charles, ancien Sénateur, Administrateur-Inspecteur de l'Uni- 
versité libre de Bruxelles. — 38, avenue Louise, Bruxelles. 

C. 1872. HeynemaDn, D.-F. — 53, Schifferstrasse, Sachsenhausen, près 

Francfort-sur le-Mein (Allemagne). 
H. 1868. Hidalgo, D r J. Gonz,alès, Professeur de minéralogie au Musée des 

Sciences, Membre de l'Académie royale des Sciences exactes. — 36, 

Alcala 3° irq., Madrid 

C. 1874. Issel, D r Arturo, Professeur à l'Université. — 3, Via Giapollo, Gênes 
(Italie). 

C. 1873. Jones, T.-Rupert, F.R.S., ancien Professeur au Collège de l'état- 
major. — 17, Parson's Green, Fulham, Londres, S. W. 

E. 1899. Kemna, Adolphe, Docteur en sciences, Directeur des « Waterworks » 

de la ville d'Anvers. — 6, rue Montebello, Anvers. 
C. 1872. Kobelt, D r W. — Schwanheim-sur-le-Mein (Allemagne). 
E. 1896. Kruseman, Henri, Ingénieur- Géologue. — 24, rue Africaine, Bruxelles. 

C. 1864. Lallemant, Charles, Pharmacien. — L'Arba, près Alger (Algérie). 

E. 1890. Lameere, Auguste, Docteur en sciences, Professeur à l'Université libre 
de Bruxelles. — 10, Avenue du Haut-Pont, Bruxelles. 

E. 1867. Lanszweert, Edouard, ex-Pharmacien du Roi. — 87, rue de la Cha- 
pelle, Ostende. 

E. 1872. Lefèvre, Théodore. — Château de Petit-Spay, par Trois-Ponts. 

E. 1902. Loppens, Karel, Membre de la Société royale de Botanique de Bel- 
gique. — 7, rue du Marché, Nieuport. 

E. 1897. Lucas, Walthère, Chimiste. — 54, rue Berckmans, Bruxelles [actuel- 
lement à Boulam (Congo portugais)]. 



CXC1I SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

E. 1890. Malvaux, Jean, Industriel. — 43, rue de Launoy, Bruxelles. 

C. 1866. Manfredonia, D r Commandeur Giuseppe. — 70, via Fonseca, Naples 

(Italie). 
E. 1903. Masay, Fernand, Etudiant en médecine. — Clabecq, par Tubize. 
C. 1872. Matthew, G. -F., Inspecteur des douanes. — Saint-John [Nouveau- 

Brunswick] (Canada). 
E. 1884. MedliCOtt, Henry-'îenrdict, M. A., F. R. S., ex-Superintendant du 

Service géologique de l'Inde anglaise. — Londres (care of Messrs. H. S. 

King & Co., 65 Cornhill, E. C). 
E. 1882. Moens, Jean, Avocat. — Lede, près Alost. 
E. 1870. Mourlon, Michel, Docteur en sciences, Directeur du Service géologique 

de Belgique, Membre de l'Académie royale des sciences de Belgique. — 

107, rue Belliard, Bruxelles. 

E. 1887. Navez, Louis, Littérateur. — 162* chaussée de Haecht, Bruxelles. 

C. 1869. PauluCCi, M me la marquise Marianna. — Villa Novoli, Florence (Italie). 

E. 1880. Pelseneer, Paul, Docteur agrégé à la Faculté des sciences de Bruxelles, 
Professeur à l'Ecole normale de Gand. — 53, boulevard Léopold, Gand 

E. 1882. Pergens, Edouard, Docteur en sciences et en médecine. — Maeseyck. 

E. 1896. Philippson, Maurice, Docteur en sciences naturelles — 18, rue Gui- 
mard, Bruxelles. 

E. 1879. Piret, Adolphe, Comptoir belge de Minéralogie et de Paléontologie. — 
3, Palais Saint -Jacques, Tournai. 

E. 1873. Potier, Alfred, Membre de l'Institut, Ingénieur en chef des mines, Pro- 
fesseur à l'Ecole polytechnique. — 89, boulevard Saint-Michel, Paris, V. 

E. 1869. Preudhomme de Borre, Alfred. — Villa Fauvette, Petit Sacon- 
nex, près Genève. 

E. 1897. Putzeys, Sylvère, Docteur en médecine. — 13, rue Anoul, Bruxelles. 

E. 1903. Quinet, Docteur en médecine. — 14, rue de la Sablonnière, Bruxelles. 

E. 1882. Raeymaekers, D r Désiré, Médecin de bataillon au 1 er régiment d'ar- 

* tillerie. — 303, boulevard des Hospices, Gand. 
C. 1868. RodrigUGZ, Juan, Directeur du Musée d'histoire naturelle. — Guatemala. 
E. 1898. Rousseau. Ernest, Docteur en médecine, Secrétaire de la Société ento- 

mologique de Belgique. — 60, avenue de la Couronne, Bruxelles. 
E. 1872. Rutot, Aimé, Ingénieur honoraire des mines, Conservateur au Musée 

royal d'histoire naturelle, Membre du Comité de direction de la Carte 

géologique. — 177, rue de la Loi, Bruxelles. 

V. 1885. Schmitz, Gaspar, S -J., Directeur du Musée géologique des bassins 
houillers belges, Professeur au Collège Notre-Dame de la Paix. — 
11, rue des Récollets, Louvain. 



LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. CXCIII 

E. 1903. Schouteden, Henri, Bibliothécaire de la Société entomologique. — 
12, chaussée d'Ixelles, Bruxelles. 

H. 1878. Selwyn, Alfred, R. C, C. M. G., LL. D., F. R. S., Directeur de la 
Commission géologique du Canada. — 1374, Robson otreet, Vancouver 
(Colombie britannique). 

E. 1890. Serradell y Planella, D r Baltasar, Médecin de la Croix-Rouge. — 

6bis, 1°, Cadena, Barcelone (Espagne). 
P. 1889. Severeyns, G., Propriétaire. — 103, rue Gallait, Bruxelles. 

E. 1903. Severin, Guillaume, Conservateur au Musée royal d'histoire naturelle. 
— 99, avenue Nouvelle, Bruxelles. 

P. 1891. Solvay, Ernest, Industriel, Fondateur de l'Institut Solvay. — 45, rue 
des Champs-Elysées, Bruxelles. 

E. 1889. Staillier, Xavier, Docteur en sciences naturelles, Professeur à l'Institut 
agricole de l'Etat, Membre de la Commission de la Carte géologique de 
la Belgique. — Rue Pierquin, Gembloux. 

E. 1895. Sykes, Ernest Ruthven, B. A.; F. Z. S. — 3, Gray's Inn Place, Gray's 
lnn, Londres, W. C. 

E. 1903. Thuiïl, Emile, Stud. Phil., Zoologisches Institut. — 3, Weinberggasse, 
Prague (Autriche). 

E. 1879. Tillier, Achille, Architecte. — Pâturages. 

E. 1869. Van den Broeck, Ernest, Conservateur au Musée royal d'histoire 
naturelle, Membre du Comité de direction de la Carte géologique du 
Royaume, Secrétaire général de la Société belge de Géologie, de Paléon- 
tologie et d'Hydrologie. — 39, place de l'Industrie, Bruxelles. 

E. 1896. Vandeveld, Ernest, Bibliophile. — 12, avenue de la Brabançonne, 
Bruxelles.- 

E 1903. Van de Wiele, D r Charles. — 27, boulevard Militaire, Bruxelles. 

E. 1873. van Ertborn, Baron Octave. — 1, rue d'Espagne, Bruxelles. 

E. 1880. Velge, Gustave, Ingénieur civil, Conseiller provincial. — Lennick- 

Saint-Quentin. 
E. 1891. Verstraete, Émilien, Major retraité — 40, rue Osseghem, Bruxelles. 

E. 1886. Vincent, Emile, Docteur en sciences naturelles, Attaché à l'Observa- 
toire royal. — 35, rue De Pascale, Bruxelles. 

C. 1882. von Koenen, D r Adolphe, Professeur de géologie et de paléontologie 
à l'Université royale de Gôttingue. — Gôttingue (Allemagne). 

E. 1876. "Weissenbruch, Paul, Imprimeur du Roi. — 49, rue du Poinçon, 

Bruxelles. 
C. 1872. Westerlund, D r Carl-Agardh. — Ronneby (Suède). 

F. 1863. Weyers, Joseph-Léopold. — 35, rue Joseph II, Bruxelles. 

TOME XXXVIII, 1903 13 



CXC1V SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

E. 1903. Willem, Victor, chef des Travaux zoologiques à l'Université. — 8, rue 
Willems, Gand. 

H. 1881. Woodward, D r Henry, LL. D., F. R. S., Conservateur de la section 
de géologie du Biïtish Muséum. — 129, Beaufort street, Chelsea, 
Londres S. W. 

H. 1879. Yseux, D r Emile, Professeur de zoologie et d'anatomie comparée à 
l'Université libre de Bruxelles. — 97, avenue du Midi, Bruxelles. 



Souscripteurs aux publications. 



Ministère de l'Intérieur et de l'Instruction publique, à Bruxelles (35 exemplaires) ; 
Gouvernement provincial du Brabant, à Bruxelles (1 exemplaire); 
Service technique provincial du Brabant, 9, rue des Douze-Apôtres, à Bruxelles 
(1 exemplaire) ; 

Bibliothèque de l'Ecole normale, 98, boulevard du Hainaut, à Bruxelles (1 exem- 
plaire) ; 
Université libre de Bruxelles (1 exemplaire) ; 

Service des Echanges internationaux, 5, rue du Musée, à Bruxelles (3 exemplaire.^) ; 
Institut cartographique militaire, La Cambre, à Bruxelles (1 exemplaire) ; 
Librairie Dulau & Co., 37, Soho Square, à Londres (2 exemplaires); 
Librairie Lamertin, 20, rue du Marché-aux-Bois, à Bruxelles (1 exemplaire) ; 
Librairie Misch & Thon, 58 B , rue Royale, à Bruxelles (2 exemplaires). 



-Q^cr^^SS^S^P- 



TABLEAUX INDICATIFS 



DES 



MEMBRES FONDATEURS, 

PRÉSIDENTS, VICE-PRÉSIDENTS, TRÉSORIERS, BIBLIOTHÉCAIRES 

ET SECRÉTAIRES DE LA SOCIÉTÉ DE 1863 A 1903. 



J. Colbeau. 
F. DE Malzlne. 

Ég. Fologne. 

H. Lambotte. 



MEMBRES FONDATEURS. 

1 er janvier i863. 

Fr. Roffiaen. 
A. Seghers. 
J-L Weyers 



6 avril 1863. 



A. Bellynck. 

Eug. Charlier. 

Ch. Cocheteux. 

Comte M. de Robiano. 

Baron Ph. de Ryckholt. 

Baron Edm. de Sélys-Longchamps. 

J. d'Uderem. 



G. Dewalque. 

F. Éloin. 

L. Geelhand de Merxem. 

L'abbé Michot. 

Adr. Rosart. 

A. Thielens. 

Alb. Toilliez. 



PRESIDENTS. 



1863-1865. H. Lambotte. 

1865 1867. H. Adan. 

1867-1869. Comte M. de Robia.no. 

1869-1871. J. Colbeau. 

1871-1873. H. Nyst. 

1873-1875. G. Dewalque. 

1875-1877. J. Crocq. 

1877-1879. A. Briart. 

1»79 1881. J. Crocq. 

1881-1882. Fr. Roffiaen. 

1903-1904. 



1882-1884. J. Crocq. 
1884-1886. P. Cogels. 
1886-1888. J. Crocq. 
1888-1890. F. Crépin. 
1890-1892. É. Hknnequin. 
1892-1894. J. Crocq. 
1894-1896. A. Daimeries. 
1896 1898. J. Crocq. 
1898-1900. M. Mourlon. 
1901-1902. A. Lameere. 

Ph. Dautzenberg. 

% 



CXCV1 



SOCIÉTÉ ROYALE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 



VICE-PRESIDENTS. 



1863-1865. 


F. DE Malzine. 




1884-1886. 


J. Crocq. 


1865-1867. 


H Lambotte. 




1886-1887. 


H. Denis. 


1867-1869. 


H. Adan. 




1887-1893. 


P. Cogels. 


1869-1870. 


Comte M. de Robiano. 


1893-1895. 


E. Hennequin. 


1870-1871. 


H. Lambotte. 




1895-1896. 


J. Crocq. 


1871-1873 


Th. Lecomte. 




1896-1898. 


A. Daimeries. 


1873-1875. 


J.-L. Weyers. 




1898. 


J. Crocq. 


1875-1879. 


Fr. Roffiaen. 




1898-1900. 


E. Hennequin. 


1879-1884. 


H. Denis. 




1901-1903. 


Baron O. van Ertborn 






TRÉSORIERS. 




1863-1868. 


J. COLBEAU- 




1869-1903. 


Ég. Fologne. 



RIRL10THECAIRES. 



1863-1871. J.-L. Weyers. 
1872-1877. Ern. Van den Broeek. 

Ern.Van den Broeek. 

A. Rutot. 



1877-1878 



1863-1868. J. Colbeau. 
1869-1871. C. Staes. 
1871-1881. J. Colbeau. 



1878-1882. Th. Lefèvre. 
1882-1884. L. Pigneur. 
1885-1895. Th. Lefèvre. 
1895-1903. H. de Gort. 



SECRETAIRES. 



1881-1895. Th. Lefèvre. 
1895-1896. H. de Cort. 



SECRETAIRE GENERAL. 
1896-1903. H. de Cort. 



STATUTS 



STATUTS 



DR LA 



SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET M ALAC0L06IQU E 



DE 



BELGIQUE 



ï&n 



CHAPITRE PREMIER. 
Dispositions générales. 

Article premier. — La Société prend pour titre : Société royale 
Zoologique et Malacologique de Belgique, 

Art. 2. — Son but est de propager le goût des études zoologiques 
et tout spécialement des études malacologiques, d'en faire apprécier 
l'utilité et de concourir aux progrès de la science, en formant des 
collections et une bibliothèque, en publiant des Annales et en prenant 
telle autre mesure qui peut être jugée utile. 

Art. 3. — La Société a son siège à Rruxelles. 

Art. 4. — Elle ne peut être dissoute que du consentement 
unanime de ses membres effectifs. En cas de dissolution, les collec- 
tions scientifiques, bibliothèque et archives appartiennent à l'État; 
le mobilier est vendu, et, après apurement des comptes l'excédent 
donné aux hospices de Bruxelles. 

L'avoir de la Société est placé sous la sauvegarde de l'État, lorsque 
le nombre des membres effectifs se trouve inférieur à sept. 



CC SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE. 

Art. 5. — Aucune modification ne peut être apportée aux Statuts, 
sauf par une assemblée générale, spécialement convoquée à cet effet 
par le Conseil, et du consentement des trois quarts des membres 
effectifs de la Société. 



CHAPITRE II. 
Des membres de la Société. 

Art. 6. — La Société est composée d'un nombre illimité de 
membres effectifs et de membres protecteurs. 

Le diplôme de membre effectif est délivré aux personnes s'occupant 
de sciences naturelles et qui manifestent l'intention de collaborer aux 
travaux de la Société. 

Le diplôme de membre protecteur est réservé aux personnes qui 
désirent encourager le développement des études scientifiques dans 
le pays, et contribuer par leur patronage à la prospérité de la 
Société. 

Les membres protecteurs jouissent des mêmes droits et avantages 
que les membres effectifs. 

Le diplôme de membre honoraire ou de membre correspondant 
peut être décerné aux personnes qui lui ont rendu ou qui peuvent lui 
rendre des services. 

Les membres honoraires et correspondants ont voix délibérative 
dans les questions scientifiques. 

Art. 7. — Le droit d'admission des membres effectifs ou protec- 
teurs appartient au Conseil. 

Le droit de nomination des membres honoraires appartient aux 
assemblées de la Société, sur la proposition du Conseil. 

Le droit de nomination des membres correspondants appartient 
aux assemblées de la Société. Les présentateurs auront à verser une 
somme de dix francs à titre de droit d'entrée ou de diplôme. 

Art. 8. — Les membres effectifs payent une cotisation annuelle 
de douze à vingt-quatre francs. 

Les membres effectifs habitant hors du pays pourront se libérer de 
toute cotisation en payant, en une fois, une somme de deux cents 



STATUTS. CCI 

francs. Les sommes ainsi reçues seront capitalisées et ne pourront 
être dépensées qu'en cas de nécessité. 

Les membres en retard de paiement de cotisations depuis plus de 
deux années seront invités à les acquitter dans un délai fixé ; faute de 
réponse satisfaisante, ils seront considérés comme démissionnaires et 
cesseront de figurer au tableau des membres. 

Art. 9. — Tous les membres peuvent consulter les collections, 
livres, etc., de la Société, en se conformant aux règlements spé- 
ciaux. 

Les membres effectifs, protecteurs et honoraires ont droit à un 
exemplaire des Annales de la 'Société. 

CHAPITRE III. 
Des assemblées de la Société. 

Art. 10. — L'année sociale s'ouvre le 1 er janvier et se clôture 
au 31 décembre. Les membres de la Société se réunissent de plein 
droit en assemblée générale en janvier de chaque année, au local de 
la Société. 

L'ordre des travaux de cette assemblée est fixé comme suit : 

1° Elle entend le rapport du Président sur l'état de la Société; 

2° Elle arrête son budget ; 

3° Elle fixe les jours des assemblées mensuelles de la Société ; 

4° Elle désigne le lieu et la date de l'excursion annuelle ; 

5° Elle délibère sur les propositions qui lui sont soumises par le 
Conseil ou qui sont appuyées par sept membres effectifs ; 

6° Elle nomme successivement au scrutin secret le président de la 
Société, les membres du Conseil et les membres de la Commission 
des comptes. 

Les décisions prises par l'Assemblée générale le sont à la majorité 
absolue des membres effectifs présents. 

Art. 11. — Les membres de la Société se réunissent chaque mois 
en assemblée, sauf en août et septembre. 

L'assemblée générale remplace la réunion mensuelle de janvier ; 



CGII SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

toutefois, une séance ordinaire peut, s'il y a lieu, être tenue à l'issue 
de l'assemblée générale. 

Ces assemblées ne prennent de décisions valables que sur les ques- 
tions scientifiques, à la majorité des membres présents. 

Art. 12. — Le Conseil a le droit de réunir par convocation la 
Société en assemblée générale extraordinaire ; il est tenu de le faire, 
dans les quinze jours, sur la demande signée de vingt membres 
effectifs. 

CHAPITRE IV. 
De l'administration de la Société. 

Art. 13. — La direction de la Société est confiée à un conseil qui 
la représente. 

Ce Conseil se compose d'un président et de six membres. Il choisit, 
chaque année, dans son sein, un vice-président, un trésorier et un 
secrétaire général. 

Art. 14. — Le Conseil est chargé de prendre les mesures et de 
faire les règlements nécessaires pour assurer la prospérité de la 
Société, l'ordre dans ses travaux et publications, et la conservation 
des collections, bibliothèque, mobilier, et de tout objet quelconque 
qui lui ayant été présenté volontairement et ayant été accepté par 
elle, lui est entièrement acquis en toute propriété. 

Ses décisions ne sont valables que pour autant qu'elles soient prises 
à la majorité absolue de ses membres. 

Art. 15. — Une Commission de trois membres est chargée 
d'examiner les comptes et l'inventaire de la Société; elle doit faire 
part de ses observations au Conseil avant la clôture par celui-ci de 
chaque exercice, et aussi, si elle le juge convenable, à l'Assemblée 
générale annuelle. 

Art. 16. — Le Président est nommé pour deux ans et n'est pas 
immédiatement rééligible. 

Les membres du Conseil sont également nommés pour deux ans 
et peuvent être immédiatement réélus. 

Le mandat des membres de la Commission des comptes est d'une 
année. 



STATUTS. 



CCIII 



Art. 17. — Dans le cas où le Trésorier ou le Bibliothécaire ne 
feraient pas partie du Conseil, ils seront convoqués à ses séances et 
auront voix consultative dans les questions qui se rapportent à leurs 
fonctions. 

CHAPITRE V. 
Des publications de la Société, 

Art. 18. — Les Annales de la Société se composent de Mémoires 
et de Bulletins de format in-8°et pouvant se réunir en un seul volume. 

Art. 19. — La Société reconnaît aux auteurs de toute communi- 
cation le droit de pouvoir en faire des tirés à part, à leurs frais, 
mais sans qu'ils soient astreints à payer la composition, qui leur 
sera abandonnée par la Société. — Les tirés à part porteront deux 
paginations, celle qui leur est propre et celle du volume dont ils 
seront extraits. 

Tout remaniement, toute correction, etc. , autres que les corrections 
typographiques, même sur la première épreuve, se feront aux frais 
des auteurs. Ils devront payer directement à l'imprimeur, et, s'il y a 
lieu, au lithographe de la Société les tirés à part qu'ils feront 
exécuter. 

Art. 20. — Les auteurs des mémoires insérés dans les Annales 
de la Société ont droit à recevoir vingt-cinq exemplaires de leur 
travail . 

Art. 21. — Toute communication scientifique faite en séance et 
destinée à la publication dans le procès- verbal devra, après lecture, 
être remise en manuscrit au Secrétaire. 

Tout membre ayant pris part à une discussion pourra adresser la 
rédaction de ses observations dans les cinq jours qui suivront la 
séance. 

Les propositions importantes, sujettes à discussion, devront être 
présentées par écrit aux séances de la Société. 

Art. 22. — Les membres auront la faculté, pour une fois seule- 
ment, d'acquérir avec rabais de cinquante pour cent la collection 
complète des volumes publiés avant l'année de leur réception. 



CCIV SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Art. 23. — La publication de la Société « Traductions et Repro- 
ductions », ne se délivre pas gratis, comme les autres publications, 
mais est cédée aux membres à un prix déterminé d'après l'impor- 
tance des travaux. Ces publications ne sont données à l'impression 
que lorsque les finances de la Société le permettent; on les publie 
isolément, au lieu de les réunir en volume. 

On ne fait pas de tirage supplémentaire pour l'auteur d'une traduc- 
tion, mais celui-ci peut se procurer un certain nombre d'exemplaires 
à prix réduit. 

Chaque membre a droit à un exemplaire des traductions au grand 
rabais et jouit de la faculté d'en acquérir ensuite un plus grand 
nombre au prix de librairie. 

Lu en séance du 7 mars 1903 et approuvé en vertu de la déléga- 
tion donnée par l'Assemblée générale du 8 février 1903. 

Le Secrétaire général, Le Président, 

Hugo de Cort. Ph. Dautzenberg. 



La Société Malagologique de Belgique a été fondée, le 
1 er janvier 1863, par Jules Colbeau et MM. P. de Malzine, 
É. Fologne, H. Lambotte, F. Roffîaen, A. Seghers et J. Weyers. 



Les adhérents, à la date du 6 avril 1863, ont été dénommés 
Membres fondateurs, 



La Société a été autorisée par le Roi, le 28 décembre 1880, à 
prendre le titre de Société royale Malacologique de Belgique. 






Sa dénomination actuelle Société royale Zoologique et 
Malacologique de Belgique a été adoptée par l'Assemblée 
générale du 8 février 1903 et autorisée par le Roi le 10 fé- 
vrier 1904. 



ÉNUMÉRATION DES FIGURES DANS LE TEXTE 



»tKï 



Mémoires. 

Pages. 

Amphidromus Weyersi, Dautz 5 

Ceraochcdhia nuda, var. oxyus, Ldf. . . . . 15 

— reteplax, var. tenuis, Ldf 16-17 

Chalinissa communis, var. tenuis, Thum 14 

— élong ata, var. tenuispicul 'a, Thum 13 

Chalinopora typica, var. tenuispina, Ldf. . '' 11 

Cladochalina euplax, Ldf 12 

Euchalina exigna, var. arborea, Ldf 20-21 

Modiola sambasensis, Dautz 8 

Phylosiphonia pumila, Ldf 18 

Spinosella sororia, var. dilatata, Dendy 19 

— — var. elongata, Dendy 20 

Bulletins des séances. 

Cholœpus didactylus, 111 cxlviii 

Oïkopleura dioica cxxxiii 

PLANCHE HORS TEXTE. 

Coupe schématique du quaternaire belge. 



TABLE GENERALE DES MATIERES 

CONTENUES DANS LE TOME XXXVIII (1903) 

DES ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET MALACOLOGIQUE 

DE BELGIQUE 

tMj^yi^oo 

Pages. 

Notice biographique i 

Ad. Kemna : La vie et V œuvre de Cari Gegenbaur ni 

Mémoires. 1 

Ph. Dautzenberg : Récolte malacologiqus de M. Weyers dans le 

sultanat de Sambas [Bornéo] (fig. 1-2) 3 

Em. Thum : BericJit ùber eine Sammlung trockener Chalineen 

Skelette aus dem Brûsseler Muséum (fig. 3-28) 9 

D r R. Bellini : La faune des Mollusques fossiles néogènes du péri- 
mètre du golfe de Naples. ............ 22 

Bulletins des séances i 

Séance du 3 janvier 1903 . m 

0. van Ertborn : Le système éocène. L'étage spamacien et sa faune 

en Belgique iv 

Assemblée générale du 8 février xxix 

A. Lameere : Sur l'évolution des Mollusques xxx 

Rapport du Président . xlvi 

Rapport du Trésorier .............. xlvii 

Modifications aux Statuts xlvii 

Elections xl:x 

Séance du 7 mars , li 

Composition du bureau pour l'année 1903 . lu 

Ed. Delheid : Vestiges de sépultures franques ? à V avenue Defré, 

à Uccle lui 

P. Pelsener : La classification des Lamellibranches d'après les 

branchies lviii 

0. van Ertborn : Les dépôts quaternaires et leurs faunes. Causerie 

géologico-paléontologique (planche I) lx 



CCVIII TABLE DES MATIÈRES. 

Pages. 

Séance du 4 avril lxxv 

D r Rousseau : Vers nouveaux pour la faune belge. ..... lxxvii 

A. Lameere : Oligochète et Rotifère nouveaux pour la Belgique . lxxvii 

Séance du 2 mai . lxxvii 

Ad. Kemna : Sur les rapports entre Cnidaires et Polyclades . . lxxix 

A. Lameere : L 'origine des Cténophores lxxxvii 

Séance du 6 juin xcvi 

Ad. Kemna : Les caractères généraux des Vertébrés xcvn 

Séance du 4 juillet . . . . . . . . cvn 

Ad. Kemna : Les caractères structuraux de la coquille des Fora- 

minifères flottants ....'. cix 

Séance du 3 octobre cxxvn 

Ad. Kemna : Compte rendu bibliographique (D r Richard Gold- 
gtHMiDT, de l'Institut zoologique d'Heidelberg) : Notiz ûber die 

E?iticickelung der Appendicularien (fi g. 1-7) cxxix 

Séance du 7 novembre cxli 

K. Loppens : Sur une variété de Membranipora membranacea, L., 

et sur quelques animaux marins vivants dans Veau saumâtre . cxlii 

Séance du 5 décembre ........ cxliii 

Ed. Delheid : Un gîte de Rostellaria ampla cxlv 

Ad. Kemna : La disposition des poils chez le Paresseux didactlyle 

(fig. 8) • CXLVI 

Bulletin bibliographique . cli 

Liste des Sociétés et Institutions correspondantes, avec indication des 

ouvrages reçus pendant l'année 1903 cun 

Liste des membres clxxxvii 

i 

Souscripteurs aux publications . . . . cxci\ 

Tableaux indicatifs des Membres fondateurs, Présidents, Vice-Prési- 
dents, Trésoriers, Bibliothécaires et Secrétaires de la Société de 1863 

à 1903 excv 

Statuts cxcvn 

Énumération des figures dans le texte cevi 

Table générale des matières cevu 



SUD 



Société royale Malacologique de Belgique, t. XXXVIII, 1903. 
PI. I. 

NORD 



.2 m 



Toit d U SahJ 
--___" sable, t rin . 

—ï-~'-~»i<ie la 




Diestien. Pliocène. 
Q 4 Flandrien. 
Q 3 Hesbayen. 
Q 2 Campinien. 
Q 1 Moséen. 



Coupe schématique du Quaternaire belge 



I O. VAN ERTBORN ) 



m 



PUBLICATIONS 



DE LA 



SOCIÉTÉ ROYALE ZOOLOGIQUE ET M ALAC0L06 IQU E 

DE BELGIQUE 

o-o^Kc*. 

Annales, tomes I à XXXVIII (1863-1903). 

Depuis janvier 1899, les Annales se distribuent par feuilles de 16 p; c ",s 
comportant des Mémoires (paginés en chiffres arabes) et les Bulletins 
des séances (à pagination en chiffres romains). 

Bulletins, tomes I à VI (1863-1871). 

Procès -verbaux des séances, tomes I à XXVII (1872-1898). 

Les Procès-verbaux ont cessé de paraître le 3 décembre 1898 et ils 
sont remplacés depuis le 1 er janvier 1899 par les Bulletins des séances. 

Traductions et Reproductions, tome I, 1873 (Sur la structure des couches 
du crag de Norfolk et de Suffolk, avec quelques observations sur leurs 
restes organiques, par Prestwich, traduction de M. Mourlon. — Avec 
34 figures sur bois). 

Une vraie Nummulite carbonifère, par H. Brady, traduction de Ern. Van 
den Broeck, avec une planche, 1874. (Tiré à part du tome II des 
Traductions et Reproductions.) 

Sur les Brachiopodes tertiaires de Belgique, par Th. Davidson, traduction 
de Th. Lefèvre, avec 2 planches, 1874. (Tiré à part du tome 11 des 
Traductions et Reproductions.) 



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Tous les envois destinés à la Société doivent être adressés 
en son local : 

14, rue des Sols (Université libre de Bruxelles), 

et la correspondance, au Secrétaire général : 

Hugo de Cort, 

4, rue d'Holbach, à Lille, 

(France.) 




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